Congrès du PS : la ligne est claire, du moins dans les Bouches-du-Rhône

Moi, combien de divisions ? C’est à peu près ce qu’ont dû se dire les éléphants du Parti socialiste ces dernières semaines en vue de peser sur le prochain congrès de Reims à la mi novembre. Par un rituel immuable, chaque courant, chaque leader, doit pouvoir gonfler ses rangs afin de déposer sans rougir une contribution générale (c’est à dire exclusive) ou thématique.

La seconde étape est plus subtile. Selon le nombre de signataires de chacune des contributions générales, les chefs de clans décident de négocier un ralliement avec une autre contribution ou de se lancer seuls dans la bataille. C’est là qu’intervient le dépôt des motions. Lesdites motions étant soumises aux suffrages des adhérents socialistes pour faire émerger une majorité de gouvernement interne et, à son sommet, un premier secrétaire, présidentiable ou non. Pour beaucoup, c’est l’enjeu.

Aujourd’hui donc, le Parti socialiste est en effervescence. C’est le dernier jour de la 1ère étape, celle de l’enregistrement des contributions. Et tous les dépositaires de contributions n’ont pas ménagé leur peine pour créer du buzz et amener les adhérents à signer leur texte en ligne : Laurent Fabius souhaite « reconstruire la gauche », Martine Aubry tente « une vision pour espérer, une volonté pour transformer », Ségolène Royal veut « combattre et proposer », Bertrand Delanoë aspire à la « clarté, courage et créativité », quant aux reconstructeurs, courant mené par Pierre Moscovici, ils ont « besoin de gauche », pas moins que les « reconquêtes » d’Henri Emmanuelli et Benoît Hamon.

La ligne claire
Devant ces combats fratricides, cette guerre des chefs, Gérard Collomb, maire de Lyon, Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône et Vincent Feltesse, président de la Communauté urbaine de Bordeaux (photo), révulsés par la chronique d’un échec politique annoncé, ont décidé de lancer leur propre contribution : « La ligne claire ».

Au lancement de cette initiative, beaucoup de journalistes comme ceux de Libération, du Monde ou du Parisien titraient sur le refus d’un affrontement Royal-Delanoë, les qualifiant de « casques bleus » pour Profession Politique. Pourtant, assez rapidement, on pouvait lire que le trio d’élus locaux étaient « courtisés » et « dragués », synonyme d’un intérêt croissant pour les ténors du parti et pour les médias. Comme aucun d’entre eux n’est candidat au poste de 1er secrétaire du PS, certains confrères notaient leur liberté de ton tout en pointant la « révolte des baronnies » (Revue de presse complète).

Le 24 juin dernier, lors d’une conférence de presse commune, le médiatique Député-maire d’Evry, Manuel Valls, est venu renforcer leurs rangs. » Cette contribution apporte un regard neuf, une pensée moderne et contemporaine […] parce que les socialistes doivent être courageux et sans tabou. Cela est possible grâce à l’ancrage local du PS confirmé aux dernières élections locales et cantonales » affirmait-il à l’occasion.

Avec ce texte, les élus locaux souhaitent mettre en avant la gestion moderne et pragmatique de leur territoire, sans avoir à recevoir de leçon d’ouverture de quiconque et notamment des éminences nationales. Ils se prévalent aussi d’une connaissance et d’une expérience précise pour gagner les élections et veulent clairement peser lors du prochain congrès pour enrayer la machine à perdre de Solférino. Faiseurs de roi, donc.

L’union est presque sacrée à Marseille
Dans les Bouches-du-Rhône, avec près de 8000 cartes, la fédération socialiste est la quatrième plus importante de France et, à l’heure où chaque carte d’adhérent va peser lourd, ce poids n’a pas de prix. D’autant que l’homme fort de ladite fédération, Jean-Noël Guérini, emmène avec lui la quasi totalité de ses troupes dont le 1er fédéral, Eugène Caselli (lui même fraîchement élu à la tête de la Communauté urbaine de Marseille : MPM) et Michel Vauzelle, le président de la région Paca.

Certains élus néanmoins, défaits par les dernières élections ou en « froid » politique, ont préféré soutenir la contribution de Bertrand Delanoë, créant ainsi une minorité, difficilement audible dans le département. Il en va de la députée européenne Marie-Arlette Carlotti, de Christophe Masse et de Michel Pezet. Si l’on peut imaginer que Jean-Noël Guérini ne voit pas d’un très bon œil cette mini-fronde socialiste, ce dernier demeure très attentif à ne briser aucun lien. Pour preuve, il déjeunait vendredi dernier avec le maire de Paris descendu à Marseille pour promouvoir son livre et sa contribution. Chacun joue plus ou moins cette partition d’ailleurs, en témoigne la visite éclair de la députée ex-fabusienne, Sylvie Andrieux, à la librairie du Virgin Megastore pour saluer Bertrand Delanoë.

Rares sont les militants qui vont lire et analyser les contributions durant l’été, l’appel des vacances sera sûrement plus délectable. Mais, en fin tacticien, Jean-Noël Guérini sait qu’il pourra compter sur une grande majorité des militants provençaux pour signer sa contribution et le suivre dans ses choix stratégiques. Pour le moment, la ligne est claire donc, elle le sera encore durant la torpeur estivale. L’université d’été de la Rochelle, fin août, relancera sûrement la machine en affûtant les stratégies…

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