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Municipales : une heure après l’Ifop, un sondage de la Sofrès donne Guérini futur maire de Marseille


Jean-Noël Guérini apprend le résultat des 2 sondages favorables. Il reste résolument dans l’action de sa campagne.


Jean-Claude Gaudin fébrile hier soir en apprenant les 2 sondages négatifs du jour décide, selon l’UMP, de « hausser le ton »

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Le rythme des sondages municipaux marseillais s’accélère considérablement ces dernières heures. Tous mettent en exergue une lame de fond qui donne Jean-Noël Guérini, le leader de gauche, qui mène une campagne effrénée depuis le début septembre 2007, gagnant dans tous les cas de figure contre le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin. On apprenait ce soir vers 19h00 via Reuters que les listes de Guérini l’emporteraient par une solide avance de 4 points au 1er tour selon l’Ifop ( 36% pour Gaudin, 40% pour Guérini).

Moins d’une heure plus tard, selon un sondage TNS Sofres-Logica pour Le Figaro, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône obtiendrait 51 % des voix contre 49 % à son adversaire UMP au second tour des municipales. Apprenant la nouvelle ce soir en direct sur le plateau de France 3 Méditerranée, la célèbre faconde provençale du maire sortant ne pouvait cacher l’embarras, « Marseille reçoit aussi la température parisienne » riposte-t-il en ajoutant, « Nous assistons à une montée, un peu, du Front national et une stabilité du Modem, ce qui grignote un peu mes positions pendant que M. Guérini reste stable », a-t-il affirmé pour (se?) rassurer.

Les jeux ne sont pas faits pour autant, d’une part parce qu’il reste encore deux semaines de campagne et le vieux briscard de Gaudin réservera encore des surprises, sans nul doute. Pas fait non plus parce que, d’autre part, le savant découpage électoral par secteurs à Marseille rend très difficile les projections possibles en sièges. Reste que la partie s’annonce difficile pour Jean-Claude Gaudin. Ce soir, Gaudin poursuit sa mue, celle d’un homme qui doute, lui qui ne voulais pas même faire campagne il y a encore quelques semaines, faisant trépigner d’impatience quelques-uns de ses lieutenants qui eux, sentaient le vent tourner. L’inquiétude n’était pas tue non plus à l’Élysée ou au siège national de l’UMP.

Pourtant, selon l’enquête TNS Sofres-Logica pour Le Figaro, le maire sortant de Marseille accuserait trois points de retard au premier tour sur son concurrent PS Jean-Noël Guérini, avec 37 % des suffrages contre 40 %. Au deuxième tour, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône serait en tête avec 51 % contre 49 % à son adversaire UMP.

 » la tendance est préoccupante » selon Claude Bertrand
Claude Bertrand, directeur de cabinet et principal conseiller politique de Jean-Claude Gaudin, reconnaît néanmoins que «la tendance est préoccupante». Selon lui, la majorité municipale est pénalisée par « la progression du vote-sanction à l’égard du président de la République ». La parade est donc consommée, c’est la faute à Paris.

«Sur le terrain, on n’utilise pas du tout l’argument anti-Sarko», martèle Patrick Mennucci, le directeur de campagne de Jean-Noël Guérini. Lui-même candidat contre l’UMP Jean Roatta dans le 1er secteur (1er et 7ème arr.), qui l’avait battu de justesse aux législatives. L’ancien responsable de la campagne de Ségolène Royal veut plutôt voir dans la progression de son patron la conséquence «de sa crédibilité en matière de gestion, acquise au conseil général, de l’adhésion croissante de la population marseillaise à son projet et du besoin de renouvellement qu’elle exprime. »

Les scores du FN et du MoDem respectivement crédités de 9 % et de 7 % des voix, ce qui semble confirmer le retour d’une partie des électeurs sarkozystes de 2007 vers leur vote traditionnel. Marseille aura bien valeur de test national. L’ex-Vert Jean-Luc Bennahmias, chef de file des bayrouistes marseillais, se voit déjà en profiter, dans le sillage d’une victoire de Jean-Noël Guérini. «Il y aura une majorité nouvelle à Marseille, et nous en ferons partie», confie-il à nos confrères du Figaro. Officiellement, sa liste «démocrate et écologiste» est prête à négocier une fusion avec le «mieux-disant» des deux finalistes «en matière de transparence et de développement durable» . En fait, le MoDem et le PS sont déjà d’accord pour se battre ensemble contre le chantier de l’incinérateur de Fos-sur-Mer, que Jean-Claude Gaudin estime indispensable.

De quoi durcir encore le matelas de sécurité du candidat de la « gauche ouverte ». Celui que n’a jamais trouvé crédible le maire sortant lorqu’il pronostiquait un essouflement de la campagne de son adversaire dès le mois de novembre fort d’un sondage qui donnait M. Gaudin en avance de 10 points sur M. Guérini au deuxième tour. Mais l’écart a fondu comme neige au soleil marseillais au fil des mois, passant à 3 points dans une enquête mi-février avant que les candidats ne soient mis à égalité, toujours au 2e tour, selon un sondage OpinionWay du 21 février. Désormais, le challenger Guérini est devenu le possible futur maire de Marseille.

