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Municipales 2008 – Marseille : au Modem, Bayrou tranche pour Bennahmias contre Rocca-Serra

http://www.regionpaca.frLa décision de François Bayrou est tombée : le chef de file du MoDem pour les municipales de Marseille sera Jean-Luc Bennahmias. Ce que nous pressentions depuis quelques semaines, autant dire depuis que le député européen ex-Vert devenu Orange avait été nommé dans le staff national du leader centriste, plus précisément à la commission nationale des investitures du Modem, a été finalement préféré au président de l’UDF 13, Jacques Rocca-Serra. Après des mois de calages, de tergiversations, de luttes intestines plus ou moins fraternelles, de sondages et d’enquêtes de notoriété, les anciens de l’UDF, les nouveaux du MoDem, ont enfin une tête de liste clairement identifiée.

Pour autant, le tout jeune parti, créé en début de mois par le 3ème homme de la présidentielle, ne part pas uni à Marseille, c’est le moins que l’on puisse dire. Les réseaux travaillés depuis des années dans les arcanes de tous les pouvoirs par Jacques Rocca-Serra, l’homme de toutes les majorités (Defferre, Vigouroux, Gaudin), ne suivront pas forcément l’ancien trublion écologiste, loin s’en faut.

Plus avant, ce sont bien deux cultures et deux conceptions politiques différentes qui étaient en guerre ouverte depuis des mois. L’une, celle de Bennahmias, honnêtement autonomiste entre Gaudin et Guérini, l’autre, celle de Rocca-Serra, officiellement en selle pour soutenir J.-C. Gaudin au deuxième tour des élections municipales. Et pour cause, ce dernier est actuellement son maire-adjoint aux relations internationales, aux transports (dont la RTM) et à la Maison de l’artisanat.

Une aubaine pour Guérini !
Le choix de Bayrou est donc une aubaine pour Jean-Noël Guérini, patron du Conseil général des Bouches-du-Rhône, qui voit le parti charnière des prochaines municipales, celui qui fera sans nul doute basculer ou non la majorité, s’éloigner des urnes de Jean-Claude Gaudin. Reste à savoir désormais si le Modem, qui a fait des scores à 2 chiffres dans les arrondissements du centre de Marseille lors des dernières élections législatives, suivra Bennahmias déjà vendu par les proches de Rocca-Serra comme un parachuté si loin des préoccupations locales. Ou si, à l’inverse, les fidèles de Rocca-Serra, suivront leur réflexes conditionnés de ralliement à l’UMP au 2ème tour. Là est la clef du scrutin.

Pour l’heure, Bennahmias est très satisfait : « Je lancerai ma campagne le 15 janvier, nous avons le temps. D’ici là, nous devons installer les structures nécessaires. Tous ceux qui ont participé à la construction du MoDem sont les bienvenus, y compris Jacques Rocca-Serra…  » Déclarait-il, jeudi dernier, dans les colonnes de La Provence. Le perdant, Rocca-Serra, ne l’entend pas de cette oreille et était, naturellement, furieux en apprenant la nouvelle : « Bayrou ne m’a même pas appelé. Je suis terriblement déçu. C’est injuste car c’est nous, les UDF, qui avons bossé pour [lui] depuis des années. Je croyais que les Béarnais avaient, comme les Corses, la reconnaissance du ventre. C’est malhonnête car je suis largement en tête du sondage de notoriété. Les Marseillais ne feront pas confiance à un parachuté ». Comment pouvait-il en être autrement ? Nous sommes bien-là au coeur de la fin d’un système stygmatisé par Bayrou lui-même durant la présidentielle, le système claniste du ventre, du service rendu avec retour d’ascenseur.

Rocca-Serra, la rancoeur tenace…
Logiquement, ce choix ne manque pas d’irriter l’Hôtel de Ville, qui doit singulièrement changer sa stratégie même si Jean-Claude Gaudin prétend toujours ne pas être en campagne. Le quarteron de fidèles UDF au maire sortant ont réagi d’une seule voix, comme Yves Moraine (Conseiller municipal UDF) : » Trahison ! » ou Maurice Di Nocera (par ailleurs candidat à son renouvellement de Conseiller général UDF) : « deux listes de gauche vont s’affronter, celle de Guérini et de Bennhamias! » Si, au niveau national, les choses deviennent limpides, les baronnies locales craignent de perdre le peu de pouvoir qui leur reste. Le Béarnais avait prévenu, il prendrait tous les risques pour imposer son « autre » vision de la politique. Force est de constater que c’est chose faite à Marseille.

