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Rentrée des classes 2010 : Arsenic et vieux doudous

Cartables légers et mines réjouies, la dernière semaine avant les longues vacances d’été, c’est relâche. Les élèves prennent leurs nouvelles fonctions de vacancier. Un indice ne trompe pas, en tête de gondole le fameux cahier de vacance pour fixer «en s’amusant» les précieux acquis, étrangement solubles au contact du chlore des piscines. Bref, la nouvelle a fait le tour des préaux : les grandes vacances sont de retour !

Pour autant, la trêve estivale n’empêche pas la prochaine rentrée scolaire marseillaise de s’imposer parmi les sujets d’actualité du moment.

 

Des bébés à la consigne…

 

 En premier lieu, de fortes tensions autour du nombre insuffisant de place en maternelle sont apparues quand insidieusement des parents ont appris que les enfants de moins de trois ans révolus le jour de la rentrée seront placées sur liste d’attente pour l’admission en maternelle.

Stupeur chez les petits et passe d’arme au conseil municipal, des centaines de familles marseillaises passeront l’été sans savoir si leurs enfants pourront ou pas intégrer une école maternelle. L’incertitude de ces familles porte également sur les modes de garde car les enfants qui resteront sur le perron de l’école n’auront pas obligatoirement une place au chaud pour les attendre en crèche ou chez une nounou. D’après les chiffres de la SNUIPP 13, 8000 enfants seraient dans cette situation pour le seul département des Bouches-du-Rhône.

L’inspection académique se veut rassurante et promet de réexaminer la situation une fois la rentrée effectuée. Il précise également que la circulaire « ne s’applique pas aux écoles en zone d’éducation prioritaire (ZEP), réseau Ambition réussite et réseau Réussite scolaire. »

Le collectif « pas de bébés à la consigne » qui regroupe une trentaine de syndicats et associations familiales et professionnelles de la petite enfance met en cause directement la politique du gouvernement. Les critiques portent sur la réforme en cours, relative aux modes d’accueil en crèche et à l’école maternelle, mais aussi sur les politiques menées en matière de suppression d’emplois, déplorant  ainsi « la perte de  68 000 places depuis 2000 pour cette tranche d’âge en école maternelle du fait des suppressions massives de postes d’enseignants… »  

La FCPE 13 annonce quant à elle, dans un communiqué de presse cinglant, la fin de la scolarisation des enfants de deux ans.

 

De l’or en boîte même pas bio…

 

Autre sujet sensible, la mairie s’apprête à rédiger le cahier des charges en vue du renouvellement d’appel d’offre pour le marché des cantines maternelles et primaires de 2011 à 2018.

Or, si le bisphénol A n’entre plus dans la composition des menus des crèches, les résidus de pesticides et autres délicatesses potentiellement cancérigènes sont encore largement invitées à la table des petits.

Depuis longtemps les parents s’en émeuvent, sans succès.

Le renouvellement de ce marché, l’un des plus important d’Europe (30 millions d’euros annuels), est donc l’occasion pour les parents, regroupés en collectif « Cantine Marseille » de faire entendre leurs revendications auprès des décideurs municipaux.

Une pétition de soutien mise en ligne en explique le contenu ; amélioration de la qualité des repas avec l’introduction de produits locaux, de saison, biologiques ; amélioration du rapport qualité/prix ; amélioration des conditions de prise des repas.

(http://cantinemarseille.canalblog.fr).

Pour affiner la composition de l’assiette au menu du prochain marché des cantines scolaires, la mairie pourra donc compter sur la mobilisation des élus, du collectif de parents d’élèves et des organisations syndicales représentatives des parents, de plus en plus sensibilisées aux enjeux d’une alimentation saine et équilibrée.

La pression est d’autant plus forte que la prise en compte de la qualité des repas fait recette dans les collèges du département et les lycées de la région, ainsi que dans certaines communes. Le maire UMP de Nice, Christian Estrosi, vient à ce titre d’ouvrir la voie en municipalisant de nouveau ses cantines.

La malbouffe ne serait donc pas une fatalité…  

 

De l’arsenic dans le pâté de sable

 

 Pour achever ce tour d’horizon, le ministère de l’écologie vient de publier la liste des établissements scolaires construits sur d’anciens sites industriels. Au total, 97 établissements sur la périphérie marseillaise sont concernés et feront l’objet d’un diagnostic précis avant la fin 2014.

Sans pouvoir écarter l’hypothèse d’une contamination lourde à un endroit ou un autre, Laurent Roy, directeur régional de l’Environnement, de l’Aménagement et du logement, précise : « les sites où nous trouverons une pollution nécessitant des travaux devraient être l’exception. »

Les travaux envisagés en cas de pollution vont du simple renforcement des systèmes de ventilation des locaux jusqu’à l’excavation des terres contaminées. Dans cette hypothèse, le ministère prévoit de faire payer l’entreprise à l’origine de la pollution si elle existe encore. Dans le cas inverse, ce sont les collectivités locales qui devront payer la facture. Des aides de l’état pourront être mobilisées si le responsable de la pollution n’a pas été identifié ou s’il a disparu.

 

Marseille, laboratoire territorial pour la jeunesse

 

Le cocktail de la rentrée sera donc corsé mais pas non plus totalement sombre. Comme un petit rayon de soleil qui se reflète au tableau noir, elle nous réserve au moins une bonne surprise : Marseille a été retenue pour accueillir le premier laboratoire territorial pour la jeunesse. Au total, il en sera crée six. Elaborées avec le fonds d’expérimentation pour la jeunesse (FEJ), ces laboratoires sont des territoires « test » où les expérimentations sont pilotées globalement par un même acteur pour concourir à un même objectif : la réussite des jeunes.

Trois expérimentations ont été sélectionnées : Une plateforme partenariale de lutte contre le décrochage scolaire, une aide à des actions de mobilité internationale pour l’insertion sociale ainsi qu’un projet expérimental d’insertion professionnelle pour les étudiants en Lettres et Sciences humaines.  

Ces innovations de politiques sociales sont accompagnées de financements importants, le FEJ est doté de 200 millions de subventions de l’Etat et de 55 millions provenant des partenaires privés.

L’année scolaire s’achève en rangs dispersés, la rumeur des parents devrait elle aussi se dissiper… Un indice ne trompe pas, en tête de gondole, derrière le fameux cahier de vacance, il y a les jeux de plage et autres crèmes anti UV pour fixer « sans flamber » le précieux bronzage qui ne passera pas l’automne. Bref, la nouvelle a fait trois fois le tour des préaux : les grandes vacances sont là.

Il faudra attendre la rentrée des classes pour savoir à quelles sauces les enfants (et les bâtonnets de poissons panés) seront mangés…

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