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Coup de coeur : flash back en images sur la campagne des municipales à Marseille


Une campagne électorale est un moment à part dans la vie des citoyens.
Il en va des acteurs politiques aux électeurs en passant par les observateurs plus ou moins éclairés.

L’adrénaline du pouvoir, la force des convictions, les rapports de force, la puissance d’une idée, l’argument qui porte, le symbole qui fait la différence, la quête du scoop, l’intérêt bien compris de chacun. Mais aussi les dazibaos antisémites, les permanences électorales qui brulent, les tracts en arabe pour fusiller l’adversaire, l’interdiction de meetings en public pour l’opposant, la lettre présidentielle pour sauver Marseille brandie dans l’entre deux-tour et aussi une web-campagne acharnée… Tout est porté à l’extrême.

A Marseille plus qu’ailleurs, les mottes du champ politique revêtent souvent les formes improbables et criardes des costumes de la commedia dell’arte. Pourtant, elles sont plus florentines que napolitaines, plus machiavéliques que bonapartistes. Fratricides et cruelles en public, poliment abrasives dans la coulisse.

Ce documentaire revient, comme un flash back lucide, sur ce moment historique de la campagne 2008 des municipales à Marseille où la plus vieille ville de France faillit basculer à gauche à quelque centaines de voix près dans un suspense intenable.

Rarement la cité phocéenne n’avait vu autant de journalistes internationaux. « Un défi certain pour le président Sarkozy », fraîchement élu, nous avait alors confié un journaliste de la NHK japonaise… Alors qu’un confrère américain de CNN affirmait, avec le ton affirmatif et non négociable du Texan sûr de lui : « si la 2e ville de France bascule, Sarkozy est mort ». Tel était l’enjeu…

Ce que « Marseille, un autre regard« , vous a rapporté, minute après minute, en dehors des canaux officiels provençaux de l’information dont certains furent assurément manipulatoires, transgressant les règles basiques du journalisme, engoncés de certitudes, fiers, suffisants et faussement objectifs, parfois condamnés par le CSA (mais trop tard, après la campagne, bien entendu) ; ces images vous le donne à voir, ou à revoir…

Nous, nous sommes fans et attendons avec impatience la suite ! Trois épisodes nous dit-on.

Quelques questions néanmoins. Pourquoi :

1°) Jean-Claude Gaudin n’a pas voulu être interviewé ?

2°) Les producteurs n’ont trouvé aucun diffuseurs locaux ou nationaux ?

3°) Internet est le seul lieu de diffusion libre en dehors des contingences publicitaires qui bride la presse jusqu’à la moelle, voire la corrompt ?

4°) Les chiffres de confiance de la presse traditionnelle auprès du grand public fondent comme neige au soleil. Nous, on a une idée…

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Derniers sondages : une élection dans un mouchoir de poche pour les municipales de Marseille !

cps_hlv97_120308234922_photo00_photo_default-512x440_article.jpgA quelques heures du second tour des municipales, qui verra émerger des urnes le nouveau maire de Marseille, tout est toujours aussi incertain quant à l’élection de Jean-Noël Guérini, leader de la gauche et du centre ou de Jean-Claude Gaudin, le maire sortant UMP. Les trois derniers sondages d’hier affirmaient tout et son inverse, preuve que les dés seront jetés au dernier moment, dans le secret des isoloirs, sûrement à la dernière minute.

Si au premier tour les deux candidats ont fait presque jeu égal, avec un avantage à Guérini pour le nombre des élus, ce sont sûrement les ralliements du MoDem et le soutien à peine voilé de l’extrême gauche à Guérini qui feront la différence, alors que Le Front National a demandé à ses électeurs de ne pas se rendre aux urnes en s’abstenant ou en votant nul, autant de votes en moins dans l’escarcelle de l’équipe Gaudin. D’où sa fébrilité et sa nervosité visible ces dernières heures et quelques cafouillages dans son état-major, voire des excès racistes et injurieux notamment envers Mme Guérini d’origine juive qui, s’ils s’avéraient vrais, ne seraient pas à l’honneur des équipes Gaudin. Pour autant, sera-ce suffisant ? Nul ne le sait, les abstentionnistes du 1er tour ont assurément la clef de l’issue du 2ème.

La diffusion de plusieurs sondages dans les deux secteurs décisifs pour gagner la bataille de Marseille secoue grandement les QG de campagne. Tout se jouera dans les 1er (1er et 7e arrondissements) et 3e secteurs (4e et 5e arr.)

