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La bérézina de la presse marseillaise : LCM et la Tribune du Sud se meurent !

liberté de la presse« Rien ne va plus », « c’est catastrophique », « lamentable », « quel gâchis » , voilà quelques-unes des réactions de journalistes marseillais en apprenant la situation de la Chaîne télé locale, LCM, mais aussi de « La Tribune du Sud » dont, en exclusivité, nous vous révélons que le numéro de demain (mardi 30 juin) sera le dernier.

Après quelques semaines d’existence, l’aventure du quotidien la Tribune du Sud s’achève, telle une comète, aussi vite qu’elle est apparue. Tous les journalistes embauchés seront à la rue dès la fin de la semaine. Ceux, embauchés en Cdi ne seront pas mieux lotis que les Cdd, ils étaient toujours en période d’essai. Plus encore, les salaires de Juin ne seront pas versés aux salariés.

La Banque, le Crédit Mutuel, pourtant en guerre contre le groupe Hersant (La Provence), les lâche en cours de route (nous reviendrons très précisément ultérieurement sur ce que nous savions de l’engagement de cette banque dans cette invraisemblable aventure…).

Triste situation pour la presse écrite et la liberté d’information à Marseille… Tout sera désormais concentré dans les mains du groupe Hersant, dont on connaît la ligne éditoriale… Et de La Marseillaise qui, tel le dernier village d’irréductibles gaulois face à l’empire romain, résiste avec son faible, très faible, lectorat…

Il en va de la presse écrite comme de l’audiovisuel. Et, comme nous vous l’annoncions, là aussi en exclusivité ce matin dans nos « off », les salariés de La Chaîne Marseille s’apprêtent demain à tenir leur premier piquet de grève. Guère plus tard nous recevions ce communiqué :

 » LCM va-t-elle fermer ?

La chaîne de télévision présidée par Jean-Pierre Foucault ne passera peut-être pas l’été 2009. Le dernier conseil d’administration a été repoussé à fin juillet sans projet pour la rentrée, sans grille validée, sans avenir élaboré, et surtout sans explication aux équipes de LCM.

Nous, salariés de La Chaine Marseille, voulons savoir si le premier actionnaire de la chaîne, la Caisse d’Epargne, veut continuer l’aventure de la 3ème télévision locale de France*. D’après le président du conseil d’administration, des négociations sont en cours avec un grand groupe de médias.

La Chaîne Marseille est-elle à vendre ?
Si c’est le cas, quelle télévision et quels programmes envisage le nouvel arrivant ? Avec combien de salariés ? Y a-t-il des projets concurrents ? La chaîne va-t-elle fermer en septembre ? A toutes ces questions et face aux craintes que la situation suscite, ni la direction ni le conseil d’administration ne donnent d’explication. Le dialogue social c’est le silence?

Quelques éléments pour comprendre la situation :

Mauvaises nouvelles pour l’emploi :
Un tiers des postes supprimé en un an (salariés partis et non remplacés). Plus aucun cdd à partir du 1er juillet.

Mauvaises nouvelles pour les finances :
Pas de budget en 2009, juste une ligne de crédit à la Caisse d’Epargne.
Aucun projet de budget pour 2010.

Mauvaises nouvelles pour les téléspectateurs :
Pas de grille prête pour septembre. Pour la 1ère fois, fermeture de l’antenne pendant 4 semaines en août.

Mauvaises nouvelles pour l’avenir :
Le conseil d?administration a gelé toute décision. La dernière réunion du CA a été repoussée à fin juillet sans aucune explication.

Et pourtant,
LCM , c’est  87500 téléspectateurs chaque jour*, plus de 750 heures de direct par an, trois heures d’infos par jour, un média devenu incontournable à Marseille en 4 ans seulement !

