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Vœux : ces politiques qui nous veulent du bien.

L’entrée dans l’année 2009 sonnait le glas d’une croissance anéantie par la crise financière. Les élus de la république avaient pris soin de supprimer ou de réduire le faste des traditionnelles cérémonies de vœux aux corps constitués, symbole d’une époque révolue.
Au petit écran, Nicolas Sarkozy annonçait d’autres réformes, tandis que Jean-Claude Gaudin et Jean-Noël Guerini pressentaient une année chargée de défis ! La solidarité devenait le maître mot d’une politique impuissante à prévoir, au niveau local même, les conséquences d’un grand cafouillage financier international.
Ce début d’année 2010, qui coïncide avec le lancement de la campagne pour les élections régionales, marque le retour de vœux plus politiques.

La politique fait son retour pour la nouvelle décennie.

Martine Aubry en a fait le vœu, l’année 2010 sera « l’an I de la reconquête.»
Traditionnellement, la lucarne présidentielle a diffusé au soir de la St Sylvestre les vœux du président de la république qui s’est dit satisfait de lui-même et de son gouvernement, plus que jamais déterminé à poursuivre les réformes, et réaffirmant, dans une allusion probable au rejet de la taxe carbone par le conseil constitutionnel, qu’il n’est pas homme à se laisser abattre par un revers.
D’autres vœux sont venus de la toile, écrits sous formes de communiqués ou bien filmés « à la maison », préfigurant généralement un discours d’alternance et d’opposition, aux antipodes de l’auto satisfecit élyséen.
La palme du surréalisme revient à Dominique de Villepin assis sur un canapé blanc dans une pièce mal éclairée qui réalise, en plan fixe, un discours de six minutes. Le post écrira « « Seule une orchidée rose vient alléger un peu l’atmosphère sombre de cette allocution sans concessions pour Nicolas Sarkozy. »

2010 : Vœux à fleurets mouchetés à Marseille

Marseille et la région ne sont pas en reste de belles mises en scène.
Aussi, Michel Vauzelle lors de la présentation de ses vœux eut la divine surprise de constater que son adversaire politique pour les régionales, Thierry Mariani, s’était préparé à saborder la cérémonie de sorte que l’on parle de lui. Reprochant au président du Conseil régional d’utiliser les moyens de la Région à des fins électorales, celui qui trois jours plus tôt assistait aux vœux très politisés de son ami le député maire de Nice Christian Estrosi, pris congé avec les siens d’une assemblée qu’il jugea partisane.

Michel Vauzelle exprimait, comme l’ensemble des présidents de Régions l’ont fait, ses inquiétudes vis-à-vis de la réforme des collectivités territoriales qui est la grande actualité du moment.
Michel Vauzelle, qui est à la fête, devait recevoir une semaine plus tard un prix «citron » décerné par le préfet de région « à tous les parangons de vertu et autre Ayatollah du statu quo qui se sentent attaqués et déposent plainte.»
A l’exercice des vœux était particulièrement attendu par la presse, le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini qui a profité de l’occasion pour revenir sur l’enquête judiciaire en cours concernant les marchés d’attribution de la collecte et du traitement des déchets.
Très en forme, il a dénoncé une campagne de discrédit politique alimentée de clichés et d’amalgames, avant de réaffirmer sa sérénité face à l’instruction en cours. Pas moins de 6 vidéos ont été diffusées sur son profil dailymotion et un compte-rendu fleuve sur son blog !
Du côté ensoleillé du vieux port, dans le droit fil de sa politique, le sénateur maire Jean-Claude Gaudin nous revient en 2010 dans la recherche du consensus, prêt à ne faire de la politique que pour les Marseillais et les Marseillaises auxquels il adresse directement ses vœux sur les murs de la ville.
Une affiche, sobre qui présente un photomontage du quartier d’Euromed, c’est-à-dire une vision optimiste et assurément virtuelle du Marseille d’aujourd’hui.
Eugène Caselli, président de la Communauté urbaine de Marseille, lui a préféré une affiche plus concrète, donnant vue sur la porte d’Aix.
Enfin, Renaud Muselier, très agité à l’approche des fêtes, débute la nouvelle année dans le confinement et la douceur. Il souhaite à ses 200 supporters de sa page Facebook une année 2010 « empreinte de respect mutuel, d’harmonie, de paix et de prospérité pour tous. »

2010 : La revanche des pique-assiettes.

