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Coup de coeur : flash back en images sur la campagne des municipales à Marseille


Une campagne électorale est un moment à part dans la vie des citoyens.
Il en va des acteurs politiques aux électeurs en passant par les observateurs plus ou moins éclairés.

L’adrénaline du pouvoir, la force des convictions, les rapports de force, la puissance d’une idée, l’argument qui porte, le symbole qui fait la différence, la quête du scoop, l’intérêt bien compris de chacun. Mais aussi les dazibaos antisémites, les permanences électorales qui brulent, les tracts en arabe pour fusiller l’adversaire, l’interdiction de meetings en public pour l’opposant, la lettre présidentielle pour sauver Marseille brandie dans l’entre deux-tour et aussi une web-campagne acharnée… Tout est porté à l’extrême.

A Marseille plus qu’ailleurs, les mottes du champ politique revêtent souvent les formes improbables et criardes des costumes de la commedia dell’arte. Pourtant, elles sont plus florentines que napolitaines, plus machiavéliques que bonapartistes. Fratricides et cruelles en public, poliment abrasives dans la coulisse.

Ce documentaire revient, comme un flash back lucide, sur ce moment historique de la campagne 2008 des municipales à Marseille où la plus vieille ville de France faillit basculer à gauche à quelque centaines de voix près dans un suspense intenable.

Rarement la cité phocéenne n’avait vu autant de journalistes internationaux. « Un défi certain pour le président Sarkozy », fraîchement élu, nous avait alors confié un journaliste de la NHK japonaise… Alors qu’un confrère américain de CNN affirmait, avec le ton affirmatif et non négociable du Texan sûr de lui : « si la 2e ville de France bascule, Sarkozy est mort ». Tel était l’enjeu…

Ce que « Marseille, un autre regard« , vous a rapporté, minute après minute, en dehors des canaux officiels provençaux de l’information dont certains furent assurément manipulatoires, transgressant les règles basiques du journalisme, engoncés de certitudes, fiers, suffisants et faussement objectifs, parfois condamnés par le CSA (mais trop tard, après la campagne, bien entendu) ; ces images vous le donne à voir, ou à revoir…

Nous, nous sommes fans et attendons avec impatience la suite ! Trois épisodes nous dit-on.

Quelques questions néanmoins. Pourquoi :

1°) Jean-Claude Gaudin n’a pas voulu être interviewé ?

2°) Les producteurs n’ont trouvé aucun diffuseurs locaux ou nationaux ?

3°) Internet est le seul lieu de diffusion libre en dehors des contingences publicitaires qui bride la presse jusqu’à la moelle, voire la corrompt ?

4°) Les chiffres de confiance de la presse traditionnelle auprès du grand public fondent comme neige au soleil. Nous, on a une idée…

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Gaudin est maire, Guérini en embuscade ou en premier ministre ? Le centre renaîtra-t-il à Marseille?

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Elle était touchante cette cérémonie démocratique et protocolaire du 3e tour de l’élection municipale de Marseille. Il y avait comme une intensité, une émotion visible dans tous les regards, dans les postures, presque romanesque. Une volonté de vouloir bien faire, de tamiser les risques de mauvaises surprises, de vivre honnêtement l’humilité et surtout, de prendre, quel que soit le camp politique où l’on se situât, conscience de la réalité du scrutin, la vérité des urnes.

Rarement le comptage des bulletins devant élire le premier magistrat de la ville, à été suivi avec autant d’attention, comme si l’impossible pouvait encore se produire. De part et d’autre, l’égrenage des bulletins, a fait retenir son souffle à l’assemblée… 47, 48, 49, 50, 51, c’est fait, Jean-Claude Gaudin est élu ! On sentait comme un « ouf » de soulagement collectif, comme si, jusqu’au dernier moment, cette victoire à l’arraché devait pouvoir être remise en cause par le secret des votes de ses amis politiques… Le maire sortant, étrangement ratatiné, se grandi spontanément, il sut désormais, qu’une charge énorme lui incombait et qu’elle était plus difficile que jamais. « Ah !!! » entendait-on dans l’hémicycle Bargemon. Lire la suite

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Municipales et cantonales à Marseille : Guérini élu, Gaudin fébrile… Quelle majorité, de paille ou de faiblesse ?