(*source Médiamétrie janvier 2009)  »

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Voilà dans quelle piteuse et triste situation se trouve notre télé locale.Voulue par Jean-Claude Gaudin en prévision des élections municipales, l’édile avait appelé ses amis banquiers, groupes de presse et star de la télé, nationale celle-là, à la rescousse pour former le tour de table financier de la chaîne et assurer une belle promotion de lancement. Gaudin avait lancé sa chaîne du temps de sa splendeur…

Mais voilà que ladite chaîne avait été trop indépendante, à ses yeux, durant la campagne électorale. Depuis, ses p.d-g avaient valsé aussi vite que les rotations à trois temps des  jeunes filles endimanchées lors du bal des débutantes. Lire la suite

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Sécu, retraites, emploi des seniors : un an pour décider

retraiteLors de son allocution devant le Congrès à Versailles, lundi dernier, le Président Sarkozy a été clair sur la question de la réforme des retraites. « Le temps de la décision » se situera « à la mi-2010″ intime-t-il, et  » toutes les options seront examinées, tout sera mis sur la table :  l’âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité ».

Dommage pour les participants du Forum régional pour l’emploi des plus de 45 ans, qui n’auront pas pu anticiper autant de volontarisme politique affiché. Organisé par la Cité des métiers de Marseille, les 17 et 18 juin derniers, le Forum rassemblait plus d’un millier de visiteurs et 22 entreprises autour de séance de « speed-dating » et d’ateliers afin d’informer, d’accompagner et de mettre en relation ces laissés pour compte du marché du travail. Au-delà du sentiment tenace d’un gâchis de compétences et d’expérience, ils se rongent les sangs à l’idée d’une bien hypothétique retraite…

Or, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le taux d’emploi des 55-64 ans ne dépasse pas les 36.7%, ce qui place la région à la 154ème place au niveau européen. Cette initiative unique en PACA répond donc à une demande croissante de cette population qui ne cesse de croître, le tout sur fond de débat sur un éventuel report de l’âge de départ à la retraite.

Le « continent gris » que l’Europe est en passe de devenir inquiète. Selon les projections de l’Insee, une personne sur trois devrait avoir 60 ans ou plus en 2050, soit une hausse de 80% en 45 ans. Le vieillissement de la population marque donc une accélération depuis 2006 avec l’arrivée des générations issues du baby-boom (à savoir les personnes nées entre 1946 et 1975) et pose le problème structurel de la sauvegarde de notre système de retraite que les gouvernements de droite comme de gauche n’ont pu résoudre à ce jour.

Déjà en 1989, Michel Rocard lançait une large consultation suite à la publication du Livre Blanc sur les retraites, rapidement enterré tant la patate chaude était impopulaire. En cela, le discours présidentiel de Versailles éclaire quelque peu l’enjeu et fait montre d’une volonté sans faille. Soit ! Le gouvernement devra pourtant savoir en imposer aux partenaires sociaux très arc-boutés sur la question avec, en toile de fond, la crise financière et l’augmentation exponentielle des déficits publics.

La loi Fillon de 2003, fixait déjà un rendez-vous pour 2010 avec les partenaires sociaux. L’annonce prématurée d’un possible report de l’âge de départ faite par le chef de l’Etat peut surprendre et n’a peut être d’autre but que de préparer un terrain par nature très glissant. Lire la suite

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Municipales à Aix-en-Provence : Guérini met de l’ordre dans le marigot socialiste

Le téléphone de Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône et homme fort du PS, doit chauffer depuis l’annulation, par le Conseil d’État, de l’élection municipale d’Aix-en-Provence (lire notre article). Maryse Joissains (UMP) ne sera plus officiellement maire de la cité du Roy René dès ce soir minuit.

Voilà donc que le marigot politique aixois s’agite à nouveau avec son lot de complots, de réactions égotiques, de déclarations de candidatures, de réorganisation des états-majors, de petits et grands calculs… Tout le monde souhaite être sur l’affiche de la campagne électorale qui s’ouvre.

Le Parti socialiste n’échappe pas, bien entendu, à la règle. Au contraire, déjà deux candidats sont sortis du bois cette semaine, Alexandre Medvedowsky et André Guinde quand d’autres caressent encore discrètement l’espoir de se lancer.

Une litanie d’ambitions qui a de quoi énerver le patron Guérini :  » les responsables socialistes aixois ont atteint un niveau de stupidité extrême. Je siffle la fin de la récréation », déclarait-il à La Provence en marge de la pose d’une première pierre d’un collège… à Aix.