Les années précédentes étaient marquées par une déferlante de nouveaux moyens technologiques. Des vœux téléphonés de Muselier en 2007 découvrant les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), à l’utilisation massive des vidéos sur les blogs, nos élus découvraient une nouvelle façon de communiquer avec leurs concitoyens.
Mais au carrefour de cette nouvelle année, un repli sur des pratiques moins novatrices, peut être pour ne pas laisser croire en une utilisation dispendieuse des deniers publics, est à noter, essentiellement de la part des élus locaux. (sauf pour Jean-Noël Guérini, qui reste dynamique dans ce domaine).
Car au niveau national, les grandes figures de la politique accentuent encore, avec plus ou moins de bonheur, l’espace des TIC dans l’élaboration de leurs plans médias.
Enfin, ce petit désaveu régional pour les TIC ne signifie pas pour autant une économie de budget. La Provence nous informe dans son édition du 13 janvier que pour les mairies de secteur le coût des vœux des élus auront été raisonnables selon si la mairie est de gauche (entre 300 € et 3000 €) et plutôt onéreuses du côté de la majorité municipale (entre 10 000 € et 22 000 €.)

Entre les lignes :

L’exercice rituel de la présentation des vœux n’est pas désuet. Il permet au politique de renouer avec la population au moment d’aborder une nouvelle année, de dresser un bilan de l’exercice passé, et de fixer de nouveaux objectifs. Entre les lignes, chacun pourra saisir la primauté des enjeux à venir.
L’année 2009 prêchait la solidarité face à crise, l’année 2010 sera probablement celle de tous les combats idéologiques, tant il semble urgent d’inspecter d’autres voies et d’autres issues contre la crise sociale et économique qui n’a pas dit son dernier mot.

Enfin, au nom de toute l’équipe de « Marseille, un autre regard », nous profitons de ce premier papier de rentrée pour vous souhaiter une excellente année 2010 et un grand merci à nos lecteurs pour leur fidélité.

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Coup de coeur : flash back en images sur la campagne des municipales à Marseille


Une campagne électorale est un moment à part dans la vie des citoyens.
Il en va des acteurs politiques aux électeurs en passant par les observateurs plus ou moins éclairés.

L’adrénaline du pouvoir, la force des convictions, les rapports de force, la puissance d’une idée, l’argument qui porte, le symbole qui fait la différence, la quête du scoop, l’intérêt bien compris de chacun. Mais aussi les dazibaos antisémites, les permanences électorales qui brulent, les tracts en arabe pour fusiller l’adversaire, l’interdiction de meetings en public pour l’opposant, la lettre présidentielle pour sauver Marseille brandie dans l’entre deux-tour et aussi une web-campagne acharnée… Tout est porté à l’extrême.

A Marseille plus qu’ailleurs, les mottes du champ politique revêtent souvent les formes improbables et criardes des costumes de la commedia dell’arte. Pourtant, elles sont plus florentines que napolitaines, plus machiavéliques que bonapartistes. Fratricides et cruelles en public, poliment abrasives dans la coulisse.

Ce documentaire revient, comme un flash back lucide, sur ce moment historique de la campagne 2008 des municipales à Marseille où la plus vieille ville de France faillit basculer à gauche à quelque centaines de voix près dans un suspense intenable.

