Archives de Catégorie: Propreté

Marseille vu par M6, pas fameux !

Hier soir, la chaîne de télévision « qui monte! », M6 pour ne pas la nommer, diffusait une « enquête exclusive » en caméras cachées qui suivaient nos ripeurs (nos éboueurs), à l’aune du « fini-parti », entres autres.

Le constat fut accablant et dépasse désormais les seules frontières de la cité phocéenne. Ce que nous savions mais que nous cachions de peur de donner une piètre image de la ville, ce que nous relativisions parce qu’il s’agissait d’une organisation qui nous appartenait et dont seuls les Marseillais avaient le droit de se plaindre, comme on le fait dans les affaires de famille, fut montré au vu et au su de tous les français. En somme, une carte postale marseillaise bien écornée et fort peu parfumée à 4 mois des élections, surtout après le reportage du journal de 13h de France 2 sur l’invasion des rats « gros comme des lapins » à Marseille, le 25 octobre dernier.

Ce magazine d’investigation (Enquête exclusive) diffusé dimanche soir sur M6, a enregistré sa plus forte audience depuis sa création, il y 4 ans, avec une moyenne de 2,4 millions de télespectateurs. Cela représente une part d’audience (PDA) de 28 %. En guise de comparaison, les deux précédents sujets présentés par Bernard de la Villardière avaient enregistré une audience de l’ordre de 18 %. Cette « plongée dans Marseille » proposait une radioscopie de la cité phocéenne, au-delà de la seule problématique de la propreté, elle traitait de toutes les limites d’un système à bout de souffle : urbanisme, économie, social…

Le magazine, dont les images ont été tournées en grande partie cet été, sera rediffusé sur M6, mercredi 5 décembre à 0h45. En voici quelques extraits édifiants :

Quoi ? Marseille serait sale ? Muselier joue l’étonné :

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Guérini en ordre de bataille sur la propreté pour les municipales de Marseille

Film projeté lors du 1er rendez-vous débat de Jean-Noël Guérini

Après avoir inauguré en fanfare la « ruche », son QG de campagne devant 2000 aficionados ravis de se compter aussi nombreux, Jean-Noël Guérini, candidat PS à la Mairie de Marseille, a sillonné la ville durant tout le week-end grâce à l’opération « Tous sur le pont ! » qui consistait, dans 80 points rencontre, à distribuer sa « Lettre à tous les Marseillais. » Samedi après-midi, il réunissait, avec Samia Ghali et René Olmeta, 300 acteurs de la vie sportive. L’infatigable Guérini poursuivait, lundi soir, son entrée en campagne par le premier de ses huit rendez-vous débats : « Gagnons une ville propre et attractive. »

C’était jour d’affluence à la Maison de la culture arménienne de la rue St Bazile pour débattre de cette épineuse question marseillaise. Plus de 500 personnes avaient répondu présentes à l’appel du patron de Conseil général, et la salle est vite devenue trop exigüe. Durant 3 heures, Jean-Noël Guérini, concentré, a pris des notes, avant d’apporter une conclusion tonitruante dans laquelle il n’a pas manqué d’égratigner sans jamais le citer Jean-Claude Gaudin, l’actuel maire Ump en place :  » La campagne électorale qui s’ouvre ne sera pas assez longue pour constater les échecs de la municipalité actuelle après 13 années de mandat« , lance-t-il avant de poursuivre, « au hit parade de ces échecs, le plus criant est certainement celui de la Propreté. Cet échec est, non seulement un échec de la municipalité sortante, mais celui, personnel, du maire sortant. » Le ton était donné…

Je règlerai la propreté de Marseille en 6 mois !
Le candidat socialiste poursuit par un constat accablant, partagé par l’auditoire et ponctué par des applaudissements : absence de responsabilité politique, organisation de la propreté défaillante, lourde et inadaptée, absence d’objectifs clairs et, en guise d’estoquade, « un esprit de clientélisme plus fort encore dans ce secteur que dans tous les autres secteurs de cette municipalité »

