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Valérie Boyer, (députée des Bouches-du-Rhône) : une ascension qui dérange. Surtout à l’UMP…

valerie boyerChoisie en 2001 par l’équipe Gaudin pour redonner un coup de jeune à la droite marseillaise, Valérie Boyer, ancien cadre hospitalier, a su profiter de cette belle opportunité pour devenir un personnage politique qui compte.

« Enthousiaste et  plutôt sympathique, elle faisait partie d’un vivier qu’on regardait d’un œil bienveillant. C’était bien pour notre camp. »  se souvient, entre nostalgie et paternalisme, Renaud Muselier. Sauf qu’aujourd’hui son ascension, quelque-fois comparée à Ségolène Royal pour ses prises de positions sociétales, fait grincer beaucoup de dents, à commencer par « celui qui l’a fait naître » en politique, Jean-Claude Gaudin.

Ayant, contre toute attente, mis fin à la dynastie de la famille Masse dans la 8ème circonscription de Marseille, la candidate UMP s’offrait six ans plus tard une belle victoire politique qui allait la conduire directement sur les bancs de l’Assemblée Nationale. Le voyage initiatique en politique venait alors de commencer : Obésité infantile, lutte contre l’anorexie, proposition de loi sur les retouches photos dans la presse, allongement du congé maternité, l’achat des fruits et légumes avec les tickets repas, remboursement de la pilule contraceptive…

Autant de dossiers qui lui permettent d’occuper régulièrement le paysage médiatique. Plus rien ne semble devoir arrêter Valérie Boyer. Sauf, peut-être, les caciques UMP locaux…

Victime du redécoupage électoral ?
A l’entendre certainement. Tandis qu’un consensus méridional sur le redécoupage électoral se mettait en place entre le préfet Michel Sappin, le sénateur-maire Jean-Claude Gaudin et le Président du Conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini, la députée montait au créneau pour défendre sa circonscription.

Lors de la dernière réunion du groupe UMP, elle fit une entrée fort applaudie, en lançant : «Je suis spoliée de la moitié de ma circonscription, et ce sont les bons bureaux». Peut être parce que la dynamique députée ose dire tout haut ce que beaucoup pense tout bas dans les rangs silencieux de la Sarkozie.

Ne pouvant cacher sa colère après avoir découvert dans la presse le projet préfectoral de redécoupage, réalisé sans concertation avec les députés sortants, Valérie Boyer a vite fait les calculs et compris que ledit redécoupage se ferait au détriment de son avenir politique. Cette circonscription législative, arrachée de haute lutte en 2007, deviendra plus que compliquée à conserver en 2012 après les retouches du secrétaire d’État à l’Intérieur Alain Marleix.

Craignant que ce qui fut jadis son tremplin ne se transforme en un véritable guet-apens, la députée s’est alors largement épanchée, dans la presse notamment, sur son sort. Autant de confidences et de déclarations qui n’ont pas manqué d’envenimer des rapports déjà fort tendus avec le maire de Marseille, peu avare en menaces. Lire la suite

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Régionales en PACA : Sarkozy trancherait pour l’UMP Thierry Mariani ?

sarkozy marianiCôté Face : le chef de l’Etat se rend aujourd’hui en Avignon pour présenter son plan « Agir pour la jeunesse » et rencontrer les étudiants de l’IUT et de l’École hôtelière.

Côté Pile : Nicolas Sarkozy, qui a peu goûté le désistement d’Hubert Falco comme tête de liste UMP aux régionales, dicté selon lui par un manque de courage, entend choisir rapidement le futur adversaire de Michel Vauzelle (Président socialiste sortant de la région Paca).

Convocation vaut raison… Tous les candidats putatifs du parti présidentiel étaient présents dans la cité papale aujourd’hui pour un conclave régional au sommet.

Hubert Falco jette l’éponge
Jusqu’alors pressenti comme le candidat incontestable, Hubert Falco, actuel Maire de Toulon et Secrétaire d’État à la Défense et aux anciens combattants a jeté un pavé dans la marre en annonçant le 18 septembre dernier qu’il avait décidé de ne pas se présenter : « Je donne ma priorité à Toulon et aux Toulonnais », a-t-il expliqué avec gravité au cours d’une conférence de presse. « Je ne veux pas rompre les liens de confiance qui nous unissent depuis 2001 et qui ont été renouvelés, à hauteur de 65% des suffrages, dès le 1er tour des municipales de 2008. Ce sont les Toulonnais qui m’ont donné ma légitimité. Je dois respecter leur vote » ajoutait-il.