Téléchargez le sondage TNT Sofres-Le Figaro complet

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Marseille-Municipales 2008 : pourquoi Guérini peut gagner ?

La trêve des confiseurs achevée, les festins digérés, les voeux officiels diplomatiquement émis, voilà que la praxis politique se réactive à 8 semaines de scrutins électoraux essentiels.

A Marseille, l’équipe sortante prétend toujours ne pas être du jeu, le nez plongé dans les dossiers à achever dare-dare avant la fin du mandat pour honorer un maximum de promesses faites 7 ans plus tôt. Pas dans le jeu, mais pas absent du jeu… Lorgnant sur le programme de son adversaire, elle tente de le désamorcer avant d’entrer en lice (ce serait pour le 9 février selon l’Hôtel de Ville…). Pour preuve, l’annonce inattendue de Jean-Claude Gaudin, faite hier soir, d’ouvrir le métro jusqu’à 23 heures à partir du 15 février, alors que le challenger socialiste propose une fermeture à minuit en semaine et une heure du matin le week-end. Ainsi, ce qui n’a pu être fait en 30 ans le devient miraculeusement à quelques jours du 1er tour des municipales. Sauf que les agents de sécurité devraient, quant à eux, quitter les stations pour cause de convention collective, à 21h30 ! Un hiatus à régler fiça…

Mais les fissures internes ne peuvent plus se taire, chacun mordant sur le territoire de l’autre quand le grand chef non encore contesté, Jean-Claude Gaudin, toujours d’active, ronge son frein et lâche avec véhémence mais parcimonie quelques salves bien senties.

De l’autre rive, Jean-Noël Guérini, le challenger de gauche, est sur tous les fronts, 18 heures sur 24, au point où La Provence , établissant un état des lieux de rentrée, reconnaît :  » Il court, il court, sans interruption depuis le 8 septembre, jour de l’annonce de sa candidature… On l’aura vu partout » non sans noter « les dangers de l’essoufflement « . L’homme a de la ressource, éprouvée à la tête du deuxième département de France depuis bientôt 10 ans, épuisant à l’extrême ses plus fidèles collaborateurs, avec les lauriers incontestables que l’on sait, on a rien sans rien.

Mais, au-delà des personnalités inhérentes aux deux principaux concurrents en lice, c’est aussi deux cultures, deux méthodes, deux gestions d’agenda qui seront proposées aux électeurs en mars prochain. Un passionnant moment de démocratie s’annonce enfin à Marseille. Il sera respectueux en façade, les deux hommes se connaissent et s’apprécient, sans nul doute, mais redoutable dans la coulisse : bilan contre projet.

Les deux peaufinent, débauchent, charment, testent, calculent, épient, reniflent, tâtent, comptent… Tous deux doivent aussi apprécier les rapports de force qui, compte tenu des résultats de la présidentielle et des législatives, somme toute assez récentes, ont vu émerger à Marseille, des ressources à même de faire ou défaire une majorité.

Nous vous invitons dans ce papier de rentrée à vivre l’envers du décor, selon nos sources, sérieuses, mais aussi les échos, le pouls du marigot, de la pièce de théâtre politique qui se profile. Levé de rideau !

Gaudin dans le rôle de la tortue active

Moi je gère, lui promet. Pour qui l’aurait oublié, il est toujours, pour quelques semaines encore, maire de Marseille ! Sans qu’il l’ait dit en ces termes, il vend à chaque interview l’agitation naturelle de son challenger et sa propre maîtrise des rennes du pouvoir. Même s’il perd de plus en plus régulièrement son calme, nous l’avons souvent souligné dans nos colonnes, le patron de la ville travaille et ne pense pas encore aux élections.

Pourtant, en fin de spectacle, il ouvrait récemment le rideau de La Chaine Marseille (LCM), un de ses bébés audiovisuel (canal pour l’heure encore objectif sauf que son PDG serait, selon nos informations, invité à quitter ses fonctions dans les jours qui viennent, trop objectif en période électorale sans doute…), pour déclamer à l’endroit de Jean-Noël Guérini :  » Il promet tout azimut et sans chiffrage particulier. Quand on est au pouvoir on sait que faire des promesses… Ce n’est pas une bonne chose ! ». Dénué de mémoire, son programme de 2001 « A un million de Marseillais » (on était déjà loin du compte à 880 000 habitants) en était absout. Il réitérait hier encore, lors de la présentation de ses candidats aux cantonales, pour tacler l’avance et l’occupation du terrain de son adversaire, « depuis le début de la campagne, il s’enlise, il n’a que de bonnes intentions, il critique, mais n’a aucun chiffrage ! »

Tout cela est de bonne guerre et, hormis les pagnolesques sentences, quelques-fois heureuses et, sous couvert d’un accent ensoleillé, cruelles, force est de constater qu’elles sont matinées à l’aune de la mauvaise foi électorale, rien que de très normal en somme, (NDLR : le chiffrage du projet de Guérini devrait être rendu officiel le 6 février lors d’un meeting de campagne).

