Archives mensuelles : juin 2007

Le cyclone Sarkozy

sarkostique.over-blog.com

Oh qu’elle est bleue, oh qu’elle est belle… Sarkozy n’a certainement pas osé demander au groupe marseillais Massalia Sound System d’emprunter les paroles de cette belle chanson pour son hymne de campagne mais elles collent à l’évidence à la situation politique.

Du bleu, partout, devant, derrière, au milieu, symbolisé par le score historique de qualification de Bernard Susini, candidat UMP, dans les quartiers nord de Marseille, au deuxième tour.

Parce qu’à l’évidence, les mentalités évoluent : la droite de Sarkozy offre aussi une alternative aux yeux des plus démunis. On pourrait croire qu’il s’agit d’un mauvais moment à passer. Ce serait s’éxonérer de la question que tout le monde se pose : d’où vient le sarkozysme ? Est-ce une mauvaise peste ravageant la gauche dans son entier ? Ou est-ce une véritable démarche d’adhésion ? A priori, la dernière interrogation mérite une réponse affirmative.

Le sarkozysme s’origine autant dans l’absence de projet de la gauche que dans le discours de son vibrionnant auteur. Nicolas Sarkozy a échoué au ministère de l’Intérieur mais qu’importe, il donne le sentiment d’agir.

Les Français se régalent de paradoxes : ils sont sévères avec le bilan du ministre de l’Intérieur mais le cite en premier comme étant le plus compétent pour inverser la donne sur l’épineux problème de l’insécurité. Ce qui n’est pas très rassurant sur l’état mental du pays : voter pour quelqu’un dont on doute des capacités (reprenez les sondages sur l’insécurité, ils sont effrayants) relève d’un puissant masochisme.

Son omniprésence tend un piège mortel à la gauche : elle risque de se reconstruire à partir de l’attente de ses éventuels coups de pompe. Mais Sarkozy est un renard : échouer ne lui fait pas peur, l’important, c’est de mouiller le maillot dans un monde complexe où la résolution des problèmes réclame un activisme de tous les instants. Et voilà le tour joué.

De l’action avant toute chose, des succès, peut-être… En attendant, la gauche n’a d’autre choix que d’inventer un possible dont elle emprunterait la forme à l’expert Sarkozy. Dire, c’est faire. C’est déjà ça, comme le chante Souchon…

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Classé dans Général, Législatives 2007, Politique, Présidentielle 2007, Sécurité, Social

Pendant que l’UMP attend le sacre, le PS pense à sa refondation et le Modem à sa confirmation

http://sarkostique.over-blog.com/article-972869.html

Et si ces élections législatives étaient des élections « pour du beurre », déjà jouées, superfétatoires dans un contexte de désir politique pourtant porteur ?

L’UMP veut une victoire écrasante, pour asseoir son leadership. François Fillon n’est plus la caution sociale tant louée ces dernières années. Son absence du gouvernement de Villepin en 2005 a rendu l’homme aigre, méchant, brutal. Nicolas Sarkozy a fait mijoter cette haine mal recuite, qui s’exprime désormais avec la certitude de la victoire, avec des mots choisis dans un lexique vulgaire, méprisant. L’UMP veut tout, c’est légitime. Mais l’exprime sur un ton disgrâcieux.

Le Parti socialiste n’a qu’une idée en tête : sa refondation. Comme à un enterrement, elle accompagne la dépouille de la présidentielle échouée au cimetière, en évitant les mots qui fâchent, en contenant sa colère et l’envie d’en découdre. Ségolène Royal a pris date pour mener la rénovation. Mais Dominique Strauss-Kahn ne laissera pas partir le train sans y monter. Une réunion de ces deux forces que tout sépare ? Improbable. Il y aura du sang et des larmes.

Le Modem de François Bayrou n’est pas à l’aise dans ses baskets. Attirés par la gamelle, les bédoins sont partis. Pour imposer sa marque de fabrique, Bayrou doit d’abord gagner la mère des batailles, la présidentielle de 2012. S’il s’arc-boute sur son « ninisme » (ni droite, ni gauche), il faut qu’il passe par le succès d’un hypercentre.