Une annonce d’autant plus surprenante que le Président de la Commission d’investiture de l’UMP, Jean-Claude Gaudin, n’hésitait pas à affirmer lors de son entretien de rentrée politique donné le 28 août 2009 à Objectif Méditerranée, « Nous sommes tous unanimes pour dire qu’Hubert Falco sera notre meilleur candidat. Notre camp est uni, il est soudé. »

Faut-il entendre donc que le parti présidentiel devra se contenter d’un deuxième choix ? Pour Hubert Falco, son retrait n’a en aucun cas pénalisé son camp, sa décision intervenant à temps pour permettre à son parti de s’organiser. La validation des têtes de liste et des chefs de file départementaux n’intervenant qu’en novembre lors de la convention nationale.

C’est donc dans une longue lettre adressée au chef de l’Etat et après avoir été reçu à la suite du Conseil des ministres, que le maire de Toulon aurait pris sa décision, se défendant de vouloir conserver coûte que coûte son portefeuille gouvernemental pour une hypothétique victoire régionale.

Mariani, le nouveau joker élyséen ?
Depuis le 18 septembre, le marigot Umpiste s’agite. Dans les starting blocks, Guy Tessier et Bernard Deflesselles, députés des Bouches-du-Rhône, redoublent d’arguments par interviews interposés pour légitimer leur candidature à la présidence de la Région. Info ou intox, tous deux affirment avoir le soutien des parlementaires. Bernard Deflesselles en rajoutant une louche, la plus digestive, celle d’avoir les encouragements de Nicolas Sarkozy.

Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier n’ont, quant à eux, guère attendu pour pousser, plus que de mesure, l’option Deflesselles, et montrer une fois de plus, leur inimitié envers Guy Teissier. Ce dernier n‘avait donc d’autre choix que de sortir du bois promptement, « j’en ai marre de toujours laisser passer mon tour » déclarait-il récemment au quotidien La Provence.

Il est vrai que du côté de la mairie du 5e secteur de Marseille, l’image droitière de Guy Teissier a de quoi rassurer un électorat en quête d’un marqueur identitaire doté d’une forte implantation locale. Ainsi, il ne manque pas de rappeler son engagement « écologiste » au profit de la biodiversité par la création du Parc national des calanques ainsi que sa forte implication dans les milieux économiques avec la présidence d’Euroméditerranée.

Ce à quoi, Bernard Deflesselles, en quête de popularité, répond en arguant une légitimité acquise au terme de 17 années passées au sein de la Région lui conférant une certaine technicité et expérience des dossiers structurants de cette institution.

Si les médias marseillais se délectent de ce duel, la question du choix du candidat de droite est loin d’être réglée. A l’affut de la moindre indiscrétion, c’est aujourd’hui l’éventuelle candidature de Thierry Mariani, député du Vaucluse, qui agite les salles de rédaction. Sherpa officiel du voyage présidentiel en Avignon, la rumeur court que Sarkozy l’aurait déjà choisi.

Se montrant jusqu’alors très hésitant au prétexte de sa récente mission de représentation nationale en Afghanistan et au Pakistan, l’ex maire de Valréas, testé par un sondage de notoriété secret interne à l’UMP, se dit désormais intéressé par cette opportunité.

[Et pour cause, il arriverait selon ce sondage en deuxième position, derrière Renaud Muselier (candidat malheureux en 2004).

Reprenant un « morceau choisi » de La Provence, Thierry Mariani publie sur son blog, en page d’accueil :  » Hier le chef de l’État a évoqué les élections régionales dans l’avion entre Avignon et Paris après son discours sur les jeunes. Dans l’appareil, Guy Teissier, député des Bouches-du-Rhône, candidat déclaré, et Thierry Mariani, député du Vaucluse, à qui il a demandé, en catimini, s’il était intéressé. Sa réponse a fusé : « Je suis disponible. » D’après un conseiller du Président, c’est sa notoriété qui mettrait Thierry Mariani en pôle position face à Guy Teissier et Bernard Deflesselles, députés des Bouches-du-Rhône. L’Élysée devrait rapidement se déterminer pour choisir son candidat face au Président PS sortant Michel Vauzelle ». Comment tuer ses amis ? C’est fait !