Les derniers sondages donnent Guérini et Muselier au coude-à-coude dans le 3e secteur :
Selon une enquête d’opinion réalisée par l’Ifop/Fiducial pour le compte de Paris-Match, le premier adjoint au maire UMP Renaud Muselier recueillerait, dans le 3e secteur, 50,5% des intentions de vote, et Jean-Noël Guérini, le leader socialiste venu le défier dans son fief, 49,5%. Un score plaçant les deux hommes dans un mouchoir de poche avec une légère avance pour l’ex-secrétaire d’Etat.

Un autre sondage Sofres pour Le Figaro publié hier matin donne des équilibres similaires : 51% pour le candidat de droite et 49% pour celui de gauche.

La surprise vient d’un troisième sondage réalisé par BVA/Orange diffusé hier soir par LCM : Jean-Noël Guérini gagnerait le 3e secteur avec 51% des suffrages alors que Renaud Muselier n’en obtiendrait que 49%.

A l’issue d’un premier tour qui a favorisé Renaud Muselier (42,16%) face à Jean-Noël Guérini (37,51%), ces chiffres montrent que l’écart se réduirait au point d’en inverser même la tendance. Rien n’est donc joué.

Mennucci semble tenir la corde dans le 1er secteur contre Roatta :
Les sondeurs de l’Ifop et de BVA ont passé également le 1 er secteur (1 er et 7 e arrondissements) à la loupe. Le candidat socialiste, Patrick Mennucci, sortirait dans les deux cas vainqueur (52,5% pour Ifop et 51% pour BVA) de son duel avec le maire de secteur sortant, Jean Roatta (47,5% Ifop, 49% BVA).

Les suffrages de la gauche radicale et du Mouvement Démocrate feraient pencher la balance. Lors de la première manche électorale, les deux hommes étaient au coude à coude (39,94% pour l’élu UMP et 39,21% pour l’ex-lieutenant de Ségolène Royal).

Mais dans cette élection, plus encore que dans les précédentes, les sondages ne font pas les suffrages, tant il est quasi impossible à cette heure de savoir qui de Guérini ou de Gaudin l’emportera au final. D’ores et déjà, la campagne de Jean-Noël Guérini a été admirable pour s’imposer avec crédibilité et sérieux quand celle de Jean-Claude Gaudin a été suractive ces derniers jours pour tenter d’emporter l’assentiment des abstentionnistes, seule chance pour l’UMP qui ne peut compter sur des réserves au second tour après le ralliement du MoDem aux listes Guérini et à l’appel à l’abstention du Front national.

Dimanche, nous tournerons une page importante de l’histoire politique de Marseille, la France entière retient son souffle, l’Élysée aussi…

Consultez le sondage BVA/Orange/LCM 1er et 3e secteur

Consultez le sondage Sofres-Le Figaro pour le 3e secteur

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Duel télévisuel entre Gaudin et Guérini pour le deuxième tour des municipales de Marseille

guerini-gaudin.jpgAprès d’âpres négociations, les deux candidats à la mairie de Marseille, le maire UMP sortant Jean-Claude Gaudin et son concurrent socialiste, Jean-Noël Guérini, ont finalement accepté  de confronter leur projet lors d’un débat ce mercredi 12 mars, de 18h30 à 20h, sur le plateau de La Chaîne Marseille (LCM) en partenariat avec Europe1 (104.8 FM).

Ce face à face sera organisé « à l’américaine » c’est à dire debout derrière un pupitre. Les deux prétendants à la mairie de Marseille, arrivés au coude-à-coude lors du 1er tour des municipales, répondront aux questions, souvent redoutables, de l’animateur Jean-Pierre Elkabbach.

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Municipales 2008 – Marseille : Guérini conforte son avance dans le fief de Muselier selon un sondage de La Provence

gaudin-guerini.jpgEt de trois ! Après les deux sondages publiés hier donnant le socialiste Guérini vainqueur pour la première fois au 1er et au 2e tour des élections municipales à Marseille contre le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin (sondage TNS-Sofres Logica pour le Figaro : 51 % pour Guérini au 2e tour, contre 49 % pour Gaudin et L’Ifop-fiducial 40 % pour Guérini, 36 % pour Gaudin au 1er tour). Voilà que La Provence confirme cette tendance dans un sondage TNS-Sofres publié aujourd’hui et annoncé hier soir sur le site Internet de la provence.com.

