Archives de Tag: homme

On va tous mourir ! Est-ce une excuse ?

L’idée de la mort est-elle la cave indicible de nos existences? Lorsqu’on devient adulte elle devrait pouvoir s’estomper, s’assagir et se nourrir de l’humanité qu’il nous reste pour le meilleur, le carpe diem, la délectation du moment présent, des plaisirs offerts par la vie et ses rapports aux autres.

Lutter contre cette réalité est le gage d’affreuses pérégrinations intérieures, du mensonge à soi-même et d’un hédonisme aux plaisirs fugaces et souvent douloureux. La fuite en avant… Cette distance axiologique avec l’idée que l’on se fait de la finitude, qui a pourtant fondé la sociologie à travers le « Suicide » d’Émile Durkheim est encore très prégnante aujourd’hui.

Pour preuve, le dernier numéro de Paris-Match, livrant sans distance toutes les photos de ces soldats français morts aux confins d’un désert montagneux, d’un pays superbe, magiquement décrit, en leur temps, par Joseph Kessel (Les cavaliers) ou Jean-Christophe Rufin (Sauver Ispahan).

Ces gamins, certains avaient 19 ans, sont offerts en guise d’information avec leur sourire de vivants, lovés dans les bras de leurs femmes et enfants, heureux dans leurs uniformes propres de jeunes engagés ignorant tout du pays dans lequel ils allaient perdre leur vie.

Soyons clairs, ce sang livré, cet engagement pour des valeurs qui nous protègent, ce désir de dépassement, est pour nous plus qu’admirable. Il est le fondement même de la paix. Il n’y a pas de paix sans force, il n’y a pas de démocratie sans opposition, il n’y a pas de plénitude collective sans règles a respecter, pas non plus de diplomatie sans armées. Lire la suite

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Municipales 2008 à Marseille : les titans Guérini et Gaudin s’empoignent lors de leur première confrontation

http://www.lepoint.frAujourd’hui, en fin d’après midi, sur les ondes de France Bleue, a eu lieu le premier débat entre le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin et son opposant de Gauche, Jean-Noël Guérini, par ailleurs patron du puissant Département des Bouches-du-Rhône. Au-delà d’une cacophonie radiophonique entre deux tempéraments méditerranéens bien trempés due à une quasi absence de médiation, d’arbitrage et de direction journalistique, deux lectures peuvent s’apprécier au sortir de cette confrontation in vivo.

Gaudin a compris qu’il peut perdre
Ceux qui attendaient le laminage en règle de Guérini par la célèbre faconde de Gaudin en sont pour leur frais, non seulement il a tenu tête mais il a fait montre d’un répondant qui, sans nul doute, doit augmenter la puissance de la lame de fond perçue ces dernières semaines à Marseille du côté de la Ruche, QG de campagne du patron de la gauche. On apprenait en effet, la veille du débat, dans un sondage LCM-Opinionway réalisé entre le 15 et le 19 février auprès de 1307 Marseillais, une parfaite égalité entre les deux principaux concurrents, égalité remarquable aussi dans les secteurs qui vont faire le futur maire de la Cité phocéenne. Autant dire aussi la perte de 10 point pour l’équipe sortante UMP en quelques semaines.

De quoi irriter Jean-Claude Gaudin qui pensait, il y a quelques jours encore, son élection acquise les doigts dans le nez, et projetait dès lors une campagne aussi courte que possible, fort de sa notoriété (il avait prévu son entrée en lice officielle vers le 9 février). Cette assurance, tentons la « suffisance », n’est plus de mise désormais. Ce faisant, il a entendu les alertes pilotées par le Président Sarkozy de l’Élysée et par ses collègues patrons de l’UMP (Devedjian entre autres), lui intimant l’ordre d’entrer dans la bataille immédiatement, défaits par les calamiteux sondages internes du parti présidentiel dont certaines hypothèses le donnaient perdant. Son avance sondagière officielle fondant comme neige au soleil, naturellement. Pas du tout préparé à cette accélération de calendrier, le site Internet de Gaudin buggait allègrement dans les premiers jours de sa mise en ligne en choisissant des têtes américaines pour illustrer ses administrés marseillais et, plus encore, ses tentes blanches disséminées dans la ville en guise de sièges de campagne par secteur ne sont pas encore toutes opérationnelles à 15 jours du premier tour…

