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Valérie Boyer, (députée des Bouches-du-Rhône) : une ascension qui dérange. Surtout à l’UMP…

valerie boyerChoisie en 2001 par l’équipe Gaudin pour redonner un coup de jeune à la droite marseillaise, Valérie Boyer, ancien cadre hospitalier, a su profiter de cette belle opportunité pour devenir un personnage politique qui compte.

« Enthousiaste et  plutôt sympathique, elle faisait partie d’un vivier qu’on regardait d’un œil bienveillant. C’était bien pour notre camp. »  se souvient, entre nostalgie et paternalisme, Renaud Muselier. Sauf qu’aujourd’hui son ascension, quelque-fois comparée à Ségolène Royal pour ses prises de positions sociétales, fait grincer beaucoup de dents, à commencer par « celui qui l’a fait naître » en politique, Jean-Claude Gaudin.

Ayant, contre toute attente, mis fin à la dynastie de la famille Masse dans la 8ème circonscription de Marseille, la candidate UMP s’offrait six ans plus tard une belle victoire politique qui allait la conduire directement sur les bancs de l’Assemblée Nationale. Le voyage initiatique en politique venait alors de commencer : Obésité infantile, lutte contre l’anorexie, proposition de loi sur les retouches photos dans la presse, allongement du congé maternité, l’achat des fruits et légumes avec les tickets repas, remboursement de la pilule contraceptive…

Autant de dossiers qui lui permettent d’occuper régulièrement le paysage médiatique. Plus rien ne semble devoir arrêter Valérie Boyer. Sauf, peut-être, les caciques UMP locaux…

Victime du redécoupage électoral ?
A l’entendre certainement. Tandis qu’un consensus méridional sur le redécoupage électoral se mettait en place entre le préfet Michel Sappin, le sénateur-maire Jean-Claude Gaudin et le Président du Conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini, la députée montait au créneau pour défendre sa circonscription.

Lors de la dernière réunion du groupe UMP, elle fit une entrée fort applaudie, en lançant : «Je suis spoliée de la moitié de ma circonscription, et ce sont les bons bureaux». Peut être parce que la dynamique députée ose dire tout haut ce que beaucoup pense tout bas dans les rangs silencieux de la Sarkozie.

Ne pouvant cacher sa colère après avoir découvert dans la presse le projet préfectoral de redécoupage, réalisé sans concertation avec les députés sortants, Valérie Boyer a vite fait les calculs et compris que ledit redécoupage se ferait au détriment de son avenir politique. Cette circonscription législative, arrachée de haute lutte en 2007, deviendra plus que compliquée à conserver en 2012 après les retouches du secrétaire d’État à l’Intérieur Alain Marleix.

Craignant que ce qui fut jadis son tremplin ne se transforme en un véritable guet-apens, la députée s’est alors largement épanchée, dans la presse notamment, sur son sort. Autant de confidences et de déclarations qui n’ont pas manqué d’envenimer des rapports déjà fort tendus avec le maire de Marseille, peu avare en menaces. Lire la suite

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Marseille : Bruno Gilles bétonne-t-il le 4e arrondissement ?

bruno-gilles-renaud-muselierSi vous posez cette question au sénateur-maire UMP du 3e secteur de Marseille, il vous répondra, de son air bonhomme, presque la main sur le cœur : « Allons, je suis né aux Chutes-Lavie, j’allais quand j’étais petit au parc Longchamp, j’y emmène mes enfants le dimanche. Allons. »

Si l’homme est sympathique, dynamique, il n’en reste pas moins qu’il défend deux projets de parkings dans le 4e arrondissement qui font jaser. Qui affolent même les riverains.

Le premier, d’abord, à Vallier, a débuté cette semaine. Un parking en silos de trois étages, évidemment moins cher en coût de construction qu’un parking souterrain mais esthétiquement comparable à une verrue digne des pires chantiers des années 60. Ce parking fait disparaître le terrain de basket très apprécié des jeunes. Des jeunes qui, pour accéder à ces rares terrains de sport en centre-ville, devaient jusqu’à présent escalader les grilles. Car à Marseille, faire du sport en centre-ville relève du parcours du combattant.