Dans le sillage du Président de la République, Nicolas Sarkozy, qu’il affectionnât sur le tard et fort opportunément, mais qui n’est toujours pas encore sa tasse de thé, il a cherché toutes les stars audiovisuelles possibles dans le périmètre de sa Communauté urbaine pour magnifier son nimbe électoral. Après avoir fait planer le doute sur le retour de Bernard Tapie, enfin démenti mais reconnaissant que des contacts avaient été pris sérieusement, Jean-Pierre Foucault et Nathalie Simon, ont répondu non à son invite. On notait néanmoins la présence de la belle véliplanchiste à ses voeux lundi soir au Parc Chanot. Hormis les journalistes de renom, qui ont juré l’impartialité en retoquant les sollicitations municipales : « je ne parlerai pas de Marseille », comme Franz-Olivier Giesberg (heureux d’être anonyme à St Victor), Basile Boli a, semble-t-il, décliné l’offre aussi, fort de la paillette offerte par son alter ego footballistique avec catogan de l’OM dans la mandature précédente, qui n’avait pas donné satisfaction, trop libre et fort en gueule, pour des salaires difficiles a assumer dans une ville exsangue (NDLR: Marseille demeure l’une des villes les plus endettées de France avec près de 2400 euros de dette par habitant et l’une des villes où l’impôt rentre le plus difficilement avec 49% d’assujétis…). Reste que nous devrions être surpris sur la fin… Jean-Claude Gaudin est fin un charmeur, il sait convaincre… Il nous réserve des surprises, pour sûr. Usant de ses relations parisiennes à l’UMP, il vient toutefois d’appeler à la rescousse – signe de fébrilité ou démonstration de force ? – Le 1er ministre, François Fillon, à Marseille, lundi prochain.

Cette visite vise-t-elle à faire oublier le départ de Thierry de La Brosse, Directeur général de l’OM, déclaré à la presse aujourd’hui, écoeuré par les manoeuvres et les transferts de gros sous qui lui échappent désormais ? Sans compter le fait que son frère devait s’occuper de sa net-campagne, comme il l’avait fait pour la candidat Sarkozy. Probablement pas, cette agitation, un peu paniquante, sans être officiellement en campagne, provient seulement du fait que les sondages de L’UMP sur Marseille sont alarmants pour le Président de la République qui a fait décréter l’état d’urgence par Patrick Devedjian, patron du parti présidentiel, ce qu’a très peu goûté l’édile local. Sans y croire vraiment, Sarkozy a senti que le dernier round poussif de Gaudin est difficile, et a donc opté pour la nationalisation politique du défi, lui et lui seul, bling-bling… Impossible à recevoir, selon-nous, à Marseille, ville naturellement réfractaire à une politique conduite par Paris et par des attitudes « people » si loin de sa culture populaire et sans formalisme… Reste que Gaudin est furax de voir le bientôt jeune époux présidentiel venir jouer sur ses terres… Sans autre forme de procès que la monopolisation de son champ politique.

Pour l’heure, ne lui reste donc que le très faible Philippe San Marco, leader de la gauche déçue d’il y a 20 ans. Cette gauche brillante et intellectuelle, qui n’a jamais su trouvé son électorat à Marseille. Tout comme Michel Pezet, injustement régicide dont on pressentait, ici même sur ce blog, le retour électoral sur les rives du Lacydon dans la besace du maire sortant, faute d’un impossible succès à Aix-en-Provence (Supposition? Supputation ? Les pourparlers étaient réels, nous jurons !). Loin d’une ouverture, et avec raison, Jean-Claude Gaudin tente de recycler les cerveaux désavoués par les cénacles Defferristes intransigeants, très lointains de toutes facultés de pardon. Regrettable, pour le coup, une chance manquée… Si seulement l’intelligence avait triomphée?

En attendant, l’usure du pouvoir aidant, le vent politique tournant, le brillant Guy Teissier lorgne avec gourmandise sur le poste de 1er adjoint, détenu par Renaud Muselier. C’est dit avec élégance, du genre « on s’aime tellement que ça se passera en bonne intelligence », mais quand même… Guy Teissier, le moins bien servi de l’équipe gaudiniste ces dernières années, est devenu incontournable. Il exigera et obtiendra sûrement quelques lauriers. Pas un poste de secrétaire d’Etat à la défense pour l’heure puisque le remaniement ministériel semble être repoussé à l’après-municipale. Mais l’urgence interne pour Gaudin aujourd’hui c’est assurément de flatter son Teissier. Retenons, quand-même, qu’il n’est toujours pas en campagne, bien sûr… 😉

Guérini dans le rôle du prétendant amoureux

« Vous pouvez dire tout ce que vous voulez, même mes collaborateurs les plus directs, même ce que je lis sur Internet, personne n’aura les 200 mètres d’avance sur moi » déclarait Jean-Noël Guérini récemment à ses proches, « C’est moi qui décevrait, c’est moi qui déciderait, les noms, les postes, les secteurs, de mes têtes de liste ». La surprise n’a pas trainée. Prenant courageusement le risque d’aller affronter Renaud Muselier et Bruno Gilles sur leurs terres du 3ème secteur (4ème & 5ème arr.), le candidat socialiste ne manque pas de panache de quitter son confortable fief du Panier. « J’ai la gagne », déclare-t-il à l’envi.