Guérini n’a pas été non plus avare de propositions et d’engagements. Morceaux choisis : « Je règlerai le problème de la propreté dans les 6 mois après mon élection ! », « Je serai un maire qui non seulement vous proposera des solutions, mais qui prendra, comme je le fais au Département, des décisions », « Il est grand temps pour notre ville de passer d’une gestion d’obligation de moyens à une gestion d’obligation de résultats, j’insiste d’ailleurs sur cette culture nouvelle du résultat, pour vous dire que tout le monde y sera soumis, élus compris ! », « Pour y arriver, je supprimerai, comme je l’ai déjà indiqué publiquement, « le fini-parti » », « Il y aura un cantonnier par rue, et cela, croyez moi, ce sera incontournable »,  » De fait, l’ensemble du travail sur « Marseille, ville propre » sera fondé sur une évaluation technique des besoins et des moyens, avec un contrôle indépendant du résultat », « Les marseillais sont aussi des piétons, ils doivent retrouver une ville dotée d’équipements de confort sanitaire et de propreté, débarrassée des pollutions d’origine canine grâce à un nettoyage spécifique et à la mise en place de « canisettes » », « Je n’hésiterai pas à sanctionner les actes d’incivisme et de dégradation de notre cadre de vie. Je dis tout ça avant les élections, je veux être au clair avec tous ceux qui m’entendent : c’est un engagement ! »

Un budget de « pierre »
« Comment payer toutes ces bonnes intentions ?«  demande-t-il, non sans préciser qu’en arrivant aux fonctions municipales, il ne trouverai qu’un « budget de pierre » puisque Marseille est « une des villes les plus endettées de France (3400 euros par habitant entre la Cum et la Mairie)« . La solution est d’activer la « synergie entre les collectivités territoriales (Département / Région / Ville)  »  et d’être « en mesure de mettre toutes les parties autour d’une table pour un intérêt commun » Mais, précise-t-il, jouant la transparence, « je gouvernerai à budget constant mais sans augmentation d’impôt grâce à une meilleure gestion. »

« Si, dans 6 ans, vous estimez que je n’ai pas été à la hauteur de mes engagements, je rentrerai chez moi, avec l’amertume de l’inachevé, comme celle que doit ressentir aujourd’hui la municipalité en place« . Nous voilà bel et bien en campagne !

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Municipales : un week-end bien chargé pour le candidat Guérini (PS) à la Mairie de Marseille

On pouvait lire, aujourd’hui, sur le blog de Jean-Noël Guérini et sur celui du parti socialiste des Bouches-du-Rhône, un programme d’entrée en campagne particulièrement dense pour le Patron du Conseil général, candidat aux municipales de Marseille. Lisez plutôt :

« Chers amis,

A partir du vendredi 16 novembre, ma campagne électotale pour les municipales de marseille entre dans le vif du sujet et les événements s’enchaînent. En voici un rapide récapitulatif.

Vendredi 16 novembre 2007 à 18h00 : Inauguration de mon local de campagne. Adresse : 11 place du 4 septembre – 13 007 Marseille. Cet événement festif marquera une étape importante de ma campagne. A cette occasion, je m’adresserai à tous les Marseillaises et les Marseillais pour leur présenter les principales orientations de mon projet pour Marseille 2008.

