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Le quotidien « La Provence » engage à Marseille un partenariat cire-pompes avec Gaudin

la provence gaudiniste« Marseille, un autre regard » l’a dit, redit, re-redit. La collusion entre la mairie de Marseille et le Groupe Hersant Media, notamment détenteur de « La Provence », est un fait qui s’avère de jour en jour plus solide qu’un paradigme mathématique, loin du zéro, ce « néant absorbant ».

« L’intelligence » entre une institution politique et un organe de presse, détenant un quasi monopole informatif à Marseille, n’est pas de nature à faire remonter la France dans le palmarès mondial de la liberté de la Presse récemment publié par Reporters Sans Frontières (RSF). L’Hexagone est le grand perdant du nouveau classement qui, après avoir déjà perdu quatre places en 2008, en a perdu huit autres en 2009 pour s’afficher à la 43ème position cette année. Coincé entre le Surinam et Le Cap-Vert…

L’article du Canard Enchaîné, paru dans son dernier numéro du 21 octobre, largement passé sous silence sur les rives du Lacydon (pas de réponse dans La Provence, étonnant non ?) vient jeter un peu plus d’huile d’olive provençale sur le feu du marigot journalistique régional. Il relate en effet les pratiques d’une presse locale qui ne se cache désormais plus de « jouer de la proximité politique »… Nous ne résistons pas au fait de vous le faire partager in extenso.

Le groupe Hersant lance la presse de proximité politique

Partenariats en Provence entre les sites Internet des quotidiens et des municipalités UMP, articles cire-pompes en échanges d’achats de journaux… De Marseille à Nice, la liberté de la presse est à la fête.

Grande première journalistique à Marseille. Le maire UMP Jean-Claude Gaudin et le pédégé du quotidien régional « La Provence », Didier Pillet, s’apprêtent à conclure un émouvant « accord de partenariat » : une alliance entre… le site Web de la ville et celui du journal. Le texte qui scelle ce mariage devrait faire date dans l’histoire de la presse. Joliment intitulé « Échanges de contenus des sites internet LaProvence.com et marseille.fr », il prévoit rien de moins qu’une signalétique commune et le partage de certaines informations.

Bientôt, le supporter de l’OM pourra, par exemple, retrouver les articles de « La Provence » qui parlent de son club préféré dans les pages Web de la cité. Dans celle du journal, le lecteur visionnera les vidéomagazines que les communicants de Gaudin réalisent sur la douce vie locale.

Des tchates télévisés organisés conjointement par la mairie et des interviouveurs de « La Provence » seront mis en ligne sur les deux sites. Et, d’un simple clic, l’internaute pourra joyeusement surfer de l’un à l’autre. Objectif de ce magnifique projet pour le journal : doper la fréquentation de son site et, du même coup, ses rentrées publicitaires. Après ça, aucun doute, « La Provence » aura toute latitude pour cirer les mocassins de Gaudin.

Les complices de l’UMP
Il y a bien longtemps que ce genre de considérations n’embarrasse plus Hersant Médias. Depuis que le groupe a racheté à Lagardère les quotidiens du Sud (« La Provence », « Nice-Matin/Var-Matin », « Corse-Matin »), le bateau prend l’eau. Endetté jusqu’au cou (150 millions d’euros), plombé par les gratuites et la chute des recettes de pub dont il dépend majoritairement, Hersant a commencé par larguer, en début d’année, son « Journal de l’île de la Réunion ». Puis ses télés locales, la francilienne Cap 24 et Citizen TV, à Caen. Et, au mois d’août, son pauvre président du directoire, Frédéric Aurand. Histoire d’éteindre le feu dans la maison, l’héritier Philippe Hersant, résident fiscal en Suisse, a même fait rapatrier d’urgence depuis Londres son frangin Mick.

Résultat : après avoir réalisé de belles affaires avec la grande distribution, le salon des antiquaires du coin ou la foire au boudin, Hersant n’hésite plus à passer à l’étape supérieure : le partenariat politique. Quitte à laisser au vestiaire, la liberté d’écrire de ses journalistes. Sur la Côte d’Azur, pas de surprise, les relations se resserrent plutôt avec les amis UMP, dont les meneurs – Gaudin à Marseille, Falco à Toulon, Estrosi à Nice – ont tant œuvré pour favoriser l’arrivée d’Hersant dans leur région. Et toutes les idées sont les bienvenues pour aller à la soupe ! Lire la suite

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Européennes : les socialistes marseillais révulsés par la fronde de Gérard Collomb (maire de Lyon) et heureux de l’arrivée de Vincent Peillon