Aux auditeurs que nous fûmes, l’agacement de Gaudin, souvent goguenard, distillant habituellement les formules grand-guignolesques version Pagnol, mais bien senties, pour ne pas répondre aux questions qui fâchent, s’est mué durant le débat, en agressif concurrent. C’est-là, nous semble-t-il, la plus grande victoire de Guérini. Le maire sortant a donc enfin pris conscience qu’il était en train de perdre sa mairie, il est assurément redescendu de son Olympe. C’est heureux pour la confrontation d’idées et, par conséquent, pour la démocratie locale, d’autant que sa main-mise sur la presse régionale est devenue si officielle qu’elle est insupportable aux démocrates que nous sommes, parfois il faut dire stop aux abus et, comme personne ne le fait, Internet est le bon médium, jugez-en par vous même !

Gaudin ce soir a été fébrile, et la voix ne trahit pas, elle a tremblé, s’est muée parfois en celle d’un preux chevalier, alors qu’il était le maître de céans, le baron de sa baronnie, devant défendre avec force son propre territoire, voire même son autorité, désormais contestée… Fait rare, voire unique de mémoire d’observateur. Pas un mot sur son projet ! Pas un ! Il n’a fait que défendre, coûte que coûte, au prix d’une obstruction verbale et d’une volonté de monopolisation de l’échange, nonobstant quelques saillies mordantes, son bilan. Est-ce suffisant ? Vraiment ?

Un premier corps à corps, pas encore un débat
Pour ceux qui attendaient sagement une confrontation d’idées, de projets, la déception est de mise aussi, sans nul doute. Nous avons entendu le combat de deux chefs, une sorte de premier round entre deux hommes qui se côtoient depuis des années, sans se connaître vraiment. Guérini n’ayant de cesse de clamer le respect, la bienséance, la dignité, le rappel au calme. Voilà que les deux fils de Defferre, l’un plus légitime que l’autre selon l’épouse du feu-patriarche de la ville, Edmonde Charles-Roux, ont pris conscience ce soir en offrant à nos oreilles attentives qu’il fallait tourner une page de l’histoire de Marseille.

L’échange a ceci d’incroyable que les deux hommes se sont testés, jaugés et se sont affranchis du père. Ce soir, les deux principaux candidats sont, sans qu’ils s’en s’aperçoivent, devenus adultes, politiquement s’entend, l’un sur le (trop?) tard, à l’âge d’un patriarche, l’autre ayant pris conscience durant sa campagne de ce qu’il était vraiment, un leader. Ils ont joué le rôle d’Abel et Caïn de l’ancien testament ou de la Torah. Devenus libres, ils sont en quête de la reconnaissance de leur nouveau maître, le peuple marseillais. Le propos de leurs échanges décousus s’est centralisé presque exclusivement sur l’histoire, le passé et donc sur les bilans Defferre, Vigouroux, Gaudin. Embarrassés tous deux, qui de le défendre, qui de le stigmatiser pour mieux le récupérer. Personne n’a proposé, les deux forces s’annihilant.

La grande frustration de l’auditeur provient du fait qu’il était curieux d’entendre les deux patrons entrer dans le vif de leur projet. Rien de tel, nous avons assisté à la pesée de deux poids-lourds avant le combat à venir. Ce débat radiophonique n’a été qu’un premier reniflage. Là aussi, selon-nous, l’exercice dans une vision objective mais pessimiste est presque un succès de Guérini qui, de facto, change de braquet dans sa campagne : il n’est plus challenger, c’est le vainqueur potentiel de l’élection municipale de mars prochain et, donc, le possible futur maire de Marseille. D’un autre côté Gaudin, ayant pris conscience de sa possible défaite va sûrement se déchaîner pour sauvegarder son pouvoir, dans le dernier round de son histoire.

Au fond, ce soir, nous venons d’entrer réellement en campagne entre deux rivaux d’égale stature. Par pitié sur quels projets ?

