Archives mensuelles : avril 2007

La Royal indifférence de La Provence

C’est marrant, ça , tout de même…

Dans son édition de ce jour (18 avril 2007), La Provence brosse quelques portraits d’électeurs, anonymes ou un peu moins. Procédé louable, qui ne mange pas de pain.

Le seul hic, c’est qu’aucun des témoins retenus n’ait choisi de voter Ségolène Royal. Il y a du Sarkozy, de l’antilibéralisme culturel, du Bayrou fildefériste, mais pas un des portraits n’évoque l’intérêt de voter pour Royal.

Que La Provence en pince pour Sarko, on le savait… Qu’elle déroule le tapis rouge à Gaudin, cela fait partie de la longue tradition de pusillanimité de la presse quotidienne régionale française face aux baronies politique, religieuse, institutionnelle et économique (de Defferre à Gaudin, la même constance : dès que le vent soufflera, je repartira dans le bon sens !).

Mais que ce quotidien fasse l’impasse aussi grossièrement sur Ségolène Royal qui, jusqu’à preuve du contraire, a quand même quelques réelles chances de l’emporter, c’est une faute professionnelle dont on ne pouvait pas imaginer la portée.

Et dire que les journaux régionaux vendus aux castes locales pleurent tous les jours sur l’érosion continue de leur lectorat ! Avec cette double page, ce n’est plus de l’érosion, c’est du suicide…

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Guérini-Rocca-Serra en tandem ? Childéric comme marqueur d’une autre façon de faire de la politique ? Les limites locales du pari national de Bayrou !

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On peut entendre, voire approuver le discours de François Bayrou sur la nécessité d’un rapprochement stratégique entre l’Udf et le PS. Comme Michel Rocard aujourd’hui dans les colonnes du Monde, de plus en plus d’électeurs sympathisants du PS le souhaitent.

Pour faire barrage à l’axe UMP-FN, de plus en plus clairement affirmé (même si je me refuse à la tendance diabolisante de Sarkozy, qui n’est pas le vilain facho déguisé que l’on dit), le centre et la gauche doivent trouver un terrain d’entente.

Le problème n’est pas au niveau national. Il se pose de manière plus problématique à l’échelle locale : François Bayrou était à Marseille hier soir, cornaqué de Jacques Rocca-Serra, le Lucky Lucke du tournage de veste, et Maurice Di Nocera, un gentil garçon qui ne ferait pas de mal à une coccinelle.

Ces deux élus travaillent avec l’UMP locale, sans état d’âme. Et je ne vois pas comment le désir d’affranchissement de Bayrou pourrait venir changer cette réalité établie, qui n’a rien de contestable sur le fond mais qui décrédibilise de fait le désir à peine sussuré par Bayrou, à peine perçu lorsque l’on approche l’oreille de ce qui est écrit entre les lignes : la claire volonté de Bayrou de passer un deal avec le PS.

Alors, Guérini-Rocca-Serra en tandem en mars 2008 ? Qui y croit ? Qui veut y croire ? L’idée n’est pas saugrenue mais elle semble comme dépassée par l’impulsion que donne Bayrou à cette hypothèse.

Tous les articles nationaux, trop rares, sur les rapports locaux entre l’UMP et l’UDF démontrent le lien organique entre ces deux catégories d’élus qui votent ensemble, vivent ensemble, pensent à peu près la même chose ensemble… Alors, la révolution Bayrou changera-t-elle les choses en rase campagne ?

Dernier point, lorsque j’entends que l’ex-animateur Childéric pourrait être l’un des candidats UDF, je me dis que Bayrou est lui-même dépassé par la portée du discours qu’il tient. Je n’aime pas faire de procès d’intention et juger les personnes sur de simples a priori, ce qui relèverait d’un délit de faciès trop grave.

M’enfin, comme dirait Lagaffe : Childéric, c’est ça le renouveau de la classe politique ? Bon, admettons que ce soit une erreur de casting annoncée.

Les sympathisants UDF assurent que le renouvellement est en route, même à Marseille, avec de jeunes chefs d’entreprises issus des minorités visibles et que la vieille garde aurait quelques soucis à se faire (les caciques UDF rejoindront-ils l’UMP locale ?).

Bref, en cette fin de campagne, l’air serait-il à l’implosion-recomposition des partis (UMP-FN, PS-UDF-Verts, PC-LCR-Bovétistes, etc.) ?