Samedi 17 novembre 2007 à 14h30 : réunion-débat « Sport »
Avec Samia Ghali et René Olmeta nous tiendrons une réunion-débat avec les acteurs de la vie sportive à Marseille sur la situation et l’avenir du sport dans la Ville. Lieu : Siège de campagne – 11 Place du 4 septembre – Marseille 7e

Samedi 17 et dimanche 18 novembre 2007 de 9h à 12h : “Tous sur le pont”
Avec mon équipe, nous irons à la rencontre des Marseillais : 80 points rencontres, aux couleurs de la campagne, pour échanger avec les habitants dans les 8 secteurs de Marseille. Partout dans la ville, dans tous les arrondissements et tous les secteurs, une lettre aux Marseillaises et aux Marseillais expliquant les motivations de ma candidature sera distribuée. Pour ma part, je vous donne rendez-vous :
Samedi 17 novembre :
10h30 : Rond Point du Prado – 8e arrondissement
11h15 : 253 bd Romain Rolland, Square la Pauline – 10e arrondissement
12h00 : Saint Barnabé, Centre Commercial, rue Montaigne – 11e arrondissement
13h00 : Quai du Port, face à la Samaritaine – 2e arrondissement

Dimanche 18 novembre :
9h45 : Brasserie des Catalans, Avenue Pasteur – 7e arrondissement

Lundi 19 novembre 2007 à 18h : réunion-débat « Marseille, ville propre et attractive »
Avec Patrick Mennucci, Josette Sportiello, Marie-Arlette Carlotti et Christophe Lopez, nous tiendrons une réunion-débat sur la thématique de la propreté et de l’attractivité de la Ville. Lieu : Maison de la culture (MACJ) – 12, rue St Bazile – Marseille 1er

A très bientôt de vous rencontrer dans l’un ou l’autre de ces événements. »

De quoi donner le tournis au plus aguerri des candidats. L’infatigable Jean-Noël Guérini avait bel et bien annoncé lors du lancement de sa campagne, le 8 septembre dernier, qu’il serait le candidat du mouvement, du dynamisme et du changement. Le sondage publié hier, « encourageant » selon son directeur de campagne Patrick Mennucci, qui le met à égalité à 40% d’intentions de vote face au maire Ump sortant, Jean-Claude Gaudin, lui donne-t-il des ailes ? La campagne sera pourtant longue et l’Hôtel de ville fourbit encore, pour l’heure, ses armes en toute discrétion…

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Marseille frappée par la laideur municipale

http://www.marianne2.fr/Marseille-frappee-par-la-laideur-municipale_a78834.htmlAux fidèles lecteurs de « Marseille, un autre regard« , nous souhaitons faire partager la promenade désenchantée de Jacques Gaillard, écrivain marseillais, qui a publié ce billet d’humeur, forcément à charge, dans les colonnes de Marianne, il y a une dizaine de jours. Beaucoup auront l’impression d’avoir fait la même balade… Ou comment faire du laid avec du très beau… Bonne lecture !

 » Marseille est la seule grande ville de France qui, en cinquante ans, ne s’est pas embellie. Loin de là. Elle vient de traverser trois ou quatre années de chantiers « marseillais », c’est-à-dire simultanés, désordonnés, inexplicablement stagnants pendant des mois, jamais vraiment finis. Un bouleversement dont les Marseillais sortent épuisés et abasourdis par l’absurdité du résultat (quant à la facture, elle est monstrueuse). La circulation, historiquement difficile, est rendue impossible par un plan de liquidation surréaliste: on ne peut plus ni circuler, ni s’arrêter. Touristes, jetez vos GPS, ça change tous les huit jours, sans compter les nouveaux trous du matin. Car les trams roulent, il y a même, devant la gare de la Blancarde, deux lignes (!) pour aller « en ville », les trottoirs sont repavés, mais ici manque l’herbe entre les rails, là des tuyaux de plastic rouge émergent de trous béants, et sur la Canebière, venant doubler les superbes réverbères historiques (aurait-on songé à les remplacer par ceux d’un styliste ami de la Mairie? cela se dit …), on voit des poteaux de bois plantés dans des bidons de béton. Bizarre.

