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Municipales 2008 à Marseille : les titans Guérini et Gaudin s’empoignent lors de leur première confrontation

http://www.lepoint.frAujourd’hui, en fin d’après midi, sur les ondes de France Bleue, a eu lieu le premier débat entre le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin et son opposant de Gauche, Jean-Noël Guérini, par ailleurs patron du puissant Département des Bouches-du-Rhône. Au-delà d’une cacophonie radiophonique entre deux tempéraments méditerranéens bien trempés due à une quasi absence de médiation, d’arbitrage et de direction journalistique, deux lectures peuvent s’apprécier au sortir de cette confrontation in vivo.

Gaudin a compris qu’il peut perdre
Ceux qui attendaient le laminage en règle de Guérini par la célèbre faconde de Gaudin en sont pour leur frais, non seulement il a tenu tête mais il a fait montre d’un répondant qui, sans nul doute, doit augmenter la puissance de la lame de fond perçue ces dernières semaines à Marseille du côté de la Ruche, QG de campagne du patron de la gauche. On apprenait en effet, la veille du débat, dans un sondage LCM-Opinionway réalisé entre le 15 et le 19 février auprès de 1307 Marseillais, une parfaite égalité entre les deux principaux concurrents, égalité remarquable aussi dans les secteurs qui vont faire le futur maire de la Cité phocéenne. Autant dire aussi la perte de 10 point pour l’équipe sortante UMP en quelques semaines.

De quoi irriter Jean-Claude Gaudin qui pensait, il y a quelques jours encore, son élection acquise les doigts dans le nez, et projetait dès lors une campagne aussi courte que possible, fort de sa notoriété (il avait prévu son entrée en lice officielle vers le 9 février). Cette assurance, tentons la « suffisance », n’est plus de mise désormais. Ce faisant, il a entendu les alertes pilotées par le Président Sarkozy de l’Élysée et par ses collègues patrons de l’UMP (Devedjian entre autres), lui intimant l’ordre d’entrer dans la bataille immédiatement, défaits par les calamiteux sondages internes du parti présidentiel dont certaines hypothèses le donnaient perdant. Son avance sondagière officielle fondant comme neige au soleil, naturellement. Pas du tout préparé à cette accélération de calendrier, le site Internet de Gaudin buggait allègrement dans les premiers jours de sa mise en ligne en choisissant des têtes américaines pour illustrer ses administrés marseillais et, plus encore, ses tentes blanches disséminées dans la ville en guise de sièges de campagne par secteur ne sont pas encore toutes opérationnelles à 15 jours du premier tour…

Aux auditeurs que nous fûmes, l’agacement de Gaudin, souvent goguenard, distillant habituellement les formules grand-guignolesques version Pagnol, mais bien senties, pour ne pas répondre aux questions qui fâchent, s’est mué durant le débat, en agressif concurrent. C’est-là, nous semble-t-il, la plus grande victoire de Guérini. Le maire sortant a donc enfin pris conscience qu’il était en train de perdre sa mairie, il est assurément redescendu de son Olympe. C’est heureux pour la confrontation d’idées et, par conséquent, pour la démocratie locale, d’autant que sa main-mise sur la presse régionale est devenue si officielle qu’elle est insupportable aux démocrates que nous sommes, parfois il faut dire stop aux abus et, comme personne ne le fait, Internet est le bon médium, jugez-en par vous même !

Gaudin ce soir a été fébrile, et la voix ne trahit pas, elle a tremblé, s’est muée parfois en celle d’un preux chevalier, alors qu’il était le maître de céans, le baron de sa baronnie, devant défendre avec force son propre territoire, voire même son autorité, désormais contestée… Fait rare, voire unique de mémoire d’observateur. Pas un mot sur son projet ! Pas un ! Il n’a fait que défendre, coûte que coûte, au prix d’une obstruction verbale et d’une volonté de monopolisation de l’échange, nonobstant quelques saillies mordantes, son bilan. Est-ce suffisant ? Vraiment ?

