Marseille par grand froid, un cauchemard, est-ce possible ?

Ce soir, chers lecteurs, je n’ai pas envie de gloser sur cette ville de Marseille qui me fout en l’air tant je l’aime, et tant je vois qu’elle péréclite quand je rentre chez moi à pieds, je ne conduis pas. J’agite en moi le sens de la compassion. Hier soir, passant par la rue de Rome, à une encablure de la Place Castellane, il n’y avait que bandes aux regards inquisiteurs, pas violentes, elles testaient seulement ma capacité à être dépouillé, l’idée était de savoir, pour elles, à quel angle de rue et comment procéder.

Longtemps après mon passage, les regards étaient toujours aussi lourds dans mon dos ou, poursuiveurs, de l’autre côté de la chaussée. Parano hey ? Non, j’ai longtemps expérimenté ce sentiment d’insécurité à New-York dans les années 80, à Paris pendant 15 ans… Depuis 1999, date à laquelle j’ai épousé comme une femme amoureuse et soumise Marseille, la défendant envers et contre tous, j’ai toujours refusé la réputation de « papier » de Marseille, celle qui fait vendre des journaux sur les cendres d’une connexion Chicago-Marseille des années cinquante qui fait sourire aujourd’hui… Dieu merci, tant elle est fausse. Je suis très urbain, nombre d’entre nous connaissent ça. Jusque-là la force du regard suffisait. Hey, ducon, je suis Marseillais, fous-moi la paix… Je vais t’expliquer la vie !

Pour la première fois depuis des années, je suis entré au Mac Do, je passe sur l’incivisme, 4 personnes me sont passées devant, rien que de très normal, je n’ai rien dit, mon mp3 rivé sur les oreilles, il diffusait du Josh Groban, rien ne peut alors m’altérer. Cool… Zen…

Sortant, j’ai dû enjamber les voitures qui, garées sur le troittoir, ne laissaient aucune place aux piétons, une dizaine d’hommes et de femmes, dont plusieurs enceintes, dormant à même le sol dans des cartons éventrés, une tribu moderne qui ne disait rien, ne revendiquait rien, elle dormait. Comment le cacher ? trop c’est trop, j’ai pleuré. J’ai eu mal, rappel d’humanité? J’ai eu le gout amer, la mauvaise impression d’être un milliardaire dans le quart monde. Il faisait si froid, mes mains tremblaient. La suite n’a aucun intérêt, elle est personnelle. Mes tripes ont flanché…

No comment… Ca suffit, c’est tout !

PS : je me suis demandé s’il fallait que je diffuse une photo pour éclairer mon propos. Pas la peine, pensez-y ! J’aurais pu fouiller dans la misère, c’est si simple à quelques jours de Noël, pourquoi-faire ? Je suis en colère, j’ai tellement mal que mes mots devraient suffire.

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4 Commentaires

Classé dans En bref, Général

4 réponses à “Marseille par grand froid, un cauchemard, est-ce possible ?

  1. sophie

    bravo, c’est rare ce genre d’article sur le net, moi aussi je suis touchée, bouleversée même. Je ne sais qui vous êtes Grégoire maijje vous aime pour votre humanité, votre sens de l’autre. Merci…

  2. robert

    je vous suis sur ce coup, je viens vous lire régulièrement, ce que vous dites est intéressant, mais je suis pas d’accord avec vous, je suis un militant UMP. Je sens que c’est vrai ce que vous dites. du moins on sent que vous êtes honnête. J’ai pas envie de faire de la politique, je vous rejoins dans votre compassion. Bravo pour le dire aussi bien, vous devrez écrire des livre vous écrivez super bien.

  3. La pauvreté s’installe partout, le mal être aussi, les revenus fruit d’un travail parfois ne suffisent plus pour vivre, juste à peine à survivre.
    La vie est trop chère et trop dure…que faire, qui a la solution ?
    Trop de femmes, de personnes agées se retrouvent à la rue un beau matin, pourquoi ?
    Notre société, nos élus devraient se poser les bonnes questions et surtout comment faire pour enrayer ce mal qui grandit de jour en jour.
    Nul n’en est à l’abri…

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