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Guérini/Gaudin : la campagne pour les municipales de Marseille entre enfin dans le vif du sujet

Ca y est, la campagne marseillaise des municipales est enfin lancée! Hier, Jean-Claude Gaudin présentait les binômes paritaires de ses têtes de liste dans les 8 secteurs de Marseille. Contraint par la loi, la constitution des listes doit comprendre en effet la parité parfaite homme/femme/homme/femme ou l’inverse. Dans le même temps, le maire sortant mettait en ligne son site Internet de campagne sur lequel, enfin, il se déclarait officiellement candidat.

La chose était acquise depuis longtemps puisque l’édile ne manquait pas une occasion, plus ou moins subtile, de le faire savoir, mais le voilà sorti du bois bien plus tôt qu’il ne l’avait souhaité initialement, assurément contraint par la campagne menée tambours battants par son challenger, Jean-Noël Guérini, et l’état de crise marseillais décrété par les instances nationales de l’UMP, piloté de l’Elysée.

Là, on trouvait le dernier round électoral du patriarche phocéen un peu poussif au démarrage, la visite éclair du 1er ministre Fillon, lui-même en chute libre dans les sondages, n’ayant servi de rien. La corbeille à promesses s’étant soldée par un vide assez sidéral pour Marseille, François Fillon a dû, après avoir visité le studio de « Plus belle la vie » se contraindre à aborder les sujets sérieux, brûlants même, en Corse dans l’après-midi. Contre productif en somme… Le patron socialiste du Département des Bouches-du-Rhône, l’opposant local, n’a eu aucun mal a démonter quelques minutes plus tard, lors d’une conférence de presse où il n’était pas attendu, avec force arguments, la pompe creuse de l’hôte de Matignon. De bonne guerre, campagne sérieuse et équilibrée selon nous. Gaudin a enfin trouvé un homme à sa mesure. Il le sait ou plutôt le sent, d’où l’accélération des calendes…

Bref, sur le site Internet de campagne de J.-C. Gaudin , au titre compliqué et long « La réussite de Marseille Vous réussit avec Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier », dont le « V » rappelle le titre éponyme de la série de Sc-Fiction qui a fait trembler la génération des années 80, où l’héroïne au sourire carnassier ne s’alimente que de souris vivantes ; le candidat déclare, après une coupure vidéo étrange, erreur de montage sûrement : « Je me représente… euh… « pour » la mairie de Marseille », sybillin il enchaîne « avec une équipe d’hommes et de femmes, certains ont fait leurs preuves, d’autres seront nouveaux, avec Renaud Muselier (seul cité), avec les parlementaires… ». Guy teissier sait donc à quoi s’attendre, le choix est fait pour le 1er adjoint. Mais là n’est pas l’important pour l’heure.

Même si l’exercice n’est pas encore bien rôdé, presque amateur, force est de reconnaître l’audace inattendue de Jean-Claude Gaudin d’avoir choisi Internet comme support de sa déclaration. Une vidéo sur son site de campagne, comme la plupart des candidats à l’élection présidentielle américaine, dont Hillary Clinton. L’homme, patron de la seconde ville de France, refuse encore le téléphone portable (les mauvaises langues de son entourage prétendent qu’il ne sait pas s’en servir…) et considérait jusqu’alors le web comme une sorte de gameboy pour ados ou post ados. Il étonne son monde en jouant la modernité du tuyau de communication. Il aura donc été bien conseillé ces derniers jours et fait montre d’une réelle adaptation au monde d’aujourd’hui. Certes, la chose n’est pas encore très au point, mais chapeau pour la crânerie !

La Pl@netMarseille de Guérini, l’équipe multimédias de sa campagne, a pris 5 mois d’avance et, selon nos informations, constituée une blogosphère redoutable, sous l’impulsion d’Olivier Morin, figure de la filière régionale et de Benoît Thieulin, chef de la Segosphère pendant la présidentielle. Il sera intéressant néanmoins de voir comment elle s’est organisée quand celle du maire sortant émergera. Lui qui refusait de parler d’un monde qu’il ignorait et dont il ne maîtrise toujours pas le vocabulaire mais qui semble devenir désormais un centre d’intérêt. On lui aura donc indiqué l’intérêt du « mulot! »