Rarement la cité phocéenne n’avait vu autant de journalistes internationaux. « Un défi certain pour le président Sarkozy », fraîchement élu, nous avait alors confié un journaliste de la NHK japonaise… Alors qu’un confrère américain de CNN affirmait, avec le ton affirmatif et non négociable du Texan sûr de lui : « si la 2e ville de France bascule, Sarkozy est mort ». Tel était l’enjeu…

Ce que « Marseille, un autre regard« , vous a rapporté, minute après minute, en dehors des canaux officiels provençaux de l’information dont certains furent assurément manipulatoires, transgressant les règles basiques du journalisme, engoncés de certitudes, fiers, suffisants et faussement objectifs, parfois condamnés par le CSA (mais trop tard, après la campagne, bien entendu) ; ces images vous le donne à voir, ou à revoir…

Nous, nous sommes fans et attendons avec impatience la suite ! Trois épisodes nous dit-on.

Quelques questions néanmoins. Pourquoi :

1°) Jean-Claude Gaudin n’a pas voulu être interviewé ?

2°) Les producteurs n’ont trouvé aucun diffuseurs locaux ou nationaux ?

3°) Internet est le seul lieu de diffusion libre en dehors des contingences publicitaires qui bride la presse jusqu’à la moelle, voire la corrompt ?

4°) Les chiffres de confiance de la presse traditionnelle auprès du grand public fondent comme neige au soleil. Nous, on a une idée…

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Derniers sondages : une élection dans un mouchoir de poche pour les municipales de Marseille !

cps_hlv97_120308234922_photo00_photo_default-512x440_article.jpgA quelques heures du second tour des municipales, qui verra émerger des urnes le nouveau maire de Marseille, tout est toujours aussi incertain quant à l’élection de Jean-Noël Guérini, leader de la gauche et du centre ou de Jean-Claude Gaudin, le maire sortant UMP. Les trois derniers sondages d’hier affirmaient tout et son inverse, preuve que les dés seront jetés au dernier moment, dans le secret des isoloirs, sûrement à la dernière minute.

Si au premier tour les deux candidats ont fait presque jeu égal, avec un avantage à Guérini pour le nombre des élus, ce sont sûrement les ralliements du MoDem et le soutien à peine voilé de l’extrême gauche à Guérini qui feront la différence, alors que Le Front National a demandé à ses électeurs de ne pas se rendre aux urnes en s’abstenant ou en votant nul, autant de votes en moins dans l’escarcelle de l’équipe Gaudin. D’où sa fébrilité et sa nervosité visible ces dernières heures et quelques cafouillages dans son état-major, voire des excès racistes et injurieux notamment envers Mme Guérini d’origine juive qui, s’ils s’avéraient vrais, ne seraient pas à l’honneur des équipes Gaudin. Pour autant, sera-ce suffisant ? Nul ne le sait, les abstentionnistes du 1er tour ont assurément la clef de l’issue du 2ème.

La diffusion de plusieurs sondages dans les deux secteurs décisifs pour gagner la bataille de Marseille secoue grandement les QG de campagne. Tout se jouera dans les 1er (1er et 7e arrondissements) et 3e secteurs (4e et 5e arr.)

Les derniers sondages donnent Guérini et Muselier au coude-à-coude dans le 3e secteur :
Selon une enquête d’opinion réalisée par l’Ifop/Fiducial pour le compte de Paris-Match, le premier adjoint au maire UMP Renaud Muselier recueillerait, dans le 3e secteur, 50,5% des intentions de vote, et Jean-Noël Guérini, le leader socialiste venu le défier dans son fief, 49,5%. Un score plaçant les deux hommes dans un mouchoir de poche avec une légère avance pour l’ex-secrétaire d’Etat.

Un autre sondage Sofres pour Le Figaro publié hier matin donne des équilibres similaires : 51% pour le candidat de droite et 49% pour celui de gauche.

La surprise vient d’un troisième sondage réalisé par BVA/Orange diffusé hier soir par LCM : Jean-Noël Guérini gagnerait le 3e secteur avec 51% des suffrages alors que Renaud Muselier n’en obtiendrait que 49%.

A l’issue d’un premier tour qui a favorisé Renaud Muselier (42,16%) face à Jean-Noël Guérini (37,51%), ces chiffres montrent que l’écart se réduirait au point d’en inverser même la tendance. Rien n’est donc joué.