Trop c’est trop ! Que le maire de Lyon ait tout fait pour imposer ses figures locales lors de la constitution des listes dans le grand Sud-Est pour les européennes, dont Thierry Philip, par ailleurs très peu connu en dehors de son 3e arrondissement lyonnais, rien que de très compréhensible. Qu’il ait échoué, malgré des crises de calcaire sévères, passe encore. Mais l’édile de la capitale des Gaules commence sévèrement a chatouiller les oreilles des socialistes marseillais. Aux premiers rangs desquels un Patrick Mennucci « consterné » par la fronde organisée par un Gérard Collomb qui n’en démord pas et lance une pétition à voter non à la liste présentée aux militants PS jeudi prochain, sur son profil facebook et sur son blog.

Le maire royaliste des 1er et 7e arrondissements de Marseille, directeur de campagne de Vincent Peillon après avoir renoncé à sa propre candidature, lance : « On n’est pas en train de désigner un conseiller général d’un canton ! Martine Aubry n’a fait que respecter les règles du Parti ! On a tous voté pour répartir à la proportionnelle ». Du grabuge en somme, surtout entre ceux qui voulaient vraiment réformer le PS à travers leur motion « la ligne claire » qui s’assombrit inutilement pour des questions purement électoralistes.

Enfin, on sourit du côté du bateau bleu, siège du Conseil général des Bouches-du-Rhône, État-major des décisions politiques, de la rébellion de l’intransigeant lyonnais, quant on sait qu’il a lui-même parachuté un grand nombre de ses élus pour gagner ses élections municipales à Lyon. Si l’ami de Jean-Noël Guérini demeure intouchable « officiellement », il commence a perdre du crédit.

Peillon : « le meilleur d’entre-nous ! »
Reste que Vincent Peillon, le leader PS des élections européennes n’a pas vraiment réussi à s’imposer encore dans le grand Sud-Est et pour cause… Se présenter dans une région allant de Lyon à Ajaccio, de Nice à Marseille, pour celui qui regrettent ses copains picards, est « un crêve-coeur » après toutes ces années de travail. Ce qui n’est pas sans heurter la sensibilité latine et méditerranéenne de nos contrées.

Au moment où Le Monde publie justement un long article aujourd’hui sur la définition du journalisme entre ces fieffés blogueurs et ces purs croiseurs de vérité, nous osons dire que nous avons adoré cette phrase peillonesque : « La vie est mêlée de corps et d’âme, de vivants et de morts. Il me semblait normal de dire ce que je pensais « . C’est si rare chez un homme politique que nous aimons à le souligner… De la vérité, de la sensibilité. Oui, politique ou non, nous sommes tous dotés de sensations et sommes tous libres de pouvoir les exprimer. C’est bref, ça paraît tarte, c’est pourtant juste… Heureuse vie que celle des blogueurs… Sans le sésame des cocktails, des cadeaux, des amis qui n’en sont pas ou qui pourraient l’être et des « rubis sur l’ongle « … (no comment!)

L’animateur du courant réformateur « l’espoir à gauche » est assurément le plus brillant des socialistes du moment. Philosophe de formation, il fut la plume de Lionel Jospin, c’est un intellectuel pragmatique, brillant orateur, de ceux qui ont tenu tête face à une salle hostile au Congrès de Reims, en renversant l’auditoire. L’unique au fait… Nous y étions (sans faire parti du faible quota de blogueurs accrédités…).

Peillon est aussi le grand gaillard affable à même de rester, après la présentation de « la ligne claire » à Allauch le 13 octobre dernier, discuter pendant 3 heures avec les militants marseillais, alors que tous les ténors avaient disparu. On s’en souvient encore dans les travées, pourtant si prompte à la critique, de la fédération PS des Bouches-du-Rhône. Lire la suite

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Elections européennes : le socialiste Vincent Peillon passe par le Sud-Est, la discorde dans ses bagages

vincent-peillon-1Pour Vincent Peillon, probablement désigné tête de liste pour le Sud-Est par les militants socialistes le 12 mars prochain, ces élections européennes serviront aussi de base de lancement à son courant « L’espoir à gauche. »

Un bel et tout neuf hôtel du centre-ville de Marseille, un vent à décorner les bœufs qui soulève à peine une mèche de cheveux du beau philosophe et eurodéputé sortant, un aréopage d’élus venus de toute la région Sud-Est… Et une drôle de conférence de presse organisée une semaine avant le vote des militants. Voilà le menu proposé par l’équipe de campagne de Vincent Peillon, tête de liste pour le Parti socialiste aux élections européennes du 7 juin prochain.