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Le temps des experts

http://ceriel.u-strasbg.fr/images/9.jpg

Si Jean-Claude Gaudin aura quelques soucis à défendre en mars 2008 son bilan (logement, transports collectifs, saleté de la ville, etc.), il pourrait éventuellement miser sur un allié inattendu pour sauver sa peau : la gauche…

Pour l’heure, l’élection présidentielle empêche tout le monde de se projeter au-delà des législatives. Les stratégies ne se révèleront que lorsque les Français auront choisi leur(e) président(e). Ce surplace, stratégique donc, n’est pas sans provoquer quelques agacements ici ou là, comme si le fait de réfléchir à une alternative intelligente était conditionné par des butées calendaires.

Comme si le fait que Sarkozy devienne président de la République le 6 mai prochain rendra la ville propre, comme par magie. Comme si les mauvais dadas du camp des vainqueurs pouvaient se mettre à galoper avec plus d’efficacité par la seule magie d’une occurrence extérieure.

Le parti socialiste des Bouches-du-Rhône a récemment annoncé qu’un comité d’experts planchait sur un futur projet pour la ville. Ce comité ne se contentera pas de recueillir des flots de matières grises mais tentera de créer une dynamique participative avec une population avide de débats, de confrontations, désireuse de dire son mot, d’être écoutée.

Les Verts, le PRG et le PCF sont dans la même dynamique. Tant mieux. Espérons que cette démarche annoncée sera à la hauteur des enjeux. Qu’un projet ne tombera pas du ciel sans qu’il ait été soumis à l’approbation de ceux qui auront exprimé le souhait d’y participer.

La gauche doit créer les conditions d’émergence d’un vrai pacte municipal, suffisamment sexy pour sortir d’une gestion de la ville à la petite semaine.

Les grands maires sont ceux qui fixent un cap, mettent en commun les richesses créatives d’une ville. On ne sent pas encore à gauche cet élan vertueux.

Mais le peuple de gauche (oh, le vilain mot) est en attente de ce grand souffle. Il en a même été frustré ces dernières années. Alors, chiche, on s’y met ?

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La gauche se cherche

http://perso.orange.fr/star.caricature/images/nouveautes/segolene_royal.jpg

Chère Ségolène,

Je viens de discuter avec un petit élu du secteur, je reprends sa formule : « Le pouvoir, on ne te le donne pas, tu le prends ». J’ai trouvé le propos d’une grande pertinence. Donc, voilà Ségolène, je te fais parvenir quelques conseils de stratégie de campagne que tu te dois impérativement d’appliquer si tu veux te sortir avantageusement de l’irrationalité ambiante.

1. La mode démagogique actuelle est à l’antitout. Le Graal, c’est l’anti-système, le bayrouisme insultant, pénitent, magicien, démiurgique. Le vote pour l’invisibilité, pour une synthèse imprévisible, un rapprochement détonnant des contraires. Votez et vous verrez. Le vote chantage. Voilà une formule que je n’ai pas entendu dans votre bouche, « le chantage de Bayrou », la mise à l’encan du vote des Français, une adultération des choix démocratiques, la sublimation du non-choix, l’émerveillement infantilisant devant une synthèse impossible. J’imagine que votre staff doit bûcher d’arrache-pied sur cette improbabilité de l’avenir. Tiens, une idée, Ségolène : pourquoi Bayrou a-t-il un programme alors qu’il ne sait pas avec qui il va gouverner ? Etonnant, non, cette façon de prendre les gens pour des ruminants ? Lire la suite

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Sanmarco, de Defferre à Gaudin ?

http://www.geostrategie.ens.fr/images/Philippe-Sanmarco.jpg

Ancien secrétaire général de la mairie de Marseille, ayant claqué avec fracas la porte du PS, Philippe Sanmarco serait éventuellement tenté par un pacte avec Gaudin pour les prochaines municipales.

Sa minuscule Convention citoyenne, où il réunit les déçus de la gauche marseillaise, pourrait ainsi donner ce léger vernis de centre-gauche sur lequel Gaudin ne cracherait pas, dans un contexte sociologique où la transfrontalité des partis politiques est à la mode.