Premiers commentaires entendus : il s’agit de l’attitude d’un homme qui est en confiance… Pour gagner, il faudra en effet prendre des risques. Autre commentaire : « C’est sacrément courageux ! » En fin politique, l’homme en est conscient. Même ses amis du Panier semble plutôt le bien vivre, sûrs, trops sûrs ? Lisette Narducci a, en effet, émis et fait ce qui était en son pouvoir pour être juste et efficace, autant dire pas grand chose, malheureusement, au regard de ce qui est accordé aux mairies de secteurs. Elle est très apréciée néanmoins. Renaud Muselier prédit naturellement à Guérini une « double peine », en guise de double défaite, dans son secteur, bien sûr, et sur l’ensemble de la ville puisque le candidat de gauche proclame qu’il est d’abord candidat partout. Hier encore, Jean-Claude Gaudin, toujours pas en campagne, reprenait les propos de son 1er adjoint quasiment in extenso pour marteler l’évidence, nous avons reçu la provocation 5/5 ! Il est vrai que Renaud Muselier, candidat malheureux aux régionales de 2004, prédisait la même gamelle à Michel Vauzelle en critiquant son « bilan zéro ». On connaît la suite. Bon signe pour les supporters de gauche… Muselier est tellement aimé, nous le savons, par ses amis…

Jean-Noël Guérini, solide dans son intuition, a présenté ses têtes de liste à la presse mardi matin. Savant dosage : François Franceschi, ophtalmologiste de renom international, sera candidat (viré des instances dirigeantes nationales de l’UMP depuis 3 jours) à l’ouverture dans le 4ème secteur (6ème & 8ème arr.). L’actuel patron du département, s’appuiera aussi sur une équipe très féminisée : Samia Ghali dans le 8ème secteur (15ème &16ème arr.), Lisette Narducci dans le 2ème (2ème & 3ème arr.) et Sylvie Andrieux dans le 7ème (13ème & 14ème arr.). Reste quelques poids lourds politiques, tous souhaitant en découdre après quelques échecs passés, René Olmeta, ancien candidat malheureux aux dernières municipales de Marseille, dans le 5ème (9ème & 10ème arr.), Christophe Masse qui rêve d’une revanche après les législatives perdues à l’arrachée dans son fief du 6ème secteur (11ème & 12ème arr.) et, bien sûr, son directeur de campagne, le bouillant Patrick Mennucci, qui veut relever le défi, perdu en juin dernier, à 248 voix, dans le 1er secteur (1er & 7ème arr.).

Au-delà des postures officielles, le candidat, et ce n’est pas l’une de ses moindres qualités, sait s’entourer. On lui reproche son manque de brio, il pourra compter sur des collaborateurs redoutables et dévoués au Département. Citons son directeur de cabinet, Pascal Marchand, l’homme de l’ombre. Machine laborieuse, efficace, juste et quelque-fois sombre, il sent les dossiers d’avenir, les mature et les travaille, il sait, à l’occasion, séduire. Un protestant carré qui contrôle et est à la manoeuvre, une chance inouïe pour Guérini qui joue, comme Gaudin, de l’affectif. Dans la même veine, Jean-François Noyes, son ancien Dir Cab, désormais candidat aux cantonales, qui contrôle les réseaux… Mais aussi son épouse, Martine Guérini, spirituelle au possible, drôle et très au fait de l’intérêt de son époux, utilise d’un sourire ses réseaux juridiques (elle est avocate) et de son entregent dans la haute société marseillaise. Mais, dans le deuxième ou troisième cercle, force est de constater que tous lui vouent une dévotion réelle, l’homme sait plaire et convaincre, nul doute. C’est une force.

Bennahmias dans le rôle du petit poucet

Nonobstant la rumeur du débarquement de Patrick de Carolis, actuel patron de France-Télévision, comme candidat à Marseille, le Modem est enfin sorti de son psychodrame en donnant la prime à la tendance « gauche » d’un jeune mouvement hétéroclite. Jacques Rocca-Serra, son ancien leader affilié à toutes les majorités d’après-guerre (Defferre, Vigouroux, Gaudin), actuel adjoint du maire sortant, a été désavoué après moultes péripéties par le 3ème homme de la présidentielle, François Bayrou, préférant miser sur Jean-Luc Bennahmias.

Ce dernier, très actif depuis l’officialisation de sa candidature a cependant plus l’image d’un Vert que d’un transfuge démocrate-chrétien. Il devra jouer d’un grand sens diplomatique, pour rallier les anciens UDF et les nouveaux MoDem, autant dire les centristes de droite et de gauche ou, en d’autres termes, les jeunes recrues Internet de la présidentielle, fascinées par le projet de Bayrou et les partisans soigneusement peignés depuis des années par les réseaux de l’adjoint aux transports, aux relations Internationales et à la Maison de l’artisanat de Jean-Claude Gaudin.

