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Régionales en PACA : Sarkozy trancherait pour l’UMP Thierry Mariani ?

sarkozy marianiCôté Face : le chef de l’Etat se rend aujourd’hui en Avignon pour présenter son plan « Agir pour la jeunesse » et rencontrer les étudiants de l’IUT et de l’École hôtelière.

Côté Pile : Nicolas Sarkozy, qui a peu goûté le désistement d’Hubert Falco comme tête de liste UMP aux régionales, dicté selon lui par un manque de courage, entend choisir rapidement le futur adversaire de Michel Vauzelle (Président socialiste sortant de la région Paca).

Convocation vaut raison… Tous les candidats putatifs du parti présidentiel étaient présents dans la cité papale aujourd’hui pour un conclave régional au sommet.

Hubert Falco jette l’éponge
Jusqu’alors pressenti comme le candidat incontestable, Hubert Falco, actuel Maire de Toulon et Secrétaire d’État à la Défense et aux anciens combattants a jeté un pavé dans la marre en annonçant le 18 septembre dernier qu’il avait décidé de ne pas se présenter : « Je donne ma priorité à Toulon et aux Toulonnais », a-t-il expliqué avec gravité au cours d’une conférence de presse. « Je ne veux pas rompre les liens de confiance qui nous unissent depuis 2001 et qui ont été renouvelés, à hauteur de 65% des suffrages, dès le 1er tour des municipales de 2008. Ce sont les Toulonnais qui m’ont donné ma légitimité. Je dois respecter leur vote » ajoutait-il.

Une annonce d’autant plus surprenante que le Président de la Commission d’investiture de l’UMP, Jean-Claude Gaudin, n’hésitait pas à affirmer lors de son entretien de rentrée politique donné le 28 août 2009 à Objectif Méditerranée, « Nous sommes tous unanimes pour dire qu’Hubert Falco sera notre meilleur candidat. Notre camp est uni, il est soudé. »

Faut-il entendre donc que le parti présidentiel devra se contenter d’un deuxième choix ? Pour Hubert Falco, son retrait n’a en aucun cas pénalisé son camp, sa décision intervenant à temps pour permettre à son parti de s’organiser. La validation des têtes de liste et des chefs de file départementaux n’intervenant qu’en novembre lors de la convention nationale.

C’est donc dans une longue lettre adressée au chef de l’Etat et après avoir été reçu à la suite du Conseil des ministres, que le maire de Toulon aurait pris sa décision, se défendant de vouloir conserver coûte que coûte son portefeuille gouvernemental pour une hypothétique victoire régionale.

Mariani, le nouveau joker élyséen ?
Depuis le 18 septembre, le marigot Umpiste s’agite. Dans les starting blocks, Guy Tessier et Bernard Deflesselles, députés des Bouches-du-Rhône, redoublent d’arguments par interviews interposés pour légitimer leur candidature à la présidence de la Région. Info ou intox, tous deux affirment avoir le soutien des parlementaires. Bernard Deflesselles en rajoutant une louche, la plus digestive, celle d’avoir les encouragements de Nicolas Sarkozy.

Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier n’ont, quant à eux, guère attendu pour pousser, plus que de mesure, l’option Deflesselles, et montrer une fois de plus, leur inimitié envers Guy Teissier. Ce dernier n‘avait donc d’autre choix que de sortir du bois promptement, « j’en ai marre de toujours laisser passer mon tour » déclarait-il récemment au quotidien La Provence.

Il est vrai que du côté de la mairie du 5e secteur de Marseille, l’image droitière de Guy Teissier a de quoi rassurer un électorat en quête d’un marqueur identitaire doté d’une forte implantation locale. Ainsi, il ne manque pas de rappeler son engagement « écologiste » au profit de la biodiversité par la création du Parc national des calanques ainsi que sa forte implication dans les milieux économiques avec la présidence d’Euroméditerranée.

