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Et s’il n’y avait pas d’infos ?

presse criseChers amis et fidèles lecteurs de « Marseille, un autre regard« ,

D’abord nous vous devons des excuses. Oui des excuses, nous vous avons laissé filer vers les douces plages de la lassitude estivale, de celles qui nous régénèrent sans vous avoir dit au-revoir. Ensuite nos premiers propos de rentrée ne vous ont pas accueillis comme ils auraient dû. De tout ça et plus encore, mille excuses ! Nous sommes des moins que rien, pas encore très rompus au marketing direct, ni moins encore à la plus simple expression de la politesse… Honte à nous !

Vous qui nous suivez, vous savez que nous sommes, d’habitude, bien informés. Que nous publions, normalement, des informations qu’aucune autre publication n’ose diffuser parce qu’elle dérange ou heurte le système local. Du côté de la presse, on prie pour ne pas déplaire aux annonceurs institutionnels, seuls désormais à la faire vivre. Du côté des politiques, on sourit de son pouvoir en rognant sacrément sur le budget communication… Crise oblige…

Mais l’information du moment est qu’il n’y en a pas…

Nous voilà face à un maire, Jean-Claude Gaudin, assis sur un puits de dettes (45 ans de remboursement…) qui va inaugurer des chrysanthèmes low cost, et c’est heureux. Un Michel Vauzelle qui pense encore que la région peut se gagner à gauche et qui, malgré ses compétences indubitables, n’est pas un ferrailleur. Un Jean-Noël Guérini, le vrai patron, celui qui possède la capacité d’investissement, celle du Conseil général, l’argent en somme, qui lorgne vers le privé. Un Eugène Caselli, qui fait des miracles pour maintenir une cohésion impossible à la Communauté urbaine de Marseille, un vrai talent… Et les seconds couteaux, qui tentent l’impossible jusqu’à la corde pour apparaître quotidiennement dans La Provence, rien que de très compréhensible : Patrick Mennucci, Guy Teissier, Renaud Muselier…

Bref, rien de nouveau sous le soleil… Nous n’avons presque rien à vous dire…

Au fait, peut-être que si, mais l’info viendra entre le 17 et le 21 septembre… Vous nous suivez ?

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PS : primaires et alliances, « L’esprit de Marseille » s’invite à La Rochelle

ateliers dete marseille 2009 espoir a gaucheA la veille de l’ouverture des Universités socialistes d’été de la Rochelle, la pression sur les instances dirigeantes du parti est à son comble. Le succès de l’initiative prise par Vincent Peillon, du 21 au 22 août à Marseille, lors des « ateliers » du premier courant du Parti socialiste, « L’espoir à gauche », est loin d’y être étranger.

En rassemblant les plus emblématiques personnalités du moment, politiques, patrons de presse, sociologues…cette pré-rentrée phocéenne se voulait être avant tout le « commencement d’un rassemblement écologique, socialiste et démocratique » en vue de 2012. Force est de constater que le pari fut gagné. Du leader écologiste Daniel Cohn-Bendit, à la centriste Marielle de Sarnez, en passant par l’ancien secrétaire du Parti communiste, Robert Hue ; l’affiche ne manquait pas de panache.

Au niveau local, Patrick Mennucci, maire PS des 1er & 7e arrondissements de Marseille et hôte de ces Ateliers d’été déclarait volontiers « Nous privilégions l’hypothèse du rassemblement au premier tour. C’est ce qui s’est passé ici la dernière fois, en 2004″, tandis que Michel Vauzelle, Président du Conseil régional PACA, principal concerné par l’échéance électorale à venir, marquait par sa seule présence une évolution voire une inflexion dans sa stratégie d’alliance jusqu’alors arc-boutée sur un étrange « tout à gauche » dans une région très ancrée à droite. Ce faisant, il semble se rapprocher des positions de Jean-Noël Guérini, Président du Conseil général et patron de la puissante fédération PS des Bouches-du-Rhône.

A l’aube des élections régionales de 2010, chaque camp est contraint de refaire ses comptes, cherchant à éviter coûte que coûte la débâcle des Européennes. Personne n’est dupe. Gagner les régionales et préparer le terrain de l’alternance présidentielle ne pourra se faire sans poser les bases d’un large rassemblement. Exit donc les querelles des dernières élections, les sujets clivants et les enjeux de partis. Hormis les Verts, les piètres résultats des Européennes ont obligé les acteurs politiques à tirer leçon de leurs erreurs passées afin de définir ensemble une stratégie d’avenir et créer un nouveau cycle politique. En ce sens, Marielle de Sarnez rappelait-elle opportunément à la tribune : « Nous venons d’horizons divers. Mais si nous croyons qu’il y a de l’insupportable dans ce qui se fait aujourd’hui (…), alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise. »

Les primaires s’invitent dans les débats de la Rochelle
Rien d’étonnant donc à ce que la question des primaires refasse surface. Si pendant deux jours, le leitmotiv du rassemblement était de rigueur, l’épineuse problématique est désormais dans le choix de la personnalité politique qui saura rallier, fédérer et porter à nouveau l’espoir de l’alternance. Lire la suite

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Municipales – Marseille : Guérini prend tous les risques pour déboulonner Gaudin de l’Hôtel de ville

Hyper active, audacieuse, risquée. La campagne de Jean-Noël Guérini, candidat de gauche aux municipales de Marseille, ne cesse de surprendre. Présent sur tous les fronts depuis le mois de septembre, date de son entrée en lice, la majorité municipale UMP sortante lui prédisait alors l’épuisement, en vain… Force est de le reconnaître. L’homme est un forcené, un bourreau de travail, pas un jour sans une ou deux actualités quotidiennes depuis 5 mois. Aujourd’hui encore, sur le plateau de France 3 Méditerranée, il annonçait le nom de son… mauvaise pioche… de SA première adjointe dans l’éventualité de son élection : Samia Ghali.

