Municipales à Marseille : Lors du débat avec Guérini, Gaudin dégaine la lettre de soutien de Sarkozy


Gaudin fulmine, furaxe il attaque en off à la fin du débat

A quelques encablures du second tour de l’élection municipale de Marseille (4 jours), voilà que le maire sortant, Jean-Claude Gaudin, pourtant si sûr de lui, délivre ce soir, lors d’un débat décousu et sauvé, enfin, par un maître du jeu, M.Elkabbach, tout l’inverse ce ce qu’il souhaitait taire il y a quelques jours. Bref, une lettre du président de la république qui propose quelque 50 millions d’euros pour Marseille.

Plusieurs choses doivent être notées. Il y a peine quelques heures, ledit Gaudin refusait absolument la présence de Sarkozy sur les rives du Lacydon pour cause de mauvais sondages, il disait même à qui voulait l’entendre que son dernier round serait pour et par lui-même. En réponse aux alertes élyséennes qui trouvaient l’ultime combat marseillais du vieux cacique un peu poussif. Vengeance ? réaction a rebours, les patrons de l’UMP, dont Devedjian, pensaient aussi la même chose, le vieux était cuit, occis !

Bref Sarkozy devait s’occuper des affaires de la nation et oublier les roches robustes qui supportent la Bonne-Mère. Loin des expressions pagnolesques qui font sa réputation, Gaudin se voyant noyé dans la lame de fond de son concurrent, a décidé de réagir, il devait donc mordre pour survivre. Il a, de fait, pris aux mollets le jeune candidat de gauche, Guérini, de loin son cadet, dont il dit tout et son inverse : prometteur invétéré et aussi expérimenté que lui puisque patron d’un budget dont il aurait rêvé, celui du riche Conseil général des Bouches-du-Rhône. Autre paradoxe. Il a usé sans nul doute de tous les arguments de la mauvaise foi avec force transpiration sur le front. Cet homme est donc devenu conscient que son pouvoir est précaire et que son projet de modernité ne vaut pas une cacahuète sérieuse, c’est à dire 74 ans à son sortir. 74 ans? oui, l’âge qu’il aura post-modernement à la fin de son dernier hypothétique mandat…

Poursuivons, le banni Sarkozy des affres particulières de Marseille, que ledit Gaudin a apprécié sur le tard sans jamais s’y reconnaître, sauf à se voir pourvu d’un perchoir sénatorial, beaucoup plus vif pour lui qu’une mairie épuisante qui lui échappe, tant les luttes intestines entre son directeur et son chef de cabinet sont de notoriété publique, décide, en désespoir de cause, sur son marché, une non décision électorale : tous seront là autour de moi et feront montre d’une unité de façade pour gagner. Tel est le leitmotiv.

L’étrange lettre de Sarkozy
Mais alors Sarkozy? Le nabot raillé si cruellement par Gaudin lui-même, qui ne croyait ni en son avenir ni en sa capacité à tenir les rênes du pouvoir, le sert opportunément. Le chiquet avide non de sens mais de photos dans « Paris -Match » selon Gaudin s’entend, devenu Président de la République, lui aurait écrit une lettre édifiante.

1er point, la date de ladite lettre laisse songeur, elle est datée du 6 mars, donc d’avant le 1er tour. Alors pourquoi Gaudin n’en a pas parlé avant ?

2ème point : si elle n’est pas anti-datée, pourquoi Gaudin, comme il l’a dit ce soir lors du debat avec Guérini sur LCM, l’a gardée sous le coude pour porter l’estocade à son adversaire dans l’entre deux-tour, alors pourquoi s’en servir à quelques jours du deuxième tour ? C’est pourtant lui-même qui pourfendait les méthodes incohérentes et violentes du Président de la République. C’est lui-même qui a refusé la venue de Sarkozy à Marseille, c’est lui-même qui l’a mouché en lui disant que sa baronnie marseillaise lui appartenait quand l’Elysée et le siège national de l’UMP pensaient que la dernière campagne électorale du vieux tardait à émerger ! Que de paradoxes opportunistes, presque essoufflant pour les électeurs qui doivent se sentir manipulés plus que jamais !

Mais, au fait , que dit cette lettre ? Mensonge, mensonge, pure invention.. Comme disait Giscard naguère à propos des avions renifleurs face à un parti socialiste impitoyable et menteur, revanchard et amoral. Disons un engagement personnel entre-amis, tout au plus, comme l’avait fait Fillon en pleine campagne pour soutenir son ami Gaudin, qui le conchiait pourtant, pensant qu’il n’avait pas besoin d’un tel navet pour fleurir ses lauriers locaux… Avant, évidemment, de s’apercevoir que ledit « navet » était devenu populaire…

Alors nous ne résistons pas au fait de vous présenter ladite lettre in extenso, sans rien enlever, juste pour l’information. « Monsieur le maire, cher Jean-Claude », Vous noterez évidemment les mensonges et la survente de Gaudin sur la LGV. Ce n’est pas parce qu’elle  » a sa préférence », selon les vœux présidentiels, que ce dernier s’engage, bien au contraire, alors que, comme son premier ministre, il aurait pu survendre pour soutenir Gaudin.

