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Trahisons, surprises et cohabitation : la saga de la Communauté urbaine de Marseille

La politique c’est comme les saisons, ça ne s’arrête jamais. Chaque jour égrène son lot d’informations plus ou moins importantes, anecdotiques ou essentielles. Pourtant, la torpeur du mois de mai a nettement ralenti le rythme de l’information et le pluvieux mois de juin qui s’ouvre ne change guère la donne. Pas grand chose à se mettre sous la dent. Nous en avons profité pour prendre du recul et nous recentrer : « celui qui disperse ses regards sur tout ne voit rien ou voit mal » disait Diderot. Moment de grâce où l’écume des choses prend un relief particulier, la sensation d’être maître de son temps.

Le Président Sarkozy semblait s’être résolu, lui aussi, à ralentir la frénésie de sa praxis politique. Il se recentrait, paraît-il, sur l’ordre « spirituel » de la fonction, se retaillait un costume plus traditionnel, pas moins humble mais plus distant. Même l’anniversaire de sa première année présidentielle, très contrastée, fut fêté en toute discrétion, dévissage dans les sondages oblige. Rien de passionnant…

Alors, peut-être est-il temps de revenir à ce qui a marqué l’histoire politique récente de Marseille. L’élection, contre toute attente, d’Eugène Caselli (PS) à la tête de la Communauté urbaine de Marseille (MPM) et donc de l’étouffement politique et financier de Jean-Claude Gaudin (UMP), réélu pour un 3e mandat, maire de Marseille. Récit.

Après les dernières élections municipales le premier président de la troisième agglomération de France, Jean-Claude Gaudin, avait décidé de laisser sa place à un autre… Son ex-premier adjoint Renaud Muselier était alors naturellement désigné. Le deal avait été conclu pendant la campagne, « tu restes fidèle, tu fais campagne et je te donne l’agglomération » avait probablement lancé l’édile marseillais à l’éternel dauphin. C’était sans compter sur une règle d’or en politique : après moi le déluge ! Face à lui, Eugène Caselli, 61 ans, discret patron de la fédération du Parti socialiste et fidèle de Jean-Noël Guérini, le président du puissant Conseil général des Bouches-du-Rhône. Lire la suite

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Thierry Noir, journaliste à La Provence, réagit vivement à notre article sur le musellement de la presse locale par Jean-Claude Gaudin

http://img295.imageshack.us/img295/8603/sarkozyrsfkf5.jpgChers lecteurs,

Nous avons reçu, le 8 février dernier, un commentaire de Thierry Noir, qui recommence à traiter la politique dans La Provence depuis que le quotidien a été racheté par le groupe Hersant. Dans ce billet, le journaliste attaque avec rancœur ses anciens confrères, le Conseil général, Jean-Noël Guérini… Sa réaction fait suite à nos deux derniers articles, celui que Stéphane Menu (ancien rédacteur en chef du Pavé de Marseille) nous a autorisé à publier, il en prend aussi pour son grade au passage, et le nôtre naturellement. Nous tenons à rappeler que le texte de Stéphane Menu est extrait de son blog personnel.

Nous n’aurions pas publié ce commentaire tant il est violent, mais il nous met au défi de le faire et, puisque nous assumons tout à fait ce que nous avons écrit, il est normal que M. Noir puisse avoir son droit de réponse. Il va de soi néanmoins que les propos relevant de la diffamation ont été coupés ainsi que ses coordonnées personnelles.

Extraits :

« Une connaissance m’a indiqué ce texte, puisqu’il qui parle de moi. Je réponds, même si je sais que le “modérateur” ne publiera pas ma réaction. Et d’ailleurs, c’est plus à lui que je m’adresse qu’aux lecteurs, s’il y en a, de ce site. J’ai beaucoup ri, à lire ce fatras, présenté comme un article de journaliste, sans en respecter les règles déontologiques. Ce mot est fondamental pour moi et je ferai (au futur et non au conditionnel) rendre gorge à qui affirmerait le contraire […].

Encore faudrait-il que les auteurs de ce site aient le courage de signer de leur nom. Mais le courage n’est pas de nos jours, la chose la mieux partagée, à l’heure ou internet garanti l’anonymat. Je n’aurai pas aimé être le voisin juif de l’auteur de cet “article” pendant la guerre.