Deuxième exemple, le parking Longchamp, qui voit une opposition grandissante devenir de plus en plus bruyante et déterminée. Le 6 août 2008, la Ville a accordé à une société privée l’autorisation de construire un parking géant de plus de 500 places dans le site classé du jardin Longchamp. Là où Bruno Gilles jouait quand il était minot.

Si ce projet se réalise, c’est presque un quart du jardin couvert d’arbres centenaires en parfaite santé qui va disparaître et être remplacé par une dalle et des plantes en pot. « Usagers et riverains respireront le bon air des bouches d’aération en surface. » Une manifestation aura lieu le 14 février, pour dénoncer ce que SOS Longchamp, l’association créée pour contrer le projet, qualifie « de massacre. »

Lors de l’inauguration du parking de la gare de la Blancarde en janvier 2008, celui-là incontesté, Bruno Gilles affirmait : « Jean-Claude Gaudin, Renaud Muselier et moi même travaillons au désengorgement automobile et à la diminution des difficultés de stationnement dans notre secteur. » Tout le monde alors applaudissait dans un quartier transformé par l’arrivée des deux lignes de tramway mais asphyxié par le nombre de voitures stationnées en surface.

Un an après, le magnifique parking de la Blancarde est loin de faire le plein. Il faut dire que dans le quartier, les riverains préfèrent scier les potelets et se garer sur les trottoirs.

Nous sommes là face à une schizophrénie du maire de secteur : une trop grande tolérance en surface qui autorise tout le monde à utiliser l’espace public comme il l’entend, face au bétonnage de lieux nécessaires pour que les habitants du 4e touche du doigt une certaine qualité de vie. On ne peut effectivement pas faire plaisir aux sociétés de parking et aux simples riverains.

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Redécoupage des circonscriptions législatives : une difficile arithmétique

decoupage-electoral2012, c’est déjà demain. Dans la perspective des prochaines élections législatives, le chantier du redécoupage des 577 circonscriptions est définitivement lancé. Le code électoral prévoit en effet une redéfinition obligatoire après deux recensements de la population afin de garantir une représentativité équitable des circonscriptions.

Or, depuis le dernier en date réalisé par Charles Pasqua en 1987, aucun ajustement n’a été pratiqué en dépit des évolutions démographiques faisant passer la France de 55 à 63 millions d’habitants.

Désormais, il devrait y avoir un député pour 125.000 habitants, contre un pour 108.000 actuellement.  Le gouvernement à confié à Alain Marleix, secrétaire d’État à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales, le soin de remédier à cette situation en limitant les disparités territoriales.

Un tiers des départements devrait rester inchangé, l’autre tiers devrait être simplement remodelé, et le dernier tiers devrait connaître un véritable redécoupage électoral. La nouvelle carte électorale devrait être adoptée définitivement avant le début de l’été 2009. Tour d’horizon. Lire la suite

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Parti socialiste après Reims : petits meurtres entre amis ou démocratie vivace ?

aubry-royalLe congrès de Reims fut une tuerie. Il s’est achevé sur un échec cinglant : pas de synthèse, pas de négociations, pas de rassemblement et de vrais clivages sur la forme et le fond entre les partisans de Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon.

Si tout dans le congrès avait été soigneusement préparé pour anesthésier voire ridiculiser « Ségo », celle qui tenait la corde au sortir des élections internes au parti, de la claque à la disposition des délégations devant la scène, toutes hostiles, elle ne s’est pas privé pour prêter le flanc à ses détracteurs, abusant des provocations subtiles dont elle a le secret.