Guérini a raison dans son intuition d’animal politique, cela en est presque navrant pour Marseille… C’est à dire sa chute acceptée… Ce qui pouvait faire émerger la Cité phocéenne économiquement n’aura pas lieu selon-nous pour cause de quelques minutes gagnées entre le Nord et le Sud de l’Europe, c’est à dire quelques millions économisés. Paris-Nice, Barcelone-Gènes, ne passera donc pas par Marseille. C’est ainsi…

On reconnait le bon sens du concurrent Guérini d’aller voir, au lendemain de son élection à la la mairie de Marseille, le Président pour réclamer les 52 millions promis à l’arrachée par le Président de la République à son pourtant ingrat candidat Gaudin, qui n’y croit pas plus que nous… Nous serons néanmoins très vigilants sur ces effets d’annonce dont l’ex-RPR fut friand et, devenu UMP, toujours dans la norme. Il nous avait semblé que les méthodes chiraquiennes avaient fait long feu. Il nous avait semblé que le candidat Sarkozy, l’avait compris au point de proposer une rupture. Rien de tel, sauf qu’il s’agit du président, de quoi être très, très attentif. Nous savons le résultat, nous saurons le réclamer, le cas échéant… bref sommes-nous heureux de ce mensonge perpétuel ? Non, assurément !

Notre seule entrée mondiale sera donc maritime, mais il se trouve que Gaudin la brade aux croisiéristes, sans structuration économique, là aussi, cause perdue… Pas de quoi attirer Microsoft ou le siège mondial de L’Oréal. On les comprends…

Lette du Président de la République

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2 Commentaires

Classé dans Economie, Général, Ils ont dit, Les grands projets, Municipales 2008, Politique, Social, sondages, Vidéos

2 réponses à “Municipales à Marseille : Lors du débat avec Guérini, Gaudin dégaine la lettre de soutien de Sarkozy

  1. Point Virgule

    Concernant les logements sociaux, malheureusement, le maire parle de ses réalisations quand cela l’arrange, sinon, voici un exemple typique : on parle des logements sociaux qu’il faut réaliser, en oubliant bien de parler de ceux que l’on n’a pas réalisés car la manne des promoteurs est plus intéressante pour financer le trou de MPM.
    10 contre 1 que le site démocratique du maire ne passera pas l’information, à moins que vous ne fassiez preuve d’honnêteté républicaine.

  2. stéphane

    Tiens Sarkozy sort son chéquier.

    Mais je croyais que les caisses de l’état étaient vides. Et pourquoi ne le ferait-il pas pour les autres villes, nous sommes bien dans une république une et indivisible, je crois ?

    A oui , c’est vrai Gaudin et le copain à Sarkozy. C’est donc cela ! Mais, je croyais que non comme nous rappelle le post ? Et oui, lors du premier tour notre bon JC Gaudin a tenté de faire oublier ses amitiés sarkoziennes. Donc en deux mots, à présent si je vote Gaudin, c’est que je vote Sarkozy. Arghhh, le bling, bling est de retour.

    Mais restons sur le fond. L’état est-t-il le partenaire essentiel pour faire de Marseille une grande métropole. Prenons l’exemple du doublement de la voix ferrée : Marseille – Aix. 64.2 % du coût est assuré par le conseil général (Président JN Guerini)et le conseil régional (Prsdt PS : M. Vauzelle), et 37.15 % est assuré par la ville de Marseille (5.05 %) et l’Etat (31.65 %). Et bien, avec de tels soutiens on va aller loin ! L’état ne peut rien pour Marseille et ce n’est pas quelques policiers donnés au nom du clientélisme politique qui va changer les choses.

    Et même, il faut prendre les Marseillais pour des idiots pour ne pas savoir que les compétences sont partagées et que du fait des délégations de services publiques l’état doit assurer un ensemble d’obligations financières. Mais bon, lorsque l’on utilise l’invective, en lieu et place de la réalité, puisqu’elle est trop complexe pour le commun des mortelles, on construit un monde de fumée.

    Au final, je pense que M gaudin est au bout du rouleau. Après avoir abandonné l’idée de défendre son bilan (Et oui, quel bilan), après avoir tenté de vendre la seule chose qui restait de sympathique, à savoir lui même en bonhomme pagnolesque (J’aime Marseille, je vote Gaudin). Il ne reste que la dernière flèche :  » je suis l’ami d’un homme très, très important qui nous aidera, avec beaucoup de pognon ». Un peu de pudeur m Gaudin, mais où va-t-on ? Comme je désire que Marseille se libère de l’héritier direct de Deferre (M Gaudin), je ne veux pas me réveiller lundi dans une république bananière.

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