Je passe sur ce “déjeuner avec des journalistes” (première ligne) qui dure “plusieurs heures” (dernier paragraphe)… Doivent pas traiter de la campagne électorale à Marseille, ceux-là, moi qui ai à peine le temps de m’enfiler un sandwich entre midi et 2 ! […]

Que répondre d’autre à ce tissu de conneries?
C’est un ami à moi qui a écrit le papier dans le Canard. Il m’avait appelé avant. Je l’avais prévenu, mais il a voulu croire que Gaudin, sachant que Duhamel était débarqué, lui aurait quand même confié des secrets qui pouvaient être contraires à ses intérêts. On croit rêver ! C’est trop drôle. Encore, encore ! (sur l’air des cotillons).

Je pourrai continuer des heures sur ce qui m’est reproché. J’ai écrit, à peu près, “une seule idée neuve dans le discours de Guérini”. Quelqu’un peut-il aller sur le site du candidat de la gauche et m’en trouver une seconde (je ne dis même pas une deuxième)? Je suis preneur.

Moi qui ai été recruté au Provençal, dans le “Quotidien des patriotes socialistes et républicains”, on va m’accuser, sans autre forme de procès, d’être “de droite”? Qu’est-ce que cela veut dire? Et si je l’étais devenu, l’essentiel n’est-il pas d’être dans la République? Et ça n’a rien à voir avec Hersant ou je ne sais qui… Le premier qui me fera signer un papier avec lequel je ne suis pas d’accord n’est pas encore né.

Toute la rédaction de La Provence a soupiré d’aise quand Duhamel a été débarqué, parce qu’il était nul (il a acheté pour 30 Millions d’euros des rotatives “Ferrari” quand on avait besoin de 4X4) , et elle était aussi soulagée quand Dauxerre a été jeté. Il m’a retenu par les cheveux quand je voulais démissionner pour aller au chômage et je lui en sais gré, je l’en remercie, encore aujourd’hui, mais il n’avait pas la carrure d’un directeur de la rédaction d’un journal ausi revêche que La Provence.

C’est toute la différence entre moi, qui signe mes articles de mon nom et donne mes coordonnées, et vous qui vous abritez derrière l’ anonymat, douillet, de celui qui sait tout (sacrée ambition) et qui finalement, n’exécute qu’une sale besogne de mercenaire.

C’est ma première -et dernière- contribution à ce site que je vais continuer à lire -c’est pas si souvent qu’on rigole. Vous avez de la chance, ce soir je suis aux chiottes et comme je suis constipé, j’ai du temps à vous consacrer, mais dans deux secondes, je tire la chasse. »

Thierry Noir

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Dans la vie, sans doute, tout est question de style. Le vôtre, monsieur le journaliste, est à l’image de votre chute.

Vous êtes piqué au vif par une remarque somme toute logique. Vous écrivez avec un tel aplomb qu’il n’y a pas une idée neuve dans le programme du candidat de gauche, que l’on peut sincèrement s’en étonner, ou au moins, le remarquer. Mais là n’est pas la question.

Au moins sommes-nous heureux de vous compter parmi les nouveaux lecteurs de notre blog. Il a été créé il y a bientôt un an et dépassera demain les 40 000 lecteurs uniques. C’est un chiffre qui se rapproche, dit-on, des ventes de La Provence à Marseille…

Qu’un journaliste du Canard Enchaîné soit votre ami, la belle affaire ! A l’évidence, il ne vous a pas cru et il a eu raison. Mais quelle présomption ! Encore heureux, sans cela, il aurait peut-être écrit qu’enfin, le quotidien dans lequel vous travaillez est un exemple pour la presse libre !

Parlez nous plutôt du fond, ce qu’il écrit sur les connivences entre un dirigeant politique et un patron de presse, plutôt que de tirer à vue, et avec rage, sur ceux qui dénoncent l’évidence.

Car enfin, dire que le projet de Jean-Noël Guérini ne comporte qu’une seule idée neuve, n’est-ce pas déjà faire part d’un parti-pris inacceptable ? Nous attendons d’ailleurs avec impatience que vous nous dévoiliez les idées très neuves chez son concurrent…

Nous remarquons quand même que vos doctes commentaires laissent apparaître de manière évidente de quel côté vous penchez… Il suffit pour cela de parcourir votre article paru dans La Provence du 9 mars, où vous n’hésitez pas à écrire que le financement du programme de Jean-Claude Gaudin sera essentiellement assuré par Bruxelles, tandis que celui de son adversaire est soumis à caution, car une collectivité ne peut donner d’ordre à une autre collectivité. D’ou sortez vous cela? Quand donc le candidat de gauche a-t-il déclaré qu’il donnerait des ordres, son idée n’était-t-elle pas plus justement de mettre toutes les collectivités autour d’une table afin que chacune participe au nécessaire financement des projets structurants? Vous ajoutiez même que le projet de Gaudin était global quant celui de son adversaire n’était que local. Autre manière de discréditer l’un des candidats non ?