Reste qu’elle a honnêtement tenté, dans la nuit de samedi à dimanche, de parvenir à un accord, même minimal, non-amendé par ses camarades aubryistes, hamoniens ou delanoïstes. Rien, rien, ils n’ont rien voulu savoir. Les dés étaient pipés, elle l’a vite compris. Ils voulaient tous sa chute. Engoncés dans des costumes sur mesure à la taille du pouvoir, celui du statu quo, sans respecter les suffrages des militants, comme il est de tradition au PS.

[La Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône était très bien représentée autour de Ségolène lors de cette nuit des longs couteaux. Pas moins de 3 représentants : Jean-Noël Guérini, Eugène Caselli et Patrick Mennucci.]

Le lendemain matin, les visages épuisés, les voilà tous grimés en parangon de vertu. Le désaccord est sur le fond déclare Martine Aubry en déposant sa candidature à 9 heures 27, soit trois minute avant la clôture des dépôts. Le maire de Paris, quant à lui, s’enveloppe, quelques minutes plus tard, des atours de la morale en faisant don de son corps au reste de la tribu socialiste mais, de retour à Paris, opère une volte-face pour soutenir Martine Aubry. Le coup était prémédité, il est tordu. Ah… ces socialistes…

L’enjeu politique est d’abord un combat de personnes depuis la nuit des temps
Pourtant, nonobstant l’hypocrisie des propos (rassemblement, respect, famille socialiste, camarades, fraternité…), dans une terminologie très calibrée, un rien désuète, il y a comme une fraîcheur dans cet affrontement de personnes. Comme un débat permanent, un jeu de go tactique, une quête résolue d’arriver en tête lors des prochaines échéances électorales. Il n’y a rien-là que de très normal en somme, ni de très nouveau d’ailleurs. On s’étonne des cris d’orfraie, « univoce » de la presse.

N’est-ce pas, après tout, le fondement même de la démocratie ? Nos ancêtres grecs ou romains furent bien plus violents dans leurs échanges et la rhétorique ne fut sûrement pas l’arme la plus redoutable en l’occurrence. Les couteaux se plantaient profondément dans des chairs bien humaines, le matin venu. Ce temps-là n’est pas regrettable, loin s’en faut.

Pourtant, la modernité fait que nous sommes entré dans une ère où les mots doivent être polis sur la pierre du politiquement correct, fades, acceptés de tous, dans un verbiage rassembleur et creux. Il ne fait aucun doute que le combat politique est enjeu de personnes, lourdement égotique, duquel ressort vainqueur soit le plus fort soit le plus malin. C’est même plutôt salutaire. Mitterrand, en son temps, l’avait parfaitement intégré au point où il triomphait du brillant Michel Rocard.

Vendredi nous saurons qui, dans ce duel acharné de femmes, deviendra la première « premier » secrétaire national du PS. La tâche qui lui incombera, sûrement la plus redoutable, sera de colmater les brèches de la division et des coteries. Mais le Parti socialiste est rompu à l’exercice depuis sa création. Il a connu d’autres combats, bien plus sanglants encore. Calmons l’encre facile d’une presse déchainée qui a vu là un bon moyen de vendre du papier ou de l’espace, c’est bien naturel. Mais il faut raison garder, ce que le PS traverse est loin d’être un drame homérique, c’est un exercice de style, hautement politique en effet. Ni plus ni moins.

Le patron des socialistes des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, décidément très au fait de la communication multimedia numérique durant ce congrès (pas moins de 6 vidéos!), le résume assez bien :

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MINUTE PAR MINUTE, la journée du 18 novembre :

Alors que Royal dénonce un front contre elle et la perte du «sens de l’honneur» des socialistes après le ralliement de Delanoë à Aubry, Benoît Hamon est inquiet pour l’avenir du parti. Lire la suite

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Les amis de Sarkozy pêtent les plombs, le président soutient. Et la France ?

Une fois n’est coutume, en surfant sur le net, nous avons découvert cette perle… D’un Patrick Balkany, ami intime du Président Sarkozy (maire de Levallois-Perret, député des Hauts-de-Seine, dont on ne compte plus les multiples condamnations par la justice) croyant être interviewé par une CNN parlementaire américaine se fait le chantre d’une France sans pauvres.