Il vient de passer deux jours à Marseille, tentant d’effacer des mémoires son acte manqué réalisé en direct, dimanche dernier, lors du Grand rendez-vous Europe 1-Le Parisien Aujourd’hui en France : « C’est un crève-coeur pour moi », déclarait-il alors au micro en parlant de sa désignation dans le Sud-Est alors qu’il réclamait le Nord-Ouest. « Ce n’était pas le choix que j’ai fait, c’est un choix qui résulte du Congrès de Reims. »

Avec distance, Vincent Peillon a justifié jeudi cette confidence par une jolie phrase : « La vie est mêlée de corps et d’âme, de vivants et de morts. Il me semblait normal de dire ce que je pensais ». Reste que l’aveu est rare en politique et qu’il surprend quand les communiqués les plus insipides, à droite comme à gauche, se succèdent.

D’ailleurs, ce jeudi à l’hôtel Radisson, un vent de confidences a soufflé. Ainsi celle de Jean-Noël Guérini, président du Conseil général 13 et leader aujourd’hui incontesté du PS local, à l’encontre de Patrick Mennucci : « Un jour, Patrick sera député, si le peuple le veut. Il y a des gestes qui ne s’oublient pas. Merci Patrick. » Un cadeau anticipé et une promesse pour le maire du 1er secteur de Marseille qui, officiellement, a renoncé de lui-même à être numéro 1 de la liste PS pour ce scrutin européen. Un cadeau empoisonné pour celui qui, dans ses rêves, se verrait peut-être calife à la place du calife ? Lire la suite

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Secrétariat permanent de l’Union pour la Méditerranée (UPM) : Marseille tente sans trop y croire

Le Palais du Pharo, ses jardins, sa vue panoramique sur le Vieux-Port, son ouverture sur la Méditerranée… C’est dans ce cadre mythique que les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne et les 16 représentants de la rive Sud de la Méditerranée ont choisi de se réunir aujourd’hui et demain lors du Sommet de l’Union Pour la Méditerranée (UPM).

A cette occasion, les États membres auront la lourde tâche de désigner la ville-siège du Secrétariat permanent de l’Union, avec en ligne de mire l’objectif, clairement avoué par Henri Guaino, conseiller spécial du Président de la République et instigateur du projet, « d’ancrer l’UPM dans la réalité de la quotidienneté méditerranéenne. »

Six villes étaient encore en lice la semaine dernière pour décrocher la prestigieuse timbale : Barcelone (Espagne), Rabat (Maroc), Tunis (Tunisie), la Valette (Malte), Bruxelles (Belgique) et Marseille. Depuis, le Maroc et la Tunisie se sont retirés du jeu, torpillant réciproquement leur candidature en menaçant de veto si d’aventure le choix de la ville adverse était retenu. Ambiance… Cet imbroglio témoigne de la difficulté d’unir le monde méditerranéen autour d’une table ce que, bon an, mal an, le processus de Barcelone avait mollement réussi à faire depuis 1995. Ledit imbroglio pourrait néanmoins relancer les chances de la Cité phocéenne.

Cependant, entre les encouragements feints de ses détracteurs et l’agacement non dissimulé de ses concurrentes, la candidature marseillaise, déposée seulement trois jours après le lancement en grande pompe de l’UPM par Nicolas Sarkozy, le 14 juillet dernier à Paris, est loin de faire l’unanimité. Alors qu’au titre des critiques récurrentes beaucoup sous-entendent que Marseille n’a pas la carrure pour centraliser l’organisation administrative d’une telle structure internationale, les élus locaux se relaient afin de faire valoir les atouts de la ville. Elle n’en manque pas.

Vouloir faire de Marseille le centre névralgique du rayonnement méditerranéen relève-t-il de l’utopie politique? La ville dispose-t-elle des moyens suffisants pour devenir à l’UPM ce que Bruxelles est à l’Union Européenne? Lire la suite

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Plan Hôpital 2012 : un nouvel hôpital privé redessine la carte sanitaire de Marseille

Pas moins de 250 projets d’aides aux établissements hospitaliers ont été retenus cette année dans le cadre du Plan national Hôpital 2012. Ce programme de modernisation des établissements de santé représente une aide financière de quelque 1,7 milliards d’euros d’investissement pour atteindre sur la période 2008-2012 près de 10 milliards d’euros. Son objectif : améliorer l’efficience de l’offre hospitalière en poursuivant la modernisation technique des établissements de santé engagée avec le plan Hôpital 2007 dont il constitue le prolongement.

