Elections européennes : le socialiste Vincent Peillon passe par le Sud-Est, la discorde dans ses bagages

vincent-peillon-1Pour Vincent Peillon, probablement désigné tête de liste pour le Sud-Est par les militants socialistes le 12 mars prochain, ces élections européennes serviront aussi de base de lancement à son courant « L’espoir à gauche. »

Un bel et tout neuf hôtel du centre-ville de Marseille, un vent à décorner les bœufs qui soulève à peine une mèche de cheveux du beau philosophe et eurodéputé sortant, un aréopage d’élus venus de toute la région Sud-Est… Et une drôle de conférence de presse organisée une semaine avant le vote des militants. Voilà le menu proposé par l’équipe de campagne de Vincent Peillon, tête de liste pour le Parti socialiste aux élections européennes du 7 juin prochain.

Il vient de passer deux jours à Marseille, tentant d’effacer des mémoires son acte manqué réalisé en direct, dimanche dernier, lors du Grand rendez-vous Europe 1-Le Parisien Aujourd’hui en France : « C’est un crève-coeur pour moi », déclarait-il alors au micro en parlant de sa désignation dans le Sud-Est alors qu’il réclamait le Nord-Ouest. « Ce n’était pas le choix que j’ai fait, c’est un choix qui résulte du Congrès de Reims. »

Avec distance, Vincent Peillon a justifié jeudi cette confidence par une jolie phrase : « La vie est mêlée de corps et d’âme, de vivants et de morts. Il me semblait normal de dire ce que je pensais ». Reste que l’aveu est rare en politique et qu’il surprend quand les communiqués les plus insipides, à droite comme à gauche, se succèdent.

D’ailleurs, ce jeudi à l’hôtel Radisson, un vent de confidences a soufflé. Ainsi celle de Jean-Noël Guérini, président du Conseil général 13 et leader aujourd’hui incontesté du PS local, à l’encontre de Patrick Mennucci : « Un jour, Patrick sera député, si le peuple le veut. Il y a des gestes qui ne s’oublient pas. Merci Patrick. » Un cadeau anticipé et une promesse pour le maire du 1er secteur de Marseille qui, officiellement, a renoncé de lui-même à être numéro 1 de la liste PS pour ce scrutin européen. Un cadeau empoisonné pour celui qui, dans ses rêves, se verrait peut-être calife à la place du calife ?

Gérard Collomb lance une pétition !
Officiellement toujours, la paix des ménages semble revenue entre Jean-Noël Guérini et Gérard Collomb, le maire de Lyon. Ces deux barons, comme on les surnomme avec condescendance depuis Paris, battent pourtant froid depuis quelques jours. Objet de la dispute : la liste, encore elle. « On ne peut pas montrer autant de désinvolture, en parachutant dans des régions des gens qui n’ont jamais eu aucun contact avec les populations, qui ne connaissaient pas les problèmes, c’est totalement inadmissible », avait notamment commenté le week-end dernier l’édile de Lyon. « Vincent a fait une déclaration dimanche, a explicité M. Guérini. Il fallait la comprendre dans les détails. Ca lui arrachait le cœur de quitter sa région. Mais on ne peut pas faire plaisir à tout le monde quand on constitue une liste. » Alors, c’est un « message d’amitié, de fraternité, de respect » qu’a envoyé Marseille vers sa sœur lyonnaise. « Ses responsabilités prendront le pas sur sa déception. »

Gérard Collomb a pourtant lancé une pétition appelant les adhérents du PS à « rejeter » la constitution des listes européennes fondées « sur l’unique appréciation de dirigeants nationaux ». Le texte dénonce « l’absence de concertation réelle avec les territoires », « un choix des candidats sans analyse du bilan réel » et « un effarant mépris de toute considération européenne ». Pourtant, Gérard Collomb pourrait aussi se satisfaire d’avoir obtenu une deuxième place pour une lyonnaise, là où les socialistes marseillais doivent aller jusqu’à la 5e place, celle de Jean-David Ciot, pour dénicher un compatriote du Lacydon (et encore, Jean-David Ciot est maire du Puy Sainte-Réparade, ce qui était sur le papier, inconcevable par Martine Aubry elle-même : pas de cumul entre fonctions exécutives avait-elle martelé !).

Ils se consoleront donc avec la « grande gueule » non socialiste, très société civile, le tonitruant patron de la RTM, Karim Zeribi, étrangement calme voire absent jeudi. Ce dernier fut, il est vrai, le porte-parole de Jean-Noël Guérini lors des dernières élections municipales de Marseille après avoir été très longuement courtisé par Jean-Claude Gaudin en personne… Ceci expliquant probablement cela…

Et l’Europe dans tout ça ? « Un besoin absolu, a exprimé M. Peillon, encore plus en raison de la gravité de la crise internationale. » Et d’appeler de ses vœux à « l’alternance politique à l’Union européenne », insistant sur cette élection à un seul tour : « On ne doit pas disperser ses voix. Notre ennemi numéro 1, c’est l’abstention.»

Pour l’heure, l’ennemi interne, la discorde donc, continue, telle le Phénix, à renaître de ses cendres. Au PS, on ne parvient toujours pas à se défaire de ses démons exacerbés lors du dernier congrès, à Reims en novembre 2008. D’ailleurs, la question a-t-elle été tranchée ? Qui, de Martine Aubry, première secrétaire, ou de Ségolène Royal, viendra soutenir la tête de liste Vincent Peillon ?

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Général, Ils ont dit, Municipales 2008, Politique, Pour vous faire votre opinion

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s