Pourtant, ledit sondage donne vainqueur Vauzelle dans toutes les configurations…] *

Les cibles UMP : Vauzelle ET Le Pen
Mais comme souvent en PACA, une troisième force vient brouiller les cartes et s’invite dans les débats : Jean-Marie Le Pen qui, dans un ultime combat politique, compte bien mettre un terme à la « propagande immigrationniste » du gouvernement. Or, selon le sondage confidentiel de l’UMP, le patron d’un Front national ruiné ferait encore 10%…

Ainsi, au-delà d’un adversaire coriace de Michel Vauzelle, le Président ne chercherait-il pas d’abord à siphonner la campagne du FN en présentant l’homme de l’amendement ADN au regroupement familial ? On comprend mieux, dès lors, les récents confidentiels élyséens publiés par Le Figaro voyant en Thierry Mariani un homme capable de reprendre le flambeau régional : « Il a plus de notoriété, il pourra mordre sur l’extrême droite, et il est le plus politique. »

Reste enfin la possibilité d’un parachutage de prestige : Le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre ou le Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, l’arlésien Henri Guaino ? La fumée blanche devrait assurément sortir du conclave avignonnais…

——————————

* Pour la bonne lecture de nos lecteurs et pour l’absolue transparence de notre démarche, les propos entre crochet […] ont été rajoutés, en fonction de l’actualité, à 23h45, le 1er octobre 2009.

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Trahisons, surprises et cohabitation : la saga de la Communauté urbaine de Marseille

La politique c’est comme les saisons, ça ne s’arrête jamais. Chaque jour égrène son lot d’informations plus ou moins importantes, anecdotiques ou essentielles. Pourtant, la torpeur du mois de mai a nettement ralenti le rythme de l’information et le pluvieux mois de juin qui s’ouvre ne change guère la donne. Pas grand chose à se mettre sous la dent. Nous en avons profité pour prendre du recul et nous recentrer : « celui qui disperse ses regards sur tout ne voit rien ou voit mal » disait Diderot. Moment de grâce où l’écume des choses prend un relief particulier, la sensation d’être maître de son temps.

Le Président Sarkozy semblait s’être résolu, lui aussi, à ralentir la frénésie de sa praxis politique. Il se recentrait, paraît-il, sur l’ordre « spirituel » de la fonction, se retaillait un costume plus traditionnel, pas moins humble mais plus distant. Même l’anniversaire de sa première année présidentielle, très contrastée, fut fêté en toute discrétion, dévissage dans les sondages oblige. Rien de passionnant…

Alors, peut-être est-il temps de revenir à ce qui a marqué l’histoire politique récente de Marseille. L’élection, contre toute attente, d’Eugène Caselli (PS) à la tête de la Communauté urbaine de Marseille (MPM) et donc de l’étouffement politique et financier de Jean-Claude Gaudin (UMP), réélu pour un 3e mandat, maire de Marseille. Récit.

Après les dernières élections municipales le premier président de la troisième agglomération de France, Jean-Claude Gaudin, avait décidé de laisser sa place à un autre… Son ex-premier adjoint Renaud Muselier était alors naturellement désigné. Le deal avait été conclu pendant la campagne, « tu restes fidèle, tu fais campagne et je te donne l’agglomération » avait probablement lancé l’édile marseillais à l’éternel dauphin. C’était sans compter sur une règle d’or en politique : après moi le déluge ! Face à lui, Eugène Caselli, 61 ans, discret patron de la fédération du Parti socialiste et fidèle de Jean-Noël Guérini, le président du puissant Conseil général des Bouches-du-Rhône. Lire la suite

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Marseille-Municipales 2008 : pourquoi Guérini peut gagner ?

La trêve des confiseurs achevée, les festins digérés, les voeux officiels diplomatiquement émis, voilà que la praxis politique se réactive à 8 semaines de scrutins électoraux essentiels.