Comme si ces élus n’avaient pas retenus la gifle infligée au PS par les électeurs aux européennes, Guérini prévient, menaçant  » s’ils ne sont pas à la hauteur de l’événement politique, ce sera leur dernier combat, on fera le ménage et il y aura des parachutages. Ils n’ont pas intérêt à décevoir, ni la fédération, ni ma modeste personne ! ». En d’autres termes : ce n’est pas tout de vouloir tous se présenter sans jouer collectif, encore faut-il gagner. A bon entendeur…

Le Président du Conseil général avait déjà tiré la leçon de l’échec socialiste aux municipales de l’an dernier. Pour éviter à nouveau la division (la candidature de Michel Pezet contre le candidat officiel, Medvedowski), il avait imposé la réunification des trois sections du PS aixois, au forceps.

Hier, il martelait encore, à l’Hôtel du Département, en des termes certes plus diplomatiques, le même message et le postait sur son blog, manière d’imposer sa règle du jeu. Si Guérini fait désormais  » confiance aux socialistes aixois », il les met sévèrement en garde, « attention ! », quel que soit le candidat désigné, « il n’aura pas droit à l’erreur ! ». Entendez : l’union, l’ouverture au centre et la victoire sinon la disgrâce…

Les visites ont dû s’enchaîner aujourd’hui au 9e étage du bateau bleu, siège du Conseil général des Bouches-du-Rhône, pour faire allégeance et se présenter comme le meilleur socialiste d’entre tous.

Officiellement, la fumée blanche sortira de ce conclave ce soir à Aix les mille lors d’une assemblée générale exceptionnelle de la section socialiste locale, à moins que la décision ne soit déjà prise.  » A conditions exceptionnelles, décision exceptionnelle  » lâchait-il récemment…

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Aix-en-Provence : L’élection municipale de Maryse Joissains annulée par le Conseil d’Etat

nouvel obs maryse joissains

Cela couvait depuis plusieurs jours (voir notre « Off » du 04/06/2009) : l’élection municipale de mars 2008 à Aix-en-Provence est annulée. Le Conseil d’Etat a rendu sa décision ce matin, après huit mois de procédure. Pourtant, par trois fois, le commissaire au gouvernement avait conclu au rejet de la requête déposée par Stéphane Salord, ancien adjoint au de Maryse Joissains, députée-maire UMP d’Aix, suite à un tract injurieux et anonyme diffusé durant la campagne.

Stéphane Salord témoignait il y a peu en ces termes : « Je me bats au nom de principes. J’ai donc fait valoir mon droit à me défendre et à contester en pointant du doigt des abus de langage et d’attitude. Mon but premier, c’était d’abord de dire : regardez comment se déroulent les campagnes électorales à Aix… Ça se termine toujours dans la boue et il y en a marre! À titre personnel, j’estime que notre pays est en retard en matière de déontologie politique… Peut-être sommes-nous en train de le rattraper ? »

Une question d’honneur pour le colistier de Francois-Xavier de Peretti (Modem) : « le tract anonyme diffusé pendant la campagne des municipales à Aix, parlait d’un trio, en l’occurrence Bruno Genzana, F.-X. de Peretti et votre serviteur, nous attaquait sur nos mœurs, traitant l’un d’alcoolique, l’autre d’être sur un emploi fictif et le dernier gogo danseur dans une boîte homo. »

Les Aixois retourneront donc aux urnes dans les 3 mois. On parle déjà d’une élection en juillet…

Le communiqué officiel du Conseil d’Etat :

Le tribunal administratif de Marseille avait été saisi de plusieurs demandes d’annulation des élections des 9 et 16 mars 2008 pour le renouvellement du conseil municipal d’Aix-en-Provence. Il les avait rejetées.

Les requérants se sont alors tournés vers le Conseil d’État, qu’ils ont saisi en appel. La section du contentieux du Conseil d’État, l’une de ses formations de jugement les plus solennelles, porte une appréciation différente sur les faits et annule les élections en jugeant que des propos et des insinuations d’une nature et d’une gravité inadmissibles qui ont émaillé la campagne ont constitué des manœuvres ayant pu fausser les résultats du scrutin.

Le Conseil d’État a retenu plusieurs éléments. Il a considéré qu’au cours de la campagne électorale précédant le renouvellement du conseil municipal, les attaques dirigées contre le candidat conduisant la liste « Génération Aix », et contre certains de ses colistiers, ont revêtu un caractère exceptionnellement violent.