Un leader marseillais se révèle
Cet homme prend décidemment tous les risques. Il quitte d’abord son fief du Panier où il est élu depuis 1977 pour aller provoquer le 1er adjoint sortant, Renaud Muselier, sur ses terres, celles des 4ème et 5ème arrondissements (3ème secteur). En fin stratège, il sait que l’élection à la mairie de Marseille se jouera là, au coeur de la ville, entre la Plaine et la Blancarde, il l’avoue lui-même sur son blog. Le défi est très risqué, d’aucun le trouve impossible, mais il n’en a cure. Décidé à tout risquer, il se positionne en véritable leader n’ayant peur de rien, sûr de son projet.

Si Renaud Muselier le nargue, l’invective, souvent cruellement, c’est parce qu’il sait que son ami Bruno Gilles a labouré le secteur depuis des années, sûrement aussi donne-t-il du ton parce qu’il sait sa propre popularité très aléatoire. Rarement un homme politique marseillais aura été autant raillé pour ses incompétences et sa gestion précaire et à l’emporte pièce de ses dossiers, nonobstant une personnalité post-ado ingérable. Malgré son maroquin national, il n’aura donc jamais grandi. Même Jean-Claude Gaudin, le maire UMP sortant, sollicité par le premier ministre du moment, M. Raffarin, préférât envoyer Muselier  » boire du lait de chèvres en Mongolie extérieure » plutôt que de le voir agir en mauvais doublon sur les rives du Lacydon. Ambiance… Les deux ont beau jeu de jouer le ticket, le maître est bien conscient des limites de l’éternel élève.

Une synthèse entre Bayrou, Sarkozy et Royal
Guérini, quant à lui, poursuit la manoeuvre, il force l’admiration pour un homme dont on disait, sans murmure, avec force porte-voix quelque-fois, le peu de charisme et l’élocution hasardeuse. Dont on raillait aussi le manque de notoriété face au tonitruant candidat au perchoir du Sénat. Sa famille réunie sans négociations d’appareils (PS, PCF, MRC, PRG, Verts et, dit-on, Lutte Ouvrière dès le 1er tour), pour la première fois depuis Defferre, le voilà totus tuus, comme l’on dit en latin, tout à tous. Sa campagne ressemble à s’y méprendre à celle entreprise pendant la présidentielle par François Bayrou pour le projet du gouverner ensemble loin des clivages, fondée sur l’hyper activisme d’un Sarkozy et l’audace d’une Ségolène Royal pour la compréhension d’une démocratie moderne participative avec, notamment, l’usage du multimedia. Une synthèse en somme.

Le voilà débauchant quelques figures de l’UMP locale (Francois Franceschi, ophtalmologiste de renom international, gaulliste pasquïen, tête de liste dans les 6ème & 8ème arr. ou André Varèse, élu sarkosyste notoire du 1er & 7ème arr. qui sera probablement bien placé sur la liste de Patrick Mennucci, directeur de campagne de Guérini, gageons la 3ème place), mais aussi Miloud Boualem, un vrai centriste marseillais, très bayrouiste, un de ceux qui n’a jamais cédé aux louanges post-centristes de l’Hôtel de ville, avec des scores très honorables aux dernières législatives (à deux chiffres dans certains secteurs).

L’audace du choix de la 1ère adjointe : Samia Ghali
Mais l’info du soir nous pousse à renifler du côté de la ruche, QG de campagne de Guérini, Place du 4 septembre. Le choix de Samia Ghali est incroyablement audacieux. Jamais, depuis l’après-guerre, un candidat crédible à l’élection municipale, quel qu’il soit, où que se situe son positionnement partisan, n’avait osé une première adjointe à Marseille, qui plus est issue de l’immigration maghrebine. Même si l’on pourra arguer de l’opportunisme, mettre en exergue le sophisme électoraliste, force est d’admettre l’incroyable courage politique de ce choix dans une ville qui révêlait naguère un Front National à deux chiffres !

Loin des arguties sondagières, d’ailleurs très ouvertes, Jean-Noël Guérini ose, au risque de perdre, avant même l’élection, dire avec qui il gouvernera et qui sera en charge de quoi. A l’heure où nous écrivons, nous apprenons qu’une conférence de presse aura lieu samedi prochain pour présenter « son gouvernement municipal ». Là aussi, nous vivons une nouvelle période démocratique à Marseille, autant dire du jamais vu.

Dire avant l’élection ce que l’on va faire et avec qui… C’est assurément endosser les dangers de décevoir nombre de ses fidèles amis. C’est aussi jouer absolument la transparence.

Ici, dans notre très modeste rédaction, les débats furent nourris ce soir, mais tous reconnaissent la méthode enthousiasmante et heureuse. Au fond Guérini nous a poussé à sortir de notre léthargie journalistique localière, et si la vérité triomphait ? Nous ne sommes pas tous d’accord, mais nous sommes un certain nombre à dire : banco… Enfin du neuf !

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Marseille-Municipales 2008 : pourquoi Guérini peut gagner ?