Il déclare à ces supposés journalistes américains :  » Les pauvres, je suis désolé de vous le dire sont des gens qui gagnent un peu moins d’argent… Et ils vivent très bien ! Nous n’avons pas de misère en France. Il n’y a pas de ce que vous appelez des pauvres dans notre pays ! » On est tellement estomaqué, qu’on ne pouvait résister au plaisir de partager ce moment d’effroi ! Lire la suite

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Gaudin – Guérini : le duel se poursuit pour le Sénat

Discrètement mais sûrement, les élections sénatoriales battent leur plein. Le vote, prévu le 21 septembre prochain, verra s’opposer les deux ténors de la dernière municipale de Marseille, Jean-Claude Gaudin pour la liste UMP et Jean-Noël Guérini pour la liste socialiste unie, probablement, au parti communiste.

Avec un scrutin au suffrage indirect, l’intérêt du grand public paraît faible. Pourtant, cette élection cache des enjeux importants et différents pour les deux rivaux.

Pour le maire de Marseille, l’élection au « plateau », c’est à dire à la présidence du Sénat, est un rêve de longue date, souvent déçu. L’enjeu n’est pas moindre pour le président socialiste du Conseil général.

Jamais en effet il n’aura été si bien placé pour emporter un ou deux sièges supplémentaires dans les Bouches-du-Rhône. Une revanche ? De quoi poursuivre assurément sa montée en puissance pour l’avenir et se positionner en incontournable faiseur de roi lors du congrès socialiste de Reims, en novembre prochain.

Sitôt l’accord de cogestion entre la droite et la gauche signé à la Communauté urbaine de Marseille (MPM), les deux « G » se sont donc mis au travail d’arrache-pied. Lire la suite

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Trahisons, surprises et cohabitation : la saga de la Communauté urbaine de Marseille

La politique c’est comme les saisons, ça ne s’arrête jamais. Chaque jour égrène son lot d’informations plus ou moins importantes, anecdotiques ou essentielles. Pourtant, la torpeur du mois de mai a nettement ralenti le rythme de l’information et le pluvieux mois de juin qui s’ouvre ne change guère la donne. Pas grand chose à se mettre sous la dent. Nous en avons profité pour prendre du recul et nous recentrer : « celui qui disperse ses regards sur tout ne voit rien ou voit mal » disait Diderot. Moment de grâce où l’écume des choses prend un relief particulier, la sensation d’être maître de son temps.

Le Président Sarkozy semblait s’être résolu, lui aussi, à ralentir la frénésie de sa praxis politique. Il se recentrait, paraît-il, sur l’ordre « spirituel » de la fonction, se retaillait un costume plus traditionnel, pas moins humble mais plus distant. Même l’anniversaire de sa première année présidentielle, très contrastée, fut fêté en toute discrétion, dévissage dans les sondages oblige. Rien de passionnant…

Alors, peut-être est-il temps de revenir à ce qui a marqué l’histoire politique récente de Marseille. L’élection, contre toute attente, d’Eugène Caselli (PS) à la tête de la Communauté urbaine de Marseille (MPM) et donc de l’étouffement politique et financier de Jean-Claude Gaudin (UMP), réélu pour un 3e mandat, maire de Marseille. Récit.

Après les dernières élections municipales le premier président de la troisième agglomération de France, Jean-Claude Gaudin, avait décidé de laisser sa place à un autre… Son ex-premier adjoint Renaud Muselier était alors naturellement désigné. Le deal avait été conclu pendant la campagne, « tu restes fidèle, tu fais campagne et je te donne l’agglomération » avait probablement lancé l’édile marseillais à l’éternel dauphin. C’était sans compter sur une règle d’or en politique : après moi le déluge ! Face à lui, Eugène Caselli, 61 ans, discret patron de la fédération du Parti socialiste et fidèle de Jean-Noël Guérini, le président du puissant Conseil général des Bouches-du-Rhône. Lire la suite

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