Il a en particulier noté qu’un tract anonyme, qui contenait des imputations injurieuses et diffamatoires mettant en cause la vie privée ou la probité des membres de cette liste et qui a été évoqué par la presse et sur internet, avait excédé largement les limites de ce qui peut être toléré dans le cadre de la polémique électorale.

Il a en outre retenu le fait que, dans un article publié dans l’édition spéciale d’un hebdomadaire à diffusion nationale consacrée à la campagne aixoise, la candidate élue avait tenu des propos, qu’elle n’avait pas démentis, mettant clairement en cause la vie privée du candidat de la liste « Génération Aix » et de certains membres de cette liste.

Compte tenu du retentissement que tous ces éléments ont eu pendant la campagne et de l’impossibilité, pour le juge, d’en mesurer les conséquences sur la répartition des suffrages recueillis par chacune des trois listes en présence au second tour (l’écart des voix séparant la liste l’ayant emporté et la suivante étant réduit : 1017 voix), le Conseil d’État a décidé d’annuler les élections. En conséquence, de nouvelles élections devront être tenues dans un délai de trois mois.

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Marseille : La Tribune du Sud concurrence le groupe La Provence malgré un démarrage en dents de scie

tribunedusud_logoIl en faut, du courage, de l’ambition, sans doute de l’inconscience et un brin d’arrogance pour lancer, en 2009, un quotidien régional dans une région où, justement, le taux de lecture reste faible. A une époque où le lectorat captif déserte les kiosques pour leur préférer Internet. Un an à peine après le mercato impressionnant qui a agité Marseille et deux journaux du groupe Hersant, La Provence et Marseille l’Hebdo… Bref dans des circonstances unanimement reconnues comme défavorables !

Eh bien, ils l’ont fait, les journalistes de Tribune du Sud, Sébastien Laporte (officiellement unique actionnaire même si on peine à croire qu’il ne soit pas supporté dans une telle aventure au moins par une banque) et Jean-Michel Vergne en tête. Ils ont réalisé le rêve de tout journaliste qui se respecte : créer un journal in-dé-pen-dant !

Vendredi matin, enfin, l’objet était disponible pour 90 centimes. Dans la plupart des kiosques du centre-de-ville de Marseille, l’effet de curiosité a fonctionné. Format tabloïd, maquette vieillotte, et pas d’exclusivité. Un peu « pschitt » pour cette première où les dessous de l’OM étaient franchement réchauffés.

Samedi, bille en tête sur les sujets politiques : un bon sujet sur les députés locaux, et enfin un vrai angle pour traiter de l’actualité du sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Pour les observateurs attentifs, une sensation de déjà vu, comme si l’ex-Marseille l’Hebdo renaissait de ses cendres ou que le service politique de La Provence d’avant Didier Pillet (PDG du groupe La Provence) osait provoquer la colère de maire de Marseille. Les deux journaux s’en amusant même, pariant sur le coup de fil de Claude Bertrand, directeur de cabinet de J.-C. Gaudin à Stéphane Duhamel, ancien directeur de la publication du groupe La Provence. Bref, un samedi de bon augure !

Côté faits divers aussi, Tribune du Sud met le paquet, en racontant lundi la saga de la petite Elise avec une nouvelle approche ou en se rendant dimanche sur la terre Corse. Le service faits divers-Justice de La Provence, endormi depuis des mois, va devoir réagir et, ce serait une idée, repartir sur le terrain pour ne plus se contenter de la parole sacrée des policiers de l’Evêché.

Autres bon points prometteurs : quelques belles plumes, comme celle d’Olivier Jourdan-Roulot, un ancien du Point notamment présent durant la campagne des municipales de 2008. Des noms de photographes connus (et appréciés dans le département), partageant tous un point commun : Patrick Gherdoussi et Patrice Magnien ont claqué la porte de La Provence et de Marseille l’Hebdo à l’automne avec un chèque et surtout toutes leurs archives photos, tandis que Vincent Beaume est en conflit avec son ancien employeur La Provence.