Selon les intentions de vote aux élections municipales dans les 4e et 5e arrondissements à Marseille, le challenger socialiste Jean-Noël Guérini devancerait son adversaire UMP, Renaud Muselier au premier tour à 40% contre 37,5%. Le premier adjoint du maire sortant se trouverait ainsi devancé par le candidat PS à la mairie de Marseille dans l’un des secteurs clé de la ville. Celui qui fera sûrement l’élection générale à la mairie centrale avec le 1er secteur (1et 7e arr.)

Le Front national, quant à lui, récolterait 9 % des intentions de vote, le MoDem 6,5%, la Ligue communiste révolutionnaire et les Collectifs anti-libéraux 5%. Le Mouvement pour la France et le Centre national des indépendants ainsi que la liste d’Union pour la droite nationale seraient crédités de 0,5% des intentions de vote.

Si le Front National est en mesure de se maintenir au deuxième tour en dépassant les 10%, le 1er adjoint UMP Muselier aura donc fort à faire pour conserver son poste dans une triangulaire généralement favorable à la gauche. Pour l’heure, toujours au second tour, les deux hommes , Muselier et Guérini, sont au coude-à-coude à 50% chacun.

Ces trois sondages, qui vont tous dans le même sens, indiquent donc une tendance nettement favorable au patron du Conseil général des Bouches-du-Rhône et commence à faire trembler les caciques en pace depuis 13 ans à l’hôtel de ville. Jean-Claude Gaudin aurait réunit en urgence son staff aujourd’hui pour organiser la parade. Trop tard ?

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Municipales : une heure après l’Ifop, un sondage de la Sofrès donne Guérini futur maire de Marseille


Jean-Noël Guérini apprend le résultat des 2 sondages favorables. Il reste résolument dans l’action de sa campagne.


Jean-Claude Gaudin fébrile hier soir en apprenant les 2 sondages négatifs du jour décide, selon l’UMP, de « hausser le ton »

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Le rythme des sondages municipaux marseillais s’accélère considérablement ces dernières heures. Tous mettent en exergue une lame de fond qui donne Jean-Noël Guérini, le leader de gauche, qui mène une campagne effrénée depuis le début septembre 2007, gagnant dans tous les cas de figure contre le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin. On apprenait ce soir vers 19h00 via Reuters que les listes de Guérini l’emporteraient par une solide avance de 4 points au 1er tour selon l’Ifop ( 36% pour Gaudin, 40% pour Guérini).

Moins d’une heure plus tard, selon un sondage TNS Sofres-Logica pour Le Figaro, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône obtiendrait 51 % des voix contre 49 % à son adversaire UMP au second tour des municipales. Apprenant la nouvelle ce soir en direct sur le plateau de France 3 Méditerranée, la célèbre faconde provençale du maire sortant ne pouvait cacher l’embarras, « Marseille reçoit aussi la température parisienne » riposte-t-il en ajoutant, « Nous assistons à une montée, un peu, du Front national et une stabilité du Modem, ce qui grignote un peu mes positions pendant que M. Guérini reste stable », a-t-il affirmé pour (se?) rassurer.

Les jeux ne sont pas faits pour autant, d’une part parce qu’il reste encore deux semaines de campagne et le vieux briscard de Gaudin réservera encore des surprises, sans nul doute. Pas fait non plus parce que, d’autre part, le savant découpage électoral par secteurs à Marseille rend très difficile les projections possibles en sièges. Reste que la partie s’annonce difficile pour Jean-Claude Gaudin. Ce soir, Gaudin poursuit sa mue, celle d’un homme qui doute, lui qui ne voulais pas même faire campagne il y a encore quelques semaines, faisant trépigner d’impatience quelques-uns de ses lieutenants qui eux, sentaient le vent tourner. L’inquiétude n’était pas tue non plus à l’Élysée ou au siège national de l’UMP.

Pourtant, selon l’enquête TNS Sofres-Logica pour Le Figaro, le maire sortant de Marseille accuserait trois points de retard au premier tour sur son concurrent PS Jean-Noël Guérini, avec 37 % des suffrages contre 40 %. Au deuxième tour, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône serait en tête avec 51 % contre 49 % à son adversaire UMP.

 » la tendance est préoccupante » selon Claude Bertrand
Claude Bertrand, directeur de cabinet et principal conseiller politique de Jean-Claude Gaudin, reconnaît néanmoins que «la tendance est préoccupante». Selon lui, la majorité municipale est pénalisée par « la progression du vote-sanction à l’égard du président de la République ». La parade est donc consommée, c’est la faute à Paris.