550.jpgAu lendemain des élections locales, qu’elles soient municipales ou cantonales, les états-majors s’agitent pour respecter ou infirmer les promesses données aux uns et aux autres durant les campagnes. Le nombre de postes ou de sièges n’étant pas extensible à l’infini, contrairement aux engagements de campagne… Il y aura forcément des heureux et des déçus qui dénonceront avec force trémolos dans la voix la trahison de dernière minute, souvent à juste titre, c’est la loi du genre.

Le calendrier, quant à lui, s’accélère et les négociations vont bon train pour tirer ça au clair. L’expérience humaine est souvent douloureuse dans ces moments de vérité ou l’hypocrisie formatée des campagnes de rassemblement doit laisser place au pragmatisme solitaire de la nouvelle configuration du temps, des lieux et des personnes… Avec ses nouveaux rapports de force que l’on soit majoritaire ou non. Lire la suite

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Derniers sondages : une élection dans un mouchoir de poche pour les municipales de Marseille !

cps_hlv97_120308234922_photo00_photo_default-512x440_article.jpgA quelques heures du second tour des municipales, qui verra émerger des urnes le nouveau maire de Marseille, tout est toujours aussi incertain quant à l’élection de Jean-Noël Guérini, leader de la gauche et du centre ou de Jean-Claude Gaudin, le maire sortant UMP. Les trois derniers sondages d’hier affirmaient tout et son inverse, preuve que les dés seront jetés au dernier moment, dans le secret des isoloirs, sûrement à la dernière minute.

Si au premier tour les deux candidats ont fait presque jeu égal, avec un avantage à Guérini pour le nombre des élus, ce sont sûrement les ralliements du MoDem et le soutien à peine voilé de l’extrême gauche à Guérini qui feront la différence, alors que Le Front National a demandé à ses électeurs de ne pas se rendre aux urnes en s’abstenant ou en votant nul, autant de votes en moins dans l’escarcelle de l’équipe Gaudin. D’où sa fébrilité et sa nervosité visible ces dernières heures et quelques cafouillages dans son état-major, voire des excès racistes et injurieux notamment envers Mme Guérini d’origine juive qui, s’ils s’avéraient vrais, ne seraient pas à l’honneur des équipes Gaudin. Pour autant, sera-ce suffisant ? Nul ne le sait, les abstentionnistes du 1er tour ont assurément la clef de l’issue du 2ème.

La diffusion de plusieurs sondages dans les deux secteurs décisifs pour gagner la bataille de Marseille secoue grandement les QG de campagne. Tout se jouera dans les 1er (1er et 7e arrondissements) et 3e secteurs (4e et 5e arr.)

Les derniers sondages donnent Guérini et Muselier au coude-à-coude dans le 3e secteur :
Selon une enquête d’opinion réalisée par l’Ifop/Fiducial pour le compte de Paris-Match, le premier adjoint au maire UMP Renaud Muselier recueillerait, dans le 3e secteur, 50,5% des intentions de vote, et Jean-Noël Guérini, le leader socialiste venu le défier dans son fief, 49,5%. Un score plaçant les deux hommes dans un mouchoir de poche avec une légère avance pour l’ex-secrétaire d’Etat.

Un autre sondage Sofres pour Le Figaro publié hier matin donne des équilibres similaires : 51% pour le candidat de droite et 49% pour celui de gauche.

La surprise vient d’un troisième sondage réalisé par BVA/Orange diffusé hier soir par LCM : Jean-Noël Guérini gagnerait le 3e secteur avec 51% des suffrages alors que Renaud Muselier n’en obtiendrait que 49%.

A l’issue d’un premier tour qui a favorisé Renaud Muselier (42,16%) face à Jean-Noël Guérini (37,51%), ces chiffres montrent que l’écart se réduirait au point d’en inverser même la tendance. Rien n’est donc joué.