La Canebière ? Les superbes immeubles Napoléon III restent minés, au ras du sol, par d’invraisemblables devantures commerciales, avec des enseignes hideuses et déglinguées, dignes d’une zone commerciale sinistrée. Cela ne date pas d’hier – le très bel immeuble dit « de la Vierge », en face de la Bourse et du problématique Musée de la mode, est salopé depuis des lustres par l’agence d’Air France. On ne compte plus, du quai des Belges aux Réformés, les volets moisis, fermés sur des immeubles mystérieusement inoccupés, et dont on ne sait quelle spéculation ils attendent. Plus haut, l’avenue de la Libération, l’avenue des Chartreux, historiquement bordéliques, donnent l’impression de n’être jamais balayées. Le boulevard Chave et l’avenue Foch ont été bouffés par le tram, comme, plus bas, la rue de Rome attend d’être dévorée par quatre rails qui laisseront 80 centimètres de trottoir (pour l’heure, ils s’arrêtent net dans le bitume). Entre les deux, l’axe cours Lieutaud – boulevard Garibaldi – boulevard Dugommier – boulevard d’Athènes continue à exhiber des façades noires de crasse traversées par des paquets de câbles électriques et des trottoirs jonchés de détritus, envahis par des motos à vendre et des marchandises en attente de déballage qui ont l’air d’être tombées du dernier camion arrêté en double file sur la chaussée défoncée.

Sait-on ici ce que ravalement veut dire ? Imagine-t-on ce que pourraient apporter des trottoirs propres avec quelques terrasses de cafés accueillantes (Simone de Beauvoir venait, avant-guerre, boire son bock à la Taverne Charley, en face du Lycée Thiers, aujourd’hui disparue, et vantait son charme…) ?
La gare Saint-Charles, classée inaccessible à certaines heures, va, paraît-il, sortir d’une interminable réfection (je pense l’avoir toujours vue cernée de palissades et de gravats depuis au moins dix ans), mais sans doute continuera-t-on en masse à aller prendre le TGV à Aix-TGV, en pleine nature, où il y a un vrai grand parking à deux pas des rails, élémentaire détail qui fait défaut en haut du fameux escalier monumental.

Le cours Julien, type même du projet raté, dont on voulut croire qu’il deviendrait un lieu « branché » grâce à quelques bacs à sable souillés par les chiens, une fontaine vite dégradée (l’eau du bassin n’a pas de présence quotidienne assurée) et trois boutiques de mode, ne sert plus guère qu’à recouvrir, au sein d’un embouteillage permanent, un parking souterrain dont les escaliers font fonction d’urinoir et de poubelle à seringues. Dommage, on fait là de la bonne musique, une association se démène, mais faut-il se pincer les narines pour aller au centre culturel, et rentrer avant la nuit tombée tant le coin est craignos? Sans jouer les délicats, il faut oser le dire: au cours Julien, il y a du talent à revendre, et l’échec pathétique d’une municipalité à entretenir son propre investissement. Encore plus bas, la rue Saint-Ferréol mène impunément de la Préfecture aux dealers de la Canebière, voire au fameux centre Bourse dont les « barres Labourdette » imposent depuis cinquante ans leur laideur récemment labélisée par on ne sait quel conclave d’architectes (sans doute bruxellois). Et du célèbre Vieux-Port, l’eau n’est presque plus visible – c’est un lucratif garage à voiliers statiques, que l’on peut longuement contempler en toussant, puisque sur ses rives, les pots d’échappement diffusent généreusement leurs gaz : venir là en auto ou en bus réclame beaucoup de patience, s’en sortir, plus encore. Seule issue : prendre les choses de haut, monter à Notre-Dame de la Garde. Vue de là, Marseille est superbe. On en mangerait.

