Archives mensuelles : mars 2007

Euroméditerranée : la vocation sociale, c’était du pipeau !

http://www.aroots.org/notebook/breve479.html

Dans une lettre envoyée le 12 mars dernier à Michel Vauzelle, président du Conseil régional, Renaud Muselier, président de l’Etablissement public Euroméditerranée et 1er adjoint au maire de Marseille, donne des indications très claires sur la modification à venir du périmètre Euroméditerranée.

Initiée en 1995, l’Opération d’Intérêt National (OIN) Euroméditerranée avait vocation à redynamiser complètement ces quartiers en déshérence. Implanter des entreprises, certes, tout en essayant d’entraîner progressivement la population locale dans ce renouveau en proposant des formations professionnelles adaptées, en créant des entreprises de service en adéquation avec le développement du tertiaire supérieur propre à Euroméditerranée.

Or, dans cette lettre, Renaud Muselier lève le voile sur les véritables intentions de la mairie de Marseille.

Primo, un désengagement de l’OIN des quartiers environnants (Plombières, Saint-Mauront-Bellevue, le Canet, etc.). Les raisons invoquées : pour Plombières, la mise en service complète de la L2 Nord avant toute autre intervention (les riverains devront faire preuve d’une très grande patience…) ; pour Saint-Mauront-Bellevue, le risque d’illisibilité de l’intervention publique liée à la présence de deux autres financements d’Etat, GPV et ANRU…

Ce désengagement a un goût saumâtre pour la population à laquelle on a expliqué, à coup de colloques et de tirés à part, des trémolos dans la voix, qu’Euroméditerranée ne se ferait pas sans la population… La grande vocation sociale d’Euroméditerranée n’était qu’un leurre.

En revanche, le président de l’établissement public regorge d’idées pour les projets autour du Port : la réalisation d’un Palais des Congrès, d’un hôtel de grande capacité (500 chambres), d’une ouverture au public de la digue du large, la réalisation d’un immobilier d’entreprise pour la filière maritime et le commerce international, le renforcement et le développement de la filière de réparation haute plaisance, etc. Bref, une orientation très clairement affichée vers le tourisme et non les métiers traditionnels du Port.

A Marseille, le mot « marina » est un gros mot, on ne peut l’employer sans éveiller tous les mécanismes inconscients des crispations corporatistes et des confrontations idéologiques décaties.

Euroméditerranée veut donc avancer masquée, ce qui est encore plus grave. En tournant le dos à sa vocation sociale, elle donne le sentiment de construire un Marseille qui zappe férocement ceux qui y habitent déjà, comme s’il fallait les oublier au plus vite, ne pas les montrer parce qu’ils feraient tâche dans le décor.

Attention, la pente prise est dangereuse parce qu’un tel bouleversement socio-économique du port de Marseille ne peut se faire sans un minimum de maintien de cohésion sociale.

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Pour Gaudin, 2008, c’est déjà gagné !

http://www.jeanclaudegaudin.net/Gaudin s’y voit déjà. A la fin de ce qui pourrait être le dernier conseil municipal de sa deuxième mandature, avec sa célèbre bonhomie pagnolesque que le monde entier nous envie, il a lancé à ses élus : « Bonne réélection… et les autres devront attendre ! ».

Bref, pour lui, l’élection de mars 2008 ne sera qu’une formalité, lui restera à la mairie et son impatient dauphin, Renaud Muselier, se fera les dents à la communauté urbaine.

A quoi est due la relative sérénité du maire ? Marseille est sale, la fracture nord-sud s’est renforcée, la dette a doublé et il faut franchement ne pas avoir beaucoup voyagé ces dernières années pour se rendre compte que la dimension métropolitaine de Marseille relève plus d’une vue de l’esprit que d’une réalité incontestable.

Marseille, seule ville-centre en France plus pauvre que sa périphérie, barbote dans l’autosatisfaction typique des pathologies mentales, où l’on se raccroche à une fierté mal ravaudée, à une autoglorification incantatoire, où l’on fabrique de la munificence sur du toc, où les décisions politiques ne traitent jamais des urgences, de la réorganisation des dessertes dans cette grande ville dont la taille est deux fois et demi supérieure à celle de Paris, où l’audace politique est désespérément absente, où les classements, certes douteux, des villes où il fait bon vivre, la placent toujours en queue de peloton, etc.