Mennucci semble tenir la corde dans le 1er secteur contre Roatta :
Les sondeurs de l’Ifop et de BVA ont passé également le 1 er secteur (1 er et 7 e arrondissements) à la loupe. Le candidat socialiste, Patrick Mennucci, sortirait dans les deux cas vainqueur (52,5% pour Ifop et 51% pour BVA) de son duel avec le maire de secteur sortant, Jean Roatta (47,5% Ifop, 49% BVA).

Les suffrages de la gauche radicale et du Mouvement Démocrate feraient pencher la balance. Lors de la première manche électorale, les deux hommes étaient au coude à coude (39,94% pour l’élu UMP et 39,21% pour l’ex-lieutenant de Ségolène Royal).

Mais dans cette élection, plus encore que dans les précédentes, les sondages ne font pas les suffrages, tant il est quasi impossible à cette heure de savoir qui de Guérini ou de Gaudin l’emportera au final. D’ores et déjà, la campagne de Jean-Noël Guérini a été admirable pour s’imposer avec crédibilité et sérieux quand celle de Jean-Claude Gaudin a été suractive ces derniers jours pour tenter d’emporter l’assentiment des abstentionnistes, seule chance pour l’UMP qui ne peut compter sur des réserves au second tour après le ralliement du MoDem aux listes Guérini et à l’appel à l’abstention du Front national.

Dimanche, nous tournerons une page importante de l’histoire politique de Marseille, la France entière retient son souffle, l’Élysée aussi…

Consultez le sondage BVA/Orange/LCM 1er et 3e secteur

Consultez le sondage Sofres-Le Figaro pour le 3e secteur

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Duel télévisuel entre Gaudin et Guérini pour le deuxième tour des municipales de Marseille

guerini-gaudin.jpgAprès d’âpres négociations, les deux candidats à la mairie de Marseille, le maire UMP sortant Jean-Claude Gaudin et son concurrent socialiste, Jean-Noël Guérini, ont finalement accepté  de confronter leur projet lors d’un débat ce mercredi 12 mars, de 18h30 à 20h, sur le plateau de La Chaîne Marseille (LCM) en partenariat avec Europe1 (104.8 FM).

Ce face à face sera organisé « à l’américaine » c’est à dire debout derrière un pupitre. Les deux prétendants à la mairie de Marseille, arrivés au coude-à-coude lors du 1er tour des municipales, répondront aux questions, souvent redoutables, de l’animateur Jean-Pierre Elkabbach.

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Municipales 2008 – Marseille : Guérini conforte son avance dans le fief de Muselier selon un sondage de La Provence

gaudin-guerini.jpgEt de trois ! Après les deux sondages publiés hier donnant le socialiste Guérini vainqueur pour la première fois au 1er et au 2e tour des élections municipales à Marseille contre le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin (sondage TNS-Sofres Logica pour le Figaro : 51 % pour Guérini au 2e tour, contre 49 % pour Gaudin et L’Ifop-fiducial 40 % pour Guérini, 36 % pour Gaudin au 1er tour). Voilà que La Provence confirme cette tendance dans un sondage TNS-Sofres publié aujourd’hui et annoncé hier soir sur le site Internet de la provence.com.

Selon les intentions de vote aux élections municipales dans les 4e et 5e arrondissements à Marseille, le challenger socialiste Jean-Noël Guérini devancerait son adversaire UMP, Renaud Muselier au premier tour à 40% contre 37,5%. Le premier adjoint du maire sortant se trouverait ainsi devancé par le candidat PS à la mairie de Marseille dans l’un des secteurs clé de la ville. Celui qui fera sûrement l’élection générale à la mairie centrale avec le 1er secteur (1et 7e arr.)

Le Front national, quant à lui, récolterait 9 % des intentions de vote, le MoDem 6,5%, la Ligue communiste révolutionnaire et les Collectifs anti-libéraux 5%. Le Mouvement pour la France et le Centre national des indépendants ainsi que la liste d’Union pour la droite nationale seraient crédités de 0,5% des intentions de vote.