A Marseille, l’équipe sortante prétend toujours ne pas être du jeu, le nez plongé dans les dossiers à achever dare-dare avant la fin du mandat pour honorer un maximum de promesses faites 7 ans plus tôt. Pas dans le jeu, mais pas absent du jeu… Lorgnant sur le programme de son adversaire, elle tente de le désamorcer avant d’entrer en lice (ce serait pour le 9 février selon l’Hôtel de Ville…). Pour preuve, l’annonce inattendue de Jean-Claude Gaudin, faite hier soir, d’ouvrir le métro jusqu’à 23 heures à partir du 15 février, alors que le challenger socialiste propose une fermeture à minuit en semaine et une heure du matin le week-end. Ainsi, ce qui n’a pu être fait en 30 ans le devient miraculeusement à quelques jours du 1er tour des municipales. Sauf que les agents de sécurité devraient, quant à eux, quitter les stations pour cause de convention collective, à 21h30 ! Un hiatus à régler fiça…

Mais les fissures internes ne peuvent plus se taire, chacun mordant sur le territoire de l’autre quand le grand chef non encore contesté, Jean-Claude Gaudin, toujours d’active, ronge son frein et lâche avec véhémence mais parcimonie quelques salves bien senties.

De l’autre rive, Jean-Noël Guérini, le challenger de gauche, est sur tous les fronts, 18 heures sur 24, au point où La Provence , établissant un état des lieux de rentrée, reconnaît :  » Il court, il court, sans interruption depuis le 8 septembre, jour de l’annonce de sa candidature… On l’aura vu partout » non sans noter « les dangers de l’essoufflement « . L’homme a de la ressource, éprouvée à la tête du deuxième département de France depuis bientôt 10 ans, épuisant à l’extrême ses plus fidèles collaborateurs, avec les lauriers incontestables que l’on sait, on a rien sans rien.

Mais, au-delà des personnalités inhérentes aux deux principaux concurrents en lice, c’est aussi deux cultures, deux méthodes, deux gestions d’agenda qui seront proposées aux électeurs en mars prochain. Un passionnant moment de démocratie s’annonce enfin à Marseille. Il sera respectueux en façade, les deux hommes se connaissent et s’apprécient, sans nul doute, mais redoutable dans la coulisse : bilan contre projet.

Les deux peaufinent, débauchent, charment, testent, calculent, épient, reniflent, tâtent, comptent… Tous deux doivent aussi apprécier les rapports de force qui, compte tenu des résultats de la présidentielle et des législatives, somme toute assez récentes, ont vu émerger à Marseille, des ressources à même de faire ou défaire une majorité.

Nous vous invitons dans ce papier de rentrée à vivre l’envers du décor, selon nos sources, sérieuses, mais aussi les échos, le pouls du marigot, de la pièce de théâtre politique qui se profile. Levé de rideau !

Gaudin dans le rôle de la tortue active

Moi je gère, lui promet. Pour qui l’aurait oublié, il est toujours, pour quelques semaines encore, maire de Marseille ! Sans qu’il l’ait dit en ces termes, il vend à chaque interview l’agitation naturelle de son challenger et sa propre maîtrise des rennes du pouvoir. Même s’il perd de plus en plus régulièrement son calme, nous l’avons souvent souligné dans nos colonnes, le patron de la ville travaille et ne pense pas encore aux élections.

Pourtant, en fin de spectacle, il ouvrait récemment le rideau de La Chaine Marseille (LCM), un de ses bébés audiovisuel (canal pour l’heure encore objectif sauf que son PDG serait, selon nos informations, invité à quitter ses fonctions dans les jours qui viennent, trop objectif en période électorale sans doute…), pour déclamer à l’endroit de Jean-Noël Guérini :  » Il promet tout azimut et sans chiffrage particulier. Quand on est au pouvoir on sait que faire des promesses… Ce n’est pas une bonne chose ! ». Dénué de mémoire, son programme de 2001 « A un million de Marseillais » (on était déjà loin du compte à 880 000 habitants) en était absout. Il réitérait hier encore, lors de la présentation de ses candidats aux cantonales, pour tacler l’avance et l’occupation du terrain de son adversaire, « depuis le début de la campagne, il s’enlise, il n’a que de bonnes intentions, il critique, mais n’a aucun chiffrage ! »

Tout cela est de bonne guerre et, hormis les pagnolesques sentences, quelques-fois heureuses et, sous couvert d’un accent ensoleillé, cruelles, force est de constater qu’elles sont matinées à l’aune de la mauvaise foi électorale, rien que de très normal en somme, (NDLR : le chiffrage du projet de Guérini devrait être rendu officiel le 6 février lors d’un meeting de campagne).