D’où vient cette anamorphose ? Où s’origine-t-elle ? En attendant, on espère que les futurs perdants désignés comme tels par le maire mettront en œuvre un projet alternatif, et rapidement. Car l’état de la ville paraît si désastreux qu’un projet sérieux, insistant sur le simple fait que Marseille mérite mieux, suffirait à faire basculer la donne.

Certains observateurs avisés assurent que la grande qualité de Gaudin, c’est de savoir parler à l’oreille de Marseille, d’être un bateleur infatigable, d’être sympa et chaleureux. Comme si cette simple qualité – M. Gaudin est en effet quelqu’un de respectable et d’affable – suffisait à lui accorder un chèque en blanc.

Comme si Marseille ne méritait pas autre chose que cette dérive histrionique où les projets de fond sont montrés du doigt et où seuls les grandes gueules ont voix au chapitre. Comme si l’on ne pouvait pas faire de la politique autrement dans cette ville que la gouaille écrase, dévitalise, anémie.

Un dernier point pour atténuer cet énervement du jour : le conseil municipal a rendu hommage à juste titre à Bernard Susini, délégué UMP à la politique de la ville, qui se bat sans compter pour ramener le droit commun dans les cités de la relégation. Son contrat urbain de cohésion sociale a été votée à l’unanimité. Comme quoi, même la caricature a du mal à passer quand le sérieux sanctionne un travail discret et humble.

Il ne faut donc pas désespérer de Marseille et faire en sorte, au plus vite, que cette belle cité renouvelle des élites politiques construites sur les bourrades amicales et les petits arrangements entre amis.

Pour sortir Marseille du marasme dans lequel elle barbote, il faut aller au-delà de la politique des petits mots…

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Pour Sarkozy, ami de Gaudin, la bonne santé des statistiques prime sur la réalité de la délinquance

http://www.jeanclaudegaudin.net/

Il est terrible, cet article paru dans Marseille l’Hebdo du 14 mars 2007. Son auteur, Lionel Dian, s’est procuré une note interne de la Brigade anticriminalité (Bac) du secteur centre de Marseille, où il est demandé aux équipages « d’impérativement ramener 40 affaires par mois dont 10 de voie publique ».

Ce seraient ainsi les objectifs de 2007, « 3070 affaires dont 810 de voie publique ». En intégrant les jours de repos, chaque équipe sortant est donc sommée de ramener au commissariat « une affaire par jour ».

Sous couvert d’anonymat, un fonctionnaire de la Bac fustige cette pression surréaliste du résultat : avec elle, « les équipages ne peuvent plus passer du temps sur des affaires difficiles. A la fin de la journée, s’ils n’ont rien fait, ils vont interpeller un fumeur de shit qui détient une ou deux barettes, ou un étranger en situation irrégulière.

Si on veut arrêter un voleur à l’arraché, cela demande plusieurs jours de surveillance sans rien ramener avant d’agir. Et ça, c’est devenu de plus en plus difficile ». D’ailleurs, l’effet pervers se confirme dans les chiffres de la délinquance de 2006 : une hausse de 5,38 % des vols avec violence, de 25,65 % des vols à la tire et de 96,55 % des vols à main armée !

Bref, en négligeant malgré eux le travail d’investigation, les fonctionnaires de police sont moins efficaces et les individus qui commettent les violences qui minent le plus le quotidien des Marseillais se sentent pousser des ailes. Il s’agit donc bel et bien d’une perversion des consignes de la hiérarchie.

Pour expliquer cette note baroque, Jean-François Scoffoni, chef du service de sécurité de proximité à l’Evêché, ajoute une pincée ubuesque : pour lui, cette note serait une « conséquence de la loi organique relative à la loi de finances qui fixe à tous les ministères, y compris celui de l’Intérieur, des objectifs chiffrés ». On nage donc dans un léger délire.