Reste le fond, le choix des hommes puisque rares sont les femmes têtes de liste. Si, dans la série « V », les femmes sont au pouvoir, pour le meilleur et pour le pire (résistance et pouvoir absolu), une seule a décroché concrètement le sésame, celle-là même qui a réussi à ouvrir la brêche de la forteresse des « Masse » lors des dernières législatives, Valérie Boyer. Si Guérini propose 3 femmes têtes de liste sur 8, Gaudin est loin du compte. Par ailleurs, le maire sortant sussurait à qui voulait l’entendre ces dernières semaines, que de grandes surprises allaient nous asseoir dans le choix de ses candidats de secteurs, rien de tel. Rarement, reconductions n’auront été révélées : Roatta, Teissier, Muselier et, en guise d’ouverture, Jacques Rocca-Serra ! L’ex-nouveau-futur patron de l’UDF-MoDem en partance mais pas tout à fait, en stand-by… Si nous avons bien compris l’extrême subtilité et la parfaite sophistication, presque improbable et pourtant réelle (nous vous l’assurons !), mais un peu, beaucoup, passionnément, bayrouiste. Le chantre centriste n’avait plus de formules suffisantes pour dire l’impossible : j’y suis , j’y reste ! (en somme). Lui qui, en effet, a fait parti de toutes les majorités d’après-guerre à Marseille, non sans talent, et il en a beaucoup. Bref, osons le dire, le bluff pagnolesque de Gaudin triomphe une fois de plus et aucune nouveauté n’émerge, pas une ! Pour autant, ne gageons pas que lesdites surprises sont en réserve dans les suivants des listes… Pour sûr !

La lutte est désormais claire, nous aurons un combat bicéphale entre un projet et un bilan.

Entre : « j’ai récupéré une ville exsangue et en retard et je l’ai mise à niveau en deux mandats, le troisième aura pour objet de donner à Marseille une longueur d’avance (Gaudin) » et  » Ce n’est plus possible de vivre dans une ville dont tous les paramètres nous fondent à penser que le retard est insupportable, l’équipe épuisée et sans ambition, il faut changer de braquet. Ce que j’ai fait au Département en 10 ans et contre tous avec le succès que l’on sait, j’ai le courage politique de le donner aux Marseillais (Guérini). »

Le mot est lancé : « moi » contre  » sérieux » : Alea jacta est !

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Guérini prend son inspiration à Barcelone pour les prochaines municipales de Marseille

Fructueuse et enrichissante. Telle a été, selon lui, la visite à Barcelone, le week-end dernier, de Jean-Noël Guérini, candidat socialiste à la Mairie de Marseille. Reçu avec tous les honneurs par Jordi Hereu, maire de la capitale catalane, qui a salué en lui un homme « politique qui pense une nouvelle vision pour Marseille ». Non sans écorcher son patronyme, le jeune édile a martelé « Monsieur Guérin (sic), c’est la garantie d’une Marseille forte », et de confier, ce qui a stupéfié l’auditoire, que cela faisait plus de 10 ans qu’un responsable politique marseillais ne s’était rendu dans la capitale catalane ! Invraissembable quand on songe à la sempiternelle sentence du maire de Marseille de positionner sa ville comme capitale euroméditerranéenne…

Jean-Noël Guérini souhaitait s’inspirer de l’essor économique de Barcelone pour, à son tour, « Faire gagner Marseille ». Admiratif du développement urbanistique maîtrisé qu’a connu la ville, qui tient aux choix politiques et visionnaires faits il y a 20 ans par le maire de l’époque, Pasqual Maragall, lui aussi socialiste ; c’est surtout la croissance exponentielle de son port qui a concentré l’attention du patron du Département des Bouches-du-Rhône.

Le leader de la gauche marseillaise a pu obtenir plusieurs engagements de son (futur?) homologue catalan comme le renforcement du pôle sud de l’Europe et de l’Arc méditerranéen. « Nous avons échangé des perspectives dans divers domaines, notamment économique, portuaire, culturel et sportif » a-t-il souligné.

Cerise sur le gâteau, Jordi Hereu a prévu de venir à Marseille pour soutenir Jean-Noël Guérini dans sa campagne électorale municipale. Le candidat socialiste est rentré à Marseille heu-reux !

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