La trêve des confiseurs achevée, les festins digérés, les voeux officiels diplomatiquement émis, voilà que la praxis politique se réactive à 8 semaines de scrutins électoraux essentiels.

A Marseille, l’équipe sortante prétend toujours ne pas être du jeu, le nez plongé dans les dossiers à achever dare-dare avant la fin du mandat pour honorer un maximum de promesses faites 7 ans plus tôt. Pas dans le jeu, mais pas absent du jeu… Lorgnant sur le programme de son adversaire, elle tente de le désamorcer avant d’entrer en lice (ce serait pour le 9 février selon l’Hôtel de Ville…). Pour preuve, l’annonce inattendue de Jean-Claude Gaudin, faite hier soir, d’ouvrir le métro jusqu’à 23 heures à partir du 15 février, alors que le challenger socialiste propose une fermeture à minuit en semaine et une heure du matin le week-end. Ainsi, ce qui n’a pu être fait en 30 ans le devient miraculeusement à quelques jours du 1er tour des municipales. Sauf que les agents de sécurité devraient, quant à eux, quitter les stations pour cause de convention collective, à 21h30 ! Un hiatus à régler fiça…

Mais les fissures internes ne peuvent plus se taire, chacun mordant sur le territoire de l’autre quand le grand chef non encore contesté, Jean-Claude Gaudin, toujours d’active, ronge son frein et lâche avec véhémence mais parcimonie quelques salves bien senties.

De l’autre rive, Jean-Noël Guérini, le challenger de gauche, est sur tous les fronts, 18 heures sur 24, au point où La Provence , établissant un état des lieux de rentrée, reconnaît :  » Il court, il court, sans interruption depuis le 8 septembre, jour de l’annonce de sa candidature… On l’aura vu partout » non sans noter « les dangers de l’essoufflement « . L’homme a de la ressource, éprouvée à la tête du deuxième département de France depuis bientôt 10 ans, épuisant à l’extrême ses plus fidèles collaborateurs, avec les lauriers incontestables que l’on sait, on a rien sans rien.

Mais, au-delà des personnalités inhérentes aux deux principaux concurrents en lice, c’est aussi deux cultures, deux méthodes, deux gestions d’agenda qui seront proposées aux électeurs en mars prochain. Un passionnant moment de démocratie s’annonce enfin à Marseille. Il sera respectueux en façade, les deux hommes se connaissent et s’apprécient, sans nul doute, mais redoutable dans la coulisse : bilan contre projet.

Les deux peaufinent, débauchent, charment, testent, calculent, épient, reniflent, tâtent, comptent… Tous deux doivent aussi apprécier les rapports de force qui, compte tenu des résultats de la présidentielle et des législatives, somme toute assez récentes, ont vu émerger à Marseille, des ressources à même de faire ou défaire une majorité.

Nous vous invitons dans ce papier de rentrée à vivre l’envers du décor, selon nos sources, sérieuses, mais aussi les échos, le pouls du marigot, de la pièce de théâtre politique qui se profile. Levé de rideau !

Gaudin dans le rôle de la tortue active

Moi je gère, lui promet. Pour qui l’aurait oublié, il est toujours, pour quelques semaines encore, maire de Marseille ! Sans qu’il l’ait dit en ces termes, il vend à chaque interview l’agitation naturelle de son challenger et sa propre maîtrise des rennes du pouvoir. Même s’il perd de plus en plus régulièrement son calme, nous l’avons souvent souligné dans nos colonnes, le patron de la ville travaille et ne pense pas encore aux élections.

Pourtant, en fin de spectacle, il ouvrait récemment le rideau de La Chaine Marseille (LCM), un de ses bébés audiovisuel (canal pour l’heure encore objectif sauf que son PDG serait, selon nos informations, invité à quitter ses fonctions dans les jours qui viennent, trop objectif en période électorale sans doute…), pour déclamer à l’endroit de Jean-Noël Guérini :  » Il promet tout azimut et sans chiffrage particulier. Quand on est au pouvoir on sait que faire des promesses… Ce n’est pas une bonne chose ! ». Dénué de mémoire, son programme de 2001 « A un million de Marseillais » (on était déjà loin du compte à 880 000 habitants) en était absout. Il réitérait hier encore, lors de la présentation de ses candidats aux cantonales, pour tacler l’avance et l’occupation du terrain de son adversaire, « depuis le début de la campagne, il s’enlise, il n’a que de bonnes intentions, il critique, mais n’a aucun chiffrage ! »

Tout cela est de bonne guerre et, hormis les pagnolesques sentences, quelques-fois heureuses et, sous couvert d’un accent ensoleillé, cruelles, force est de constater qu’elles sont matinées à l’aune de la mauvaise foi électorale, rien que de très normal en somme, (NDLR : le chiffrage du projet de Guérini devrait être rendu officiel le 6 février lors d’un meeting de campagne).