Lors des vœux de Michel Vauzelle, jeudi soir à la Région, la chose n’était assurément pas acquise. Bennahmias n’a pas daigné saluer Rocca-Serra, du moins sur la scène, et a bien pris soin de s’éloigner de son collègue, trop de photographes sans doute, ambiance…

Le pari de Bayrou a ses limites à Marseille, nous l’avons quelques-fois regretté dans ces colonnes. L’influence des réseaux de Rocca-Serra nuiera, nul doute, au candidat centriste qui ne semble pas encore enraciné à Marseille malgré son travail de terrain. A Marseille, la clef est de se faire aimer. Saura-t-il, durant la courte, très courte campagne, trouver l’écho et la résonance qu’il désire en termes électoraux ? Là se joue, selon-nous, l’élection du futur maire de Marseille.

Le pari est risqué, pas impossible. Tout dépendra des résultats obtenus par quelques figures locales, dont certaines ont obtenu des scores très honorables aux législatives : Christophe Madrolle, Miloud Boualem… Score à même de faire basculer les majorités. Le choix de Bayrou, imposant Bennahmias malgré des sondages plus favorables à Rocca-Serra, laisse supposer au deuxième tour la perspective d’alliances avec les listes de Jean-Noël Guérini.

Ce dernier, déclarait hier encore qu’il ne souffrait aucun accord d’appareil mais qu’il était tout à fait disposé à accueillir sur son projet les candidats MoDem ayant recueilli plus de 5% au 1er tour (seuil nécessaire, selon la loi, à la fusion de liste).

Coppola, dans le rôle de la grenouille plus grosse que le boeuf

Dépouillé de tous ses leaders, puisque la quasi-totalité des élus communistes marseillais ont rallié Jean-Noël Guérini dans sa campagne (le sénateur Robert Bret, Frédéric Dutoit, dernier maire communiste d’arrondissement des 15ème et 16ème arrondissements, Annick Boët, ancienne patronne du groupe municipal et 11 des 13 conseillers municipaux communistes), la fédération du PCF 13 ressemble à ne pas s’y tromper, à une coquille vide.

La résistance désespérée de Jean-Marc Coppola, son leader, après avoir gonflé le torse, jouer l’intox, pour appeler Guérini autour d’un table de négociation, n’a pu que se contraindre à venir faiblement négocier avec lui à la ruche (QG de campagne du candidat socialiste, place du 4 septembre). Il a eu beau menacer d’un ralliement à la liste de l’extrême gauche, les dés étaient jetés : 70% des militants ont préféré l’alliance avec le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Jusqu’à la lie, il a dû boire la ciguë, puisque même l’extrême gauche, que l’on a connu plus vindicative, laisse entendre qu’elle sera moins « radicale » au second tour pour soutenir… Jean-Noël Guérini et faire battre coûte que coûte Jean-Claude Gaudin!

Bref, les jours passent et la perspective de voir Jean-Noël Guérini accéder à la mairie de Marseille devient de plus en plus crédible. Reste que Jean-Claude Gaudin a tout à perdre, il aura 75 ans au sortir de son hypothétique réélection pour un 3ème mandat à la tête de Marseille et, très au fait des combats politiques, sortira, sans nul doute, la grosse artillerie pour gagner. Un duel de titans est engagé…

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L’élection municipale de Marseille se jouera au centre

www.laprovence.comIl rayonnait François Bayrou, dimanche dernier à Seignosse (Landes), devant 3000 militants acquis à sa cause. Enchaînant les uppercuts bien sentis, quelques-fois assassins, contre le président Sarkozy. Il faisait figure de réel leader de l’opposition, face à un Parti socialiste qui n’a plus de limites dans la cruauté de ses règlements de compte internes.

Si le Mouvement Démocrate (MoDem) est sur les rails au niveau national, l’acte de naissance est prévu pour la mi-novembre, sa stratégie locale est encore très floue, voire illisible à Marseille.

Une sorte de bras de fer semble se faire jour entre les anciens UDF et les nouveaux démocrates qui ont suivi Bayrou pendant la présidentielle. Autrement dit, entre l’actuel patron de l’Udf-13, Jacques Rocca-Serra (en photo, toujours adjoint au Maire Ump de Marseille, Jean-Claude Gaudin), et les transfuges des Verts, Jean-Luc Bennahmias (député européen), Christophe Madrolle (ancien leader des verts à la mairie de Marseille), voire les jeunes recrues MoDem comme Childéric Muller (candidat aux législatives dans la 1ère circonscription. Nous vous invitons à lire notre acte de contrition pour un candidat que nous jugions alors peu crédible à tort…).

MoDem : listes autonomes au 1er tour
Au retour de Seignosse, tous semblaient avoir retenu la règle du maître Bayrou qui préconise « que le MoDem soit présent dans le plus grand nombre de villes de façon indépendante au 1er tour ». Pour le 1er tour donc, tout est plutôt limpide, il y aura des listes autonomes sous l’unique bannière MoDem dans tous les secteurs de Marseille. Jacques Rocca-Serra, un temps tenté par la direction départementale du Nouveau Centre (mouvement d’élus Udf ayant rejoint la majorité sarkozyste), s’est finalement soumis du bout des lèvres, « il y a la place pour faire une liste autonome au 1er tour » déclarait-il le 18 septembre dernier à une journaliste de La Marseillaise, non sans préciser, « mais il faudra trouver des accords au second. »