Marseille fait partie des grands gagnants. La branche médicale marseillaise reçoit des mains de la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, une enveloppe de 54,2 millions d’euros pour la réalisation d’un hôpital privé high-tech dans le secteur en pleine mutation Euroméditerranée.

Sous le flot des mauvaises nouvelles, les orientations du plan Hôpital 2012 ont de quoi éclaircir un ciel financier phocéen nuageux et ravir les acteurs de cette vaste opération d’intérêt national présentée comme un accélérateur de l’attractivité et du rayonnement de la métropole marseillaise. Du côté des hôpitaux publics, surendettés, bien des questions se posent… Lire la suite

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Sarkozy lance les états généraux de la presse au moment où Marseille vit le plus cinglant mercato journalistique post-électoral

En ouvrant les états généraux de la presse, jeudi 2 octobre, Nicolas Sarkozy pointe la « crise structurelle due à la révolution numérique » que traverse ladite presse depuis 30 ans. Une crise « bien française » précise-t-il, non sans remarquer l’évidence, « la perte de confiance entre les journalistes et les lecteurs » avant de conclure « qu’Internet et les gratuits aggravent les problèmes ; ils ne les ont pas créés. »

Rarement un chef de l’État ne s’était posé avec autant de force en défenseur de la presse écrite payante d’opinion. C’est peu dire que cet exercice inédit provient d’un homme qui entretient des rapports complexes, fascinés et opportunistes, avec les médias. Une « gouvernance médiatique » analyse le sociologue Daniel Muzet et, selon Patrick Bartement, directeur général de l’OJD,  » en 2007, il y a eu 252 couvertures sur l’univers Sarkozy… qui a fait vendre 110 millions d’exemplaires de plus qu’en 2006. »

Cette excellente connaissance du monde médiatique, le président de la République la doit d’abord à ses amitiés avec la quasi totalité des grands patrons de presse : Martin Bouygues (TF1, parrain de son plus jeune fils), Arnaud Lagardère (Hachette, le Monde interactif, ancien patron de toutes les publications du sud-est dont La Provence, Var, Nice et Corse Matin, « un frère »), Vincent Bolloré (Direct 8, celui du yacht prêté après l’élection présidentielle), Bernard Arnaud (les Echos), Nicolas Beytout, la liste est longue…

Les accusations d’interventionnisme aussi, aux limites d’une démocratie dont les fondements demeurent la séparation des pouvoirs, notamment le quatrième, celui d’informer librement. Et les soupçons s’accumulent : empêcher la publication d’un article du JDD (Journal du dimanche) sur le non-vote de Cécilia au second tour de la présidentielle, la mise à l’écart d’Alain Genestar de Paris-Match pour avoir publié les photos de ladite Cécilia aux bras de son « compagnon » Richard Attias, le départ de PPDA du 20h qui refusait l’arrivée à la direction de l’information de TF1 de Nicolas Beytout – « l’ami du Figaro » – après avoir mal digéré celle de Laurent Solly, ex-directeur adjoint de campagne du candidat Sarkozy… Et puis la nomination de Christine Ockrent, épouse de son ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, à la direction générale de France Monde, et puis, et puis…

Pas de quoi initier des états généraux de la presse sous les meilleurs auspices. Il y a, dans cette initiative, comme un goût de suspicion sur l’un des sujets qui préoccupe le plus un chef de L’État, névrotiquement obsessionnel sur ces questions. Ne préjugeons pas néanmoins de la qualité des 4 groupes de réflexion mis en place avec des professionnels hautement estimables.

Plus localement en revanche, on fait moins dans la dentelle. Et les tendances nationales semble prendre chez nous, à Marseille, des tournures digne du raffinement de nos gouailleuses poissonnières du Vieux Port. La chose pourrait-être sympathique si elle n’était pas grave. Jamais, en effet, Marseille n’avait vécu un tel bouleversement dans le contrôle et la gestion de l’information par un pouvoir à l’agonie.

Nous soulignions, ici-même, durant les municipales, combien le rachat du quotidien La Provence par le groupe Hersant s’était presque passé dans le bureau du maire de Marseille. Combien aussi La Chaîne Marseille (LCM) se devait d’être aux ordres de l’Hôtel de ville. Et voilà que la chasse aux sorcières a commencé, comme jamais Marseille ne l’a vécue. La saison des transferts à l’Olympique de Marseille a sûrement donné des idées. Récit local. Lire la suite

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