Si le Front National est en mesure de se maintenir au deuxième tour en dépassant les 10%, le 1er adjoint UMP Muselier aura donc fort à faire pour conserver son poste dans une triangulaire généralement favorable à la gauche. Pour l’heure, toujours au second tour, les deux hommes , Muselier et Guérini, sont au coude-à-coude à 50% chacun.

Ces trois sondages, qui vont tous dans le même sens, indiquent donc une tendance nettement favorable au patron du Conseil général des Bouches-du-Rhône et commence à faire trembler les caciques en pace depuis 13 ans à l’hôtel de ville. Jean-Claude Gaudin aurait réunit en urgence son staff aujourd’hui pour organiser la parade. Trop tard ?

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Municipales : une heure après l’Ifop, un sondage de la Sofrès donne Guérini futur maire de Marseille


Jean-Noël Guérini apprend le résultat des 2 sondages favorables. Il reste résolument dans l’action de sa campagne.


Jean-Claude Gaudin fébrile hier soir en apprenant les 2 sondages négatifs du jour décide, selon l’UMP, de « hausser le ton »

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Le rythme des sondages municipaux marseillais s’accélère considérablement ces dernières heures. Tous mettent en exergue une lame de fond qui donne Jean-Noël Guérini, le leader de gauche, qui mène une campagne effrénée depuis le début septembre 2007, gagnant dans tous les cas de figure contre le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin. On apprenait ce soir vers 19h00 via Reuters que les listes de Guérini l’emporteraient par une solide avance de 4 points au 1er tour selon l’Ifop ( 36% pour Gaudin, 40% pour Guérini).

Moins d’une heure plus tard, selon un sondage TNS Sofres-Logica pour Le Figaro, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône obtiendrait 51 % des voix contre 49 % à son adversaire UMP au second tour des municipales. Apprenant la nouvelle ce soir en direct sur le plateau de France 3 Méditerranée, la célèbre faconde provençale du maire sortant ne pouvait cacher l’embarras, « Marseille reçoit aussi la température parisienne » riposte-t-il en ajoutant, « Nous assistons à une montée, un peu, du Front national et une stabilité du Modem, ce qui grignote un peu mes positions pendant que M. Guérini reste stable », a-t-il affirmé pour (se?) rassurer.

Les jeux ne sont pas faits pour autant, d’une part parce qu’il reste encore deux semaines de campagne et le vieux briscard de Gaudin réservera encore des surprises, sans nul doute. Pas fait non plus parce que, d’autre part, le savant découpage électoral par secteurs à Marseille rend très difficile les projections possibles en sièges. Reste que la partie s’annonce difficile pour Jean-Claude Gaudin. Ce soir, Gaudin poursuit sa mue, celle d’un homme qui doute, lui qui ne voulais pas même faire campagne il y a encore quelques semaines, faisant trépigner d’impatience quelques-uns de ses lieutenants qui eux, sentaient le vent tourner. L’inquiétude n’était pas tue non plus à l’Élysée ou au siège national de l’UMP.

Pourtant, selon l’enquête TNS Sofres-Logica pour Le Figaro, le maire sortant de Marseille accuserait trois points de retard au premier tour sur son concurrent PS Jean-Noël Guérini, avec 37 % des suffrages contre 40 %. Au deuxième tour, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône serait en tête avec 51 % contre 49 % à son adversaire UMP.

 » la tendance est préoccupante » selon Claude Bertrand
Claude Bertrand, directeur de cabinet et principal conseiller politique de Jean-Claude Gaudin, reconnaît néanmoins que «la tendance est préoccupante». Selon lui, la majorité municipale est pénalisée par « la progression du vote-sanction à l’égard du président de la République ». La parade est donc consommée, c’est la faute à Paris.