Ce à quoi, Bernard Deflesselles, en quête de popularité, répond en arguant une légitimité acquise au terme de 17 années passées au sein de la Région lui conférant une certaine technicité et expérience des dossiers structurants de cette institution.

Si les médias marseillais se délectent de ce duel, la question du choix du candidat de droite est loin d’être réglée. A l’affut de la moindre indiscrétion, c’est aujourd’hui l’éventuelle candidature de Thierry Mariani, député du Vaucluse, qui agite les salles de rédaction. Sherpa officiel du voyage présidentiel en Avignon, la rumeur court que Sarkozy l’aurait déjà choisi.

Se montrant jusqu’alors très hésitant au prétexte de sa récente mission de représentation nationale en Afghanistan et au Pakistan, l’ex maire de Valréas, testé par un sondage de notoriété secret interne à l’UMP, se dit désormais intéressé par cette opportunité.

[Et pour cause, il arriverait selon ce sondage en deuxième position, derrière Renaud Muselier (candidat malheureux en 2004).

Reprenant un « morceau choisi » de La Provence, Thierry Mariani publie sur son blog, en page d’accueil :  » Hier le chef de l’État a évoqué les élections régionales dans l’avion entre Avignon et Paris après son discours sur les jeunes. Dans l’appareil, Guy Teissier, député des Bouches-du-Rhône, candidat déclaré, et Thierry Mariani, député du Vaucluse, à qui il a demandé, en catimini, s’il était intéressé. Sa réponse a fusé : « Je suis disponible. » D’après un conseiller du Président, c’est sa notoriété qui mettrait Thierry Mariani en pôle position face à Guy Teissier et Bernard Deflesselles, députés des Bouches-du-Rhône. L’Élysée devrait rapidement se déterminer pour choisir son candidat face au Président PS sortant Michel Vauzelle ». Comment tuer ses amis ? C’est fait !

Pourtant, ledit sondage donne vainqueur Vauzelle dans toutes les configurations…] *

Les cibles UMP : Vauzelle ET Le Pen
Mais comme souvent en PACA, une troisième force vient brouiller les cartes et s’invite dans les débats : Jean-Marie Le Pen qui, dans un ultime combat politique, compte bien mettre un terme à la « propagande immigrationniste » du gouvernement. Or, selon le sondage confidentiel de l’UMP, le patron d’un Front national ruiné ferait encore 10%…

Ainsi, au-delà d’un adversaire coriace de Michel Vauzelle, le Président ne chercherait-il pas d’abord à siphonner la campagne du FN en présentant l’homme de l’amendement ADN au regroupement familial ? On comprend mieux, dès lors, les récents confidentiels élyséens publiés par Le Figaro voyant en Thierry Mariani un homme capable de reprendre le flambeau régional : « Il a plus de notoriété, il pourra mordre sur l’extrême droite, et il est le plus politique. »

Reste enfin la possibilité d’un parachutage de prestige : Le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre ou le Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, l’arlésien Henri Guaino ? La fumée blanche devrait assurément sortir du conclave avignonnais…

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* Pour la bonne lecture de nos lecteurs et pour l’absolue transparence de notre démarche, les propos entre crochet […] ont été rajoutés, en fonction de l’actualité, à 23h45, le 1er octobre 2009.

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Et s’il n’y avait pas d’infos ?

presse criseChers amis et fidèles lecteurs de « Marseille, un autre regard« ,

D’abord nous vous devons des excuses. Oui des excuses, nous vous avons laissé filer vers les douces plages de la lassitude estivale, de celles qui nous régénèrent sans vous avoir dit au-revoir. Ensuite nos premiers propos de rentrée ne vous ont pas accueillis comme ils auraient dû. De tout ça et plus encore, mille excuses ! Nous sommes des moins que rien, pas encore très rompus au marketing direct, ni moins encore à la plus simple expression de la politesse… Honte à nous !