Dans le sillage du Président de la République, Nicolas Sarkozy, qu’il affectionnât sur le tard et fort opportunément, mais qui n’est toujours pas encore sa tasse de thé, il a cherché toutes les stars audiovisuelles possibles dans le périmètre de sa Communauté urbaine pour magnifier son nimbe électoral. Après avoir fait planer le doute sur le retour de Bernard Tapie, enfin démenti mais reconnaissant que des contacts avaient été pris sérieusement, Jean-Pierre Foucault et Nathalie Simon, ont répondu non à son invite. On notait néanmoins la présence de la belle véliplanchiste à ses voeux lundi soir au Parc Chanot. Hormis les journalistes de renom, qui ont juré l’impartialité en retoquant les sollicitations municipales : « je ne parlerai pas de Marseille », comme Franz-Olivier Giesberg (heureux d’être anonyme à St Victor), Basile Boli a, semble-t-il, décliné l’offre aussi, fort de la paillette offerte par son alter ego footballistique avec catogan de l’OM dans la mandature précédente, qui n’avait pas donné satisfaction, trop libre et fort en gueule, pour des salaires difficiles a assumer dans une ville exsangue (NDLR: Marseille demeure l’une des villes les plus endettées de France avec près de 2400 euros de dette par habitant et l’une des villes où l’impôt rentre le plus difficilement avec 49% d’assujétis…). Reste que nous devrions être surpris sur la fin… Jean-Claude Gaudin est fin un charmeur, il sait convaincre… Il nous réserve des surprises, pour sûr. Usant de ses relations parisiennes à l’UMP, il vient toutefois d’appeler à la rescousse – signe de fébrilité ou démonstration de force ? – Le 1er ministre, François Fillon, à Marseille, lundi prochain.

Cette visite vise-t-elle à faire oublier le départ de Thierry de La Brosse, Directeur général de l’OM, déclaré à la presse aujourd’hui, écoeuré par les manoeuvres et les transferts de gros sous qui lui échappent désormais ? Sans compter le fait que son frère devait s’occuper de sa net-campagne, comme il l’avait fait pour la candidat Sarkozy. Probablement pas, cette agitation, un peu paniquante, sans être officiellement en campagne, provient seulement du fait que les sondages de L’UMP sur Marseille sont alarmants pour le Président de la République qui a fait décréter l’état d’urgence par Patrick Devedjian, patron du parti présidentiel, ce qu’a très peu goûté l’édile local. Sans y croire vraiment, Sarkozy a senti que le dernier round poussif de Gaudin est difficile, et a donc opté pour la nationalisation politique du défi, lui et lui seul, bling-bling… Impossible à recevoir, selon-nous, à Marseille, ville naturellement réfractaire à une politique conduite par Paris et par des attitudes « people » si loin de sa culture populaire et sans formalisme… Reste que Gaudin est furax de voir le bientôt jeune époux présidentiel venir jouer sur ses terres… Sans autre forme de procès que la monopolisation de son champ politique.

Pour l’heure, ne lui reste donc que le très faible Philippe San Marco, leader de la gauche déçue d’il y a 20 ans. Cette gauche brillante et intellectuelle, qui n’a jamais su trouvé son électorat à Marseille. Tout comme Michel Pezet, injustement régicide dont on pressentait, ici même sur ce blog, le retour électoral sur les rives du Lacydon dans la besace du maire sortant, faute d’un impossible succès à Aix-en-Provence (Supposition? Supputation ? Les pourparlers étaient réels, nous jurons !). Loin d’une ouverture, et avec raison, Jean-Claude Gaudin tente de recycler les cerveaux désavoués par les cénacles Defferristes intransigeants, très lointains de toutes facultés de pardon. Regrettable, pour le coup, une chance manquée… Si seulement l’intelligence avait triomphée?

En attendant, l’usure du pouvoir aidant, le vent politique tournant, le brillant Guy Teissier lorgne avec gourmandise sur le poste de 1er adjoint, détenu par Renaud Muselier. C’est dit avec élégance, du genre « on s’aime tellement que ça se passera en bonne intelligence », mais quand même… Guy Teissier, le moins bien servi de l’équipe gaudiniste ces dernières années, est devenu incontournable. Il exigera et obtiendra sûrement quelques lauriers. Pas un poste de secrétaire d’Etat à la défense pour l’heure puisque le remaniement ministériel semble être repoussé à l’après-municipale. Mais l’urgence interne pour Gaudin aujourd’hui c’est assurément de flatter son Teissier. Retenons, quand-même, qu’il n’est toujours pas en campagne, bien sûr… 😉

Guérini dans le rôle du prétendant amoureux

« Vous pouvez dire tout ce que vous voulez, même mes collaborateurs les plus directs, même ce que je lis sur Internet, personne n’aura les 200 mètres d’avance sur moi » déclarait Jean-Noël Guérini récemment à ses proches, « C’est moi qui décevrait, c’est moi qui déciderait, les noms, les postes, les secteurs, de mes têtes de liste ». La surprise n’a pas trainée. Prenant courageusement le risque d’aller affronter Renaud Muselier et Bruno Gilles sur leurs terres du 3ème secteur (4ème & 5ème arr.), le candidat socialiste ne manque pas de panache de quitter son confortable fief du Panier. « J’ai la gagne », déclare-t-il à l’envi.

