Le téléphone de Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône et homme fort du PS, doit chauffer depuis l’annulation, par le Conseil d’État, de l’élection municipale d’Aix-en-Provence (lire notre article). Maryse Joissains (UMP) ne sera plus officiellement maire de la cité du Roy René dès ce soir minuit.
Voilà donc que le marigot politique aixois s’agite à nouveau avec son lot de complots, de réactions égotiques, de déclarations de candidatures, de réorganisation des états-majors, de petits et grands calculs… Tout le monde souhaite être sur l’affiche de la campagne électorale qui s’ouvre.
Le Parti socialiste n’échappe pas, bien entendu, à la règle. Au contraire, déjà deux candidats sont sortis du bois cette semaine, Alexandre Medvedowsky et André Guinde quand d’autres caressent encore discrètement l’espoir de se lancer.
Une litanie d’ambitions qui a de quoi énerver le patron Guérini : ” les responsables socialistes aixois ont atteint un niveau de stupidité extrême. Je siffle la fin de la récréation”, déclarait-il à La Provence en marge de la pose d’une première pierre d’un collège… à Aix.
Comme si ces élus n’avaient pas retenus la gifle infligée au PS par les électeurs aux européennes, Guérini prévient, menaçant ” s’ils ne sont pas à la hauteur de l’événement politique, ce sera leur dernier combat, on fera le ménage et il y aura des parachutages. Ils n’ont pas intérêt à décevoir, ni la fédération, ni ma modeste personne !”. En d’autres termes : ce n’est pas tout de vouloir tous se présenter sans jouer collectif, encore faut-il gagner. A bon entendeur…
Le Président du Conseil général avait déjà tiré la leçon de l’échec socialiste aux municipales de l’an dernier. Pour éviter à nouveau la division (la candidature de Michel Pezet contre le candidat officiel, Medvedowski), il avait imposé la réunification des trois sections du PS aixois, au forceps.
Hier, il martelait encore, à l’Hôtel du Département, en des termes certes plus diplomatiques, le même message et le postait sur son blog, manière d’imposer sa règle du jeu. Si Guérini fait désormais ” confiance aux socialistes aixois”, il les met sévèrement en garde, “attention !”, quel que soit le candidat désigné, “il n’aura pas droit à l’erreur !”. Entendez : l’union, l’ouverture au centre et la victoire sinon la disgrâce…
Les visites ont dû s’enchaîner aujourd’hui au 9e étage du bateau bleu, siège du Conseil général des Bouches-du-Rhône, pour faire allégeance et se présenter comme le meilleur socialiste d’entre tous.
Officiellement, la fumée blanche sortira de ce conclave ce soir à Aix les mille lors d’une assemblée générale exceptionnelle de la section socialiste locale, à moins que la décision ne soit déjà prise. ” A conditions exceptionnelles, décision exceptionnelle ” lâchait-il récemment…

Un commentaire
Jeudi 16 juillet, 2009 à 5:54
M. Guérini n’aura pas mis de l’ordre longtemps. A lire le dernier numéro du “Canard enchaîné”, il serait même plutôt dégoûté par les tractations à l’oeuvre dans son parti… Et l’élection aixoise n’a vraiment plus rien d’idéologique.