Vous qui nous suivez, vous savez que nous sommes, d’habitude, bien informés. Que nous publions, normalement, des informations qu’aucune autre publication n’ose diffuser parce qu’elle dérange ou heurte le système local. Du côté de la presse, on prie pour ne pas déplaire aux annonceurs institutionnels, seuls désormais à la faire vivre. Du côté des politiques, on sourit de son pouvoir en rognant sacrément sur le budget communication… Crise oblige…

Mais l’information du moment est qu’il n’y en a pas…

Nous voilà face à un maire, Jean-Claude Gaudin, assis sur un puits de dettes (45 ans de remboursement…) qui va inaugurer des chrysanthèmes low cost, et c’est heureux. Un Michel Vauzelle qui pense encore que la région peut se gagner à gauche et qui, malgré ses compétences indubitables, n’est pas un ferrailleur. Un Jean-Noël Guérini, le vrai patron, celui qui possède la capacité d’investissement, celle du Conseil général, l’argent en somme, qui lorgne vers le privé. Un Eugène Caselli, qui fait des miracles pour maintenir une cohésion impossible à la Communauté urbaine de Marseille, un vrai talent… Et les seconds couteaux, qui tentent l’impossible jusqu’à la corde pour apparaître quotidiennement dans La Provence, rien que de très compréhensible : Patrick Mennucci, Guy Teissier, Renaud Muselier…

Bref, rien de nouveau sous le soleil… Nous n’avons presque rien à vous dire…

Au fait, peut-être que si, mais l’info viendra entre le 17 et le 21 septembre… Vous nous suivez ?

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PS : primaires et alliances, « L’esprit de Marseille » s’invite à La Rochelle

ateliers dete marseille 2009 espoir a gaucheA la veille de l’ouverture des Universités socialistes d’été de la Rochelle, la pression sur les instances dirigeantes du parti est à son comble. Le succès de l’initiative prise par Vincent Peillon, du 21 au 22 août à Marseille, lors des « ateliers » du premier courant du Parti socialiste, « L’espoir à gauche », est loin d’y être étranger.

En rassemblant les plus emblématiques personnalités du moment, politiques, patrons de presse, sociologues…cette pré-rentrée phocéenne se voulait être avant tout le « commencement d’un rassemblement écologique, socialiste et démocratique » en vue de 2012. Force est de constater que le pari fut gagné. Du leader écologiste Daniel Cohn-Bendit, à la centriste Marielle de Sarnez, en passant par l’ancien secrétaire du Parti communiste, Robert Hue ; l’affiche ne manquait pas de panache.

Au niveau local, Patrick Mennucci, maire PS des 1er & 7e arrondissements de Marseille et hôte de ces Ateliers d’été déclarait volontiers « Nous privilégions l’hypothèse du rassemblement au premier tour. C’est ce qui s’est passé ici la dernière fois, en 2004″, tandis que Michel Vauzelle, Président du Conseil régional PACA, principal concerné par l’échéance électorale à venir, marquait par sa seule présence une évolution voire une inflexion dans sa stratégie d’alliance jusqu’alors arc-boutée sur un étrange « tout à gauche » dans une région très ancrée à droite. Ce faisant, il semble se rapprocher des positions de Jean-Noël Guérini, Président du Conseil général et patron de la puissante fédération PS des Bouches-du-Rhône.

A l’aube des élections régionales de 2010, chaque camp est contraint de refaire ses comptes, cherchant à éviter coûte que coûte la débâcle des Européennes. Personne n’est dupe. Gagner les régionales et préparer le terrain de l’alternance présidentielle ne pourra se faire sans poser les bases d’un large rassemblement. Exit donc les querelles des dernières élections, les sujets clivants et les enjeux de partis. Hormis les Verts, les piètres résultats des Européennes ont obligé les acteurs politiques à tirer leçon de leurs erreurs passées afin de définir ensemble une stratégie d’avenir et créer un nouveau cycle politique. En ce sens, Marielle de Sarnez rappelait-elle opportunément à la tribune : « Nous venons d’horizons divers. Mais si nous croyons qu’il y a de l’insupportable dans ce qui se fait aujourd’hui (…), alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise. »