A La Provence justement, tout le monde affiche une sérénité de façade, un mépris déjà décrit dans Marseille un autre regard. A quel moment les journalistes de ce dinosaure devront-ils trembler ? Sans doute quand Tribune du Sud publiera de vraies enquêtes, à Marseille du moins, sur la rue de la République, le tunnel Prado sud, la politique culturelle de la Ville de Marseille… A chacun de dresser sa liste de sujets non abordés dans la presse locale.

De sujets, il n’en manque pas : encore faudra-t-il que Tribune du Sud et Sébastien Laporte aient les reins suffisamment solides pour tenir dans la durée. Pour l’heure, malgré des kiosquiers plutôt heureux, toujours pas de pub et le jour de la sortie du numéro 1, vendredi donc, la gentille standardiste du service abonnement était dans l’incapacité de vous donner un tarif : « laissez-moi votre email, on vous fera parvenir nos offres dans quelques-jours ». Aujourd’hui, n°4, toujours pas d’offres d’abonnement page 18…

Pas de pub, pas d’abonnements, une vingtaine de journalistes embauchés, semble-t-il, avec un CDD d’un mois… Rendez-vous le 16 juin alors ?

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La Tribune du Sud : naissance d’un nouveau quotidien à Marseille

offre-demloi-la-tribune-du-sudLe petit monde médiatique marseillais est en ébullition depuis une dizaine de jours. Tout commence par la publication d’une offre sur le site du Pole Emploi (Ex ANPE) et sur le site Categorynet.com, le portail du journalisme. On recherche une vingtaine de journalistes, un/une secrétaire de rédaction, des pigistes, deux photographes pour le lancement d’un quotidien régional.

Et voilà que l’on prend connaissance du lancement sur Marseille, d’un nouveau quotidien « Tribune du Sud » sous l’impulsion du journaliste Sébastien Laporte. Dans notre équipe, personne ne connaissait ce confrère. A 34 ans, il provoque d’ailleurs beaucoup d’interrogations dans le paysage de la presse et de communication. Sa prime jeunesse, il l’a passée entre le Niger, la Guyane, Mayotte et le Maroc. Après avoir été pigiste au Midi Libre, il signe son premier CDI à l’Ile de la Réunion. A la faveur d’une opportunité de mobilité au sein du groupe Hersant, il revient en métropole, sur l’Ile de Guérande pour assurer la rédaction en chef adjointe du quotidien local, puis à Var Matin, où il retrouvera Guy Philip (ancien directeur de la communication de Jean-Claude Gaudin). Après les élections municipales de 2008, il quittera le groupe Hersant, non sans avoir négocié sa prime de départ.

Dans le plus grand secret, le projet de Sébastien Laporte se met en concurrence frontale avec La Provence (Groupe Hersant) et La Marseillaise. Selon nos informations, La Tribune du Sud devrait compter, dès le vendredi 15 mai, entre 28 et 32 pages dont une quinzaine locale et régionale, imprimé à Vitrolles chez Méditerranée Offset Presse (imprimeur d’une bonne partie des quotidiens nationaux) et offrir ses colonnes à quelques grandes plumes nationales, pour des chroniques, on parle du Nouvel Obs

Sébastien Laporte envisage un tirage de 25000 exemplaires et le prix de vente au numéro à 0,90 centimes. Pour la rédaction en chef, plusieurs noms circulent dont celui d’Olivier Jourdan Roulot correspondant du Point à Marseille et celui, récurrent, de Jean-Michel Verne, correspondant de Valeurs actuelles. Pour mémoire, le journaliste Jean-Michel Verne s’est retrouvé à la fin des années 90, au coeur d’un scandale politico-judiciaire. La parution d’un livre co-écrit avec son confrère du Canard enchaîné, André Rougeot, sur l’assassinat de la députée Yann Piat et le suicide des frères Saincené en 1994. Cet événement et sa couverture médiatique déchaînent les passions, provoquant la censure du livre et la condamnation des auteurs pour diffamation. On reproche à ces derniers d’avoir mis en cause sous couvert de pseudonymes – rapidement éventés – deux anciens ministres : Jean-Claude Gaudin et François Léotard.

Aujourd’hui, plusieurs questions se posent :

– comment va réagir le groupe Hersant ( La Provence, Var et Nice-Matin, entre autres ) ?

