Plan anti-crise économique : unanimité pour Guérini

guerini-avec-une-mamieUn vote historique s’est tenu ce 12 décembre dans l’enceinte du « vaisseau bleu ». Le budget 2009 du Conseil général des Bouches-du-Rhône adopté à l’unanimité est un bel exemple de rassemblement des forces politiques. Fait unique depuis la libération. Certes, tous ces élus ne partagent pas les mêmes visions mais ils peuvent cependant, et ils le prouvent dans ce vote, trouver un consensus quand la crise frappe à leur porte. Au delà des convergences, la réalité s’impose avec force et brutalité.

Les indicateurs virent au rouge et les prévisions, accordées avec celles de la météo, n’indiquent pas le retour des éclaircies dans le ciel économique français. Ainsi, les mesures annoncées par le chef de l’Etat et la difficile entente avec nos voisins européens laissent planer le doute quant à l’efficacité des plans de relance et leur impact sur les territoires.

Dans cette folle course aux actions de soutien pour l’économie et l’emploi, le Département joue ici une carte majeure plébiscitée par l’ensemble de la classe politique marseillaise. Mais qui seront les grands bénéficiaires de ce plan anti-crise et comment s’articulent ses mesures inédites pour contrer cette onde de choc ?

Agir uni face à l’urgence sociale
Dans un département où 20% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, (près de 30% pour la ville de Marseille), le moindre ralentissement de l’activité économique a des conséquences sociales préoccupantes. Depuis des mois, les associations caritatives voient leurs files d’attentes grossir et les visages de la précarité changer.

Chômeurs, familles monoparentales, retraités aux pensions modestes ne parviennent plus à faire face. Les smicards et autres travailleurs pauvres font leur entrée dans une sémantique sociale qui ne provoque guère plus qu’un sursaut. Le risque de contamination est pourtant bien là. La conséquence d’une situation sociale dégradée qui s’étend inexorablement sur les plus faibles.

Faire face à l’urgence sociale, parer au plus pressé, c’est l’action entreprise par le président Guérini en augmentant à hauteur de 1,5 M€ le Fonds de Solidarité Logement et en proposant un plan d’aide exceptionnel de 600 000 €. Une aide substantielle pour permettre aux grandes associations caritatives de continuer à accueillir, héberger, aider et accompagner tous ceux et celles qui en ont besoin.

Les banquiers ne sont pas les seuls à rencontrer des problèmes de trésorerie. L’association jeunes errants a dû mettre les clefs sous la porte pour n’avoir reçu à temps une subvention à laquelle elle avait droit. Ce soutien supplémentaire et exceptionnel en complément des politiques publiques de solidarité est une bouffée d’air frais pour tous ceux qui œuvrent aux côtés des plus démunis.

C’est aussi un aveu, une prise de conscience : cette crise sera brutale. Les élus le savent bien. Leurs permanences sont désormais prises d’assaut et la valeur refuge en ces temps de disette reste une fois de plus la solidarité.

Resserrer les rangs pour former un remparts, loin des mesures dogmatiques et des querelles de clochers que chacun jugerait stérile face à l’ampleur de la situation. Jean-Noël Guérini repris par Renaud Muselier sur ses promesses de campagne a cherché l’apaisement au cours du dernier conseil municipal « la polémique n’est plus d’actualité. Ce sont les Marseillaises et les Marseillais qui comptent. » car il s’agit maintenant de limiter la casse et, à l’échelle d’un département, il reste encore un levier possible, l’investissement.

Le plan anti-crise de Guérini
Si Renaud Muselier se permet encore quelques remarques déplacées dont il a le secret, il n’en est pas moins réduit à tirer ses dernières salves faute d’avoir su conserver quelques cartouches pour l’ouverture de la chasse. La gestion de la Ville de Marseille et de la Communauté urbaine, épinglée par la besogneuse Chambre régionale des comptes, n’a certes pas les moyens de la relance.

Côté Conseil général, la situation est nettement plus confortable. Depuis plus de 10 ans, par sa politique rigoureuse et une gestion très serrée des coûts, le Département a pu dégager les marges de manœuvres aujourd’hui nécessaires à la poursuite des grands projets départementaux. Avec un budget total de plus de 2,2 milliards d’euros, un endettement à minima (160 millions d’euros soit 87 euros par habitant contre 320 euros en moyenne nationale) et une forte capacité d’autofinancement, l’argent mis sur la table a pour vocation de maintenir et de préserver des dizaines de milliers d’emploi dans les Bouches-du-Rhône.

La nette dégradation de l’activité notamment dans le BTP (23% de permis de construire en moins pour le 3ème trimestre), l’industrie avec une baisse de production annoncée chez ArcelorMittal, deuxième employeur privé de la région avec plus de 3 300 salariés ou encore Naphtachimie a de quoi faire vaciller le plus optimiste des économistes.

Investir pour limiter la crise est le choix opéré par le patron du Cg 13 qui gère en « bon père de famille », un portefeuille bien garni en ces temps de crise. Il conforte ainsi sa place de premier donneur d’ordre des départements réalisant à lui tout seul 1/8ème du total national. Difficile pour les élus de l’opposition de voter contre un tel déploiement de moyens.

L’épisode du changement de majorité à la CUM laissait déjà entrevoir un positionnement plus pragmatique des élus de droite, las de renflouer les caisses au profit de Marseille sans toutefois voir aboutir les projets promis à leurs administrés.

Aujourd’hui encore, Jean-Noël Guérini enfonce le clou en débloquant 119 millions d’aide aux communes et en officialisant la signature d’un partenariat avec Marseille Provence Métropole à hauteur de 250 millions. Le cadre de vie à Marseille ne sera pas oublié et les objectifs laissés en bout de course par l’ancienne direction comme l’amélioration de la propreté de la ville pourront ainsi aboutir.

Gagnant peu à peu du terrain et réussissant là ou d’autres ont échoué, le Président du Conseil général assoie sa position de leader dans le paysage politique méridional.

Même si pour la conseillère générale UMP Martine Vassal, « nous n’avons pas signé un blanc-seing » avec la gauche marseillaise, on imagine difficilement comment la droite pourrait faire jeu égal. Il y a des erreurs qui peuvent coûter cher en politique et les railleries des dernières campagnes sur le pactole du département ont un effet tragico-comique sous l’éclairage du plan anti-crise proposé.

Que pourrait-on demander de plus à un élu ? Une gestion saine de l’argent public par la maîtrise des dépenses et une intervention réfléchie en cas de coup dur. C’est ce qui vient précisément d’être fait. Jean-Noël Guérini montre ainsi ses qualités de gestionnaire avisé et sa capacité de rassembler autour de lui. De quoi préparer les prochaines échéances électorales sous de bons auspices…

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