Les primaires s’invitent dans les débats de la Rochelle
Rien d’étonnant donc à ce que la question des primaires refasse surface. Si pendant deux jours, le leitmotiv du rassemblement était de rigueur, l’épineuse problématique est désormais dans le choix de la personnalité politique qui saura rallier, fédérer et porter à nouveau l’espoir de l’alternance. Lire la suite

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La bérézina de la presse marseillaise : LCM et la Tribune du Sud se meurent !

liberté de la presse« Rien ne va plus », « c’est catastrophique », « lamentable », « quel gâchis » , voilà quelques-unes des réactions de journalistes marseillais en apprenant la situation de la Chaîne télé locale, LCM, mais aussi de « La Tribune du Sud » dont, en exclusivité, nous vous révélons que le numéro de demain (mardi 30 juin) sera le dernier.

Après quelques semaines d’existence, l’aventure du quotidien la Tribune du Sud s’achève, telle une comète, aussi vite qu’elle est apparue. Tous les journalistes embauchés seront à la rue dès la fin de la semaine. Ceux, embauchés en Cdi ne seront pas mieux lotis que les Cdd, ils étaient toujours en période d’essai. Plus encore, les salaires de Juin ne seront pas versés aux salariés.

La Banque, le Crédit Mutuel, pourtant en guerre contre le groupe Hersant (La Provence), les lâche en cours de route (nous reviendrons très précisément ultérieurement sur ce que nous savions de l’engagement de cette banque dans cette invraisemblable aventure…).

Triste situation pour la presse écrite et la liberté d’information à Marseille… Tout sera désormais concentré dans les mains du groupe Hersant, dont on connaît la ligne éditoriale… Et de La Marseillaise qui, tel le dernier village d’irréductibles gaulois face à l’empire romain, résiste avec son faible, très faible, lectorat…

Il en va de la presse écrite comme de l’audiovisuel. Et, comme nous vous l’annoncions, là aussi en exclusivité ce matin dans nos « off », les salariés de La Chaîne Marseille s’apprêtent demain à tenir leur premier piquet de grève. Guère plus tard nous recevions ce communiqué :

 » LCM va-t-elle fermer ?

La chaîne de télévision présidée par Jean-Pierre Foucault ne passera peut-être pas l’été 2009. Le dernier conseil d’administration a été repoussé à fin juillet sans projet pour la rentrée, sans grille validée, sans avenir élaboré, et surtout sans explication aux équipes de LCM.

Nous, salariés de La Chaine Marseille, voulons savoir si le premier actionnaire de la chaîne, la Caisse d’Epargne, veut continuer l’aventure de la 3ème télévision locale de France*. D’après le président du conseil d’administration, des négociations sont en cours avec un grand groupe de médias.

La Chaîne Marseille est-elle à vendre ?
Si c’est le cas, quelle télévision et quels programmes envisage le nouvel arrivant ? Avec combien de salariés ? Y a-t-il des projets concurrents ? La chaîne va-t-elle fermer en septembre ? A toutes ces questions et face aux craintes que la situation suscite, ni la direction ni le conseil d’administration ne donnent d’explication. Le dialogue social c’est le silence?

Quelques éléments pour comprendre la situation :

Mauvaises nouvelles pour l’emploi :
Un tiers des postes supprimé en un an (salariés partis et non remplacés). Plus aucun cdd à partir du 1er juillet.

Mauvaises nouvelles pour les finances :
Pas de budget en 2009, juste une ligne de crédit à la Caisse d’Epargne.
Aucun projet de budget pour 2010.

Mauvaises nouvelles pour les téléspectateurs :
Pas de grille prête pour septembre. Pour la 1ère fois, fermeture de l’antenne pendant 4 semaines en août.

Mauvaises nouvelles pour l’avenir :
Le conseil d?administration a gelé toute décision. La dernière réunion du CA a été repoussée à fin juillet sans aucune explication.