«Sur le terrain, on n’utilise pas du tout l’argument anti-Sarko», martèle Patrick Mennucci, le directeur de campagne de Jean-Noël Guérini. Lui-même candidat contre l’UMP Jean Roatta dans le 1er secteur (1er et 7ème arr.), qui l’avait battu de justesse aux législatives. L’ancien responsable de la campagne de Ségolène Royal veut plutôt voir dans la progression de son patron la conséquence «de sa crédibilité en matière de gestion, acquise au conseil général, de l’adhésion croissante de la population marseillaise à son projet et du besoin de renouvellement qu’elle exprime. »

Les scores du FN et du MoDem respectivement crédités de 9 % et de 7 % des voix, ce qui semble confirmer le retour d’une partie des électeurs sarkozystes de 2007 vers leur vote traditionnel. Marseille aura bien valeur de test national. L’ex-Vert Jean-Luc Bennahmias, chef de file des bayrouistes marseillais, se voit déjà en profiter, dans le sillage d’une victoire de Jean-Noël Guérini. «Il y aura une majorité nouvelle à Marseille, et nous en ferons partie», confie-il à nos confrères du Figaro. Officiellement, sa liste «démocrate et écologiste» est prête à négocier une fusion avec le «mieux-disant» des deux finalistes «en matière de transparence et de développement durable» . En fait, le MoDem et le PS sont déjà d’accord pour se battre ensemble contre le chantier de l’incinérateur de Fos-sur-Mer, que Jean-Claude Gaudin estime indispensable.

De quoi durcir encore le matelas de sécurité du candidat de la « gauche ouverte ». Celui que n’a jamais trouvé crédible le maire sortant lorqu’il pronostiquait un essouflement de la campagne de son adversaire dès le mois de novembre fort d’un sondage qui donnait M. Gaudin en avance de 10 points sur M. Guérini au deuxième tour. Mais l’écart a fondu comme neige au soleil marseillais au fil des mois, passant à 3 points dans une enquête mi-février avant que les candidats ne soient mis à égalité, toujours au 2e tour, selon un sondage OpinionWay du 21 février. Désormais, le challenger Guérini est devenu le possible futur maire de Marseille.

Téléchargez le sondage TNT Sofres-Le Figaro complet

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Sondage : une dynamique en faveur de la gauche se dessine aux municipales de Marseille selon l’Ifop (26 février 2008)

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Les listes soutenues par le socialiste Jean-Noël Guérini arriveraient en tête au premier tour des municipales à Marseille, devant celles du maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin, selon un sondage Ifop-Fiducial, publié il y a quelques minutes par l’agence de presse Reuters.

D’après cette enquête pour Paris Match, les listes de gauche obtiennent 40% des intentions de vote et celles soutenues par la droite 36%. Pour la 1ère fois depuis le début de la campagne, l’Institut de sondage confirme la lame de fond perceptible en faveur des listes « Faire gagner Marseille » de Jean-Noël Guérini qui, en quelques mois, est passé du statut de challenger à celui de possible vainqueur.

Compte tenu de la spécificité du scrutin marseillais, où le maire est élu au suffrage universel indirect, l’Ifop n’a sondé son échantillon qu’en vue du premier tour.

Le rapport de force électoral révèle cependant « une dynamique indéniable en faveur de la gauche, laquelle 25 ans après la dernière élection de Gaston Defferre, serait potentiellement en mesure de reconquérir cette ville symbole », souligne-t-il.

Pour l’institut de sondage, Jean-Claude Gaudin « pâtit sans doute de l’impopularité actuelle du chef de l’Etat et plus localement de la polarisation des Marseillais, quelle que soit leur sensibilité politique, sur la propreté de leur ville (thème prioritaire pour 52% d’entre eux devant l’insécurité) ».

L’autre enseignement de cette enquête concerne le Front national, indique l’Ifop. Avec 11% des intentions de vote, les listes conduites par Stéphane Ravier s’approchent de l’étiage présidentiel de Jean-Marie Le Pen (13,5% le 22 avril 2007 à Marseille) et, surtout, seraient en mesure de se maintenir dans plusieurs secteurs au second tour le 16 mars.

Cette question constitue sans doute l’inconnue majeure de ce scrutin municipal.

Ce sondage a été effectué les 22 et 23 février auprès d’un échantillon de 803 personnes, représentatif de la population de Marseille âgée de 18 ans et plus. (Avec Reuters)

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Marseille-Municipales 2008 : pourquoi Guérini peut gagner ?

La trêve des confiseurs achevée, les festins digérés, les voeux officiels diplomatiquement émis, voilà que la praxis politique se réactive à 8 semaines de scrutins électoraux essentiels.