D’en bas, c’est autre chose. Le soleil, un style de vie dont on exagère la nonchalance (Marseille est à la fois très souriante et très agressive), une certaine naïveté sympathique symbolisée par le culte de l’OM ne font pas oublier que cette ville est plutôt difficile à vivre. Elle se réfugie dans ses quartiers, ses « villages » aux noms de paroisses, dans quelques bastions bourgeois ou populaires. Mais le drame, c’est que Marseille est une ville qui, depuis trente ans, n’a plus de centre ville. L’ancien s’est irrémédiablement dégradé. On n’a rien fait pour en refaire un. Plus un ciné sur la Canebière, les beaux cafés ont disparu, pas un restaurant sur huit cents mètres d’avenue, à dix heures du soir, tout ce que la deuxième ville de France offre dans son « centre », ce sont des snacks et du shit. Avec quelques flics promenant un berger allemand, sans déranger le business.

Mais que fait la Mairie ? Hélas, à Marseille, la laideur est municipale. Par tradition, pour ne pas dire par culture. Gaudin ne fait que succéder à Defferre, lequel avait trouvé est salopé, à coup de parkings surélevés et de bétonnages verticaux, une ville déjà bien abîmée par ses prédécesseurs. L’architecture urbaine est ici, de maire en maire, au service de régies bizarres et de réseaux compliqués. Les services municipaux obéissent à des principes de gestion inqualifiables. Pas d’autres normes, pas d’autres règlementations que celles qui avantagent de « grandes vues » municipales. Dernier coup de main dont on cause dans les bars, à l’heure du fly : la réhabilitation de la rue de la République, large artère débouchant à l’angle du Vieux-Port, aux superbes immeubles « nettoyés », avec la bénédiction d’une municipalité qu’on dit très… investie dans le projet, par des ventes à la découpe qui ont défrayé la chronique, et dont les prestigieux cinq pièces sont aujourd’hui plus ou moins bradés – quel bon bourgeois friqué veut habiter à prix d’or cette rue d’un centre absent, à vingt minutes d’une boulangerie ou d’un pressing?

Et Marseille se ridiculise à vouloir se hausser le col et se porter candidate à ceci ou cela, aux dernières nouvelles, les Jeux olympiques! Ô Gaudin, t’arrêtes de bouffonner? T’as fumé quoi? On vous parlera de renaissance culturelle, de création chorégraphique ou musicale, de qualité de la vie, mais cela peut-il se faire dans la laideur? D’abord, retrouver la beauté massacrée et reconstruire un peu d’harmonie architecturale. Visiter Lyon, Nantes, Bordeaux, Paris, Strasbourg. Apprendre le bon goût et ses principes. Refaire la Canebière, nettoyer les avenues, revoir le plan de circulation.
Car cette ville est aimable, et je l’aime : j’y suis né.« 

Par Jacques Gaillard, écrivain.
Promenade désenchantée dans la troisième ville de France. Ou comment faire du laid avec du très beau. Marianne, 27 septembre 2007

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Marseille Municipales 2008 : Jean-Noël Guérini (PS) se lance à la conquête de la mairie

Ca y est. Après des mois de réflexion et des annonces de candidature plusieurs fois reportées, Jean-Noël Guérini, le patron du Conseil général des Bouches-du-Rhône, qui s’imposait unaniment à gauche, vient de rendre officielle sa candidature à la Mairie de Marseille.

Tôt ce matin, on apprenait quasi simultanément dans La Provence et sur son blog (« Donnons-nous la parole« ) puis dans l’émission « La voix est libre » sur France 3-Méditerranée que l’homme fort du PS-13 se lançait « au terme d’une longue réflexion » à la conquête de la deuxième ville de France.

S’il « respecte le maire actuel », entendez Jean-Claude Gaudin, jamais cité, il « désapprouve sa gestion »et « considère qu’il faut changer de braquet, qu’il faut faire mieux… être plus efficace, rigoureux et plus juste. »

Pour ce faire, le challenger socialiste propose une nouvelle équipe avec « un patron à temps plein » (ce qui suppose un renoncement à tous ses autres mandats exécutifs: sénateur et présidence du Cg13), mais très ouverte et pas seulement aux seuls socialistes, de nouvelles méthodes et une nouvelle ambition : dépasser Barcelone « dans les 12 ans qui viennent », positionner concrètement Marseille comme capitale de la zone euro-méditerranéenne et gagner l’organisation « des Jeux Olympique en 2020 ou 2024 », qui nécessite la mobilisation de tous dès maintenant précisait-il ce matin sur France 3.