Premiers commentaires entendus : il s’agit de l’attitude d’un homme qui est en confiance… Pour gagner, il faudra en effet prendre des risques. Autre commentaire : « C’est sacrément courageux ! » En fin politique, l’homme en est conscient. Même ses amis du Panier semble plutôt le bien vivre, sûrs, trops sûrs ? Lisette Narducci a, en effet, émis et fait ce qui était en son pouvoir pour être juste et efficace, autant dire pas grand chose, malheureusement, au regard de ce qui est accordé aux mairies de secteurs. Elle est très apréciée néanmoins. Renaud Muselier prédit naturellement à Guérini une « double peine », en guise de double défaite, dans son secteur, bien sûr, et sur l’ensemble de la ville puisque le candidat de gauche proclame qu’il est d’abord candidat partout. Hier encore, Jean-Claude Gaudin, toujours pas en campagne, reprenait les propos de son 1er adjoint quasiment in extenso pour marteler l’évidence, nous avons reçu la provocation 5/5 ! Il est vrai que Renaud Muselier, candidat malheureux aux régionales de 2004, prédisait la même gamelle à Michel Vauzelle en critiquant son « bilan zéro ». On connaît la suite. Bon signe pour les supporters de gauche… Muselier est tellement aimé, nous le savons, par ses amis…

Jean-Noël Guérini, solide dans son intuition, a présenté ses têtes de liste à la presse mardi matin. Savant dosage : François Franceschi, ophtalmologiste de renom international, sera candidat (viré des instances dirigeantes nationales de l’UMP depuis 3 jours) à l’ouverture dans le 4ème secteur (6ème & 8ème arr.). L’actuel patron du département, s’appuiera aussi sur une équipe très féminisée : Samia Ghali dans le 8ème secteur (15ème &16ème arr.), Lisette Narducci dans le 2ème (2ème & 3ème arr.) et Sylvie Andrieux dans le 7ème (13ème & 14ème arr.). Reste quelques poids lourds politiques, tous souhaitant en découdre après quelques échecs passés, René Olmeta, ancien candidat malheureux aux dernières municipales de Marseille, dans le 5ème (9ème & 10ème arr.), Christophe Masse qui rêve d’une revanche après les législatives perdues à l’arrachée dans son fief du 6ème secteur (11ème & 12ème arr.) et, bien sûr, son directeur de campagne, le bouillant Patrick Mennucci, qui veut relever le défi, perdu en juin dernier, à 248 voix, dans le 1er secteur (1er & 7ème arr.).

Au-delà des postures officielles, le candidat, et ce n’est pas l’une de ses moindres qualités, sait s’entourer. On lui reproche son manque de brio, il pourra compter sur des collaborateurs redoutables et dévoués au Département. Citons son directeur de cabinet, Pascal Marchand, l’homme de l’ombre. Machine laborieuse, efficace, juste et quelque-fois sombre, il sent les dossiers d’avenir, les mature et les travaille, il sait, à l’occasion, séduire. Un protestant carré qui contrôle et est à la manoeuvre, une chance inouïe pour Guérini qui joue, comme Gaudin, de l’affectif. Dans la même veine, Jean-François Noyes, son ancien Dir Cab, désormais candidat aux cantonales, qui contrôle les réseaux… Mais aussi son épouse, Martine Guérini, spirituelle au possible, drôle et très au fait de l’intérêt de son époux, utilise d’un sourire ses réseaux juridiques (elle est avocate) et de son entregent dans la haute société marseillaise. Mais, dans le deuxième ou troisième cercle, force est de constater que tous lui vouent une dévotion réelle, l’homme sait plaire et convaincre, nul doute. C’est une force.