A Marseille, l’équipe sortante prétend toujours ne pas être du jeu, le nez plongé dans les dossiers à achever dare-dare avant la fin du mandat pour honorer un maximum de promesses faites 7 ans plus tôt. Pas dans le jeu, mais pas absent du jeu… Lorgnant sur le programme de son adversaire, elle tente de le désamorcer avant d’entrer en lice (ce serait pour le 9 février selon l’Hôtel de Ville…). Pour preuve, l’annonce inattendue de Jean-Claude Gaudin, faite hier soir, d’ouvrir le métro jusqu’à 23 heures à partir du 15 février, alors que le challenger socialiste propose une fermeture à minuit en semaine et une heure du matin le week-end. Ainsi, ce qui n’a pu être fait en 30 ans le devient miraculeusement à quelques jours du 1er tour des municipales. Sauf que les agents de sécurité devraient, quant à eux, quitter les stations pour cause de convention collective, à 21h30 ! Un hiatus à régler fiça…

Mais les fissures internes ne peuvent plus se taire, chacun mordant sur le territoire de l’autre quand le grand chef non encore contesté, Jean-Claude Gaudin, toujours d’active, ronge son frein et lâche avec véhémence mais parcimonie quelques salves bien senties.

De l’autre rive, Jean-Noël Guérini, le challenger de gauche, est sur tous les fronts, 18 heures sur 24, au point où La Provence , établissant un état des lieux de rentrée, reconnaît :  » Il court, il court, sans interruption depuis le 8 septembre, jour de l’annonce de sa candidature… On l’aura vu partout » non sans noter « les dangers de l’essoufflement « . L’homme a de la ressource, éprouvée à la tête du deuxième département de France depuis bientôt 10 ans, épuisant à l’extrême ses plus fidèles collaborateurs, avec les lauriers incontestables que l’on sait, on a rien sans rien.

Mais, au-delà des personnalités inhérentes aux deux principaux concurrents en lice, c’est aussi deux cultures, deux méthodes, deux gestions d’agenda qui seront proposées aux électeurs en mars prochain. Un passionnant moment de démocratie s’annonce enfin à Marseille. Il sera respectueux en façade, les deux hommes se connaissent et s’apprécient, sans nul doute, mais redoutable dans la coulisse : bilan contre projet.

Les deux peaufinent, débauchent, charment, testent, calculent, épient, reniflent, tâtent, comptent… Tous deux doivent aussi apprécier les rapports de force qui, compte tenu des résultats de la présidentielle et des législatives, somme toute assez récentes, ont vu émerger à Marseille, des ressources à même de faire ou défaire une majorité.

Nous vous invitons dans ce papier de rentrée à vivre l’envers du décor, selon nos sources, sérieuses, mais aussi les échos, le pouls du marigot, de la pièce de théâtre politique qui se profile. Levé de rideau !

Gaudin dans le rôle de la tortue active

Moi je gère, lui promet. Pour qui l’aurait oublié, il est toujours, pour quelques semaines encore, maire de Marseille ! Sans qu’il l’ait dit en ces termes, il vend à chaque interview l’agitation naturelle de son challenger et sa propre maîtrise des rennes du pouvoir. Même s’il perd de plus en plus régulièrement son calme, nous l’avons souvent souligné dans nos colonnes, le patron de la ville travaille et ne pense pas encore aux élections.

Pourtant, en fin de spectacle, il ouvrait récemment le rideau de La Chaine Marseille (LCM), un de ses bébés audiovisuel (canal pour l’heure encore objectif sauf que son PDG serait, selon nos informations, invité à quitter ses fonctions dans les jours qui viennent, trop objectif en période électorale sans doute…), pour déclamer à l’endroit de Jean-Noël Guérini :  » Il promet tout azimut et sans chiffrage particulier. Quand on est au pouvoir on sait que faire des promesses… Ce n’est pas une bonne chose ! ». Dénué de mémoire, son programme de 2001 « A un million de Marseillais » (on était déjà loin du compte à 880 000 habitants) en était absout. Il réitérait hier encore, lors de la présentation de ses candidats aux cantonales, pour tacler l’avance et l’occupation du terrain de son adversaire, « depuis le début de la campagne, il s’enlise, il n’a que de bonnes intentions, il critique, mais n’a aucun chiffrage ! »

Tout cela est de bonne guerre et, hormis les pagnolesques sentences, quelques-fois heureuses et, sous couvert d’un accent ensoleillé, cruelles, force est de constater qu’elles sont matinées à l’aune de la mauvaise foi électorale, rien que de très normal en somme, (NDLR : le chiffrage du projet de Guérini devrait être rendu officiel le 6 février lors d’un meeting de campagne).