Dans le sillage du Président de la République, Nicolas Sarkozy, qu’il affectionnât sur le tard et fort opportunément, mais qui n’est toujours pas encore sa tasse de thé, il a cherché toutes les stars audiovisuelles possibles dans le périmètre de sa Communauté urbaine pour magnifier son nimbe électoral. Après avoir fait planer le doute sur le retour de Bernard Tapie, enfin démenti mais reconnaissant que des contacts avaient été pris sérieusement, Jean-Pierre Foucault et Nathalie Simon, ont répondu non à son invite. On notait néanmoins la présence de la belle véliplanchiste à ses voeux lundi soir au Parc Chanot. Hormis les journalistes de renom, qui ont juré l’impartialité en retoquant les sollicitations municipales : « je ne parlerai pas de Marseille », comme Franz-Olivier Giesberg (heureux d’être anonyme à St Victor), Basile Boli a, semble-t-il, décliné l’offre aussi, fort de la paillette offerte par son alter ego footballistique avec catogan de l’OM dans la mandature précédente, qui n’avait pas donné satisfaction, trop libre et fort en gueule, pour des salaires difficiles a assumer dans une ville exsangue (NDLR: Marseille demeure l’une des villes les plus endettées de France avec près de 2400 euros de dette par habitant et l’une des villes où l’impôt rentre le plus difficilement avec 49% d’assujétis…). Reste que nous devrions être surpris sur la fin… Jean-Claude Gaudin est fin un charmeur, il sait convaincre… Il nous réserve des surprises, pour sûr. Usant de ses relations parisiennes à l’UMP, il vient toutefois d’appeler à la rescousse – signe de fébrilité ou démonstration de force ? – Le 1er ministre, François Fillon, à Marseille, lundi prochain.

Cette visite vise-t-elle à faire oublier le départ de Thierry de La Brosse, Directeur général de l’OM, déclaré à la presse aujourd’hui, écoeuré par les manoeuvres et les transferts de gros sous qui lui échappent désormais ? Sans compter le fait que son frère devait s’occuper de sa net-campagne, comme il l’avait fait pour la candidat Sarkozy. Probablement pas, cette agitation, un peu paniquante, sans être officiellement en campagne, provient seulement du fait que les sondages de L’UMP sur Marseille sont alarmants pour le Président de la République qui a fait décréter l’état d’urgence par Patrick Devedjian, patron du parti présidentiel, ce qu’a très peu goûté l’édile local. Sans y croire vraiment, Sarkozy a senti que le dernier round poussif de Gaudin est difficile, et a donc opté pour la nationalisation politique du défi, lui et lui seul, bling-bling… Impossible à recevoir, selon-nous, à Marseille, ville naturellement réfractaire à une politique conduite par Paris et par des attitudes « people » si loin de sa culture populaire et sans formalisme… Reste que Gaudin est furax de voir le bientôt jeune époux présidentiel venir jouer sur ses terres… Sans autre forme de procès que la monopolisation de son champ politique.

Pour l’heure, ne lui reste donc que le très faible Philippe San Marco, leader de la gauche déçue d’il y a 20 ans. Cette gauche brillante et intellectuelle, qui n’a jamais su trouvé son électorat à Marseille. Tout comme Michel Pezet, injustement régicide dont on pressentait, ici même sur ce blog, le retour électoral sur les rives du Lacydon dans la besace du maire sortant, faute d’un impossible succès à Aix-en-Provence (Supposition? Supputation ? Les pourparlers étaient réels, nous jurons !). Loin d’une ouverture, et avec raison, Jean-Claude Gaudin tente de recycler les cerveaux désavoués par les cénacles Defferristes intransigeants, très lointains de toutes facultés de pardon. Regrettable, pour le coup, une chance manquée… Si seulement l’intelligence avait triomphée?

En attendant, l’usure du pouvoir aidant, le vent politique tournant, le brillant Guy Teissier lorgne avec gourmandise sur le poste de 1er adjoint, détenu par Renaud Muselier. C’est dit avec élégance, du genre « on s’aime tellement que ça se passera en bonne intelligence », mais quand même… Guy Teissier, le moins bien servi de l’équipe gaudiniste ces dernières années, est devenu incontournable. Il exigera et obtiendra sûrement quelques lauriers. Pas un poste de secrétaire d’Etat à la défense pour l’heure puisque le remaniement ministériel semble être repoussé à l’après-municipale. Mais l’urgence interne pour Gaudin aujourd’hui c’est assurément de flatter son Teissier. Retenons, quand-même, qu’il n’est toujours pas en campagne, bien sûr… 😉

Guérini dans le rôle du prétendant amoureux

« Vous pouvez dire tout ce que vous voulez, même mes collaborateurs les plus directs, même ce que je lis sur Internet, personne n’aura les 200 mètres d’avance sur moi » déclarait Jean-Noël Guérini récemment à ses proches, « C’est moi qui décevrait, c’est moi qui déciderait, les noms, les postes, les secteurs, de mes têtes de liste ». La surprise n’a pas trainée. Prenant courageusement le risque d’aller affronter Renaud Muselier et Bruno Gilles sur leurs terres du 3ème secteur (4ème & 5ème arr.), le candidat socialiste ne manque pas de panache de quitter son confortable fief du Panier. « J’ai la gagne », déclare-t-il à l’envi.