Il lui reste à reprendre 10 millions de voix au PS et à l’UMP en cinq ans pour être au second tour. Peu probable. Changera-t-il de braquet stratégique ? Sortira-t-il d’une démarche unilatérale ? Le ralliement de certains Verts, à Marseille et Paris par exemple, fera-t-il gîter le navire sur sa gauche ? Autant d’ajustements à venir (ou pas) qui assureront l’inscription de son Modem dans la durée.

En conclusion, tout le monde attend la fin de ces législatives pour soit gouverner les mains libres, soit opérer le travail de refondation identitaire nécessaire ou de clarification indispensable.

Face à la vague bleue annoncée, les opposants sont déjà dans l’après-législatives.

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Guy Teissier et Jean-Noël Guérini : les deux obstacles de Jean-Claude Gaudin pour conserver Marseille en 2008

www.guyteissier.com

 Guy Teissier l’avoue, sans scrupule. Il se rêve secrétaire d’Etat à la Défense dans l’élargissement programmé du gouvernement de François Fillon. Cette possibilité, si elle se concrétise, devra être analysée de deux manières.

La moins probable est que le relationnel équivoque entre Guy Teissier et Jean-Claude Gaudin, qui ne fait aucun doute, a fait l’objet d’un arbitrage présidentiel : Teissier contre Gaudin… Cette hypothèse est improbable dans le sens où le maire de Marseille est un fidèle zélateur, depuis août 2004, de Nicolas Sarkozy et que ce dernier ne pourra se permettre de fâcher un si puissant baron local.

L’hypothèse la plus sûre tendrait à confirmer, dans le cas d’une désignation, une fin des hostilités entre le premier magistrat marseillais et celui qui se définit comme un électron libre. En bon chimiste des équilibres politiques, Jean-Claude Gaudin sait qu’il aura besoin de la mobilisation de toutes ses sensibilités pour embrayer sur un troisième mandat aux municipales de 2008.

Mais l’usure du pouvoir, un bilan contestable et le risque d’avoir Jean-Noël Guérini, président du puissant Conseil général des Bouches-du-Rhône, comme adversaire risquent de constituer trois faiblesses majeures.

Jean-Claude Gaudin le sait : tant en 1995 qu’en 2001, si la gauche a perdu la bataille des municipales, c’est que son unité était loin d’être parfaite. Et une gauche désunie donne parfois lieu à des comportements étranges, des absences de mobilisation dans certains secteurs, voire même des luttes intestines grandement contre-productives.

La désignation de Jean-Noël Guérini aurait un effet immédiat sur la mobilisation des troupes : cette candidature s’impose d’elle-même, paraît naturelle. Et cette clarté dans le choix, adossée à un désir clairement affiché de Jean-Noël Guérini de faire émerger une nouvelle génération, moins cryptocollectiviste et plus arrimée aux polarités sociétales de la ville, risque fort de déboucher sur une candidature réconciliatrice de la gauche marseillaise.

Alors que beaucoup d’observateurs considéraient qu’une victoire de Ségolène Royal répandrait un utile terreau à l’ascension de Jean-Noël Guérini, il n’est pas interdit de penser que les premières difficultés de Nicolas Sarkozy titilleront les gènes rebelles d’une ville en chantier désireuse elle aussi de vraies ruptures.

Jean-Noël Guérini a toutes les cartes en main pour s’ouvrir cette perspective : réconcilier la gauche avec ses intellectuels aujourd’hui orphelins, l’ouvrir à une nouvelle génération, dépasser le cadre des cooptations claniques et dynastiques, conjuguer les réussites du Conseil général (l’efficace lutte contre le Rmi, par exemple) dans une nouvelle tonalité municipale…

La clé du succès de la gauche marseillaise est dans cette rupture dont Jean-Noël Guérini entend être le porte-parole au niveau national. Pour revenir au début du propos, se mettre dans la poche Guy Teissier devient donc une urgence pour Jean-Claude Gaudin pour éviter les fatales déperditions.