Un premier corps à corps, pas encore un débat
Pour ceux qui attendaient sagement une confrontation d’idées, de projets, la déception est de mise aussi, sans nul doute. Nous avons entendu le combat de deux chefs, une sorte de premier round entre deux hommes qui se côtoient depuis des années, sans se connaître vraiment. Guérini n’ayant de cesse de clamer le respect, la bienséance, la dignité, le rappel au calme. Voilà que les deux fils de Defferre, l’un plus légitime que l’autre selon l’épouse du feu-patriarche de la ville, Edmonde Charles-Roux, ont pris conscience ce soir en offrant à nos oreilles attentives qu’il fallait tourner une page de l’histoire de Marseille.

L’échange a ceci d’incroyable que les deux hommes se sont testés, jaugés et se sont affranchis du père. Ce soir, les deux principaux candidats sont, sans qu’ils s’en s’aperçoivent, devenus adultes, politiquement s’entend, l’un sur le (trop?) tard, à l’âge d’un patriarche, l’autre ayant pris conscience durant sa campagne de ce qu’il était vraiment, un leader. Ils ont joué le rôle d’Abel et Caïn de l’ancien testament ou de la Torah. Devenus libres, ils sont en quête de la reconnaissance de leur nouveau maître, le peuple marseillais. Le propos de leurs échanges décousus s’est centralisé presque exclusivement sur l’histoire, le passé et donc sur les bilans Defferre, Vigouroux, Gaudin. Embarrassés tous deux, qui de le défendre, qui de le stigmatiser pour mieux le récupérer. Personne n’a proposé, les deux forces s’annihilant.

La grande frustration de l’auditeur provient du fait qu’il était curieux d’entendre les deux patrons entrer dans le vif de leur projet. Rien de tel, nous avons assisté à la pesée de deux poids-lourds avant le combat à venir. Ce débat radiophonique n’a été qu’un premier reniflage. Là aussi, selon-nous, l’exercice dans une vision objective mais pessimiste est presque un succès de Guérini qui, de facto, change de braquet dans sa campagne : il n’est plus challenger, c’est le vainqueur potentiel de l’élection municipale de mars prochain et, donc, le possible futur maire de Marseille. D’un autre côté Gaudin, ayant pris conscience de sa possible défaite va sûrement se déchaîner pour sauvegarder son pouvoir, dans le dernier round de son histoire.

Au fond, ce soir, nous venons d’entrer réellement en campagne entre deux rivaux d’égale stature. Par pitié sur quels projets ?

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Municipales – Marseille : Guérini prend tous les risques pour déboulonner Gaudin de l’Hôtel de ville

Hyper active, audacieuse, risquée. La campagne de Jean-Noël Guérini, candidat de gauche aux municipales de Marseille, ne cesse de surprendre. Présent sur tous les fronts depuis le mois de septembre, date de son entrée en lice, la majorité municipale UMP sortante lui prédisait alors l’épuisement, en vain… Force est de le reconnaître. L’homme est un forcené, un bourreau de travail, pas un jour sans une ou deux actualités quotidiennes depuis 5 mois. Aujourd’hui encore, sur le plateau de France 3 Méditerranée, il annonçait le nom de son… mauvaise pioche… de SA première adjointe dans l’éventualité de son élection : Samia Ghali.

Un leader marseillais se révèle
Cet homme prend décidemment tous les risques. Il quitte d’abord son fief du Panier où il est élu depuis 1977 pour aller provoquer le 1er adjoint sortant, Renaud Muselier, sur ses terres, celles des 4ème et 5ème arrondissements (3ème secteur). En fin stratège, il sait que l’élection à la mairie de Marseille se jouera là, au coeur de la ville, entre la Plaine et la Blancarde, il l’avoue lui-même sur son blog. Le défi est très risqué, d’aucun le trouve impossible, mais il n’en a cure. Décidé à tout risquer, il se positionne en véritable leader n’ayant peur de rien, sûr de son projet.