Mennucci semble tenir la corde dans le 1er secteur contre Roatta :
Les sondeurs de l’Ifop et de BVA ont passé également le 1 er secteur (1 er et 7 e arrondissements) à la loupe. Le candidat socialiste, Patrick Mennucci, sortirait dans les deux cas vainqueur (52,5% pour Ifop et 51% pour BVA) de son duel avec le maire de secteur sortant, Jean Roatta (47,5% Ifop, 49% BVA).

Les suffrages de la gauche radicale et du Mouvement Démocrate feraient pencher la balance. Lors de la première manche électorale, les deux hommes étaient au coude à coude (39,94% pour l’élu UMP et 39,21% pour l’ex-lieutenant de Ségolène Royal).

Mais dans cette élection, plus encore que dans les précédentes, les sondages ne font pas les suffrages, tant il est quasi impossible à cette heure de savoir qui de Guérini ou de Gaudin l’emportera au final. D’ores et déjà, la campagne de Jean-Noël Guérini a été admirable pour s’imposer avec crédibilité et sérieux quand celle de Jean-Claude Gaudin a été suractive ces derniers jours pour tenter d’emporter l’assentiment des abstentionnistes, seule chance pour l’UMP qui ne peut compter sur des réserves au second tour après le ralliement du MoDem aux listes Guérini et à l’appel à l’abstention du Front national.

Dimanche, nous tournerons une page importante de l’histoire politique de Marseille, la France entière retient son souffle, l’Élysée aussi…

Consultez le sondage BVA/Orange/LCM 1er et 3e secteur

Consultez le sondage Sofres-Le Figaro pour le 3e secteur

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Municipales 2008 à Marseille : les titans Guérini et Gaudin s’empoignent lors de leur première confrontation

http://www.lepoint.frAujourd’hui, en fin d’après midi, sur les ondes de France Bleue, a eu lieu le premier débat entre le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin et son opposant de Gauche, Jean-Noël Guérini, par ailleurs patron du puissant Département des Bouches-du-Rhône. Au-delà d’une cacophonie radiophonique entre deux tempéraments méditerranéens bien trempés due à une quasi absence de médiation, d’arbitrage et de direction journalistique, deux lectures peuvent s’apprécier au sortir de cette confrontation in vivo.

Gaudin a compris qu’il peut perdre
Ceux qui attendaient le laminage en règle de Guérini par la célèbre faconde de Gaudin en sont pour leur frais, non seulement il a tenu tête mais il a fait montre d’un répondant qui, sans nul doute, doit augmenter la puissance de la lame de fond perçue ces dernières semaines à Marseille du côté de la Ruche, QG de campagne du patron de la gauche. On apprenait en effet, la veille du débat, dans un sondage LCM-Opinionway réalisé entre le 15 et le 19 février auprès de 1307 Marseillais, une parfaite égalité entre les deux principaux concurrents, égalité remarquable aussi dans les secteurs qui vont faire le futur maire de la Cité phocéenne. Autant dire aussi la perte de 10 point pour l’équipe sortante UMP en quelques semaines.

De quoi irriter Jean-Claude Gaudin qui pensait, il y a quelques jours encore, son élection acquise les doigts dans le nez, et projetait dès lors une campagne aussi courte que possible, fort de sa notoriété (il avait prévu son entrée en lice officielle vers le 9 février). Cette assurance, tentons la « suffisance », n’est plus de mise désormais. Ce faisant, il a entendu les alertes pilotées par le Président Sarkozy de l’Élysée et par ses collègues patrons de l’UMP (Devedjian entre autres), lui intimant l’ordre d’entrer dans la bataille immédiatement, défaits par les calamiteux sondages internes du parti présidentiel dont certaines hypothèses le donnaient perdant. Son avance sondagière officielle fondant comme neige au soleil, naturellement. Pas du tout préparé à cette accélération de calendrier, le site Internet de Gaudin buggait allègrement dans les premiers jours de sa mise en ligne en choisissant des têtes américaines pour illustrer ses administrés marseillais et, plus encore, ses tentes blanches disséminées dans la ville en guise de sièges de campagne par secteur ne sont pas encore toutes opérationnelles à 15 jours du premier tour…