Et pourtant,
LCM , c’est  87500 téléspectateurs chaque jour*, plus de 750 heures de direct par an, trois heures d’infos par jour, un média devenu incontournable à Marseille en 4 ans seulement !

(*source Médiamétrie janvier 2009)  »

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Voilà dans quelle piteuse et triste situation se trouve notre télé locale.Voulue par Jean-Claude Gaudin en prévision des élections municipales, l’édile avait appelé ses amis banquiers, groupes de presse et star de la télé, nationale celle-là, à la rescousse pour former le tour de table financier de la chaîne et assurer une belle promotion de lancement. Gaudin avait lancé sa chaîne du temps de sa splendeur…

Mais voilà que ladite chaîne avait été trop indépendante, à ses yeux, durant la campagne électorale. Depuis, ses p.d-g avaient valsé aussi vite que les rotations à trois temps des  jeunes filles endimanchées lors du bal des débutantes. Lire la suite

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la Fiesta des suds respire avec l’abandon de la tour d’Icade

skyline marseille

En novembre 2007, la nouvelle avait fait l’effet d’une bombe : le site du Dock des Suds, qui accueille chaque automne l’un des plus grands festivals de Marseille, La Fiesta des Suds (65 000 personnes en 2008), de nombreux concerts et des manifestations politiques, était menacé par un projet titanesque, celui du groupe immobilier Icade.

Sur les terrains du port autonome, le promoteur projetait d’aménager l’ilôt Peyssonnel, sur 2,5 hectares, envisageant de déplacer le hangar à sucre pour y construire, à la place, une tour de 130 mètres et des logements. Or, ce projet est abandonné, au moins jusqu’en 2013, au grand soulagement de Bernard Aubert et Florence Chastanier, les « parents » de la Fiesta.

Flash back
Dans un article de La Provence du 28 novembre 2007, Florence Chastanier déclarait : « On ne comprend plus rien. On a reçu des fonds publics pour des travaux à peine achevés. Et ce n’était pas pour du provisoire ». Après l’incendie qui avait ravagé en septembre 2005 les 4 800 m² de hangars, la Ville de Marseille et le Conseil général des Bouches-du-Rhône avaient alors chacun débloqué, pour transformer le hangar à sucre en salle de concerts, 800 000 euros, la région 400 000 € et le Feder (Fonds européen) 500 000 €.

De son côté, dans ce même article, Jean-Claude Gondard, secrétaire général de la municipalité marseillaise, répondait sans état d’âme: « Icade, avec ses 300 millions d’euros d’investissements, est un projet d’intérêt majeur. » Bref, un festival majeur était balayé d’un revers de la main par la municipalité de Jean-Claude Gaudin.

Entre temps, la crise économique n’a pas épargné Marseille, et la candidature de Marseille-Provence capitale de la culture en 2013 est passée par là. Autant dire que l’énorme coup de gueule de Jean-Noël Guérini, président du Conseil général 13, lancé fin novembre 2007 alors qu’il était en meeting justement au Dock des Suds, a eu son effet : il avait en effet menacé en ses termes les responsables d’alors d’Euroméditerranée (présidée jusqu’au printemps 2008 par Renaud Muselier) : « S’ils remettent en cause l’avenir de la Fiesta sur le lieu du Dock des Suds, je prends l’engagement solennel de retirer le Département d’Euromed ! »

La skyline à laquelle rêvait tout haut Renaud Muselier n’est donc pas prête de voir le jour sur le littoral marseillais : Jacques Saadé, qui a obtenu de son ami le maire de Marseille (à qui il prête son jet privé pour des voyages) que « sa » tour, construite par l’architecte-star libanaise Zaha Hadid, soit la plus haute (147 mètres), va se sentir bien seul. Un peu normal à cette altitude…

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Marseille : La Tribune du Sud concurrence le groupe La Provence malgré un démarrage en dents de scie

tribunedusud_logoIl en faut, du courage, de l’ambition, sans doute de l’inconscience et un brin d’arrogance pour lancer, en 2009, un quotidien régional dans une région où, justement, le taux de lecture reste faible. A une époque où le lectorat captif déserte les kiosques pour leur préférer Internet. Un an à peine après le mercato impressionnant qui a agité Marseille et deux journaux du groupe Hersant, La Provence et Marseille l’Hebdo… Bref dans des circonstances unanimement reconnues comme défavorables !