Si Renaud Muselier le nargue, l’invective, souvent cruellement, c’est parce qu’il sait que son ami Bruno Gilles a labouré le secteur depuis des années, sûrement aussi donne-t-il du ton parce qu’il sait sa propre popularité très aléatoire. Rarement un homme politique marseillais aura été autant raillé pour ses incompétences et sa gestion précaire et à l’emporte pièce de ses dossiers, nonobstant une personnalité post-ado ingérable. Malgré son maroquin national, il n’aura donc jamais grandi. Même Jean-Claude Gaudin, le maire UMP sortant, sollicité par le premier ministre du moment, M. Raffarin, préférât envoyer Muselier  » boire du lait de chèvres en Mongolie extérieure » plutôt que de le voir agir en mauvais doublon sur les rives du Lacydon. Ambiance… Les deux ont beau jeu de jouer le ticket, le maître est bien conscient des limites de l’éternel élève.

Une synthèse entre Bayrou, Sarkozy et Royal
Guérini, quant à lui, poursuit la manoeuvre, il force l’admiration pour un homme dont on disait, sans murmure, avec force porte-voix quelque-fois, le peu de charisme et l’élocution hasardeuse. Dont on raillait aussi le manque de notoriété face au tonitruant candidat au perchoir du Sénat. Sa famille réunie sans négociations d’appareils (PS, PCF, MRC, PRG, Verts et, dit-on, Lutte Ouvrière dès le 1er tour), pour la première fois depuis Defferre, le voilà totus tuus, comme l’on dit en latin, tout à tous. Sa campagne ressemble à s’y méprendre à celle entreprise pendant la présidentielle par François Bayrou pour le projet du gouverner ensemble loin des clivages, fondée sur l’hyper activisme d’un Sarkozy et l’audace d’une Ségolène Royal pour la compréhension d’une démocratie moderne participative avec, notamment, l’usage du multimedia. Une synthèse en somme.

Le voilà débauchant quelques figures de l’UMP locale (Francois Franceschi, ophtalmologiste de renom international, gaulliste pasquïen, tête de liste dans les 6ème & 8ème arr. ou André Varèse, élu sarkosyste notoire du 1er & 7ème arr. qui sera probablement bien placé sur la liste de Patrick Mennucci, directeur de campagne de Guérini, gageons la 3ème place), mais aussi Miloud Boualem, un vrai centriste marseillais, très bayrouiste, un de ceux qui n’a jamais cédé aux louanges post-centristes de l’Hôtel de ville, avec des scores très honorables aux dernières législatives (à deux chiffres dans certains secteurs).

L’audace du choix de la 1ère adjointe : Samia Ghali
Mais l’info du soir nous pousse à renifler du côté de la ruche, QG de campagne de Guérini, Place du 4 septembre. Le choix de Samia Ghali est incroyablement audacieux. Jamais, depuis l’après-guerre, un candidat crédible à l’élection municipale, quel qu’il soit, où que se situe son positionnement partisan, n’avait osé une première adjointe à Marseille, qui plus est issue de l’immigration maghrebine. Même si l’on pourra arguer de l’opportunisme, mettre en exergue le sophisme électoraliste, force est d’admettre l’incroyable courage politique de ce choix dans une ville qui révêlait naguère un Front National à deux chiffres !

Loin des arguties sondagières, d’ailleurs très ouvertes, Jean-Noël Guérini ose, au risque de perdre, avant même l’élection, dire avec qui il gouvernera et qui sera en charge de quoi. A l’heure où nous écrivons, nous apprenons qu’une conférence de presse aura lieu samedi prochain pour présenter « son gouvernement municipal ». Là aussi, nous vivons une nouvelle période démocratique à Marseille, autant dire du jamais vu.

Dire avant l’élection ce que l’on va faire et avec qui… C’est assurément endosser les dangers de décevoir nombre de ses fidèles amis. C’est aussi jouer absolument la transparence.

Ici, dans notre très modeste rédaction, les débats furent nourris ce soir, mais tous reconnaissent la méthode enthousiasmante et heureuse. Au fond Guérini nous a poussé à sortir de notre léthargie journalistique localière, et si la vérité triomphait ? Nous ne sommes pas tous d’accord, mais nous sommes un certain nombre à dire : banco… Enfin du neuf !