La rancoeur tenace, Rocca-Serra qui avait pourtant prétendu être fermement favorable à des listes autonomes dès le 1er tour semble déjà changer son fusil d’épaule et déclarait vendredi dernier : « Nous allons réfléchir. Soit on participe aux listes MoDem, soit on constitue nos listes centristes, soit nous faisons alliance dès le 1er tour (avec l’équipe Gaudin). Mais nous ne quitterons pas le MoDem car la ligne d’indépendance nous plaît ». Comprenne qui pourra, l’art du sophisme est très compliqué dans cette configuration et semble avoir été réglé par un Bayrou lucide. La fin du grand écart…

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Rocca-Serra en tête du sondage de Bayrou pour la tête de liste MoDem aux municipales de Marseille

Curieuse et insolite a été la réponse de Jacques Rocca-Serra hier soir sur le plateau de LCM. A la question de savoir s’il connaissait les résultats du sondage commandé par François Bayrou pour départager les 3 candidats MoDem de la prochaine élection municipale de Marseille, il répond sans ciller, « non, je ne les connais pas, j’attends que François Bayrou me les donne. »

Dubitative, la journaliste qui les connaît déjà tente, avec le sourire moqueur du genre vous vous foutez de moi non ?, traduit par un timide, « vous n’avez pas une petite idée? », le patron de l’UDF 13, flegmatique, tranche « pas d’idée du tout et je ne veux pas le savoir… mais le bon sens paraît le dire de lui-même… »

Cette insistance à nier l’évidence est révélatrice du positionnement presque intenable de Jacques Rocca-Serra. L’homme est rôdé à l’exercice depuis des décennies. Il a appartenu à toutes les majorités municipales depuis l’après-guerre, de gauche comme de droite : Defferre, Vigouroux et Gaudin. L’ancien Sénateur incarne sans nul doute « l’ouverture » à lui tout seul, non sans talents, il en faut d’ailleurs beaucoup pour s’adapter avec un tel brio aux alternances politiques locales, ce qui confine, chez lui, au grand art.

Indépendant au 1er tour, soutien de Gaudin au second !
Devançant de peu ses adversaires et néanmoins collègues du MoDem, J.-L. Benhamias et M. Boualem, il se proclame candidat bayrouiste. Mais comment pourra-t-il honorablement proposer aux électeurs l’indépendance du Modem alors qu’il est adjoint au maire de Jean-Claude Gaudin, chargé des relations internationales, du transport et de la Maison de l’artisanat? A ce niveau-là il ne s’agit plus de girouette, mais d’acharnement thérapeutique ! D’autant plus qu’il ne cache pas son intention de soutenir le candidat Ump au second tour. Un grand écart difficile à soutenir pour les nouvelles recrues du MoDem. Dans l’exercice de la langue de bois, il a donné hier soir sur LCM, un exemple d’une virtuosité rarement atteinte (cf vidéo).

Son challenger, le député européen Jean-Luc Benhamias fulmine et évoque déjà des primaires. Rien n’est joué donc. D’autant que le trublion ex-vert est membre de la commission nationale d’investiture du MoDem aux côtés de François Bayrou. Ce dernier viendra opportunément tenter de démêler l’écheveau centriste lundi prochain à Marseille… La fin du grand écart ?

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Marseille – Municipales 2008 : Le MoDem n’en finit pas de se déchirer

Bisbille au MoDem… Comme nous l’écrivions le 21 septembre dernier, le MoDem marseillais poursuit un déchirement interne où les mots se font chaque jour un peu plus affutés, pour ne pas dire, cruels. Si, au plan national, le parti n’est pas encore officiellement créé (il le sera lors d’un congrès fondateur, à Paris, les 1er et 2 décembre prochains), les personnalités centristes locales paraissent ne pas trouver de terrain d’entente.