«Sur le terrain, on n’utilise pas du tout l’argument anti-Sarko», martèle Patrick Mennucci, le directeur de campagne de Jean-Noël Guérini. Lui-même candidat contre l’UMP Jean Roatta dans le 1er secteur (1er et 7ème arr.), qui l’avait battu de justesse aux législatives. L’ancien responsable de la campagne de Ségolène Royal veut plutôt voir dans la progression de son patron la conséquence «de sa crédibilité en matière de gestion, acquise au conseil général, de l’adhésion croissante de la population marseillaise à son projet et du besoin de renouvellement qu’elle exprime. »

Les scores du FN et du MoDem respectivement crédités de 9 % et de 7 % des voix, ce qui semble confirmer le retour d’une partie des électeurs sarkozystes de 2007 vers leur vote traditionnel. Marseille aura bien valeur de test national. L’ex-Vert Jean-Luc Bennahmias, chef de file des bayrouistes marseillais, se voit déjà en profiter, dans le sillage d’une victoire de Jean-Noël Guérini. «Il y aura une majorité nouvelle à Marseille, et nous en ferons partie», confie-il à nos confrères du Figaro. Officiellement, sa liste «démocrate et écologiste» est prête à négocier une fusion avec le «mieux-disant» des deux finalistes «en matière de transparence et de développement durable» . En fait, le MoDem et le PS sont déjà d’accord pour se battre ensemble contre le chantier de l’incinérateur de Fos-sur-Mer, que Jean-Claude Gaudin estime indispensable.

De quoi durcir encore le matelas de sécurité du candidat de la « gauche ouverte ». Celui que n’a jamais trouvé crédible le maire sortant lorqu’il pronostiquait un essouflement de la campagne de son adversaire dès le mois de novembre fort d’un sondage qui donnait M. Gaudin en avance de 10 points sur M. Guérini au deuxième tour. Mais l’écart a fondu comme neige au soleil marseillais au fil des mois, passant à 3 points dans une enquête mi-février avant que les candidats ne soient mis à égalité, toujours au 2e tour, selon un sondage OpinionWay du 21 février. Désormais, le challenger Guérini est devenu le possible futur maire de Marseille.

Téléchargez le sondage TNT Sofres-Le Figaro complet

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Sondage : une dynamique en faveur de la gauche se dessine aux municipales de Marseille selon l’Ifop (26 février 2008)

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Les listes soutenues par le socialiste Jean-Noël Guérini arriveraient en tête au premier tour des municipales à Marseille, devant celles du maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin, selon un sondage Ifop-Fiducial, publié il y a quelques minutes par l’agence de presse Reuters.

D’après cette enquête pour Paris Match, les listes de gauche obtiennent 40% des intentions de vote et celles soutenues par la droite 36%. Pour la 1ère fois depuis le début de la campagne, l’Institut de sondage confirme la lame de fond perceptible en faveur des listes « Faire gagner Marseille » de Jean-Noël Guérini qui, en quelques mois, est passé du statut de challenger à celui de possible vainqueur.

Compte tenu de la spécificité du scrutin marseillais, où le maire est élu au suffrage universel indirect, l’Ifop n’a sondé son échantillon qu’en vue du premier tour.

Le rapport de force électoral révèle cependant « une dynamique indéniable en faveur de la gauche, laquelle 25 ans après la dernière élection de Gaston Defferre, serait potentiellement en mesure de reconquérir cette ville symbole », souligne-t-il.

Pour l’institut de sondage, Jean-Claude Gaudin « pâtit sans doute de l’impopularité actuelle du chef de l’Etat et plus localement de la polarisation des Marseillais, quelle que soit leur sensibilité politique, sur la propreté de leur ville (thème prioritaire pour 52% d’entre eux devant l’insécurité) ».

L’autre enseignement de cette enquête concerne le Front national, indique l’Ifop. Avec 11% des intentions de vote, les listes conduites par Stéphane Ravier s’approchent de l’étiage présidentiel de Jean-Marie Le Pen (13,5% le 22 avril 2007 à Marseille) et, surtout, seraient en mesure de se maintenir dans plusieurs secteurs au second tour le 16 mars.

Cette question constitue sans doute l’inconnue majeure de ce scrutin municipal.

Ce sondage a été effectué les 22 et 23 février auprès d’un échantillon de 803 personnes, représentatif de la population de Marseille âgée de 18 ans et plus. (Avec Reuters)

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