C’est-là que le bât blesse. Clairement favorable à une union avec l’Ump, le leader de l’Udf-MoDem 13 (ou l’inverse, on ne sait plus…), est très nettement contesté à l’interne par les nombreux nouveaux adhérents qui suivent le chef charismatique Bayrou dans sa politique d’affranchissement droite-gauche. Celui qui fut vigouriste sous Vigouroux et defferiste sous Defferre avant d’être gaudiniste sous Gaudin semble désormais lâché par sa base et par les instances nationales. Tout l’oppose au trublion Bennahmias qui s’est d’ores et déjà déclaré « candidat à la candidature » tout en précisant néanmoins n’être « pas du tout en lutte contre Jacques Rocca-Serra », lequel lui rétorque pourtant, par voie de presse « qu’il [J.-L. Bennahmias] ne lui semble pas le mieux placé pour trouver des accords au second tour. Ni a droite, ni à gauche ». Ambiance…

Le MoDem est devenu central, même à Marseille
La chose pourrait faire sourire si l’enjeu n’était pas stratégique pour l’élection du futur Maire de Marseille. Certes, F. Bayrou était en deçà de la moyenne nationale à Marseille lors de la présidentielle, 14,1% pour 18,57%. Mais l’Udf avait fait un bon notable de 8,56% par rapport à 2002 et réitéré son emprise pour les législatives dans les arrondissements centraux, dépassant quelques-fois les 10%, comme Miloud Boualem dans le 1er avec 11,94%.

Ces résultats ont été, nul doute, finement analysés dans les états-majors politiques marseillais. C’est pourquoi les deux candidats officiellement déclarés pour l’élection municipale de mars 2008, Jean-Claude Gaudin (Ump) et Jean-Noël Guérini (Ps), font œuvre d’ouverture plus que de coutume. Le premier round ayant été gagné par le challenger socialiste qui a réussi à débaucher Karim Zeribi, chantre national de l’intégration et de l’égalité des chances, très convoité par J.-C. Gaudin (lire notre article).

Qui ouvrira plus que l’autre ?
Les déclarations du redouté patron socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône, ne font aucun doute, il affirme sur son blog « l’ouverture, je la pratiquerai avec des personnes très différentes, même celles qui ont votées pour Nicolas Sarkozy et François Bayrou mais qui apporteront leur richesse intellectuelle, leur savoir-faire, celles qui font l’intelligence de Marseille », en même temps que Jean-Claude Gaudin se sent contraint d’ouvrir large les voiles de la prochaine équipe, « l’ouverture, on sera obligé de la faire », concède-t-il, non sans faire grincer des dents aux membres de son équipe actuelle. Les deux ont saisi l’enjeux : l’élection se fera au centre.

Guérini a des atouts, Gaudin des risques
L’atout de J-.N. Guérini, candidat pour la première fois à la tête d’une campagne municipale « générale » sur Marseille, est de refuser toute alliance de parti, notamment avec un Parti communiste moribond, laminé, mais à qui il propose quelques places pour sauver les meubles et récupérer les dernières poches communistes « historiques », avec des figures comme Annick Boët et Frédéric Dutoit (encore maire du 15ème et 16ème arrondissement mais perdant aux dernières législatives contre le socialiste Henri Jibrayel, un très proche de Guérini). Sans union d’appareils, mais avec une union de la gauche faite autour de lui, pour la première fois depuis des lustres, autant dire depuis l’après-guerre. Le candidat socialiste fait l’unanimité, et a, de fait, les coudées franches pour pouvoir « ouvrir » ses listes au centre droit.

Jean-Marc Coppola, patron des communistes marseillais fulmine, invite officiellement au dialogue des forces de gauche autour d’une table pour établir un programme, en menaçant le candidat Guérini, mais n’obtient qu’une fin de non recevoir… Pendant ce temps, Guérini semble avoir rencontré lesdits Bennahmias et Madrolle… On ne nie pas mais ne confirme rien du côté du bateau bleu (siège du Conseil général des Bouches-du-Rhône). Le centre fera l’élection, comme à Paris, à Lyon, à Bordeaux, à Toulouse, laisse-t-on entendre…

Gaudin dans l’expectative avant de porter l’estocade ?
Jean-Claude Gaudin, fin politique, sait que le terrain devient poreux, il fait mine de poursuivre son œuvre municipale, sans aucun commentaire. Il sait que sa notoriété dépasse, et de loin, celle de Guérini. Sa popularité est toujours de mise, même s’il a raté certains enjeux attendus par ses administrés, comme l’écologie, avec un incinérateur très impopulaire, implanté en dehors de Marseille il est vrai. A son crédit, le décollage du quartier d’affaire Euroméditerranée, la réhabilitation des avenues autour du tramway, notamment la rue de la République.