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Guérini en ordre de bataille sur la propreté pour les municipales de Marseille

Film projeté lors du 1er rendez-vous débat de Jean-Noël Guérini

Après avoir inauguré en fanfare la « ruche », son QG de campagne devant 2000 aficionados ravis de se compter aussi nombreux, Jean-Noël Guérini, candidat PS à la Mairie de Marseille, a sillonné la ville durant tout le week-end grâce à l’opération « Tous sur le pont ! » qui consistait, dans 80 points rencontre, à distribuer sa « Lettre à tous les Marseillais. » Samedi après-midi, il réunissait, avec Samia Ghali et René Olmeta, 300 acteurs de la vie sportive. L’infatigable Guérini poursuivait, lundi soir, son entrée en campagne par le premier de ses huit rendez-vous débats : « Gagnons une ville propre et attractive. »

C’était jour d’affluence à la Maison de la culture arménienne de la rue St Bazile pour débattre de cette épineuse question marseillaise. Plus de 500 personnes avaient répondu présentes à l’appel du patron de Conseil général, et la salle est vite devenue trop exigüe. Durant 3 heures, Jean-Noël Guérini, concentré, a pris des notes, avant d’apporter une conclusion tonitruante dans laquelle il n’a pas manqué d’égratigner sans jamais le citer Jean-Claude Gaudin, l’actuel maire Ump en place :  » La campagne électorale qui s’ouvre ne sera pas assez longue pour constater les échecs de la municipalité actuelle après 13 années de mandat« , lance-t-il avant de poursuivre, « au hit parade de ces échecs, le plus criant est certainement celui de la Propreté. Cet échec est, non seulement un échec de la municipalité sortante, mais celui, personnel, du maire sortant. » Le ton était donné…

Je règlerai la propreté de Marseille en 6 mois !
Le candidat socialiste poursuit par un constat accablant, partagé par l’auditoire et ponctué par des applaudissements : absence de responsabilité politique, organisation de la propreté défaillante, lourde et inadaptée, absence d’objectifs clairs et, en guise d’estoquade, « un esprit de clientélisme plus fort encore dans ce secteur que dans tous les autres secteurs de cette municipalité »

Guérini n’a pas été non plus avare de propositions et d’engagements. Morceaux choisis : « Je règlerai le problème de la propreté dans les 6 mois après mon élection ! », « Je serai un maire qui non seulement vous proposera des solutions, mais qui prendra, comme je le fais au Département, des décisions », « Il est grand temps pour notre ville de passer d’une gestion d’obligation de moyens à une gestion d’obligation de résultats, j’insiste d’ailleurs sur cette culture nouvelle du résultat, pour vous dire que tout le monde y sera soumis, élus compris ! », « Pour y arriver, je supprimerai, comme je l’ai déjà indiqué publiquement, « le fini-parti » », « Il y aura un cantonnier par rue, et cela, croyez moi, ce sera incontournable »,  » De fait, l’ensemble du travail sur « Marseille, ville propre » sera fondé sur une évaluation technique des besoins et des moyens, avec un contrôle indépendant du résultat », « Les marseillais sont aussi des piétons, ils doivent retrouver une ville dotée d’équipements de confort sanitaire et de propreté, débarrassée des pollutions d’origine canine grâce à un nettoyage spécifique et à la mise en place de « canisettes » », « Je n’hésiterai pas à sanctionner les actes d’incivisme et de dégradation de notre cadre de vie. Je dis tout ça avant les élections, je veux être au clair avec tous ceux qui m’entendent : c’est un engagement ! »

Un budget de « pierre »
« Comment payer toutes ces bonnes intentions ?«  demande-t-il, non sans préciser qu’en arrivant aux fonctions municipales, il ne trouverai qu’un « budget de pierre » puisque Marseille est « une des villes les plus endettées de France (3400 euros par habitant entre la Cum et la Mairie)« . La solution est d’activer la « synergie entre les collectivités territoriales (Département / Région / Ville)  »  et d’être « en mesure de mettre toutes les parties autour d’une table pour un intérêt commun » Mais, précise-t-il, jouant la transparence, « je gouvernerai à budget constant mais sans augmentation d’impôt grâce à une meilleure gestion. »

« Si, dans 6 ans, vous estimez que je n’ai pas été à la hauteur de mes engagements, je rentrerai chez moi, avec l’amertume de l’inachevé, comme celle que doit ressentir aujourd’hui la municipalité en place« . Nous voilà bel et bien en campagne !

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