Premiers commentaires entendus : il s’agit de l’attitude d’un homme qui est en confiance… Pour gagner, il faudra en effet prendre des risques. Autre commentaire : « C’est sacrément courageux ! » En fin politique, l’homme en est conscient. Même ses amis du Panier semble plutôt le bien vivre, sûrs, trops sûrs ? Lisette Narducci a, en effet, émis et fait ce qui était en son pouvoir pour être juste et efficace, autant dire pas grand chose, malheureusement, au regard de ce qui est accordé aux mairies de secteurs. Elle est très apréciée néanmoins. Renaud Muselier prédit naturellement à Guérini une « double peine », en guise de double défaite, dans son secteur, bien sûr, et sur l’ensemble de la ville puisque le candidat de gauche proclame qu’il est d’abord candidat partout. Hier encore, Jean-Claude Gaudin, toujours pas en campagne, reprenait les propos de son 1er adjoint quasiment in extenso pour marteler l’évidence, nous avons reçu la provocation 5/5 ! Il est vrai que Renaud Muselier, candidat malheureux aux régionales de 2004, prédisait la même gamelle à Michel Vauzelle en critiquant son « bilan zéro ». On connaît la suite. Bon signe pour les supporters de gauche… Muselier est tellement aimé, nous le savons, par ses amis…

Jean-Noël Guérini, solide dans son intuition, a présenté ses têtes de liste à la presse mardi matin. Savant dosage : François Franceschi, ophtalmologiste de renom international, sera candidat (viré des instances dirigeantes nationales de l’UMP depuis 3 jours) à l’ouverture dans le 4ème secteur (6ème & 8ème arr.). L’actuel patron du département, s’appuiera aussi sur une équipe très féminisée : Samia Ghali dans le 8ème secteur (15ème &16ème arr.), Lisette Narducci dans le 2ème (2ème & 3ème arr.) et Sylvie Andrieux dans le 7ème (13ème & 14ème arr.). Reste quelques poids lourds politiques, tous souhaitant en découdre après quelques échecs passés, René Olmeta, ancien candidat malheureux aux dernières municipales de Marseille, dans le 5ème (9ème & 10ème arr.), Christophe Masse qui rêve d’une revanche après les législatives perdues à l’arrachée dans son fief du 6ème secteur (11ème & 12ème arr.) et, bien sûr, son directeur de campagne, le bouillant Patrick Mennucci, qui veut relever le défi, perdu en juin dernier, à 248 voix, dans le 1er secteur (1er & 7ème arr.).

Au-delà des postures officielles, le candidat, et ce n’est pas l’une de ses moindres qualités, sait s’entourer. On lui reproche son manque de brio, il pourra compter sur des collaborateurs redoutables et dévoués au Département. Citons son directeur de cabinet, Pascal Marchand, l’homme de l’ombre. Machine laborieuse, efficace, juste et quelque-fois sombre, il sent les dossiers d’avenir, les mature et les travaille, il sait, à l’occasion, séduire. Un protestant carré qui contrôle et est à la manoeuvre, une chance inouïe pour Guérini qui joue, comme Gaudin, de l’affectif. Dans la même veine, Jean-François Noyes, son ancien Dir Cab, désormais candidat aux cantonales, qui contrôle les réseaux… Mais aussi son épouse, Martine Guérini, spirituelle au possible, drôle et très au fait de l’intérêt de son époux, utilise d’un sourire ses réseaux juridiques (elle est avocate) et de son entregent dans la haute société marseillaise. Mais, dans le deuxième ou troisième cercle, force est de constater que tous lui vouent une dévotion réelle, l’homme sait plaire et convaincre, nul doute. C’est une force.

Bennahmias dans le rôle du petit poucet

Nonobstant la rumeur du débarquement de Patrick de Carolis, actuel patron de France-Télévision, comme candidat à Marseille, le Modem est enfin sorti de son psychodrame en donnant la prime à la tendance « gauche » d’un jeune mouvement hétéroclite. Jacques Rocca-Serra, son ancien leader affilié à toutes les majorités d’après-guerre (Defferre, Vigouroux, Gaudin), actuel adjoint du maire sortant, a été désavoué après moultes péripéties par le 3ème homme de la présidentielle, François Bayrou, préférant miser sur Jean-Luc Bennahmias.

Ce dernier, très actif depuis l’officialisation de sa candidature a cependant plus l’image d’un Vert que d’un transfuge démocrate-chrétien. Il devra jouer d’un grand sens diplomatique, pour rallier les anciens UDF et les nouveaux MoDem, autant dire les centristes de droite et de gauche ou, en d’autres termes, les jeunes recrues Internet de la présidentielle, fascinées par le projet de Bayrou et les partisans soigneusement peignés depuis des années par les réseaux de l’adjoint aux transports, aux relations Internationales et à la Maison de l’artisanat de Jean-Claude Gaudin.

Lors des vœux de Michel Vauzelle, jeudi soir à la Région, la chose n’était assurément pas acquise. Bennahmias n’a pas daigné saluer Rocca-Serra, du moins sur la scène, et a bien pris soin de s’éloigner de son collègue, trop de photographes sans doute, ambiance…

Le pari de Bayrou a ses limites à Marseille, nous l’avons quelques-fois regretté dans ces colonnes. L’influence des réseaux de Rocca-Serra nuiera, nul doute, au candidat centriste qui ne semble pas encore enraciné à Marseille malgré son travail de terrain. A Marseille, la clef est de se faire aimer. Saura-t-il, durant la courte, très courte campagne, trouver l’écho et la résonance qu’il désire en termes électoraux ? Là se joue, selon-nous, l’élection du futur maire de Marseille.

Le pari est risqué, pas impossible. Tout dépendra des résultats obtenus par quelques figures locales, dont certaines ont obtenu des scores très honorables aux législatives : Christophe Madrolle, Miloud Boualem… Score à même de faire basculer les majorités. Le choix de Bayrou, imposant Bennahmias malgré des sondages plus favorables à Rocca-Serra, laisse supposer au deuxième tour la perspective d’alliances avec les listes de Jean-Noël Guérini.

