Législatives à Marseille : état des lieux avant le(s) match(s)

www.faidutti.com

A l’approche du premier tour des élections législatives, les calculettes sont mises à rude épreuve dans les états-majors politiques pour savoir si les 55,72 % de Sarkozy se confirmeront dans les urnes (Royal ayant atteint 44,28 %).

A l’évidence, tous les faisceaux seront braqués sur la 8è circonscription. Dans ce fief de la dynastie Masse (PS), le fils de Marius, Christophe, mène tranquillement sa barque depuis 1998 (élu conseiller général puis député).

En 2002, il ne dut sa victoire législative qu’à la présence du Front national. Cette fois, la probabilité d’une triangulaire s’est amoindrie avec le recul du FN. Et la vague Sarkozy risque bien d’ébranler la dynastie : 58,97 % au soir du 6 mai contre 41,03 % à Royal.

Dans ces quartiers résidentiels et pavillonnaires, où la tranquillité du cadre de vie fait office d’idéal, Christophe Masse aura bien du mal à inverser la tendance face à la sémillante Valérie Boyer (UMP) que Jean-Claude Gaudin couve avec délicatesse.

Mais, en ses terres socialistes, la traçabilité hériditaire constitue presque à un lui seul une force politique. Est-ce à croire que dans cet écosystème, la marque de fabrique Masse pèserait plus lourd que l’étiquette socialiste ? A suivre…

Dans les 1er, 2e et 6e circonscriptions, on ne voit pas comment les sortants UMP (Roland Blum, Dominique Tian et Guy Teissier) pourraient être battus. Non seulement ces fiefs de l’UMP ont le sens de la ligne droite mais le renfort de la vague sarkozyste risque fort de transformer l’exercice en promenade de santé électorale.

En revanche, le vrai suspens se déroulera dans la 3e circonscription où Jean Rotta (UMP), député sortant, sent dans son dos le souffle sonore de Patrick Mennucci (PS), Royal n’ayant été distancé dans le centre-ville de Marseille que de 318 voix.

C’est dans les quartiers « bourgeois » d’Endoume que Mennucci devra rattraper son retard s’il veut réussir une réelle perf’. Une victoire de ce dernier le placerait sans doute en tête des candidats potentiels à la mairie de Marseille si Jean-Noël Guérini préfère s’abstenir.

Dans la 5è circonscription, Renaud Muselier (UMP), premier adjoint en délicatesse depuis sa morne campagne régionale de 2004, devra retrouver l’ivresse de la victoire s’il ne souhaite pas décrocher de sa marche en avant vers la mairie en… 2014.

Sarkozy a réalisé dans cette circonscription l’honorable score de 53,8 % mais le jeune MRG Antoine Rouzaud a pris de l’épaisseur ces derniers mois au Conseil général, menant entre autre avec une certaine maestria le délicat dossier du traitement des déchets et joue la gagne avec toute l’ardeur de sa jeunesse.

Dans la 7e circonscription, Gaudin pense que le coup est jouable avec la dynamique Remadnia-Preziosi (UMP), une sorte de Rachida Dati locale, face à Sylvie Andrieux (PS), forte des 52,91 % de Royal au premier tour.

Enfin, Henri Jibrayel (PS), dans la 8e circonscription, menace le dernier bastion communiste des quartiers nord, fort des 58 % obtenus par Royal dans les quartiers nord. Frédéric Dutoit (PC), député-maire, mène campagne sur son nom, sur la sauvegarde d’un mythe Billoux-Hermier et même si le costume est un peu large, c’est pour lui le seul moyen de conserver la circonscription.

Ainsi présenté, dans un paysage fortement sarkozysé, le PS pourrait paradoxalement gagner deux circonscriptions (Mennucci, Jibrayel pourront prendre un abonnement commun sur Air France) et en perdre une (Masse).

Ensuite, nous aurons largement le temps de dégager les enseignements pour la prochaine municipale avec l’annonce tant attendue de la décision de Jean-Noël Guérini…

Publicités

1 commentaire

Classé dans Général, Législatives 2007, Politique

Une réponse à “Législatives à Marseille : état des lieux avant le(s) match(s)

  1. Olivier

    Bonjour, il semblerait que la tendance des législatives par rapport aux présidentielles soit de + 2 points pour le candidat UMP (effet Sarko) et – 2 points pour le candidate socialiste (effet démobilisation de l’électorat) : ainsi le score « sur le papier » attendu sur la 3ème circo devrait être de 52/48 en faveur de Roatta.
    Si Patrick Mennucci venait à gagner (ce que je souhaite ardemment), cela signifierait que faire une campagne de terrain avec des soutiens locaux (Guérini) et nationaux (Royal) ne fait pas bouger les lignes.
    Nous verrons donc le 17 juin prochain si après les présidentielles tout est déjà écrit et si les campagnes électorales traditionnelles ont encore un impact sur les résultats des législatives.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s