Un bras de fer s’est engagé entre les anciens Udf et les nouveaux démocrates qui ont suivi Bayrou pendant la présidentielle. Autrement dit, entre l’actuel patron de l’Udf-13, Jacques Rocca-Serra  (adjoint au Maire Ump de Marseille, Jean-Claude Gaudin, après avoir été defferriste sous Defferre et vigouriste sous Vigouroux), et les transfuges des Verts, Jean-Luc Bennahmias (député européen), Christophe Madrolle (ancien leader des verts à la mairie de Marseille), voire les jeunes recrues MoDem comme Childéric Muller ou les tenants d’une voie « centrale » (ni gauche –  ni droite), comme Miloud Boualem (qui avait obtenu un score honorable aux dernières législatives dans le centre ville).

Pour dégager une tête de liste entre ces prétendants, Bayrou a pris une bien curieuse décision : faire faire un sondage auprès de 2000 Marseillais pour vérifier qui est le plus populaire ou, du moins, le plus connu. Le pourfendeur des sondages durant la campagne présidentielle, avant de s’en accommoder lorsqu’il devenait le 3ème homme, se sert donc de cet outil pour trancher dans le vif sans se mettre personne à dos sur le rives du Lacydon.

Si l’autonomie du MoDem pour le premier tour est acquise, la question se pose pour le second : rejoindre Jean-Noël Guérini, le candidat socialiste, patron du Conseil général des Bouches-du-Rhône ou le maire Ump actuel, Jean-Claude Gaudin ? L’enjeu est de taille car le parti de François Bayrou risque de faire ou de défaire une majorité à Marseille.

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L’élection municipale de Marseille se jouera au centre

www.laprovence.comIl rayonnait François Bayrou, dimanche dernier à Seignosse (Landes), devant 3000 militants acquis à sa cause. Enchaînant les uppercuts bien sentis, quelques-fois assassins, contre le président Sarkozy. Il faisait figure de réel leader de l’opposition, face à un Parti socialiste qui n’a plus de limites dans la cruauté de ses règlements de compte internes.

Si le Mouvement Démocrate (MoDem) est sur les rails au niveau national, l’acte de naissance est prévu pour la mi-novembre, sa stratégie locale est encore très floue, voire illisible à Marseille.

Une sorte de bras de fer semble se faire jour entre les anciens UDF et les nouveaux démocrates qui ont suivi Bayrou pendant la présidentielle. Autrement dit, entre l’actuel patron de l’Udf-13, Jacques Rocca-Serra (en photo, toujours adjoint au Maire Ump de Marseille, Jean-Claude Gaudin), et les transfuges des Verts, Jean-Luc Bennahmias (député européen), Christophe Madrolle (ancien leader des verts à la mairie de Marseille), voire les jeunes recrues MoDem comme Childéric Muller (candidat aux législatives dans la 1ère circonscription. Nous vous invitons à lire notre acte de contrition pour un candidat que nous jugions alors peu crédible à tort…).

MoDem : listes autonomes au 1er tour
Au retour de Seignosse, tous semblaient avoir retenu la règle du maître Bayrou qui préconise « que le MoDem soit présent dans le plus grand nombre de villes de façon indépendante au 1er tour ». Pour le 1er tour donc, tout est plutôt limpide, il y aura des listes autonomes sous l’unique bannière MoDem dans tous les secteurs de Marseille. Jacques Rocca-Serra, un temps tenté par la direction départementale du Nouveau Centre (mouvement d’élus Udf ayant rejoint la majorité sarkozyste), s’est finalement soumis du bout des lèvres, « il y a la place pour faire une liste autonome au 1er tour » déclarait-il le 18 septembre dernier à une journaliste de La Marseillaise, non sans préciser, « mais il faudra trouver des accords au second. »

C’est-là que le bât blesse. Clairement favorable à une union avec l’Ump, le leader de l’Udf-MoDem 13 (ou l’inverse, on ne sait plus…), est très nettement contesté à l’interne par les nombreux nouveaux adhérents qui suivent le chef charismatique Bayrou dans sa politique d’affranchissement droite-gauche. Celui qui fut vigouriste sous Vigouroux et defferiste sous Defferre avant d’être gaudiniste sous Gaudin semble désormais lâché par sa base et par les instances nationales. Tout l’oppose au trublion Bennahmias qui s’est d’ores et déjà déclaré « candidat à la candidature » tout en précisant néanmoins n’être « pas du tout en lutte contre Jacques Rocca-Serra », lequel lui rétorque pourtant, par voie de presse « qu’il [J.-L. Bennahmias] ne lui semble pas le mieux placé pour trouver des accords au second tour. Ni a droite, ni à gauche ». Ambiance…