C’est peu dire puisque ladite Convention citoyenne soutient sans ambages la candidature de François Bayrou à la présidentielle. La contorsion s’explique sur leur site Internet comme « normale et naturelle » même s’il convient de reconnaître que « François Bayrou vient de la droite et la Convention se revendique des valeurs de gauche. »

Une seule question se pose : comment peut-on passer du PS à Gaudin, même en considérant que le pragmatisme est aujourd’hui en train d’exploser les confrontations naturelles entre gauche et droite ?

La conviction est-elle aujourd’hui qu’un simple produit de synthèse ?

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Marseille est sale mais Gaudin n’y est pour rien !

http://jenniviolet.free.fr/images/_img/04/340_270606.jpgIl est marrant, ce Jean-Claude Gaudin !

Toujours la bonne blague à la bouche, surtout quand il parle de sujet qui fâche…

Tiens, la saleté de la ville, celle qui fit fuir en son temps les experts de l’America’s Cup venus inspecter la ville en pleine grève des éboueurs ! A la mairie de Marseille, qu’on se le dise, l’heure est à la mobilisation ! La perspective de l’élection municipale de mars 2008 fait courir un vent de panique au cabinet du maire.

Il y a de quoi : et si les Marseillais, que le maire croit avoir dans la poche, comme si c’était déjà gagné, lui faisaient un pied de nez en lui reprochant d’avoir laissé ce dossier à l’abandon. Alors, aidé par le journal La Provence, dont la docilité envers le pouvoir municipal atteint ces derniers jours des sommets de servilité, le maire a déployé un énième plan pour rendre la ville plus propre.
Les mesures proposées relèvent de l’urgence. Il propose ainsi de ne plus ramasser les poubelles le dimanche dans certains quartiers. Autant dire que les rues risquent d’être plus sales que d’habitude. Il assure par ailleurs que les 60 agents d’Allo Mairie auront à répondre à 2000 appels par semaine (un flot d’appels en augmentation régulière de 10 %). Autant dire que les agents en question auront 63 secondes montre en main pour traiter la demande.

Si la ville est salle, ce sera la faute d’Allo Mairie ! Pour renforcer le civisme des Marseillais, le numéro 2 de l’UMP prône les vertus de la démocratie participative de Ségolène Royal mais en en déformant le principe : réunions « quasi secrètes » avec les habitants pour trouver des solutions.

Il faudrait rappeler au maire que le civisme est une conquête sociétale de longue haleine qui doit concerner TOUS les Marseillais ! D’où sort cette notion loufoque et cabalistique de réunions « quasi secrètes » ! S’agit-il, une fois de plus, de se cacher la réalité de la ville ? Le maire veut par ailleurs signer symboliquement une charte avec les Marseillais mais seulement pour les habitants des quartiers Belsunce, Noailles, Thiers, Paradis, Rome et le Cours Julien… Etonnant, non ? Pourquoi ce ciblage ? Et les autres quartiers ? En 2015 ? 2045 ?

Pour montrer sa bonne volonté, le maire met la main à la poche avec les impôts des Marseillais : livraison de dix engins poids lourds, renouvellement des bennes… Il était temps, diront les sceptiques que nous sommes. Quant aux amendes (35 € l’infraction constatée), ce sont les Marseillais qui les paieront parce que pour le maire, l’évidence est là : si Marseille est sale, ce sont les Marseillais qui en sont responsables ! Autant dire que la démarche risque fort, une fois de plus, de rester lettre morte…

Pour régler le problème de la saleté à Marseille, il faut en faire une vraie cause… municipale : réorganisation des services par le biais d’une négociation avec les syndicats municipaux, plus désireux que la caricature ne le dit de participer à cet élan collectif ; mise en place d’une campagne de civisme autrement plus ambitieuse que les affichettes culpabilisantes et mièvres apposées dans les sucettes ; signature d’une charte par tous les Marseillais pour rendre leur ville plus propre (rien ne vaut un bon processus identificatoire et non culpabilisant) ; sortir de la culpabilisation des seuls Marseillais ; échanges qualitatifs avec les commerçants pour qu’ils soient fers de lance de ce changement d’image (et que certains changent au passage leurs comportements).

Plus de dix ans après son accession à la mairie de Marseille, Gaudin sent qu’il a échoué sur ce domaine, comme dans d’autres d’ailleurs. Mais il n’a pas échoué en ayant au moins eu la volonté de remédier au problème. Il n’a presque rien fait, laissant aller la situation à vau-l’eau. Sa prise de conscience tardive n’émouvra que les oublieux…

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