Dans le sillage du Président de la République, Nicolas Sarkozy, qu’il affectionnât sur le tard et fort opportunément, mais qui n’est toujours pas encore sa tasse de thé, il a cherché toutes les stars audiovisuelles possibles dans le périmètre de sa Communauté urbaine pour magnifier son nimbe électoral. Après avoir fait planer le doute sur le retour de Bernard Tapie, enfin démenti mais reconnaissant que des contacts avaient été pris sérieusement, Jean-Pierre Foucault et Nathalie Simon, ont répondu non à son invite. On notait néanmoins la présence de la belle véliplanchiste à ses voeux lundi soir au Parc Chanot. Hormis les journalistes de renom, qui ont juré l’impartialité en retoquant les sollicitations municipales : « je ne parlerai pas de Marseille », comme Franz-Olivier Giesberg (heureux d’être anonyme à St Victor), Basile Boli a, semble-t-il, décliné l’offre aussi, fort de la paillette offerte par son alter ego footballistique avec catogan de l’OM dans la mandature précédente, qui n’avait pas donné satisfaction, trop libre et fort en gueule, pour des salaires difficiles a assumer dans une ville exsangue (NDLR: Marseille demeure l’une des villes les plus endettées de France avec près de 2400 euros de dette par habitant et l’une des villes où l’impôt rentre le plus difficilement avec 49% d’assujétis…). Reste que nous devrions être surpris sur la fin… Jean-Claude Gaudin est fin un charmeur, il sait convaincre… Il nous réserve des surprises, pour sûr. Usant de ses relations parisiennes à l’UMP, il vient toutefois d’appeler à la rescousse – signe de fébrilité ou démonstration de force ? – Le 1er ministre, François Fillon, à Marseille, lundi prochain.

Cette visite vise-t-elle à faire oublier le départ de Thierry de La Brosse, Directeur général de l’OM, déclaré à la presse aujourd’hui, écoeuré par les manoeuvres et les transferts de gros sous qui lui échappent désormais ? Sans compter le fait que son frère devait s’occuper de sa net-campagne, comme il l’avait fait pour la candidat Sarkozy. Probablement pas, cette agitation, un peu paniquante, sans être officiellement en campagne, provient seulement du fait que les sondages de L’UMP sur Marseille sont alarmants pour le Président de la République qui a fait décréter l’état d’urgence par Patrick Devedjian, patron du parti présidentiel, ce qu’a très peu goûté l’édile local. Sans y croire vraiment, Sarkozy a senti que le dernier round poussif de Gaudin est difficile, et a donc opté pour la nationalisation politique du défi, lui et lui seul, bling-bling… Impossible à recevoir, selon-nous, à Marseille, ville naturellement réfractaire à une politique conduite par Paris et par des attitudes « people » si loin de sa culture populaire et sans formalisme… Reste que Gaudin est furax de voir le bientôt jeune époux présidentiel venir jouer sur ses terres… Sans autre forme de procès que la monopolisation de son champ politique.

Pour l’heure, ne lui reste donc que le très faible Philippe San Marco, leader de la gauche déçue d’il y a 20 ans. Cette gauche brillante et intellectuelle, qui n’a jamais su trouvé son électorat à Marseille. Tout comme Michel Pezet, injustement régicide dont on pressentait, ici même sur ce blog, le retour électoral sur les rives du Lacydon dans la besace du maire sortant, faute d’un impossible succès à Aix-en-Provence (Supposition? Supputation ? Les pourparlers étaient réels, nous jurons !). Loin d’une ouverture, et avec raison, Jean-Claude Gaudin tente de recycler les cerveaux désavoués par les cénacles Defferristes intransigeants, très lointains de toutes facultés de pardon. Regrettable, pour le coup, une chance manquée… Si seulement l’intelligence avait triomphée?