Ce dernier, déclarait hier encore qu’il ne souffrait aucun accord d’appareil mais qu’il était tout à fait disposé à accueillir sur son projet les candidats MoDem ayant recueilli plus de 5% au 1er tour (seuil nécessaire, selon la loi, à la fusion de liste).

Coppola, dans le rôle de la grenouille plus grosse que le boeuf

Dépouillé de tous ses leaders, puisque la quasi-totalité des élus communistes marseillais ont rallié Jean-Noël Guérini dans sa campagne (le sénateur Robert Bret, Frédéric Dutoit, dernier maire communiste d’arrondissement des 15ème et 16ème arrondissements, Annick Boët, ancienne patronne du groupe municipal et 11 des 13 conseillers municipaux communistes), la fédération du PCF 13 ressemble à ne pas s’y tromper, à une coquille vide.

La résistance désespérée de Jean-Marc Coppola, son leader, après avoir gonflé le torse, jouer l’intox, pour appeler Guérini autour d’un table de négociation, n’a pu que se contraindre à venir faiblement négocier avec lui à la ruche (QG de campagne du candidat socialiste, place du 4 septembre). Il a eu beau menacer d’un ralliement à la liste de l’extrême gauche, les dés étaient jetés : 70% des militants ont préféré l’alliance avec le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Jusqu’à la lie, il a dû boire la ciguë, puisque même l’extrême gauche, que l’on a connu plus vindicative, laisse entendre qu’elle sera moins « radicale » au second tour pour soutenir… Jean-Noël Guérini et faire battre coûte que coûte Jean-Claude Gaudin!

Bref, les jours passent et la perspective de voir Jean-Noël Guérini accéder à la mairie de Marseille devient de plus en plus crédible. Reste que Jean-Claude Gaudin a tout à perdre, il aura 75 ans au sortir de son hypothétique réélection pour un 3ème mandat à la tête de Marseille et, très au fait des combats politiques, sortira, sans nul doute, la grosse artillerie pour gagner. Un duel de titans est engagé…

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Municipales 2008 – Marseille : au Modem, Bayrou tranche pour Bennahmias contre Rocca-Serra

http://www.regionpaca.frLa décision de François Bayrou est tombée : le chef de file du MoDem pour les municipales de Marseille sera Jean-Luc Bennahmias. Ce que nous pressentions depuis quelques semaines, autant dire depuis que le député européen ex-Vert devenu Orange avait été nommé dans le staff national du leader centriste, plus précisément à la commission nationale des investitures du Modem, a été finalement préféré au président de l’UDF 13, Jacques Rocca-Serra. Après des mois de calages, de tergiversations, de luttes intestines plus ou moins fraternelles, de sondages et d’enquêtes de notoriété, les anciens de l’UDF, les nouveaux du MoDem, ont enfin une tête de liste clairement identifiée.

Pour autant, le tout jeune parti, créé en début de mois par le 3ème homme de la présidentielle, ne part pas uni à Marseille, c’est le moins que l’on puisse dire. Les réseaux travaillés depuis des années dans les arcanes de tous les pouvoirs par Jacques Rocca-Serra, l’homme de toutes les majorités (Defferre, Vigouroux, Gaudin), ne suivront pas forcément l’ancien trublion écologiste, loin s’en faut.

Plus avant, ce sont bien deux cultures et deux conceptions politiques différentes qui étaient en guerre ouverte depuis des mois. L’une, celle de Bennahmias, honnêtement autonomiste entre Gaudin et Guérini, l’autre, celle de Rocca-Serra, officiellement en selle pour soutenir J.-C. Gaudin au deuxième tour des élections municipales. Et pour cause, ce dernier est actuellement son maire-adjoint aux relations internationales, aux transports (dont la RTM) et à la Maison de l’artisanat.

Une aubaine pour Guérini !
Le choix de Bayrou est donc une aubaine pour Jean-Noël Guérini, patron du Conseil général des Bouches-du-Rhône, qui voit le parti charnière des prochaines municipales, celui qui fera sans nul doute basculer ou non la majorité, s’éloigner des urnes de Jean-Claude Gaudin. Reste à savoir désormais si le Modem, qui a fait des scores à 2 chiffres dans les arrondissements du centre de Marseille lors des dernières élections législatives, suivra Bennahmias déjà vendu par les proches de Rocca-Serra comme un parachuté si loin des préoccupations locales. Ou si, à l’inverse, les fidèles de Rocca-Serra, suivront leur réflexes conditionnés de ralliement à l’UMP au 2ème tour. Là est la clef du scrutin.

Pour l’heure, Bennahmias est très satisfait : « Je lancerai ma campagne le 15 janvier, nous avons le temps. D’ici là, nous devons installer les structures nécessaires. Tous ceux qui ont participé à la construction du MoDem sont les bienvenus, y compris Jacques Rocca-Serra…  » Déclarait-il, jeudi dernier, dans les colonnes de La Provence. Le perdant, Rocca-Serra, ne l’entend pas de cette oreille et était, naturellement, furieux en apprenant la nouvelle : « Bayrou ne m’a même pas appelé. Je suis terriblement déçu. C’est injuste car c’est nous, les UDF, qui avons bossé pour [lui] depuis des années. Je croyais que les Béarnais avaient, comme les Corses, la reconnaissance du ventre. C’est malhonnête car je suis largement en tête du sondage de notoriété. Les Marseillais ne feront pas confiance à un parachuté ». Comment pouvait-il en être autrement ? Nous sommes bien-là au coeur de la fin d’un système stygmatisé par Bayrou lui-même durant la présidentielle, le système claniste du ventre, du service rendu avec retour d’ascenseur.