Aux auditeurs que nous fûmes, l’agacement de Gaudin, souvent goguenard, distillant habituellement les formules grand-guignolesques version Pagnol, mais bien senties, pour ne pas répondre aux questions qui fâchent, s’est mué durant le débat, en agressif concurrent. C’est-là, nous semble-t-il, la plus grande victoire de Guérini. Le maire sortant a donc enfin pris conscience qu’il était en train de perdre sa mairie, il est assurément redescendu de son Olympe. C’est heureux pour la confrontation d’idées et, par conséquent, pour la démocratie locale, d’autant que sa main-mise sur la presse régionale est devenue si officielle qu’elle est insupportable aux démocrates que nous sommes, parfois il faut dire stop aux abus et, comme personne ne le fait, Internet est le bon médium, jugez-en par vous même !

Gaudin ce soir a été fébrile, et la voix ne trahit pas, elle a tremblé, s’est muée parfois en celle d’un preux chevalier, alors qu’il était le maître de céans, le baron de sa baronnie, devant défendre avec force son propre territoire, voire même son autorité, désormais contestée… Fait rare, voire unique de mémoire d’observateur. Pas un mot sur son projet ! Pas un ! Il n’a fait que défendre, coûte que coûte, au prix d’une obstruction verbale et d’une volonté de monopolisation de l’échange, nonobstant quelques saillies mordantes, son bilan. Est-ce suffisant ? Vraiment ?

Un premier corps à corps, pas encore un débat
Pour ceux qui attendaient sagement une confrontation d’idées, de projets, la déception est de mise aussi, sans nul doute. Nous avons entendu le combat de deux chefs, une sorte de premier round entre deux hommes qui se côtoient depuis des années, sans se connaître vraiment. Guérini n’ayant de cesse de clamer le respect, la bienséance, la dignité, le rappel au calme. Voilà que les deux fils de Defferre, l’un plus légitime que l’autre selon l’épouse du feu-patriarche de la ville, Edmonde Charles-Roux, ont pris conscience ce soir en offrant à nos oreilles attentives qu’il fallait tourner une page de l’histoire de Marseille.

L’échange a ceci d’incroyable que les deux hommes se sont testés, jaugés et se sont affranchis du père. Ce soir, les deux principaux candidats sont, sans qu’ils s’en s’aperçoivent, devenus adultes, politiquement s’entend, l’un sur le (trop?) tard, à l’âge d’un patriarche, l’autre ayant pris conscience durant sa campagne de ce qu’il était vraiment, un leader. Ils ont joué le rôle d’Abel et Caïn de l’ancien testament ou de la Torah. Devenus libres, ils sont en quête de la reconnaissance de leur nouveau maître, le peuple marseillais. Le propos de leurs échanges décousus s’est centralisé presque exclusivement sur l’histoire, le passé et donc sur les bilans Defferre, Vigouroux, Gaudin. Embarrassés tous deux, qui de le défendre, qui de le stigmatiser pour mieux le récupérer. Personne n’a proposé, les deux forces s’annihilant.

La grande frustration de l’auditeur provient du fait qu’il était curieux d’entendre les deux patrons entrer dans le vif de leur projet. Rien de tel, nous avons assisté à la pesée de deux poids-lourds avant le combat à venir. Ce débat radiophonique n’a été qu’un premier reniflage. Là aussi, selon-nous, l’exercice dans une vision objective mais pessimiste est presque un succès de Guérini qui, de facto, change de braquet dans sa campagne : il n’est plus challenger, c’est le vainqueur potentiel de l’élection municipale de mars prochain et, donc, le possible futur maire de Marseille. D’un autre côté Gaudin, ayant pris conscience de sa possible défaite va sûrement se déchaîner pour sauvegarder son pouvoir, dans le dernier round de son histoire.

Au fond, ce soir, nous venons d’entrer réellement en campagne entre deux rivaux d’égale stature. Par pitié sur quels projets ?

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