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Marseille : Bruno Gilles bétonne-t-il le 4e arrondissement ?

bruno-gilles-renaud-muselierSi vous posez cette question au sénateur-maire UMP du 3e secteur de Marseille, il vous répondra, de son air bonhomme, presque la main sur le cœur : « Allons, je suis né aux Chutes-Lavie, j’allais quand j’étais petit au parc Longchamp, j’y emmène mes enfants le dimanche. Allons. »

Si l’homme est sympathique, dynamique, il n’en reste pas moins qu’il défend deux projets de parkings dans le 4e arrondissement qui font jaser. Qui affolent même les riverains.

Le premier, d’abord, à Vallier, a débuté cette semaine. Un parking en silos de trois étages, évidemment moins cher en coût de construction qu’un parking souterrain mais esthétiquement comparable à une verrue digne des pires chantiers des années 60. Ce parking fait disparaître le terrain de basket très apprécié des jeunes. Des jeunes qui, pour accéder à ces rares terrains de sport en centre-ville, devaient jusqu’à présent escalader les grilles. Car à Marseille, faire du sport en centre-ville relève du parcours du combattant.

Deuxième exemple, le parking Longchamp, qui voit une opposition grandissante devenir de plus en plus bruyante et déterminée. Le 6 août 2008, la Ville a accordé à une société privée l’autorisation de construire un parking géant de plus de 500 places dans le site classé du jardin Longchamp. Là où Bruno Gilles jouait quand il était minot.

Si ce projet se réalise, c’est presque un quart du jardin couvert d’arbres centenaires en parfaite santé qui va disparaître et être remplacé par une dalle et des plantes en pot. « Usagers et riverains respireront le bon air des bouches d’aération en surface. » Une manifestation aura lieu le 14 février, pour dénoncer ce que SOS Longchamp, l’association créée pour contrer le projet, qualifie « de massacre. »

Lors de l’inauguration du parking de la gare de la Blancarde en janvier 2008, celui-là incontesté, Bruno Gilles affirmait : « Jean-Claude Gaudin, Renaud Muselier et moi même travaillons au désengorgement automobile et à la diminution des difficultés de stationnement dans notre secteur. » Tout le monde alors applaudissait dans un quartier transformé par l’arrivée des deux lignes de tramway mais asphyxié par le nombre de voitures stationnées en surface.

Un an après, le magnifique parking de la Blancarde est loin de faire le plein. Il faut dire que dans le quartier, les riverains préfèrent scier les potelets et se garer sur les trottoirs.

Nous sommes là face à une schizophrénie du maire de secteur : une trop grande tolérance en surface qui autorise tout le monde à utiliser l’espace public comme il l’entend, face au bétonnage de lieux nécessaires pour que les habitants du 4e touche du doigt une certaine qualité de vie. On ne peut effectivement pas faire plaisir aux sociétés de parking et aux simples riverains.

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On va tous mourir ! Est-ce une excuse ?

L’idée de la mort est-elle la cave indicible de nos existences? Lorsqu’on devient adulte elle devrait pouvoir s’estomper, s’assagir et se nourrir de l’humanité qu’il nous reste pour le meilleur, le carpe diem, la délectation du moment présent, des plaisirs offerts par la vie et ses rapports aux autres.

Lutter contre cette réalité est le gage d’affreuses pérégrinations intérieures, du mensonge à soi-même et d’un hédonisme aux plaisirs fugaces et souvent douloureux. La fuite en avant… Cette distance axiologique avec l’idée que l’on se fait de la finitude, qui a pourtant fondé la sociologie à travers le « Suicide » d’Émile Durkheim est encore très prégnante aujourd’hui.

Pour preuve, le dernier numéro de Paris-Match, livrant sans distance toutes les photos de ces soldats français morts aux confins d’un désert montagneux, d’un pays superbe, magiquement décrit, en leur temps, par Joseph Kessel (Les cavaliers) ou Jean-Christophe Rufin (Sauver Ispahan).

Ces gamins, certains avaient 19 ans, sont offerts en guise d’information avec leur sourire de vivants, lovés dans les bras de leurs femmes et enfants, heureux dans leurs uniformes propres de jeunes engagés ignorant tout du pays dans lequel ils allaient perdre leur vie.

Soyons clairs, ce sang livré, cet engagement pour des valeurs qui nous protègent, ce désir de dépassement, est pour nous plus qu’admirable. Il est le fondement même de la paix. Il n’y a pas de paix sans force, il n’y a pas de démocratie sans opposition, il n’y a pas de plénitude collective sans règles a respecter, pas non plus de diplomatie sans armées. Lire la suite

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