Il attend et prépare la riposte à coup de surprises promises en termes d’ouverture, convaincu que deux mandats ne suffisent pas pour finaliser son œuvre… Pour ne pas ouvrir surtout une guerre entre prétendants, ceux qui le voient déjà à la présidence du Sénat, loin, si loin de la Canebière…

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Guy Teissier laisse entendre que Jean-Claude Gaudin ne l’a pas « suffisamment » aidé pour entrer dans le gouvernement Fillon

www.agentura.ru/dossier/france/commission/gi.jpgIls ne s’aiment pas, c’est le moins que l’on puisse dire. La plupart du temps, Jean-Claude Gaudin et Guy Teissier font bonne figure en public. Mais, parfois, cette belle façade craquèle. Au lendemain de l’annonce du gouvernement Fillon II, Lionel Royer-Perreaut, suppléant de Guy Teissier à l’assemblée nationale, a dit tout haut ce que pensait tout bas son mentor qui rêvait d’être nommé secrétaire d’Etat aux industries de la défense, à la Réserve et aux Anciens combattants. « Il faudra bien qu’à la mairie sur le Vieux-Port, ils prennent en compte que Guy Teissier a le vent en poupe. C’est lui qui a gagné le plus de voix aux législatives et c’est dans son secteur que l’UMP enregistre aujourd’hui ses meilleurs scores. Il a une audience sur toute la ville. Si on veut aborder sereinement les prochaines échéances, il faut respecter ses amis », a-t-il déclaré dans La Provence avec une pointe d’amertume.

Entre les deux tours, un rien désabusé, Guy Teissier avait déclaré qu’il ne sentait pas « de volonté suffisamment forte » du maire de Marseille pour l’aider à entrer au gouvernement. Une façon euphémisée de dire que Jean-Claude Gaudin a sans doute tout mis en œuvre pour que ce trublion de Teissier reste à la maison.

Depuis plusieurs années, le ton monte chaque fois d’un cran entre les deux hommes. La faute au ton très direct de Guy Teissier et surtout à l’ambition de ce dernier d’être un jour le successeur de Jean-Claude Gaudin à la mairie. Et comme Jean-Claude Gaudin ne l’entend pas de cette oreille.

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Marseille Municipales 2008 au PS : Guérini, Andrieux ou Mennucci ?

C’est avec une fiévreuse minutie que les états-majors politiques marseillais examinent les résultats du deuxième tour des législatives à Marseille. Comme nous l’écrivions hier, le rebond de la gauche a été moins probant à Marseille que sur le reste de la France. Cette résistance à la vague remonte à l’accession à la mairie de Jean-Claude Gaudin. Chaque vague nationale, qu’elle soit rose ou bleue, ne modifie pas les rapports de force à Marseille. Certes, le Parti socialiste, dans deux circonscriptions (la quatrième et la troisième), frôle la victoire. Mais l’échec est au rendez-vous pour Patrick Mennucci et Christophe Masse.

Comment le Parti socialiste va-t-il réagir face à cette réalité comptable pour les prochaines élections municipales ?

www.cg13.frJean-Noël Guérini va-t-il y aller ? Le président du Conseil général est le leader naturel de la gauche marseillaise. Au lendemain de l’élection présidentielle perdue, il a appelé à un renouvellement générationnel et a clairement affiché son ambition de jouer un rôle important dans la refondation du PS. On peut imaginer qu’il testera à Marseille ce discours très tonique. Tous les socialistes marseillais sont unanimes : sa place, en 2008, est à la tête des troupes. Prendra-t-il le contrepied de cette évidence ? Préfèrera-t-il rester à la tête du Conseil général tout en pilotant la campagne municipale ? Sa réponse est annoncée pour la fin juin.

www.regionpaca.frSylvie Andrieux, la plus légitime. Ces dernières années, Jean-Claude Gaudin, pour conforter son assise municipale, a fait des 13è et 14è arrondissements de Marseille une priorité de conquête. Dans ce secteur, la socialiste Sylvie Andrieux résiste plus que brillamment aux tentatives de destabilisation du maire de Marseille. Michel Bourgat et Nora Redmania-Preziosi, candidats UMP, viennent d’en faire l’amère expérience. Chaque fois, la victoire est nette, sans appel. Ce qui démontre que l’ancrage de terrain est solide. A l’évidence, Sylvie Andrieux a marqué des points dans la course à la candidature socialiste marseillaise si Jean-Noël Guérini refusait d’y aller.

www.regionpaca.frPatrick Mennucci, le challenger. Il est des défaites moins graves que d’autres. Battu de peu, Patrick Mennucci a pris date pour les futures municipales de 2008… dans le secteur du centre-ville de Marseille. Certains ont pris cette déclaration pour l’affichage d’une volonté de mener la liste sur l’ensemble des secteurs marseillais. Ambiguïté que Mennucci a vite effacé en expliquant qu’il voulait parler de la liste du secteur et non de la conduite de l’ensemble des listes. Toujours est-il qu’en cas de refus de Jean-Noël Guérini de se présenter, Patrick Mennucci dispose de certains atouts : il est le chef de file de l’opposition municipale PS, est souvent monté au créneau seul pour contester le bien-fondé des politiques gaudinistes.

Gaudin, qui le déteste, l’a, malgré lui, adoubé. Une telle tension entre les deux hommes donnerait à l’évidence une confrontation piquante. Son statut d’homme de confiance de Ségolène Royal lui a donné par ailleurs une véritable stature nationale. Si l’ancienne candidate du PS à la présidentielle parvenait à s’assurer la présidence du parti, il bénéficierait à l’évidence d’un soutien enthousiaste d’une Royal toujours aussi populaire.

