Le MoDem marseillais implose pour le temps des municipales de Marseille

bayrou-bennahmias-rocca-serra.jpgA l’heure où Jacques Rocca-Serra annonçait qu’il ralliait les listes de Jean-Claude Gaudin (UMP), ce que l’on nomme une non-surprise, puisqu’il était son adjoint aux transports, dont la RTM, mais aussi aux relations internationales et à la masion de l’Artisanat, bon levier d’alimentation des réseaux ; le militant du Modem Miloud Boualem faisait savoir, quant à lui, qu’il figurerait sur les listes de Jean-Noël Guérini (PS). Plus précisèment sur la liste du premier secteur (1er et 7ème arrondissements), emmenée par Patrick Mennucci. “Je ne serai pas en contradiction avec les valeurs défendues par François Bayrou” déclare celui qui fut candidat du Modem dans ce même secteur lors des législatives de 2007 avec des scores très honorables, souvent à deux chiffres. “Jean-Noël Guérini m’a donné des garanties sur les questions d’égalité et de lutte contre la pauvreté” poursuit-il, avant d’affirmer avec véhémence qu’il n’a donné aucune consigne de vote entre les deux tours de la législative. Miloud Boualem avait été accusé par des militants de l’UMP d’avoir proposé à ses amis de voter à gauche au tour décisif. Il dément donc.

Son nouveau patron, Guérini ne dit pas autre chose d’ailleurs en insistant sur la réjouissance que lui procure sa décision « qui renforce notre démarche de rassemblement et illustre ma volonté de réunir les talents et les énergies pour “Faire Gagner Marseille »… Miloud BOUALEM est un vrai centriste, ami de longue date de François BAYROU. Avec moi, précise-t-il, il trouvera cet esprit de tolérance, d’ouverture et d’innovation qui est la marque de la campagne que je conduis » Non sans conclure sur la même longueur d’onde morale et politique : « Je connais le combat de Miloud BOUALEM contre la précarité, sa soif de solidarité et d’égalité. Je partage ces valeurs et je suis très satisfait qu’elles soient au cœur de notre chemin commun. »

Questionné sur cette prise de position, assez inattendue puisque M. Boualem accompagnait encore Jean-Luc Bennahmias quand celui-ci annonçait sa candidature, Jacques Rocca-Serra a dit l’ignorer. Il a même affirmé que “son ami” Boualem lui avait assuré qu’il ne partirait pas avec la gauche il y a encore quelques jours.

La conférence de presse de l’ancien patron de l’Udf (Rocca-Serra) a donné lieu à des explications un peu complexes sur le Modem. Les quinze élus ou responsables qui le suivent se sont en effet tous mis en congé de leur parti naissant le temps de l’élection. Mais, en accord avec les amis de Jean-Luc Bennahmias, tout ce beau monde devrait se retrouver après l’élection au sein d’un même groupe Modem au conseil municipal. La sophistication est ténue, incompréhensible même. Si tel est le cas, pourquoi partir sur des listes très clivées, celles-là même qui étaient refusées par le grand chef Bayrou lors de la présidentielle?

Pour réussir ce pari, les différentes ailes du Modem, doivent donc ”éviter de se faire des critiques” a souligné l’adjoint de M. Gaudin. En campagne électorale ce ne sera pas des plus simples, force est de l’admettre. Mais comme l’a répété M. Rocca- Serra, qui pratique un art subtil du compromis et de la rhétorique depuis la création du GAES (Groupe d’Action Economique et Sociale) en 1977 : “Sans mentir, je ne peux toujours dire la vérité ». Comprenne qui pourra…

Selon l’excellent blog de Michel Samson, éminent journaliste du Monde :  » La conférence de presse de Jacques Rocca-Serra s’est tenue dans les locaux qui s’affichent depuis longtemps comme ceux de l’UDF. Cet grand entresol du bas de la rue de la République aura aussi servi à des réunions récentes du Modem. Au terme d’un « gentleman agreement » passé par les différents Modem(s) locaux, ce local ne pourra donc être utilisé par un ou l’autre groupe en lice pour la municipale. Pas plus d’ailleurs que les finances locales du nouveau parti. Mais celà tombe finalement pas trop mal : ce local n’est ni au nom de l’UDF, ni au nom du Modem. Il est toujours au nom du GAES, le groupe fondé par les centristes de Marseille en 1977.

Jacques Rocca Serra lui, a chosi de rallier naturellement les listes de Jean-Claude Gaudin (UMP) dont il est déjà l’adjoint aux affaires internationales et à la RTM. La surprise est faible, même si la déception est grande du côté du Modem, dont le candidat Jean-Luc Bennahmias espérait de son nouvel ami que sa fidélité à François Bayrou l’emporterait sur sa fidélité à Jean-Claude Gaudin. M Rocca-Serra, qui devrait emmener avec lui les six élus du groupe UDF du conseil municipal, se trouve donc, de facto, hors du Mouvement Démocrate dont la gestation à Marseille aura été aussi douloureuse que chaotique.

Ce parti en devenir regroupait en effet des militants ayant des sensibilités et des cultures aussi différentes que possible. Du côté des historiques, se trouvaient les amis de M. Rocca-Serra, un des plus anciens élus du Conseil municipal, membre des majorités successives de Gaston Defferre (PS), de Robert Vigouroux (PS puis Divers Gauche), et de Jean-Claude Gaudin (UDF puis UMP).

Du côté des nouveaux, on trouvait des militants plus jeunes, parfois issus de l’extrême-gauche et en tous cas d’une culture plus militante que gestionnaire. Sans oublier que des acteurs politiques qu’on aurait dû y retrouver, les amis de Philippe Sanmarco et autres déçus du Parti socialiste, refusaient cette nouvelle formation affublée, selon eux, dès sa gestation des défauts des partis les plus anciens.

L’ouverture prônée des deux côtés de l’échiquier, qui tend à éliminer les petites formations, a achevé de transformer l’exercice en parcours d’obstacles à peu près infranchissable.

L’affrontement bloc contre bloc qui se dessine entre l’équipe de Jean-Noël Guérini (PS) et celle de Jean-Claude Gaudin (UMP), augure mal du score du Modem, dont on peine à croire qu’il puisse rassembler les 14 % de voix que François Bayrou a réuni sur la ville lors du premier tour de la présidentielle. Et dont Jean-Luc Bennahmias a fait son objectif.  »

La fin du pari marseillais du 3ème homme de la présidentielle, François Bayrou, en somme. Reste que la campagne très active de Bennahmias pourrait encore fournir quelques surprises très localisées mais necessaires pour une hypothétique fusion de listes au second tour des municipales… Avec Guérini?

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1 commentaire

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Une réponse à “Le MoDem marseillais implose pour le temps des municipales de Marseille

  1. C’est étrange et difficile. Cela prouve que les élections municipales ne sont pas comme les autres. Les étiquettes politiques comptent beaucoup moins que les hommes et les femmes avec qui on souhaite travailler et sur quel projet.

    Les électeurs également jugent plus les personnes et les programmes que les étiquettes politiques. J’espère malgré tout parce que je sais que c’est un homme bien que Jean-Luc Bennhamias fera un bon score autour d’un bon projet.

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