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Législatives à Marseille : état des lieux avant le(s) match(s)

www.faidutti.com

A l’approche du premier tour des élections législatives, les calculettes sont mises à rude épreuve dans les états-majors politiques pour savoir si les 55,72 % de Sarkozy se confirmeront dans les urnes (Royal ayant atteint 44,28 %).

A l’évidence, tous les faisceaux seront braqués sur la 8è circonscription. Dans ce fief de la dynastie Masse (PS), le fils de Marius, Christophe, mène tranquillement sa barque depuis 1998 (élu conseiller général puis député).

En 2002, il ne dut sa victoire législative qu’à la présence du Front national. Cette fois, la probabilité d’une triangulaire s’est amoindrie avec le recul du FN. Et la vague Sarkozy risque bien d’ébranler la dynastie : 58,97 % au soir du 6 mai contre 41,03 % à Royal.

Dans ces quartiers résidentiels et pavillonnaires, où la tranquillité du cadre de vie fait office d’idéal, Christophe Masse aura bien du mal à inverser la tendance face à la sémillante Valérie Boyer (UMP) que Jean-Claude Gaudin couve avec délicatesse.

Mais, en ses terres socialistes, la traçabilité hériditaire constitue presque à un lui seul une force politique. Est-ce à croire que dans cet écosystème, la marque de fabrique Masse pèserait plus lourd que l’étiquette socialiste ? A suivre…

Dans les 1er, 2e et 6e circonscriptions, on ne voit pas comment les sortants UMP (Roland Blum, Dominique Tian et Guy Teissier) pourraient être battus. Non seulement ces fiefs de l’UMP ont le sens de la ligne droite mais le renfort de la vague sarkozyste risque fort de transformer l’exercice en promenade de santé électorale.

En revanche, le vrai suspens se déroulera dans la 3e circonscription où Jean Rotta (UMP), député sortant, sent dans son dos le souffle sonore de Patrick Mennucci (PS), Royal n’ayant été distancé dans le centre-ville de Marseille que de 318 voix.

C’est dans les quartiers « bourgeois » d’Endoume que Mennucci devra rattraper son retard s’il veut réussir une réelle perf’. Une victoire de ce dernier le placerait sans doute en tête des candidats potentiels à la mairie de Marseille si Jean-Noël Guérini préfère s’abstenir.

Dans la 5è circonscription, Renaud Muselier (UMP), premier adjoint en délicatesse depuis sa morne campagne régionale de 2004, devra retrouver l’ivresse de la victoire s’il ne souhaite pas décrocher de sa marche en avant vers la mairie en… 2014.

Sarkozy a réalisé dans cette circonscription l’honorable score de 53,8 % mais le jeune MRG Antoine Rouzaud a pris de l’épaisseur ces derniers mois au Conseil général, menant entre autre avec une certaine maestria le délicat dossier du traitement des déchets et joue la gagne avec toute l’ardeur de sa jeunesse.

Dans la 7e circonscription, Gaudin pense que le coup est jouable avec la dynamique Remadnia-Preziosi (UMP), une sorte de Rachida Dati locale, face à Sylvie Andrieux (PS), forte des 52,91 % de Royal au premier tour.

Enfin, Henri Jibrayel (PS), dans la 8e circonscription, menace le dernier bastion communiste des quartiers nord, fort des 58 % obtenus par Royal dans les quartiers nord. Frédéric Dutoit (PC), député-maire, mène campagne sur son nom, sur la sauvegarde d’un mythe Billoux-Hermier et même si le costume est un peu large, c’est pour lui le seul moyen de conserver la circonscription.

Ainsi présenté, dans un paysage fortement sarkozysé, le PS pourrait paradoxalement gagner deux circonscriptions (Mennucci, Jibrayel pourront prendre un abonnement commun sur Air France) et en perdre une (Masse).

Ensuite, nous aurons largement le temps de dégager les enseignements pour la prochaine municipale avec l’annonce tant attendue de la décision de Jean-Noël Guérini…

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