– comment va réagir la régie publicitaire de La Provence/L’hebdo/Marseille Plus (Eurosud) alors qu’elle n’atteint pas ses objectifs prévisionnels ?

– qui sont les véritables financiers du projet ?

– quel sera la politique de Sébatien Laporte avec les annonceurs publics (Mairie, Conseil général, MPM, Région) qu’il prétend refuser pour l’heure ?

Si la naissance d’un nouveau quotidien est un bonne nouvelle pour la démocratie locale, la seule question qui vaille, elle traverse tous les esprits, est l’incroyable défi proposé par cette nouvelle publication : dans une conjoncture économique affreuse pour la Presse quotidienne (baisse des ventes et recettes publicitaires en lambeaux) ce projet est-il viable et sérieux ?

« Marseille, un autre regard » sera toujours-là pour vous dire ce qu’on vous cache ailleurs…

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A la communauté urbaine Marseille Provence, Eugène Caselli assume la patate chaude qu’est l’incinérateur de Fos


Les élus de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) ont voté jeudi la mise en service en 2010 de la partie incinération de l’usine de traitement des déchets actuellement en cours de construction à Fos-sur-Mer. Sur les 157 conseillers communautaires, huit élus s’y sont opposés, sept se sont abstenus : une écrasante majorité donc.

La politique est-elle l’art du meilleur compromis ? La séance de la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole a montré à quel point les lignes ont bougé depuis la victoire surprise du socialiste Eugène Caselli à la présidence de MPM, grâce notamment à la trahison d’élus de droite.

« Que s’est-il passé lors de cette séance historique de la communauté urbaine ? », se demandaient les manifestants de l’Ouest du département parqués sur les belles avenues entourant le Pharo : un magnifique jeu de rôles où chacun, gauche, droite, Verts, MoDem, a tenu promesse. A défaut de tenir parole.

Après l’exposé didactique rondement mené du président Caselli, agrémenté de diapositives, de colonnes et de chiffres, de camemberts et de tableaux, c’est le crooner de la droite Robert Assante qui a lancé le show. Élégance racée, micro tenu à la Julio Iglesias, l’élu communautaire, anciennement UMP passé au Nouveau centre sur les ordres tactiques de Jean-Claude Gaudin, a décliné sa tirade la main sur le cœur. « C’est une journée très particulière pour moi », a-t-il exposé en se remémorant les débats « rugueux » du passé et en témoignant sa douleur au souvenir des « Assante assassin, Gaudin assassin », taggés sur des ponts d’autoroute autour de l’Etang de Berre. Il ne suffit pourtant pas en politique d’avoir le verbe haut et facile pour convaincre.

Ainsi, avec le refus d’employer les codes politiciens, le militant associatif devenu conseiller communautaire, Victor Hugo Espinosa, petite souris face à ces mammouths politiques, a choisi de rester fidèle à ses convictions et à ses combats de toujours. Invoquant « son droit de s’exprimer au cœur du groupe Faire gagner Marseille », malgré son opposition au vote proposé par le président socialiste Caselli, il ne s’est pourtant attiré que railleries de la part de la droite. Là où cet homme juste parle de santé publique, ses adversaires politiques répondent par des invectives. Une certaine idée de la politique dépassée.

Christophe Madrolle, transfuge des Verts au MoDem, a trouvé là un allié, quand il a sévèrement interpellé l’ex-Monsieur incinérateur, Robert Assante. « Vous avez été sourd, autiste », a-t-il attaqué. « Vous savez très bien que votre choix de l’incinération a bloqué tous les autres process. Si nous devons nourrir le four, on mettra à mal tous les process de valorisation, de méthanisation et de tri sélectif. »

Eric Diard pour la droite, saisissant au bond le refus de Renaud Muselier de s‘exprimer sur un sujet aussi délicat qu’explosif, passant une nouvelle fois à côté de son désir d’être le futur leader de la droite, a tenu à rassurer les opposants au principe de l’incinération : « Toutes les études sont unanimes, les normes européennes sont aujourd’hui draconiennes. Je comprends l’inquiétude des riverains. Mais en matière de qualité de l’air, ne vous trompez pas de bataille. » Lire la suite

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