Conclusion temporaire. Nous ne nous livrerons pas au petit jeu des pronostics. Malgré sa défaite aux législatives, le PS a marqué des points dans les esprits et le moral en berne a laissé la place à une plus grande vigueur militante. Si le Parti socialiste marseillais parvient à renouer des liens avec les intellectuels, avec les forces vives de Marseille, à proposer des contre-projets porteurs dans les trois domaines principaux où Jean-Claude Gaudin a échoué (le logement, les transports, la saleté de la ville), il pourra entamer ce combat des municipales avec l’espoir de l’emporter, face à une majorité municipale menacée par l’usure.

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Législatives 2007 : le ressac PS contourne Marseille

Christophe Masse (PS) perd la 8è circonscription de Marseille détenue pas sa famille depuis 70 ans Sources : http://christophemasse.fr

La France est un drôle de pays : il aime les happenings politiques, les retournements de situation, choisit son élu comme on s’habille tous les matins, en changeant de couleurs, de styles. Versatilité ? Non, sagesse, plutôt !

Comme de la préparation d’une soirée que l’on voudrait douce et que l’on mitonne, un peu de jazz, un peu de classique, quelques standards… Le pire, pour la gauche, serait de ne rien avoir compris au film.

Bien entendu, la France n’est pas devenue socialiste dimanche soir. Jusqu’à preuve du contraire, la gauche a perdu. Mais les Français ont juste adressé un message à Nicolas Sarkozy : attention à ne pas dévier du pacte de confiance scellé entre nous. La réforme, oui, mais pas avec un bulldozer.

Pour éviter que le Président ne concentre tous les pouvoirs, les Français lui ont donc adjoint une opposition suffisamment soudée pour doucher l’euphorie ambiante, incarnée ces derniers jours par un François Fillon carnassier (quelle erreur de communication !).

Le ressac rose n’a pas touché les côtes marseillaises. L’UMP commence d’ailleurs à prendre la bonne habitude de limiter les dégâts même lorsque la vague prend des reflets roses. Pis encore, la gauche perd une circonscription, la 8è, détenue pourtant par un député sortant.

Il faut donc que la gauche marseillaise s’interroge : pourquoi Marseille n’est ni Paris, ni Lyon ? Pourquoi ne parvient-elle pas à capitaliser des déplacements de voix massifs ?

De la qualité de la refondation politique annoncée par Jean-Noël Guérini dépendra l’élucidation de ce petit mystère politique : à Marseille, dont la sociologie est en pleine mutation, les nouveaux bobos ne votent pas à gauche. Pourquoi ?

Que celui qui connaît la réponse réclame une invitation au Parti socialiste. Les fenêtres sont, dit-on, ouvertes à toutes les rénovations possibles. Il est donc nécessaire d’y entrer pour faire évoluer ce parti de l’intérieur.

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Le cyclone Sarkozy

sarkostique.over-blog.com

Oh qu’elle est bleue, oh qu’elle est belle… Sarkozy n’a certainement pas osé demander au groupe marseillais Massalia Sound System d’emprunter les paroles de cette belle chanson pour son hymne de campagne mais elles collent à l’évidence à la situation politique.

Du bleu, partout, devant, derrière, au milieu, symbolisé par le score historique de qualification de Bernard Susini, candidat UMP, dans les quartiers nord de Marseille, au deuxième tour.

Parce qu’à l’évidence, les mentalités évoluent : la droite de Sarkozy offre aussi une alternative aux yeux des plus démunis. On pourrait croire qu’il s’agit d’un mauvais moment à passer. Ce serait s’éxonérer de la question que tout le monde se pose : d’où vient le sarkozysme ? Est-ce une mauvaise peste ravageant la gauche dans son entier ? Ou est-ce une véritable démarche d’adhésion ? A priori, la dernière interrogation mérite une réponse affirmative.

Le sarkozysme s’origine autant dans l’absence de projet de la gauche que dans le discours de son vibrionnant auteur. Nicolas Sarkozy a échoué au ministère de l’Intérieur mais qu’importe, il donne le sentiment d’agir.

Les Français se régalent de paradoxes : ils sont sévères avec le bilan du ministre de l’Intérieur mais le cite en premier comme étant le plus compétent pour inverser la donne sur l’épineux problème de l’insécurité. Ce qui n’est pas très rassurant sur l’état mental du pays : voter pour quelqu’un dont on doute des capacités (reprenez les sondages sur l’insécurité, ils sont effrayants) relève d’un puissant masochisme.

Son omniprésence tend un piège mortel à la gauche : elle risque de se reconstruire à partir de l’attente de ses éventuels coups de pompe. Mais Sarkozy est un renard : échouer ne lui fait pas peur, l’important, c’est de mouiller le maillot dans un monde complexe où la résolution des problèmes réclame un activisme de tous les instants. Et voilà le tour joué.

De l’action avant toute chose, des succès, peut-être… En attendant, la gauche n’a d’autre choix que d’inventer un possible dont elle emprunterait la forme à l’expert Sarkozy. Dire, c’est faire. C’est déjà ça, comme le chante Souchon…

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