Eh bien, ils l’ont fait, les journalistes de Tribune du Sud, Sébastien Laporte (officiellement unique actionnaire même si on peine à croire qu’il ne soit pas supporté dans une telle aventure au moins par une banque) et Jean-Michel Vergne en tête. Ils ont réalisé le rêve de tout journaliste qui se respecte : créer un journal in-dé-pen-dant !

Vendredi matin, enfin, l’objet était disponible pour 90 centimes. Dans la plupart des kiosques du centre-de-ville de Marseille, l’effet de curiosité a fonctionné. Format tabloïd, maquette vieillotte, et pas d’exclusivité. Un peu « pschitt » pour cette première où les dessous de l’OM étaient franchement réchauffés.

Samedi, bille en tête sur les sujets politiques : un bon sujet sur les députés locaux, et enfin un vrai angle pour traiter de l’actualité du sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Pour les observateurs attentifs, une sensation de déjà vu, comme si l’ex-Marseille l’Hebdo renaissait de ses cendres ou que le service politique de La Provence d’avant Didier Pillet (PDG du groupe La Provence) osait provoquer la colère de maire de Marseille. Les deux journaux s’en amusant même, pariant sur le coup de fil de Claude Bertrand, directeur de cabinet de J.-C. Gaudin à Stéphane Duhamel, ancien directeur de la publication du groupe La Provence. Bref, un samedi de bon augure !

Côté faits divers aussi, Tribune du Sud met le paquet, en racontant lundi la saga de la petite Elise avec une nouvelle approche ou en se rendant dimanche sur la terre Corse. Le service faits divers-Justice de La Provence, endormi depuis des mois, va devoir réagir et, ce serait une idée, repartir sur le terrain pour ne plus se contenter de la parole sacrée des policiers de l’Evêché.

Autres bon points prometteurs : quelques belles plumes, comme celle d’Olivier Jourdan-Roulot, un ancien du Point notamment présent durant la campagne des municipales de 2008. Des noms de photographes connus (et appréciés dans le département), partageant tous un point commun : Patrick Gherdoussi et Patrice Magnien ont claqué la porte de La Provence et de Marseille l’Hebdo à l’automne avec un chèque et surtout toutes leurs archives photos, tandis que Vincent Beaume est en conflit avec son ancien employeur La Provence.

A La Provence justement, tout le monde affiche une sérénité de façade, un mépris déjà décrit dans Marseille un autre regard. A quel moment les journalistes de ce dinosaure devront-ils trembler ? Sans doute quand Tribune du Sud publiera de vraies enquêtes, à Marseille du moins, sur la rue de la République, le tunnel Prado sud, la politique culturelle de la Ville de Marseille… A chacun de dresser sa liste de sujets non abordés dans la presse locale.

De sujets, il n’en manque pas : encore faudra-t-il que Tribune du Sud et Sébastien Laporte aient les reins suffisamment solides pour tenir dans la durée. Pour l’heure, malgré des kiosquiers plutôt heureux, toujours pas de pub et le jour de la sortie du numéro 1, vendredi donc, la gentille standardiste du service abonnement était dans l’incapacité de vous donner un tarif : « laissez-moi votre email, on vous fera parvenir nos offres dans quelques-jours ». Aujourd’hui, n°4, toujours pas d’offres d’abonnement page 18…

Pas de pub, pas d’abonnements, une vingtaine de journalistes embauchés, semble-t-il, avec un CDD d’un mois… Rendez-vous le 16 juin alors ?