En revanche, Jean-Claude Gaudin, et ses amis, ne les oublions pas, ces braves gens, savent ce qu’un ordre veut dire. Surtout quand il s’agit de mettre des journalistes au pas. Vous le savez plus que quiconque. Le Canard Enchaîné est clair sur ce sujet pour la gazette où vous signez ce que vous voulez. C’est clair aussi à La Chaîne Marseille (LCM), où un vote de défiance a permis de maintenir le directeur à son poste, contrairement aux voeux de ceux que vous servez avec un zèle étrange qui nous laisse songeur. Nous savons aussi, depuis les déclarations de Jean-Claude Gaudin sur les journalistes de Libération, dans quelle estime ces gens là tiennent votre profession et ceux qui l’exercent réellement.

Enfin, autre corde à notre arc, laissons la parole à Laurent Neumann, rédacteur en chef de Marianne qui écrivait il y a quelques jours : « La semaine dernière, le journal « La Provence » a refusé de diffuser dans ses colonnes une annonce publicitaire de Marianne concernant les élections municipales à Marseille. Motif invoqué par la régie publicitaire du quotidien régional : le titre de notre enquête, « Pourquoi Marseille mérite mieux que Gaudin », était « politiquement gênant ». Amis lecteurs de la région marseillaise, faites-le savoir autour de vous : La Provence ne veut pas déplaire à la mairie, quitte à censurer une pub qui, soit dit en passant, ne cassait pas trois pattes à un canard ! Même Le Figaro se demande si Jean-Claude Gaudin n’est pas en train de faire le combat de trop. Mais La Provence, elle, a renoncé depuis longtemps à se poser ce genre de questions […] En août 2007, Hachette a vendu La Provence au groupe Hersant (ainsi que Nice-Matin, Var-Matin, Corse-Matin et Marseille Plus]. Nous ne pouvions rêver meilleure démonstration des dangers que génère la mainmise totale d’un seul et même groupe sur la presse d’information de toute une région. »

Tous ces faits, ces propos, nous fondent à être légitimement inquiets pour la liberté de la presse régionale. Les semaines passent et tout devient de plus en plus limpide en vous lisant. Peut-être serait-il plus honnête de dire à vos lecteurs la nouvelle ligne éditoriale choisie par La Provence, celle d’une presse d’opinion. Il n’est pas indigne, comme vous le notez à propos, de choisir un camp, Le Figaro le fait très bien, Libération aussi. Quant à nous, nous avons ressenti l’impérieux besoin d’informer les nôtres et dire ce que les Marseillais ignorent.

Il va de soi que les critiques que nous pouvons formuler sur le contenu de certains articles ne remettent pas en cause le travail de la rédaction. Mais chacun sait qu’une ligne éditoriale d’un journal régional est très rarement déterminée par sa rédaction.

Dernier point, celui de l’anonymat. Nous le justifiions dès notre éditorial : « En ces temps de démocratie participative, le journalisme a mauvaise presse. On l’accuse, souvent injustement, de ne pas entrer dans le vif du sujet, de protéger ses effets. Cette critique vise surtout la presse quotidienne régionale, accusée d’être à l’intersection de toutes les subordinations, de ne pas bousculer les systèmes établis par peur de perdre sa puissance de compromis ». Nous y voilà donc avec plus de résonance encore un an plus tard. Sans cet anonymat, il y a belle lurette que les systèmes établis auraient eu raison de nous… C’est insupportable, mais c’est ainsi et ce n’est pas l’exemple donné par notre président de la République qui aidera à nous en affranchir.

Il n’est donc pas besoin de s’égarer, car tout ce qui est excessif est dérisoire et votre aigreur est, hélas, bien dérisoire. En vous souhaitant beaucoup de bonheur dans votre nouveau métier. Sans la chasse, mais en ouvrant les fenêtres, pour respirer le bleu du ciel.

Pour nous le débat est clos.