Bennahmias dans le rôle du petit poucet

Nonobstant la rumeur du débarquement de Patrick de Carolis, actuel patron de France-Télévision, comme candidat à Marseille, le Modem est enfin sorti de son psychodrame en donnant la prime à la tendance « gauche » d’un jeune mouvement hétéroclite. Jacques Rocca-Serra, son ancien leader affilié à toutes les majorités d’après-guerre (Defferre, Vigouroux, Gaudin), actuel adjoint du maire sortant, a été désavoué après moultes péripéties par le 3ème homme de la présidentielle, François Bayrou, préférant miser sur Jean-Luc Bennahmias.

Ce dernier, très actif depuis l’officialisation de sa candidature a cependant plus l’image d’un Vert que d’un transfuge démocrate-chrétien. Il devra jouer d’un grand sens diplomatique, pour rallier les anciens UDF et les nouveaux MoDem, autant dire les centristes de droite et de gauche ou, en d’autres termes, les jeunes recrues Internet de la présidentielle, fascinées par le projet de Bayrou et les partisans soigneusement peignés depuis des années par les réseaux de l’adjoint aux transports, aux relations Internationales et à la Maison de l’artisanat de Jean-Claude Gaudin.

Lors des vœux de Michel Vauzelle, jeudi soir à la Région, la chose n’était assurément pas acquise. Bennahmias n’a pas daigné saluer Rocca-Serra, du moins sur la scène, et a bien pris soin de s’éloigner de son collègue, trop de photographes sans doute, ambiance…

Le pari de Bayrou a ses limites à Marseille, nous l’avons quelques-fois regretté dans ces colonnes. L’influence des réseaux de Rocca-Serra nuiera, nul doute, au candidat centriste qui ne semble pas encore enraciné à Marseille malgré son travail de terrain. A Marseille, la clef est de se faire aimer. Saura-t-il, durant la courte, très courte campagne, trouver l’écho et la résonance qu’il désire en termes électoraux ? Là se joue, selon-nous, l’élection du futur maire de Marseille.

Le pari est risqué, pas impossible. Tout dépendra des résultats obtenus par quelques figures locales, dont certaines ont obtenu des scores très honorables aux législatives : Christophe Madrolle, Miloud Boualem… Score à même de faire basculer les majorités. Le choix de Bayrou, imposant Bennahmias malgré des sondages plus favorables à Rocca-Serra, laisse supposer au deuxième tour la perspective d’alliances avec les listes de Jean-Noël Guérini.

Ce dernier, déclarait hier encore qu’il ne souffrait aucun accord d’appareil mais qu’il était tout à fait disposé à accueillir sur son projet les candidats MoDem ayant recueilli plus de 5% au 1er tour (seuil nécessaire, selon la loi, à la fusion de liste).

Coppola, dans le rôle de la grenouille plus grosse que le boeuf

Dépouillé de tous ses leaders, puisque la quasi-totalité des élus communistes marseillais ont rallié Jean-Noël Guérini dans sa campagne (le sénateur Robert Bret, Frédéric Dutoit, dernier maire communiste d’arrondissement des 15ème et 16ème arrondissements, Annick Boët, ancienne patronne du groupe municipal et 11 des 13 conseillers municipaux communistes), la fédération du PCF 13 ressemble à ne pas s’y tromper, à une coquille vide.

La résistance désespérée de Jean-Marc Coppola, son leader, après avoir gonflé le torse, jouer l’intox, pour appeler Guérini autour d’un table de négociation, n’a pu que se contraindre à venir faiblement négocier avec lui à la ruche (QG de campagne du candidat socialiste, place du 4 septembre). Il a eu beau menacer d’un ralliement à la liste de l’extrême gauche, les dés étaient jetés : 70% des militants ont préféré l’alliance avec le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Jusqu’à la lie, il a dû boire la ciguë, puisque même l’extrême gauche, que l’on a connu plus vindicative, laisse entendre qu’elle sera moins « radicale » au second tour pour soutenir… Jean-Noël Guérini et faire battre coûte que coûte Jean-Claude Gaudin!

Bref, les jours passent et la perspective de voir Jean-Noël Guérini accéder à la mairie de Marseille devient de plus en plus crédible. Reste que Jean-Claude Gaudin a tout à perdre, il aura 75 ans au sortir de son hypothétique réélection pour un 3ème mandat à la tête de Marseille et, très au fait des combats politiques, sortira, sans nul doute, la grosse artillerie pour gagner. Un duel de titans est engagé…

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