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La Tribune du Sud : naissance d’un nouveau quotidien à Marseille

offre-demloi-la-tribune-du-sudLe petit monde médiatique marseillais est en ébullition depuis une dizaine de jours. Tout commence par la publication d’une offre sur le site du Pole Emploi (Ex ANPE) et sur le site Categorynet.com, le portail du journalisme. On recherche une vingtaine de journalistes, un/une secrétaire de rédaction, des pigistes, deux photographes pour le lancement d’un quotidien régional.

Et voilà que l’on prend connaissance du lancement sur Marseille, d’un nouveau quotidien « Tribune du Sud » sous l’impulsion du journaliste Sébastien Laporte. Dans notre équipe, personne ne connaissait ce confrère. A 34 ans, il provoque d’ailleurs beaucoup d’interrogations dans le paysage de la presse et de communication. Sa prime jeunesse, il l’a passée entre le Niger, la Guyane, Mayotte et le Maroc. Après avoir été pigiste au Midi Libre, il signe son premier CDI à l’Ile de la Réunion. A la faveur d’une opportunité de mobilité au sein du groupe Hersant, il revient en métropole, sur l’Ile de Guérande pour assurer la rédaction en chef adjointe du quotidien local, puis à Var Matin, où il retrouvera Guy Philip (ancien directeur de la communication de Jean-Claude Gaudin). Après les élections municipales de 2008, il quittera le groupe Hersant, non sans avoir négocié sa prime de départ.

Dans le plus grand secret, le projet de Sébastien Laporte se met en concurrence frontale avec La Provence (Groupe Hersant) et La Marseillaise. Selon nos informations, La Tribune du Sud devrait compter, dès le vendredi 15 mai, entre 28 et 32 pages dont une quinzaine locale et régionale, imprimé à Vitrolles chez Méditerranée Offset Presse (imprimeur d’une bonne partie des quotidiens nationaux) et offrir ses colonnes à quelques grandes plumes nationales, pour des chroniques, on parle du Nouvel Obs

Sébastien Laporte envisage un tirage de 25000 exemplaires et le prix de vente au numéro à 0,90 centimes. Pour la rédaction en chef, plusieurs noms circulent dont celui d’Olivier Jourdan Roulot correspondant du Point à Marseille et celui, récurrent, de Jean-Michel Verne, correspondant de Valeurs actuelles. Pour mémoire, le journaliste Jean-Michel Verne s’est retrouvé à la fin des années 90, au coeur d’un scandale politico-judiciaire. La parution d’un livre co-écrit avec son confrère du Canard enchaîné, André Rougeot, sur l’assassinat de la députée Yann Piat et le suicide des frères Saincené en 1994. Cet événement et sa couverture médiatique déchaînent les passions, provoquant la censure du livre et la condamnation des auteurs pour diffamation. On reproche à ces derniers d’avoir mis en cause sous couvert de pseudonymes – rapidement éventés – deux anciens ministres : Jean-Claude Gaudin et François Léotard.

Aujourd’hui, plusieurs questions se posent :

– comment va réagir le groupe Hersant ( La Provence, Var et Nice-Matin, entre autres ) ?

– comment va réagir la régie publicitaire de La Provence/L’hebdo/Marseille Plus (Eurosud) alors qu’elle n’atteint pas ses objectifs prévisionnels ?

– qui sont les véritables financiers du projet ?

– quel sera la politique de Sébatien Laporte avec les annonceurs publics (Mairie, Conseil général, MPM, Région) qu’il prétend refuser pour l’heure ?

Si la naissance d’un nouveau quotidien est un bonne nouvelle pour la démocratie locale, la seule question qui vaille, elle traverse tous les esprits, est l’incroyable défi proposé par cette nouvelle publication : dans une conjoncture économique affreuse pour la Presse quotidienne (baisse des ventes et recettes publicitaires en lambeaux) ce projet est-il viable et sérieux ?

« Marseille, un autre regard » sera toujours-là pour vous dire ce qu’on vous cache ailleurs…

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