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Peur ou contraint, Gaudin musèle sa presse… sans limites, même celles de l’acceptable démocratique…

gaudin2.jpgAujourd’hui j’ai déjeuné avec un certain nombre de mes confrères journalistes. Le sujet du jour, après le meeting de Jean-Noël Guérini, hier soir au Parc Chanot, devant 2000 personnes enthousiastes, contre leurs idées préconçues, semble-t-il, étaient de me vendre le probable succès du candidat de gauche à la Mairie de Marseille. Comme si j’y étais pour quelque-chose. Comme si je roulais pour lui. Après avoir évacué les malentendus. J’ai admis ma sympathie, et je vous la livre : j’aime l’homme c’est vrai, je l’ai dit, je l’ai écrit, ici même. Je crois en effet qu’il joue la conjonction du temps, des lieux et des personnes. Seul en phase pour régler les problèmes de Marseille : ancien leader FO, l’homme est unique à pouvoir négocier les réformes avec les agents de la municipalité (notamment la fin du fini-parti et, selon mes sources, ce serait déjà fait), le seul aussi à mettre 200 ou 300 millions d’euros d’investissement sur la table en jouant la synergie entre les collectivités territoriales (Région, Département, Cum et Ville, désormais de la même couleur politique).

Seul, enfin, à être, selon-moi, convaincu du sérieux de son projet qui, contrairement à ce que j’ai pu lire aujourd’hui dans La Provence par un Thierry Noir, revenu aux manettes après le rachat du quotidien par le groupe Hersant, n’est ni « baguette magique », ni source « d’une idée neuve cependant », après 45 minutes dont ses confrères, même de droite, admettaient le sérieux du propos. Bluffés en somme, si c’est possible dans une aussi inconsistante liberté de la Presse locale. Ils n’en diront rien dans leur papier cela va de soi… Donnons le change.

Mais, après quelques heures, j’ai aimé la liberté de propos quant à l’avenir des meilleurs d’entre eux. Ceux de Marseille-L’hebdo. Ils sont contraints, inquiets, écoeurés. Gaudin a placé tous ses hommes aux postes clefs à La Provence, plus aucun doutes pour les plus récalcitrants, ils vont trop loin ! Ils n’ont plus de limites, rien ne leur fait peur désormais, sûrs de leur pouvoir et de leur succès. Tout est contrôlé, muselé, millimétré, validé, par l’Hôtel de ville. Vive Marseille ! paroles de journalistes aphones… Et, surtout, si l’on peut dire, Internet pour dire l’indicible, c’est délectable, ils nous conchiaient naguère…

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Marseille vu par M6, pas fameux !

Hier soir, la chaîne de télévision « qui monte! », M6 pour ne pas la nommer, diffusait une « enquête exclusive » en caméras cachées qui suivaient nos ripeurs (nos éboueurs), à l’aune du « fini-parti », entres autres.

Le constat fut accablant et dépasse désormais les seules frontières de la cité phocéenne. Ce que nous savions mais que nous cachions de peur de donner une piètre image de la ville, ce que nous relativisions parce qu’il s’agissait d’une organisation qui nous appartenait et dont seuls les Marseillais avaient le droit de se plaindre, comme on le fait dans les affaires de famille, fut montré au vu et au su de tous les français. En somme, une carte postale marseillaise bien écornée et fort peu parfumée à 4 mois des élections, surtout après le reportage du journal de 13h de France 2 sur l’invasion des rats « gros comme des lapins » à Marseille, le 25 octobre dernier.

Ce magazine d’investigation (Enquête exclusive) diffusé dimanche soir sur M6, a enregistré sa plus forte audience depuis sa création, il y 4 ans, avec une moyenne de 2,4 millions de télespectateurs. Cela représente une part d’audience (PDA) de 28 %. En guise de comparaison, les deux précédents sujets présentés par Bernard de la Villardière avaient enregistré une audience de l’ordre de 18 %. Cette « plongée dans Marseille » proposait une radioscopie de la cité phocéenne, au-delà de la seule problématique de la propreté, elle traitait de toutes les limites d’un système à bout de souffle : urbanisme, économie, social…

Le magazine, dont les images ont été tournées en grande partie cet été, sera rediffusé sur M6, mercredi 5 décembre à 0h45. En voici quelques extraits édifiants :

Quoi ? Marseille serait sale ? Muselier joue l’étonné :

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Guérini en ordre de bataille sur la propreté pour les municipales de Marseille