Rocca-Serra, la rancoeur tenace…
Logiquement, ce choix ne manque pas d’irriter l’Hôtel de Ville, qui doit singulièrement changer sa stratégie même si Jean-Claude Gaudin prétend toujours ne pas être en campagne. Le quarteron de fidèles UDF au maire sortant ont réagi d’une seule voix, comme Yves Moraine (Conseiller municipal UDF) : » Trahison ! » ou Maurice Di Nocera (par ailleurs candidat à son renouvellement de Conseiller général UDF) : « deux listes de gauche vont s’affronter, celle de Guérini et de Bennhamias! » Si, au niveau national, les choses deviennent limpides, les baronnies locales craignent de perdre le peu de pouvoir qui leur reste. Le Béarnais avait prévenu, il prendrait tous les risques pour imposer son « autre » vision de la politique. Force est de constater que c’est chose faite à Marseille.

La rancoeur tenace, Rocca-Serra qui avait pourtant prétendu être fermement favorable à des listes autonomes dès le 1er tour semble déjà changer son fusil d’épaule et déclarait vendredi dernier : « Nous allons réfléchir. Soit on participe aux listes MoDem, soit on constitue nos listes centristes, soit nous faisons alliance dès le 1er tour (avec l’équipe Gaudin). Mais nous ne quitterons pas le MoDem car la ligne d’indépendance nous plaît ». Comprenne qui pourra, l’art du sophisme est très compliqué dans cette configuration et semble avoir été réglé par un Bayrou lucide. La fin du grand écart…

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Marseille – Municipales 2008 : Le MoDem n’en finit pas de se déchirer

Bisbille au MoDem… Comme nous l’écrivions le 21 septembre dernier, le MoDem marseillais poursuit un déchirement interne où les mots se font chaque jour un peu plus affutés, pour ne pas dire, cruels. Si, au plan national, le parti n’est pas encore officiellement créé (il le sera lors d’un congrès fondateur, à Paris, les 1er et 2 décembre prochains), les personnalités centristes locales paraissent ne pas trouver de terrain d’entente.

Un bras de fer s’est engagé entre les anciens Udf et les nouveaux démocrates qui ont suivi Bayrou pendant la présidentielle. Autrement dit, entre l’actuel patron de l’Udf-13, Jacques Rocca-Serra  (adjoint au Maire Ump de Marseille, Jean-Claude Gaudin, après avoir été defferriste sous Defferre et vigouriste sous Vigouroux), et les transfuges des Verts, Jean-Luc Bennahmias (député européen), Christophe Madrolle (ancien leader des verts à la mairie de Marseille), voire les jeunes recrues MoDem comme Childéric Muller ou les tenants d’une voie « centrale » (ni gauche –  ni droite), comme Miloud Boualem (qui avait obtenu un score honorable aux dernières législatives dans le centre ville).

Pour dégager une tête de liste entre ces prétendants, Bayrou a pris une bien curieuse décision : faire faire un sondage auprès de 2000 Marseillais pour vérifier qui est le plus populaire ou, du moins, le plus connu. Le pourfendeur des sondages durant la campagne présidentielle, avant de s’en accommoder lorsqu’il devenait le 3ème homme, se sert donc de cet outil pour trancher dans le vif sans se mettre personne à dos sur le rives du Lacydon.

Si l’autonomie du MoDem pour le premier tour est acquise, la question se pose pour le second : rejoindre Jean-Noël Guérini, le candidat socialiste, patron du Conseil général des Bouches-du-Rhône ou le maire Ump actuel, Jean-Claude Gaudin ? L’enjeu est de taille car le parti de François Bayrou risque de faire ou de défaire une majorité à Marseille.

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L’élection municipale de Marseille se jouera au centre

www.laprovence.comIl rayonnait François Bayrou, dimanche dernier à Seignosse (Landes), devant 3000 militants acquis à sa cause. Enchaînant les uppercuts bien sentis, quelques-fois assassins, contre le président Sarkozy. Il faisait figure de réel leader de l’opposition, face à un Parti socialiste qui n’a plus de limites dans la cruauté de ses règlements de compte internes.

Si le Mouvement Démocrate (MoDem) est sur les rails au niveau national, l’acte de naissance est prévu pour la mi-novembre, sa stratégie locale est encore très floue, voire illisible à Marseille.

Une sorte de bras de fer semble se faire jour entre les anciens UDF et les nouveaux démocrates qui ont suivi Bayrou pendant la présidentielle. Autrement dit, entre l’actuel patron de l’Udf-13, Jacques Rocca-Serra (en photo, toujours adjoint au Maire Ump de Marseille, Jean-Claude Gaudin), et les transfuges des Verts, Jean-Luc Bennahmias (député européen), Christophe Madrolle (ancien leader des verts à la mairie de Marseille), voire les jeunes recrues MoDem comme Childéric Muller (candidat aux législatives dans la 1ère circonscription. Nous vous invitons à lire notre acte de contrition pour un candidat que nous jugions alors peu crédible à tort…).