Est-il normal de demander à des policiers soucieux de bien faire leur travail de prévoir le nombre d’interpellations à l’avance ? Osera-t-on un jour demander aux pompiers d’allumer des incendies pour prouver leur efficacité ?

Inutile de rappeler que le grand inspirateur de cette logique du mérite n’est autre que Nicolas Sarkozy, candidat d’un parti dont le vice-président est Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille et zélateur aveugle du sarkozysme.

Les Marseillais qui traversent la Canebière autour de 22h auront certainement du mal à se convaincre, malgré ces chiffres d’une insincérité inouïe, que l’insécurité recule. Il faudrait que l’UMP, à Marseille, arrête de prendre les Marseillais pour des gogos…

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Classé dans Général, Ils ont dit, Politique, Présidentielle 2007, Sécurité

Guy Teissier en guerre contre la saleté

http://marseille.indymedia.org/images

Marseille est sale et l’un des élus qui s’en émeut le plus est… Guy Teissier, député-maire UMP des 9è et 10è arrondissements de Marseille. Il entend porter ce débat lors des prochaines municipales. Une détermination qui ne doit pas réjouir Jean-Claude Gaudin, qui porte peu dans son cœur son « collègue » de l’UMP.

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Annick Boët quitte le PC

L’actuelle président du groupe communiste au conseil municipal a laissé entendre qu’elle quitterait le PC après le conseil municipal du 19 mars.

Depuis qu’elle a apporté son soutien à José Bové et non marie-George Buffet, elle est en guerre avec la fédération départementale du PC qui ne l’a pas investie pour les prochaines élections législatives.

Elle n’entend pas pour autant rester inactive puisqu’elle annonce la création de listes sur Marseille, réunissant des forces vives de la ville, pour constituer « une vraie alternative antilibérale à la politique de Gaudin ». La question se pose pour le second tour : va-t-elle rejoindre la super star Ségolène Royal ?

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La gauche peaufine son programme

http://www.bdquebec.qc.ca

En attendant de connaître le nom du capitaine qui portera les couleurs de la gauche aux prochaines municipales, les partis de gauche réfléchissent aux meilleurs moyens de destabiliser Jean-Claude Gaudin.

Pour l’heure, le PC, le PS et les Verts ont annoncé qu’ils partiraient seuls au combat.

Après avoir rédigé un livre noir sur les années Gaudin, un comité d’experts du PS de la ville de Marseille se réunit régulièrement pour passer à la phase du projet pour gagner la ville en 2008.

Les communistes et les Verts font de même. Ces derniers se réunissent régulièrement pour définir les contours d’un pacte « pour une ville écolo, solidaire et citoyenne ».

La propreté, les transports en commun et les logements sociaux sont, d’après ces formations de gauche, les trois grands échecs de la double mandature Gaudin. Mais la gauche sera-t-elle prête ?

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Gaudin et Bayrou sont sur un bateau

Responsable de la commission d’investiture des candidats UMP aux prochaines législatives, Jean-Claude Gaudin connaît la carte électorale comme sa poche.

Et il sait qu’une trentaine de circonscriptions ont été réservées aux candidats UDF sortants, au nom des vieux accords de principe régissant les deux partis de droite français. Droite ? M’enfin, Bayrou ne vient de nulle part, comme il ne cesse de le répéter.

L’homme qui s’est construit à droite veut très vite l’oublier, emportant avec lui dans sa démarche mystificatrice ceux qui doutent des capacités de rénovation d’un PS made in Ségolène.

Mais la réalité risque d’être bien désagréable pour ces enthousiastes tout fraîchement débarqués. François Bayrou n’a-t-il pas soutenu Alain Juppé à Bordeaux lors des dernières municipales, il y a de cela quelques petites semaines ?

Résumons : Bayrou a deux adversaires, l’UMP et le PS, qui n’en sont pas réellement puisque certains des membres des deux camps méritent le respect.

Bayrou, c’est le suspens de la pochette surprise : il faudra l’acheter pour pouvoir l’ouvrir.

Ni à gauche, ni à droite, un exercice d’équilibrisme dont la France n’a certainement pas besoin aujourd’hui (n’est-ce pas Romano Prodi ?).

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