Jean-Noël Guérini, dès l’annonce de sa candidature, n’est pas avare de propositions, loin s’en faut.

Sur les transports « où le tramway qui doublonne les lignes de métro n’a rien solutionné », le candidat annonce l’ouverture du métro jusqu’à 1h du matin tous les jours (3h le week-end) et son extension entre Septèmes / Bougainville et Ste-Marguerite / La Valentine.

Autre priorité, la propreté 24h/24h et donc la fin du « fini/parti » qu’il qualifie de « dépassé » tant pour les marseillais que pour la santé des agents. Lesdits agents qu’il rencontrera dès la semaine prochaine pour établir un dialogue « ouvert et sans tabou. », probablement dans les locaux syndicaux.

7500, c’est le nombre de logements que « JNG », comme on le nomme au Conseil général, propose de construire chaque année à Marseille (au lieu des 5000 actuels) et 800 pour les appartements d’étudiants. Les jeunes ménages pourront bénéficier, quant à eux, d’un nouveau dispositif municipal d’aide à la caution.

C’est surtout le développement économique qui semble être l’axe majeur du candidat. Après avoir dressé un constat peu amène de la gestion des deux mandatures précédentes, notamment sur un taux d’endettement parmi les plus élevés de France, Guérini lance des pistes d’une meilleure coordination des subventionnements publics entre la Ville, le Département et la Région. Or, s’il est élu, les 3 collectivités locales seront de la même couleur politique, ce qui ne manquera pas d’aider la réalisation des projets des uns et des autres. Il poursuit par la création de « zones d’entreprises » et par une capacité d’investissement porté à 700 millions par an (au lieu de 600 aujourd’hui). Enfin, la mise en place d’un « Conseil économique et industriel », dirigé par un « grand entrepreneur », réuni une fois par mois, sera « l’outil du renouveau économique impulsé par la nouvelle équipe municipale. »

Cerise sur le gâteau des nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’ensemble de la Ville de Marseille sera borné Wi-Fi à haut-débit gratuitement. Ce qui ne manquera pas de satisfaire les Internautes que nous sommes…

Reste maintenant à faire l’essentiel, battre l’encore très populaire Maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui déclarait à l’Afp en fin de matinée ne « pas être surpris » de cette candidature « normale » en ajoutant souhaiter « une confrontation claire des projets ». Ça tombe bien, Jean-Noël Guérini lui propose non pas un mais plusieurs débats télévisuels… Nul doute, la campagne est lancée. Alea jacta est !

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Municipales 2008 à Marseille : l’usure et l’attente qui dure

marseilleenscene.blog.20minutes.frA neuf mois des élections municipales de Marseille, la vie politique est comme en apesanteur. Elle est confrontée à une double énigme : la menace de l’usure pesant sur l’équipe sortante et l’illisibilité de la stratégie politique à gauche. Les choses devraient certes se décanter dès les premiers jours de juillet où Jean-Noël Guérini devrait se déclarer ou pas sur son cas personnel. Quand bien même, cette clarification faite, les données du problème ne seraient guère modifiées.

Pour des raisons simples. Jean-Claude Gaudin, au-delà même de son bilan, que les uns trouveront bon et les autres bien maigrelet, amorce le dangereux tournant de la troisième mandature. Ce tournant en épingle est généralement le plus dangereux. C’est à cet endroit que l’on récolte soit les fruits de son investissement ou au contraire l’addition des illusions perdues. S’il peut se targuer de résultats probants en matière de chômage, avec une réduction de dix points en l’espace de douze ans (la question de savoir quelle part Gaudin a pris dans cette réussite sera tranchée par les experts), le maire de Marseille peut baisser les yeux sur trois sujets qui vont lui pourrir la vie : le logement, la saleté de la ville et les transports en commun.