Film projeté lors du 1er rendez-vous débat de Jean-Noël Guérini

Après avoir inauguré en fanfare la « ruche », son QG de campagne devant 2000 aficionados ravis de se compter aussi nombreux, Jean-Noël Guérini, candidat PS à la Mairie de Marseille, a sillonné la ville durant tout le week-end grâce à l’opération « Tous sur le pont ! » qui consistait, dans 80 points rencontre, à distribuer sa « Lettre à tous les Marseillais. » Samedi après-midi, il réunissait, avec Samia Ghali et René Olmeta, 300 acteurs de la vie sportive. L’infatigable Guérini poursuivait, lundi soir, son entrée en campagne par le premier de ses huit rendez-vous débats : « Gagnons une ville propre et attractive. »

C’était jour d’affluence à la Maison de la culture arménienne de la rue St Bazile pour débattre de cette épineuse question marseillaise. Plus de 500 personnes avaient répondu présentes à l’appel du patron de Conseil général, et la salle est vite devenue trop exigüe. Durant 3 heures, Jean-Noël Guérini, concentré, a pris des notes, avant d’apporter une conclusion tonitruante dans laquelle il n’a pas manqué d’égratigner sans jamais le citer Jean-Claude Gaudin, l’actuel maire Ump en place :  » La campagne électorale qui s’ouvre ne sera pas assez longue pour constater les échecs de la municipalité actuelle après 13 années de mandat« , lance-t-il avant de poursuivre, « au hit parade de ces échecs, le plus criant est certainement celui de la Propreté. Cet échec est, non seulement un échec de la municipalité sortante, mais celui, personnel, du maire sortant. » Le ton était donné…

Je règlerai la propreté de Marseille en 6 mois !
Le candidat socialiste poursuit par un constat accablant, partagé par l’auditoire et ponctué par des applaudissements : absence de responsabilité politique, organisation de la propreté défaillante, lourde et inadaptée, absence d’objectifs clairs et, en guise d’estoquade, « un esprit de clientélisme plus fort encore dans ce secteur que dans tous les autres secteurs de cette municipalité »

Guérini n’a pas été non plus avare de propositions et d’engagements. Morceaux choisis : « Je règlerai le problème de la propreté dans les 6 mois après mon élection ! », « Je serai un maire qui non seulement vous proposera des solutions, mais qui prendra, comme je le fais au Département, des décisions », « Il est grand temps pour notre ville de passer d’une gestion d’obligation de moyens à une gestion d’obligation de résultats, j’insiste d’ailleurs sur cette culture nouvelle du résultat, pour vous dire que tout le monde y sera soumis, élus compris ! », « Pour y arriver, je supprimerai, comme je l’ai déjà indiqué publiquement, « le fini-parti » », « Il y aura un cantonnier par rue, et cela, croyez moi, ce sera incontournable »,  » De fait, l’ensemble du travail sur « Marseille, ville propre » sera fondé sur une évaluation technique des besoins et des moyens, avec un contrôle indépendant du résultat », « Les marseillais sont aussi des piétons, ils doivent retrouver une ville dotée d’équipements de confort sanitaire et de propreté, débarrassée des pollutions d’origine canine grâce à un nettoyage spécifique et à la mise en place de « canisettes » », « Je n’hésiterai pas à sanctionner les actes d’incivisme et de dégradation de notre cadre de vie. Je dis tout ça avant les élections, je veux être au clair avec tous ceux qui m’entendent : c’est un engagement ! »

Un budget de « pierre »
« Comment payer toutes ces bonnes intentions ?«  demande-t-il, non sans préciser qu’en arrivant aux fonctions municipales, il ne trouverai qu’un « budget de pierre » puisque Marseille est « une des villes les plus endettées de France (3400 euros par habitant entre la Cum et la Mairie)« . La solution est d’activer la « synergie entre les collectivités territoriales (Département / Région / Ville)  »  et d’être « en mesure de mettre toutes les parties autour d’une table pour un intérêt commun » Mais, précise-t-il, jouant la transparence, « je gouvernerai à budget constant mais sans augmentation d’impôt grâce à une meilleure gestion. »

« Si, dans 6 ans, vous estimez que je n’ai pas été à la hauteur de mes engagements, je rentrerai chez moi, avec l’amertume de l’inachevé, comme celle que doit ressentir aujourd’hui la municipalité en place« . Nous voilà bel et bien en campagne !

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