En attendant, l’usure du pouvoir aidant, le vent politique tournant, le brillant Guy Teissier lorgne avec gourmandise sur le poste de 1er adjoint, détenu par Renaud Muselier. C’est dit avec élégance, du genre « on s’aime tellement que ça se passera en bonne intelligence », mais quand même… Guy Teissier, le moins bien servi de l’équipe gaudiniste ces dernières années, est devenu incontournable. Il exigera et obtiendra sûrement quelques lauriers. Pas un poste de secrétaire d’Etat à la défense pour l’heure puisque le remaniement ministériel semble être repoussé à l’après-municipale. Mais l’urgence interne pour Gaudin aujourd’hui c’est assurément de flatter son Teissier. Retenons, quand-même, qu’il n’est toujours pas en campagne, bien sûr… 😉

Guérini dans le rôle du prétendant amoureux

« Vous pouvez dire tout ce que vous voulez, même mes collaborateurs les plus directs, même ce que je lis sur Internet, personne n’aura les 200 mètres d’avance sur moi » déclarait Jean-Noël Guérini récemment à ses proches, « C’est moi qui décevrait, c’est moi qui déciderait, les noms, les postes, les secteurs, de mes têtes de liste ». La surprise n’a pas trainée. Prenant courageusement le risque d’aller affronter Renaud Muselier et Bruno Gilles sur leurs terres du 3ème secteur (4ème & 5ème arr.), le candidat socialiste ne manque pas de panache de quitter son confortable fief du Panier. « J’ai la gagne », déclare-t-il à l’envi.

Premiers commentaires entendus : il s’agit de l’attitude d’un homme qui est en confiance… Pour gagner, il faudra en effet prendre des risques. Autre commentaire : « C’est sacrément courageux ! » En fin politique, l’homme en est conscient. Même ses amis du Panier semble plutôt le bien vivre, sûrs, trops sûrs ? Lisette Narducci a, en effet, émis et fait ce qui était en son pouvoir pour être juste et efficace, autant dire pas grand chose, malheureusement, au regard de ce qui est accordé aux mairies de secteurs. Elle est très apréciée néanmoins. Renaud Muselier prédit naturellement à Guérini une « double peine », en guise de double défaite, dans son secteur, bien sûr, et sur l’ensemble de la ville puisque le candidat de gauche proclame qu’il est d’abord candidat partout. Hier encore, Jean-Claude Gaudin, toujours pas en campagne, reprenait les propos de son 1er adjoint quasiment in extenso pour marteler l’évidence, nous avons reçu la provocation 5/5 ! Il est vrai que Renaud Muselier, candidat malheureux aux régionales de 2004, prédisait la même gamelle à Michel Vauzelle en critiquant son « bilan zéro ». On connaît la suite. Bon signe pour les supporters de gauche… Muselier est tellement aimé, nous le savons, par ses amis…

Jean-Noël Guérini, solide dans son intuition, a présenté ses têtes de liste à la presse mardi matin. Savant dosage : François Franceschi, ophtalmologiste de renom international, sera candidat (viré des instances dirigeantes nationales de l’UMP depuis 3 jours) à l’ouverture dans le 4ème secteur (6ème & 8ème arr.). L’actuel patron du département, s’appuiera aussi sur une équipe très féminisée : Samia Ghali dans le 8ème secteur (15ème &16ème arr.), Lisette Narducci dans le 2ème (2ème & 3ème arr.) et Sylvie Andrieux dans le 7ème (13ème & 14ème arr.). Reste quelques poids lourds politiques, tous souhaitant en découdre après quelques échecs passés, René Olmeta, ancien candidat malheureux aux dernières municipales de Marseille, dans le 5ème (9ème & 10ème arr.), Christophe Masse qui rêve d’une revanche après les législatives perdues à l’arrachée dans son fief du 6ème secteur (11ème & 12ème arr.) et, bien sûr, son directeur de campagne, le bouillant Patrick Mennucci, qui veut relever le défi, perdu en juin dernier, à 248 voix, dans le 1er secteur (1er & 7ème arr.).

Au-delà des postures officielles, le candidat, et ce n’est pas l’une de ses moindres qualités, sait s’entourer. On lui reproche son manque de brio, il pourra compter sur des collaborateurs redoutables et dévoués au Département. Citons son directeur de cabinet, Pascal Marchand, l’homme de l’ombre. Machine laborieuse, efficace, juste et quelque-fois sombre, il sent les dossiers d’avenir, les mature et les travaille, il sait, à l’occasion, séduire. Un protestant carré qui contrôle et est à la manoeuvre, une chance inouïe pour Guérini qui joue, comme Gaudin, de l’affectif. Dans la même veine, Jean-François Noyes, son ancien Dir Cab, désormais candidat aux cantonales, qui contrôle les réseaux… Mais aussi son épouse, Martine Guérini, spirituelle au possible, drôle et très au fait de l’intérêt de son époux, utilise d’un sourire ses réseaux juridiques (elle est avocate) et de son entregent dans la haute société marseillaise. Mais, dans le deuxième ou troisième cercle, force est de constater que tous lui vouent une dévotion réelle, l’homme sait plaire et convaincre, nul doute. C’est une force.