Derrière le paravent commode du fameux incivisme marseillais (il est certain que si l’on ne fait rien pour changer les choses, elles resteront en l’état, voire empireront…), la saleté de la ville que les caméras de Plus belle la vie évitent, progresse. Sur le logement, il est clair que le maire n’est pas responsable de la flambée des prix. Mais il dispose d’une arme absolue pour parer aux pires dérives : la signature des permis de construire, l’inscription d’un quota de sortie d’un pourcentage de logements sociaux sur chaque opération immobilière. Nous n’appartenons au Jurassik Park de la gauche messianique, nous comprenons parfaitement que les cols blancs, vecteurs de développement économique pour une ville qui en a besoin, ont besoin de se loger sur la ville. Mais comment accepter l’idée que les attentes de la population, du Rmiste au col blanc, ne fassent pas l’objet d’une réponse ajustée. Quant aux transports collectifs, les fanfares grégaires autour du tramway redondant qui permettront aux élus UMP de figer quelques instantanés pour leurs clichés électoraux ne trompent que les émotifs : la priorité des priorités, c’était d’abord l’achèvement de la L2 puis le prolongement des lignes de métro. Mais il est vrai qu’un joli tramway, ça en jette sur le papier glacé…

Au-delà d’un bilan facilement contestable, le maire est confronté à l’usure de sa dream team : Guy Teissier est au bord de la crise de nerfs et ne se prive pas, dès qu’il le peut, de dire tout le bien qu’il pense de l’action de « la mairie du Vieux Port » ; depuis sa campagne régionale ratée en 2004, Renaud Muselier rame pour retrouver son aura de dauphin (il se murmure que sur le sujet, Bruno Gilles, son ami « fidèle », présente une analyse très fine de la situation en cercles fermés…) ; et Roland Blum, le fidèle bédouin, ne colle pas aux particularismes cako-pagnolesques de la communauté marseillaise (vous croyez sans doute que nous cédons à une méchante exagération mais nous vous promettons, le doigt sur le click, que, dans les incubateurs politiques marseillais, cette notion de « marseilleïté », difficile à définir car scientifiquement fragile, est débattue. Pour aller vite, un intello qui aurait le malheur d’avoir quelques compétences et une tête épousant les formes de l’œuf giscardien serait voué au crash à Marseille). Bref, s’il veut rejoindre la présidence du Sénat, Gaudin doute des capacités de ceux qui peuvent prendre le relais.

A gauche, on attend donc la fumée blanche du côté du vaisseau bleu du Conseil général. Ira-t-il ? N’ira-t-il pas ? Guérini se tâte, consulte, numérote ses abattis. Dans le cas contraire, Sylvie Andrieux tiendrait la corde, Patrick Mennucci étant l’outsider de luxe. Mais pour quelle politique ? Où en est le comité d’experts mis en place par le Parti socialiste ? A-t-il trouvé sa légitimité ? Entraînera-t-il la dynamique tant espérée ?

L’électorat de gauche marseillais, dont on dit que les bobos penchent plutôt Modem que Guérini, est confronté à plus de questionnements que de certitudes. Les choses évolueront, bien sûr ; le débat aura lieu, bien entendu ; quelle intensité atteindra-t-il ?
L’heure est à l’été, aux cigales, propices à l’assoupissement. Le grand dévoilement des cartes est prévu pour début septembre.

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Marseille Municipales 2008 au PS : Guérini, Andrieux ou Mennucci ?