MoDem : listes autonomes au 1er tour
Au retour de Seignosse, tous semblaient avoir retenu la règle du maître Bayrou qui préconise « que le MoDem soit présent dans le plus grand nombre de villes de façon indépendante au 1er tour ». Pour le 1er tour donc, tout est plutôt limpide, il y aura des listes autonomes sous l’unique bannière MoDem dans tous les secteurs de Marseille. Jacques Rocca-Serra, un temps tenté par la direction départementale du Nouveau Centre (mouvement d’élus Udf ayant rejoint la majorité sarkozyste), s’est finalement soumis du bout des lèvres, « il y a la place pour faire une liste autonome au 1er tour » déclarait-il le 18 septembre dernier à une journaliste de La Marseillaise, non sans préciser, « mais il faudra trouver des accords au second. »

C’est-là que le bât blesse. Clairement favorable à une union avec l’Ump, le leader de l’Udf-MoDem 13 (ou l’inverse, on ne sait plus…), est très nettement contesté à l’interne par les nombreux nouveaux adhérents qui suivent le chef charismatique Bayrou dans sa politique d’affranchissement droite-gauche. Celui qui fut vigouriste sous Vigouroux et defferiste sous Defferre avant d’être gaudiniste sous Gaudin semble désormais lâché par sa base et par les instances nationales. Tout l’oppose au trublion Bennahmias qui s’est d’ores et déjà déclaré « candidat à la candidature » tout en précisant néanmoins n’être « pas du tout en lutte contre Jacques Rocca-Serra », lequel lui rétorque pourtant, par voie de presse « qu’il [J.-L. Bennahmias] ne lui semble pas le mieux placé pour trouver des accords au second tour. Ni a droite, ni à gauche ». Ambiance…

Le MoDem est devenu central, même à Marseille
La chose pourrait faire sourire si l’enjeu n’était pas stratégique pour l’élection du futur Maire de Marseille. Certes, F. Bayrou était en deçà de la moyenne nationale à Marseille lors de la présidentielle, 14,1% pour 18,57%. Mais l’Udf avait fait un bon notable de 8,56% par rapport à 2002 et réitéré son emprise pour les législatives dans les arrondissements centraux, dépassant quelques-fois les 10%, comme Miloud Boualem dans le 1er avec 11,94%.

Ces résultats ont été, nul doute, finement analysés dans les états-majors politiques marseillais. C’est pourquoi les deux candidats officiellement déclarés pour l’élection municipale de mars 2008, Jean-Claude Gaudin (Ump) et Jean-Noël Guérini (Ps), font œuvre d’ouverture plus que de coutume. Le premier round ayant été gagné par le challenger socialiste qui a réussi à débaucher Karim Zeribi, chantre national de l’intégration et de l’égalité des chances, très convoité par J.-C. Gaudin (lire notre article).

Qui ouvrira plus que l’autre ?
Les déclarations du redouté patron socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône, ne font aucun doute, il affirme sur son blog « l’ouverture, je la pratiquerai avec des personnes très différentes, même celles qui ont votées pour Nicolas Sarkozy et François Bayrou mais qui apporteront leur richesse intellectuelle, leur savoir-faire, celles qui font l’intelligence de Marseille », en même temps que Jean-Claude Gaudin se sent contraint d’ouvrir large les voiles de la prochaine équipe, « l’ouverture, on sera obligé de la faire », concède-t-il, non sans faire grincer des dents aux membres de son équipe actuelle. Les deux ont saisi l’enjeux : l’élection se fera au centre.

Guérini a des atouts, Gaudin des risques
L’atout de J-.N. Guérini, candidat pour la première fois à la tête d’une campagne municipale « générale » sur Marseille, est de refuser toute alliance de parti, notamment avec un Parti communiste moribond, laminé, mais à qui il propose quelques places pour sauver les meubles et récupérer les dernières poches communistes « historiques », avec des figures comme Annick Boët et Frédéric Dutoit (encore maire du 15ème et 16ème arrondissement mais perdant aux dernières législatives contre le socialiste Henri Jibrayel, un très proche de Guérini). Sans union d’appareils, mais avec une union de la gauche faite autour de lui, pour la première fois depuis des lustres, autant dire depuis l’après-guerre. Le candidat socialiste fait l’unanimité, et a, de fait, les coudées franches pour pouvoir « ouvrir » ses listes au centre droit.

Jean-Marc Coppola, patron des communistes marseillais fulmine, invite officiellement au dialogue des forces de gauche autour d’une table pour établir un programme, en menaçant le candidat Guérini, mais n’obtient qu’une fin de non recevoir… Pendant ce temps, Guérini semble avoir rencontré lesdits Bennahmias et Madrolle… On ne nie pas mais ne confirme rien du côté du bateau bleu (siège du Conseil général des Bouches-du-Rhône). Le centre fera l’élection, comme à Paris, à Lyon, à Bordeaux, à Toulouse, laisse-t-on entendre…

Gaudin dans l’expectative avant de porter l’estocade ?
Jean-Claude Gaudin, fin politique, sait que le terrain devient poreux, il fait mine de poursuivre son œuvre municipale, sans aucun commentaire. Il sait que sa notoriété dépasse, et de loin, celle de Guérini. Sa popularité est toujours de mise, même s’il a raté certains enjeux attendus par ses administrés, comme l’écologie, avec un incinérateur très impopulaire, implanté en dehors de Marseille il est vrai. A son crédit, le décollage du quartier d’affaire Euroméditerranée, la réhabilitation des avenues autour du tramway, notamment la rue de la République.

Il attend et prépare la riposte à coup de surprises promises en termes d’ouverture, convaincu que deux mandats ne suffisent pas pour finaliser son œuvre… Pour ne pas ouvrir surtout une guerre entre prétendants, ceux qui le voient déjà à la présidence du Sénat, loin, si loin de la Canebière…

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