Bennahmias dans le rôle du petit poucet

Nonobstant la rumeur du débarquement de Patrick de Carolis, actuel patron de France-Télévision, comme candidat à Marseille, le Modem est enfin sorti de son psychodrame en donnant la prime à la tendance « gauche » d’un jeune mouvement hétéroclite. Jacques Rocca-Serra, son ancien leader affilié à toutes les majorités d’après-guerre (Defferre, Vigouroux, Gaudin), actuel adjoint du maire sortant, a été désavoué après moultes péripéties par le 3ème homme de la présidentielle, François Bayrou, préférant miser sur Jean-Luc Bennahmias.

Ce dernier, très actif depuis l’officialisation de sa candidature a cependant plus l’image d’un Vert que d’un transfuge démocrate-chrétien. Il devra jouer d’un grand sens diplomatique, pour rallier les anciens UDF et les nouveaux MoDem, autant dire les centristes de droite et de gauche ou, en d’autres termes, les jeunes recrues Internet de la présidentielle, fascinées par le projet de Bayrou et les partisans soigneusement peignés depuis des années par les réseaux de l’adjoint aux transports, aux relations Internationales et à la Maison de l’artisanat de Jean-Claude Gaudin.

Lors des vœux de Michel Vauzelle, jeudi soir à la Région, la chose n’était assurément pas acquise. Bennahmias n’a pas daigné saluer Rocca-Serra, du moins sur la scène, et a bien pris soin de s’éloigner de son collègue, trop de photographes sans doute, ambiance…

Le pari de Bayrou a ses limites à Marseille, nous l’avons quelques-fois regretté dans ces colonnes. L’influence des réseaux de Rocca-Serra nuiera, nul doute, au candidat centriste qui ne semble pas encore enraciné à Marseille malgré son travail de terrain. A Marseille, la clef est de se faire aimer. Saura-t-il, durant la courte, très courte campagne, trouver l’écho et la résonance qu’il désire en termes électoraux ? Là se joue, selon-nous, l’élection du futur maire de Marseille.

Le pari est risqué, pas impossible. Tout dépendra des résultats obtenus par quelques figures locales, dont certaines ont obtenu des scores très honorables aux législatives : Christophe Madrolle, Miloud Boualem… Score à même de faire basculer les majorités. Le choix de Bayrou, imposant Bennahmias malgré des sondages plus favorables à Rocca-Serra, laisse supposer au deuxième tour la perspective d’alliances avec les listes de Jean-Noël Guérini.

Ce dernier, déclarait hier encore qu’il ne souffrait aucun accord d’appareil mais qu’il était tout à fait disposé à accueillir sur son projet les candidats MoDem ayant recueilli plus de 5% au 1er tour (seuil nécessaire, selon la loi, à la fusion de liste).

Coppola, dans le rôle de la grenouille plus grosse que le boeuf

Dépouillé de tous ses leaders, puisque la quasi-totalité des élus communistes marseillais ont rallié Jean-Noël Guérini dans sa campagne (le sénateur Robert Bret, Frédéric Dutoit, dernier maire communiste d’arrondissement des 15ème et 16ème arrondissements, Annick Boët, ancienne patronne du groupe municipal et 11 des 13 conseillers municipaux communistes), la fédération du PCF 13 ressemble à ne pas s’y tromper, à une coquille vide.

La résistance désespérée de Jean-Marc Coppola, son leader, après avoir gonflé le torse, jouer l’intox, pour appeler Guérini autour d’un table de négociation, n’a pu que se contraindre à venir faiblement négocier avec lui à la ruche (QG de campagne du candidat socialiste, place du 4 septembre). Il a eu beau menacer d’un ralliement à la liste de l’extrême gauche, les dés étaient jetés : 70% des militants ont préféré l’alliance avec le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Jusqu’à la lie, il a dû boire la ciguë, puisque même l’extrême gauche, que l’on a connu plus vindicative, laisse entendre qu’elle sera moins « radicale » au second tour pour soutenir… Jean-Noël Guérini et faire battre coûte que coûte Jean-Claude Gaudin!

Bref, les jours passent et la perspective de voir Jean-Noël Guérini accéder à la mairie de Marseille devient de plus en plus crédible. Reste que Jean-Claude Gaudin a tout à perdre, il aura 75 ans au sortir de son hypothétique réélection pour un 3ème mandat à la tête de Marseille et, très au fait des combats politiques, sortira, sans nul doute, la grosse artillerie pour gagner. Un duel de titans est engagé…

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