C’est avec une fiévreuse minutie que les états-majors politiques marseillais examinent les résultats du deuxième tour des législatives à Marseille. Comme nous l’écrivions hier, le rebond de la gauche a été moins probant à Marseille que sur le reste de la France. Cette résistance à la vague remonte à l’accession à la mairie de Jean-Claude Gaudin. Chaque vague nationale, qu’elle soit rose ou bleue, ne modifie pas les rapports de force à Marseille. Certes, le Parti socialiste, dans deux circonscriptions (la quatrième et la troisième), frôle la victoire. Mais l’échec est au rendez-vous pour Patrick Mennucci et Christophe Masse.

Comment le Parti socialiste va-t-il réagir face à cette réalité comptable pour les prochaines élections municipales ?

www.cg13.frJean-Noël Guérini va-t-il y aller ? Le président du Conseil général est le leader naturel de la gauche marseillaise. Au lendemain de l’élection présidentielle perdue, il a appelé à un renouvellement générationnel et a clairement affiché son ambition de jouer un rôle important dans la refondation du PS. On peut imaginer qu’il testera à Marseille ce discours très tonique. Tous les socialistes marseillais sont unanimes : sa place, en 2008, est à la tête des troupes. Prendra-t-il le contrepied de cette évidence ? Préfèrera-t-il rester à la tête du Conseil général tout en pilotant la campagne municipale ? Sa réponse est annoncée pour la fin juin.

www.regionpaca.frSylvie Andrieux, la plus légitime. Ces dernières années, Jean-Claude Gaudin, pour conforter son assise municipale, a fait des 13è et 14è arrondissements de Marseille une priorité de conquête. Dans ce secteur, la socialiste Sylvie Andrieux résiste plus que brillamment aux tentatives de destabilisation du maire de Marseille. Michel Bourgat et Nora Redmania-Preziosi, candidats UMP, viennent d’en faire l’amère expérience. Chaque fois, la victoire est nette, sans appel. Ce qui démontre que l’ancrage de terrain est solide. A l’évidence, Sylvie Andrieux a marqué des points dans la course à la candidature socialiste marseillaise si Jean-Noël Guérini refusait d’y aller.

www.regionpaca.frPatrick Mennucci, le challenger. Il est des défaites moins graves que d’autres. Battu de peu, Patrick Mennucci a pris date pour les futures municipales de 2008… dans le secteur du centre-ville de Marseille. Certains ont pris cette déclaration pour l’affichage d’une volonté de mener la liste sur l’ensemble des secteurs marseillais. Ambiguïté que Mennucci a vite effacé en expliquant qu’il voulait parler de la liste du secteur et non de la conduite de l’ensemble des listes. Toujours est-il qu’en cas de refus de Jean-Noël Guérini de se présenter, Patrick Mennucci dispose de certains atouts : il est le chef de file de l’opposition municipale PS, est souvent monté au créneau seul pour contester le bien-fondé des politiques gaudinistes.

Gaudin, qui le déteste, l’a, malgré lui, adoubé. Une telle tension entre les deux hommes donnerait à l’évidence une confrontation piquante. Son statut d’homme de confiance de Ségolène Royal lui a donné par ailleurs une véritable stature nationale. Si l’ancienne candidate du PS à la présidentielle parvenait à s’assurer la présidence du parti, il bénéficierait à l’évidence d’un soutien enthousiaste d’une Royal toujours aussi populaire.

Conclusion temporaire. Nous ne nous livrerons pas au petit jeu des pronostics. Malgré sa défaite aux législatives, le PS a marqué des points dans les esprits et le moral en berne a laissé la place à une plus grande vigueur militante. Si le Parti socialiste marseillais parvient à renouer des liens avec les intellectuels, avec les forces vives de Marseille, à proposer des contre-projets porteurs dans les trois domaines principaux où Jean-Claude Gaudin a échoué (le logement, les transports, la saleté de la ville), il pourra entamer ce combat des municipales avec l’espoir de l’emporter, face à une majorité municipale menacée par l’usure.

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