Le MoDem est devenu central, même à Marseille
La chose pourrait faire sourire si l’enjeu n’était pas stratégique pour l’élection du futur Maire de Marseille. Certes, F. Bayrou était en deçà de la moyenne nationale à Marseille lors de la présidentielle, 14,1% pour 18,57%. Mais l’Udf avait fait un bon notable de 8,56% par rapport à 2002 et réitéré son emprise pour les législatives dans les arrondissements centraux, dépassant quelques-fois les 10%, comme Miloud Boualem dans le 1er avec 11,94%.

Ces résultats ont été, nul doute, finement analysés dans les états-majors politiques marseillais. C’est pourquoi les deux candidats officiellement déclarés pour l’élection municipale de mars 2008, Jean-Claude Gaudin (Ump) et Jean-Noël Guérini (Ps), font œuvre d’ouverture plus que de coutume. Le premier round ayant été gagné par le challenger socialiste qui a réussi à débaucher Karim Zeribi, chantre national de l’intégration et de l’égalité des chances, très convoité par J.-C. Gaudin (lire notre article).

Qui ouvrira plus que l’autre ?
Les déclarations du redouté patron socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône, ne font aucun doute, il affirme sur son blog « l’ouverture, je la pratiquerai avec des personnes très différentes, même celles qui ont votées pour Nicolas Sarkozy et François Bayrou mais qui apporteront leur richesse intellectuelle, leur savoir-faire, celles qui font l’intelligence de Marseille », en même temps que Jean-Claude Gaudin se sent contraint d’ouvrir large les voiles de la prochaine équipe, « l’ouverture, on sera obligé de la faire », concède-t-il, non sans faire grincer des dents aux membres de son équipe actuelle. Les deux ont saisi l’enjeux : l’élection se fera au centre.

Guérini a des atouts, Gaudin des risques
L’atout de J-.N. Guérini, candidat pour la première fois à la tête d’une campagne municipale « générale » sur Marseille, est de refuser toute alliance de parti, notamment avec un Parti communiste moribond, laminé, mais à qui il propose quelques places pour sauver les meubles et récupérer les dernières poches communistes « historiques », avec des figures comme Annick Boët et Frédéric Dutoit (encore maire du 15ème et 16ème arrondissement mais perdant aux dernières législatives contre le socialiste Henri Jibrayel, un très proche de Guérini). Sans union d’appareils, mais avec une union de la gauche faite autour de lui, pour la première fois depuis des lustres, autant dire depuis l’après-guerre. Le candidat socialiste fait l’unanimité, et a, de fait, les coudées franches pour pouvoir « ouvrir » ses listes au centre droit.

Jean-Marc Coppola, patron des communistes marseillais fulmine, invite officiellement au dialogue des forces de gauche autour d’une table pour établir un programme, en menaçant le candidat Guérini, mais n’obtient qu’une fin de non recevoir… Pendant ce temps, Guérini semble avoir rencontré lesdits Bennahmias et Madrolle… On ne nie pas mais ne confirme rien du côté du bateau bleu (siège du Conseil général des Bouches-du-Rhône). Le centre fera l’élection, comme à Paris, à Lyon, à Bordeaux, à Toulouse, laisse-t-on entendre…

Gaudin dans l’expectative avant de porter l’estocade ?
Jean-Claude Gaudin, fin politique, sait que le terrain devient poreux, il fait mine de poursuivre son œuvre municipale, sans aucun commentaire. Il sait que sa notoriété dépasse, et de loin, celle de Guérini. Sa popularité est toujours de mise, même s’il a raté certains enjeux attendus par ses administrés, comme l’écologie, avec un incinérateur très impopulaire, implanté en dehors de Marseille il est vrai. A son crédit, le décollage du quartier d’affaire Euroméditerranée, la réhabilitation des avenues autour du tramway, notamment la rue de la République.

Il attend et prépare la riposte à coup de surprises promises en termes d’ouverture, convaincu que deux mandats ne suffisent pas pour finaliser son œuvre… Pour ne pas ouvrir surtout une guerre entre prétendants, ceux qui le voient déjà à la présidence du Sénat, loin, si loin de la Canebière…

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